‹ L'École de Salerne (volume 2)Chapitre 230 sur 238 · Union médicale, 7 août · texte numérisé non relu

Union médicale, 7 août

Nie. 453

Elles sont bonnes pour la poitrine, comme adoucissantes et émollientes; c'est par ces derniers effets qu'elles deviennent un fort bon maturatif, lorsqu'on les applique cuites en cataplasme; elles peuvent ainsi faciliter la sortie d'une esquille d'os, en ramollissant une tumeur et favorisant sa maturation; mais, malgré l'autorité de Galien et d'Oribase, nous nions les vertus que l'Ecole leur attribue d'engendrer des poux et de provoquer aux plaisirs de Vénus, de méme que celles de faire disparaitre les uns et les autres,

Le suc laiteux du figuier est âcre et caustique , et on peut s'en servir pour détruire les verrues.

Les juyünes, Jujuba, different peu des figues, Les jujubes sont des fruits ovales, d'un rouge orangé, de la longueur d'un pouce, de la forme de l'olive, et dont la pulpe recouvre un noyau très pointu, à deux loges, renfermant chacune une seule graine. Ces fruits mürissent dans les contrées méridionales de l'Europe. On mange les jujubes fraîches en Languedoc et en Provence; leur chair a une saveur aigrelette et vineuse assez agréable, En décoction, elles sont adoucissantes et pectorales, On en prépare des tablettes bonnes pour calmer la toux.

Page 120, — NirLE.

Les wtrrEs sont le fruit du w£rLmR, Mespilus germanica ; d'abord acerbes et astringentes, elles sont douces et assez agréables quand elles sont devenues molles, soit par le laps de temps, soit par l'impression du froid : alors elles ont beaucoup moins d'astringence; mais elles sont indigestes.

1l y a six espèces de néfliers et plusieurs variétés,

Chataigne. 455

Lyonnais et des montagnes des Cévennes; mais il y a en Italie eten Espagne, surtout dans les montagnes de Léon, des châtaignes meilleures que les marrons.

Les ou1ves, Olive, sont les fruits d'un arbre indigène de l'Europe méridionale, Olea Europea, et de l'Asie; il y a treize variétés d'oliviers.

On recueille les olives en octobre, avant qu'elles soient mûres; pour l'usage de la table, on les lave dans une lessive de cendres, afin de leur enlever leur âcreté; on les assaisonne, et on les met dans des barils.

Les olives sont toniques et astringentes, pesantes et indigestes.

Ce fruit fournit la précieuse huile d'olive; la meilleure est celle qui conserve un peu de sa partie colorante verte et qui a été extraite sans l'aide de la chaleur ni d'aucune fermentation. préliminaire : elle se gèle par le moindre froid; elle n'a point d'odeur ni de goût; elle se digère difficilement. Celle qui est jaune est la plus commune; elle provient d'olives qu'on a laissées en tas fermenter et s'échauffer, afin de l'extraire plus aisément : celle-là est plus fluide; elle a une odeur et un goût plus ou moins désagréables; elle est plus pesante et rancit plus vite, car l'huile d'olive est un aliment assez indigeste.

Les coms, Cidonia, ont été apportés de Crète en Italie.

Les coings ont une odeur forte qui porte à la tête; aussi doivent-ils être gardés dans un lieu aéré.

Ces fruits sont acerbes et astringents; on ne les mange que cuits : les confitures et la pâte de coings sont stomachiques et serrent le ventre.

Les parres, Dactyli, sont les fruits du DaTTIER, Phanix, qui croît naturellement et est cultivé dans les terrains sablonneux de

Cacao. 457

Le cacao est une espèce d'amande ressemblant à la pistache, un peu plus grosse qu'une olive charnue, un peu violette et lisse ; elle est renfermée dans le fruit du cacAovrn, Theobroma, qui en contient de vingt-cinq à quarante. Ce fruit, qui ressemble au concombre par la forme, est rougeátre ou jaune quand il est mûr; c'est une capsule coriace, raboteuse et marquée de dix stries ou côtes. Il est divisé, dans son intérieur, en cinq loges, remplies d'une pulpe gélatineuse acide, qui enveloppe les amandes, et qui désalière et rafraichit agréablement.

