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474 Commentaires de l'École de Salerne.
ornaient leurs chambres à coucher et qu'elles portaient souvent à la main pour atténuer le danger des fleurs.
Elle jouit à peu prés des mémes vertus que la sauge, les menthes et les autres plantes aromatiques.
La rue a eu de nombreux usages médicaux, presque oubliés aujourd'hui. Elle a été considérée comme un des plus puissants antispasmodiques connus. Elle était trés employée dans les névroses convulsives; elle peut agir sur les yeux et dissiper les taies de la cornée, par ses propriétés tonique et répercussive.
On ignore sur quoi est fondée la vertu qu'on attribue à la rue de faire déloger les puces d'un appartement. Cela est dû apparemment à son principe odorant.
On connatt aussi sa vieille réputation comme médicament emménagogue et abortif. Cette derniére propriété, fort contestable d'ailleurs, a été si bien accréditée, qu'il a été longtemps interdit aux herboristes de vendre la rue, par crainte d'un emploi criminel.
On dit que dans certaines parties de l'Allemagne les habitants mangent la rue en salade. Ce fait est douteux, car Orfila a démontré que, administrée en certaines proportions, cette plante €tait un poison violent.
La rue était héroique pour les anciens; ils lui attribuaient la propriété de guérir les empoisonnements ; elle faisait la base du fameux antidote de Mithridate.
La rue ne jouit d'aucune vertu, ni pour, ni contre les plaisirs de l'amour; elle pourrait, il est vrai, y provoquer par sa vertu stimulante. Si ce qu'a dit l'École de Salerne sur son compte, par rapport à l'amour, était vrai, cette plante serait, en effet, le carquois de Cupidon, chargé, par les poétes, de fléches dorées et de fléches plombées. Les unes font aimer; les autres font fuir l'amour.
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Page 154. — SAULE.
Le saule jaune, Salix vilellina, connu sous le nom d'osier, croît abondamment en Europe, dans les terrains humides.
Toutes les parties, notamment l'écorce des diverses espèces de saules, surtout du saule blanc, Salix alba, ont une saveur amére, légèrement aromatique, et ont des propriétés toniques.
On emploie l'écorce du jeune saule pour fortifier I* 5 aider à la digestion, guérir les fièvres intermittentes, arrêter les progrès de la gangréne, enfin dans tous les cas où le quinquina convient : celui-ci doit étre toutefois préféré, n'en déplaise aux partisans outrés des remèdes indigènes.
Toutes les substances amères sont contraires aux vers; l'infusion de saule peut par conséquent faire mourir ceux qui éclosent des œufs que la mouche carnassière dépose quelquefois dans l'oreille, pendant le sommeil.
Quant à la vertu anti-aphrodisiaque que les anciens ont attribuée aux feuilles et à la fleur de saule, s'il est vrai, comme l'a avancé Gunz, que les chatons de saule jouissent d'une vertu calmante, ses fleurs pourraient bien apaiser, jusqu'à un certain point, les transports amoureux; mais il n'est point de remède capable de détruire entièrement les mouvements de l'instinct reproducteur, encore moins de rendre une femme stérile, malgré l'autorité de Dioscoride, qui assure que l'usage de la décoction des feuilles de saule óte à la femme son aptitude à concevoir,
Page 154. — SAUGE.
La sauge croît spontanément dans les parties méridionales de la France,
C'est une des plantes les plus anciennement employées en médecine.
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Ses graines ou baies, ses feuilles, sa tige et sa racine, et méme ses fleurs dans l'état frais, jouissent d'une vertu émétique et purgative fort énergique. On a employé sa seconde écorce, ou le suc de celle-ci, dans les hydropisies.
Les fleurs de sureau sont d'un usage plus commun. Elles ont une vertu sudorifique trés marquée. On en use avec succès dans les suppressions de la transpiration, et dans toutes les maladies éruptives, pour faciliter leur mouvement vers la peau ; mais il faut les prendre séches, car les fleurs, les fruits, les feuilles et l'écorce de sureau, dans l'état frais, sont irritants et purgatifs. On les emploie aussi extérieurement, légèrement torréfiées et chaudes, pour faire transpirer et pour résoudre les tumeurs, les engorgements, les rhumatismes.
Le rob de sureau est un bon remède dans les rhumatismes chroniques, comme dépuratif et sudorifique. On le prépare avec les baies du sureau : cuites dans du vinaigre, elles fournissent une teinture violette assez belle.
Page 156. — SCABIEUSE.
La scabieuse est stimulante et surtout sudorifique. Son nom vient de scabies, gale, parce qu'on l'emploie dans cette maladie.
Tous les sudorifiques peuvent diminuer et méme emporter une douleur de côté, surtout si elle est due à une transpiration arrêtée ; ils sont aussi expectorants, C'est donc par sa propriété sudorifique que la scabieuse peut jouir des vertus que lui attribue l'Ecole de Salerne.
La distillation de la plante fournit une eau dont on se sert dans la toilette, sous le nom de cosmétique ou Eau de beauté.
Page 157. — ASPERGE, L* y Asparagus, croit dans toute l'Europe.
On sait que le nom des asperges vient de leur goût un peu Acre : Asparagus ab asperis, at.
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On mange ses jeunes pousses au printemps, après les avoir fait bouillir légèrement dans l’eau ; elles sont très nourrissantes et composent un excellent mets, qui plaît beaucoup à l'estomac.
Les anciens, qui les estimaient beaucoup, ne pouvaient s’en procurer avant la fin de mai. En Italie méme, on n'en recueillait pas avant les derniers jours d'avril, au grand désespoir des gourmets romains.
La localité la plus renommée pour cette culture était autrefois Ravenne. « Trois asperges de Ravenne, dit Pline, coûtent autant qu'une livre d’autres!. »
C'est La Quintynie qui, pour satisfaire aux désirs de Louis XIV, trouva le moyen de háter d'un mois leur maturité par l'emploi de fumier chaud. « Je n'oublie pas ici, dit-il, pour les véritables curieux qui ont le moyen de le faire, le soin de réchauffer les asperges et de veiller à renouveler les réchauffements dés qu'ils ont passé leur grande chaleur; la chose n'est pas sans peine ni sans dépense ; mais le plaisir de voir, au milieu des neiges et des frimas, une abondance d'asperges bien grosses, bien vertes et tout à fait excellentes, est assez grand pour n'avoir point de regret de reste. Et dans la vérité, ajoute-t-il, on peut dire qu'il n'appartient guére qu'au roi de goüter ce plaisir, et que peut-étre ce n'est pas un des moindres que son Versailles lui ait produits, par le soin que j'ai l'honneur d'en prendre! »
Les asperges primeurs ne viennent pas, comme on le dit souvent, des pays chauds. Elles sont forcées aux environs de Paris, - dont les plaines en sont remplies.
Aujourd'hui, le centre de cette industrie est Argenteuil. C'est là qu'on recueille ces asperges monstrueuses, grosses comme le poing, qui ont reçu le nom d'un maraicher distingué, M. Lhérault.