Le cacao torréfié, et mêlé par trituration avec le sucre et quelques aromates, constitue le chocolat, dont on fait une si grande consommation en Amérique et en Europe. Le chocolat où l'on fait entrer la cannelle ou la vanille est plus stomachique et plus sain que le chocolat ordinaire, dit, fort mal à propos, chocolat de santé. Le chocolat est doux, un peu tonique, et un des meilleurs aliments que l'on puisse donner aux individus faibles et épuisés, aux convalescents et aux vieillards. Il ne convient pas aux constitutions sanguines, chaudes, aux bilieux, aux personnes irritables et nerveuses.

Mais combien de fraudes ne commet-on pas dans la fabrication du chocolat? On emploie du cacao dont on a extrait le beurre, qu'on remplace ensuite par de l'huile ou des graisses. On y mele différentes sortes de farines, surtout celles de pois et de lentilles, qui s'y lient mieux que les autres espèces ; on y ajoute des amandes grillées, de la gomme adragante ou arabique ; on emploie des cacaos âcres, anciens ou nouvellement récoltés.

Le bon chocolat ne doit présenter dans sa cassure rien de graveleux. Il doit se fondre dans la bouche et y laisser une sorte de fraicheur, ne point y laisser un goût pâteux, ne contracter enfin

1. Voyez Chevalier, Mém. sur le Chocolat, sa préparation, ses usages, les falsifications qu'on lui fait subir, les moyens de les reconnaitre (Ann. d'hyg. publ. 2* série, 1871, tome XXXVI, p.241).

Aneth. 459

menthe, Comte toute$ les substances amères et aromatiques, elles sont toniques et stimulantes ; mais l'usage de ces plantes ne peut étre suivi d'aucun effet purgatif.

Page 123. — ABSINTHE.

La GRANDE ABSINTHE, Artbemisia absinthium, a une odeur forte, aromatique, et une saveur amère; elle est tonique. Aussi l'emploie-t-on souvent avec succès dans les langueurs d'estomac, dans tous les cas d'atonie, pour relever l'action des forces languissantes ; pour guérir les accès des fièvres, pour tuer les vers des intestins, etc.

L'absinthe produit tous les bons effets que lui attribue l'Ecole de Salerne, à l'exception pourtant du tintement d'oreille, qu'elle ne saurait guérir sans doute, pas plus que le fiel de boeuf.

L'infusion de cette plante dans l'eau ou dans le vin est un bon moyen pour donner de l'appétit, fortifier l'estomac et aider à la digestion.

Apulée raconte qu'un centenaire empoisonné par des champignons sauva sa vie en buvant du vinaigre absinthé.

Aujourd'hui, les viveurs s'ouvrent l'appétit avec de l'absinthe : ils boivent un verre ou deux de la liqueur verte avant leur diner.

La PETITE ABSINTHE, Artemisia pontica, a les mêmes vertus que la grande absinthe.

Page 125. — ANETH.

L'aneth, Anethum graveolens, abonde, comme le fenouil, qu'on nomma aneth doux, en Italie, en Espagne et dans le midi de la France.

Cette plante exhale une odeur un peu forte, mais agréable et suave, Elle a les mêmes vertus que le fenouil, particulièrement

460 Commentaires de l'École de Salerne.

ses semences, qu'on emploie le plus souvent ; elle est stomachique et diurétique.

L'aneth excite-t-il ou éteint-il l'amour ? Comme toujours, le docteur Moreau accorde les controversistes en disant que les deux effets sont produits : le premier par l'usage raisonnable, le second par l'usage immodéré.

Page 126. — Anis.

L'auis, Pimpinella anisum, croit naturellement en Egypte, en Espagne, et on le cultive en France. C'est principalement de la semence d'anis que l'on se sert; on l'apporte de la Touraine à Paris. Le meilleur vient de l'ile de Malte. Les confiseurs nomment cette graine anis ver! quand elle n'est pas recouverte par le sucre, et anis d la reine quand elle est en dragée.

Cette semence aromatique est fort usitée en médecine, par sa vertu chaude, stomachique et surtout carminative. On ajoute une pincée d'anis aux potions purgatives, pour en corriger le mauvais goüt. Ces dragées sont employées contre les flatuosités ; l'anis sert enfin à aromatiser des liqueurs agréables.

L’ANIS ÉTOILÉ, Jllicium anisatum, est un arbrisseau indigène de l'Asie ; on le nomme aussi badiane. Il nous vient de la Chine et du Japon ; mais il pourrait étre cultivé dans les contrées méridionales de la France. Les capsules et les semences de cette espèce d'anis sont employées de préférence en médecine, à cause de sa saveur suave, douce, aromatique et de sa vertu carminative.

L'Ecole de Salerne a raison, quand elle conseille de choisir les semences d'anis les plus douces ou les moins chaudes.

Page 129. — BuGLose.

Parmi les plantes utiles dans les affections bilieuses, la buglose a toujours eu le premier rang. Qu'elle soit en infusion, en décoc-

Chélidcine. 461

tion, ou réduite en suc, elle a la vertu tempérante, diurétique, incisive et pectorale. On l'allie ordinairement avec la bourrache, qui a les mémes vertus qu'elle,

Quelles que soient les vertus médicinales de ces plantes, il n'est guére possible d'en user à table pour s'égayer, ni d'en prescrire la décoction à des convives.

Page 131. — Canvr.

Les semences du canvt, Carum carvi, plates d'un cóté, ont des propriétés analogues à celles de l'anis ; elles ont un. goût ácre aromatique, ainsi que sa racine, et sont une des quatre semences chaudes. Les semences du carvi cultivé sont plus grosses et d'un arome moins âcre ; infusées dans l’eau, elles lui communiquent un goût agréable. Les jeunes racines se mangent en salade.

Page 132. — CERFEUIL.

Le cerfeuil a une odeur et un goût aromatique assez agréables ; il est apéritif, fondant, diurétique, dépuratif, et même un peu stomachique, Pour l'usage externe, on se sert de sa décoction comme d'un bon détersif et pour aviver les ulcères; on l'applique en cataplasme sur les uleéres putrides et cancéreux, sur les engorgements laiteux et scrofuleux.

Les autres propriétés du cerfeuil sont fort équivoques.

Page 133. — CHÉLIDOINE.

L'ÉCLAIRE ou GRANDE CHÉLIDOINE, Chelidomium majus, croit dans les lieux incultes et ombragés, et sur les vieux murs. Cette plante contient un suc jaunâtre, amer et caustique, qu'on emploie pour détruire les verrues, et qui n'est point un poison, comme le prétendent les gens du peuple, puisqu'elle a été admi-

Coriandre. 463

le poison d'État avec lequel les Athéniens exécutaient leurs condamnés à mort fût composé de cigué seulement, Rien ne s'oppose à croire que d'autres plantes, plus vénéneuses que la ciguë, T'aconit par exemple, ne fussent mélées à ce breuvage homicide.

Yi est vrai d'ajouter que la cigué récoltée dans l'Attique pouwait être plus active que celle qu'on récolte dans nos climats brumeux. Toutefois cette supposition n'est pas fortifiée par les observations faites de nos jours sur cette plante, qu'on a fait venir de l'Attique pour ces essais.

Suivant Dioscoride, le breuvage des justiciers d'Athènes était un jus végétal, concentré au soleil et donnant la mort sous un petit volume,

Page 134. — CINNAMOME.

Il serait assez difficile de suivre aujourd'hui le précepte de l'Ecole de Salerne, car on ignore ce que les, anciens entendaient par cinnamome, à moins qu'ils n'aient voulu désigner sous ce nom la cannelle, écorce du Laurus cínmamomum, ou, comme le veut M. Bonastre, la muscade, ce qui paraît peu vraisemblable, puisque la muscade semble n'avoir pas été connue des Romains. Le cinnamome était à la fois un parfum et un médicament. Il venait d'Arabie et était d'un prix fort élevé. Dioscoride, Galien et Pline en distinguent de six espèces. On ignore les propriétés thérapeutiques de cette substance simple ou complexe, bois, écorce ou rácine, mais de nature végétale, qui servait également à l'embaumement des corps.

Page 135. — CORIANDRE.

La comrNDRE, Coriandrum sativum, est originaire de l'Italie

et se cultive dans nos jardins. Cette plante est si puante qu'elle ferait trouver mal seulement à la flairer. Son odeur est bien plus

Fencuil. 465

Page 137. — AUNÉE,

L'aunés, [nula belenium, qu'on nomme aussi Inula campana, vient naturellement dans les lieux humides et dans les bois de l'Europe méridionale.

On n'emploie de cette plante que la racine, qui a une odeur suave, ct une saveur amère aromatique, un peu Acre; elle est stomachique, apéritive, désobstruante, diurétique et expectorante; mais sa vertu la plus marquée est l'atonie. Aussi s'en sert-on dans les cas de faiblesse d'estomac et d'atonie du canal digestif.

Cette plante, ni la rue, ni aucune autre, n'ont la vertu de faire rentrer une hernie.

Nous ne croyons pas que le mot beleníum ait rien de commun avec l'amante de Páris, malgré l'autorité du médecin Dufour, qui fit une longue tirade de vers en l'honneur de cette plante :

Qu'est-ce qu'/nula campana ?

C'est herbe qui d'autre nom n°

Mais je connais bien le contraire,

Puisque monsieur l'apothicaire,

Qui la nomme d'un autre nom,

L'appelle aussi Helenium,

Des larmes de la belle Hélène,

Page 138. — Fenouz.

Le FENOUIL, Anethum feniculum, est une plante ombellifere, qui croit dans l'Europe méridionale, Toute la plante exhale une odeur forte.

Les tiges du fenouil sont chaudes, stomachiques, carminatives, apéritives et diurétiques ; on les coupe pour en remplir la cavité de sucre pulvérisé, et le suc de la plante, faisant fondre le

466 Commentaires de l'École de Salerne.

sucre, forme une eau que l'on recueille et garde soigneusement pour les maux d'yeux.

La racine du fenouil est une de celles que l'on nomme apéritives par excellence. Elle entre dans la composition du sirop des cinq racines.

Les graines de fenouil, dont parle l'École de Salerne, ont les mêmes vertus que les autres parties de la plante. Par leur principe aromatique et tonique, elles sont bonnes contre les vents, fortifient l'estomac et aident à la digestion; elles peuvent aussi guérir les accés de fiévre intermittente, provoquer la sécrétion des urines, mais elles ne jouissent d'aucune des autres vertus qu'on lui attribue.

Page 141. — Hysorr.

L'uvsope, Hyssopus officinalis, est un sous-arbrisseau qui croît dans les contrées méridionales de l'Europe et qu'on cultive dans les jardins. Cette plante a une odeur, une saveur forte et amére, aromatique.

Elle s'emploie en infusion comme un bon expectorant tonique, dans les toux pituiteuses, les rhumes anciens et atoniques, l'asthme humide et des vieillards, dans les phthisies catarrhales, etc. On fait bien d'ajouter à la tisane d'hysope du miel, qui en émousse la force et l'ácreté.

On peut compter sur les vertus que l'École de Salerne attribue à l'hysope. L'eau distillée d'hysope passe en effct pour un bon cosmétique. On dit qu'elle rend la peau du visage lisse, unie et souple. On lui attribue méme la vertu d'ôter les taches de la peau et les rousseurs. Mais il ne faut pas trop compter sur elle; elle pourrait bien tromper. En tout cas, c'est une triste ressource que d'avoir recours à l'art pour simuler un teint frais et les couleurs brillantes d'une jeune et innocente beauté.

Menthe. 467

Page 144. — Mauve.

La MAUVE COMMUNE, Malva rotundifolia, est une des plantes les plus utiles que possède la médecine : ses fleurs, ses feuilles et ses racines jouissent également de la vertu mucilagineuse, adoucissante et émolliente. Le peuple prend souvent la décoction de ses feuilles en guise de tisane, et s'en trouve bien. Elles sont très utiles employées en cataplasme et en lavement ; elles ne jouissent certainement d'aucune vertu emménagogue, puisque les mauves ne peuvent que relâcher et calmer, tandis que tous les emménagogues sont toniques et irritants.

La décoction de mauves, prise par la bouche ou en lavement, est employée avec succès pour vaincre la constipation,

Page 145. — MENTHE.

La menthe a plusieurs espèces, dont les plus employées sont : la menthe poivre, originaire de l'Angleterre; la menthe frisie ou crépue, et la menthe pouillot *,

Toutes les menthes ont une saveur chaude, aromatique, piquante, un peu camphrée. On préfère néanmoins, pour l'usage, la menthe poivrée, dont l'odeur et le goût sont plus agréables et les vertus plus énergiques.

On accorde aux menthes un grand nombre de vertus, et le camphre qu'elles contiennent doivent influer beaucoup sur leurs propriétés, qui sont de donner du ton à l'estomac, de fortifier les nerfs, sinon de les calmer légèrement; de tuer les vers et de combattre les spasmes dans les maladies nerveuses; d'arrêter les vomissements, et de chasser les flatuosités. On croyait autrefois que la menthe était infaillible contre les vers. L'eau dis-

1, Voyez Pouliot, p. 471.

Cresson. 469

de tourbières où le cresson brülait l'été et. gelait l'hiver, n'étant pas protégé par des sources assez proches et assez abondantes pour assurer la prospérité de l’entreprise, En 1855, 710 fosses alimentaient la capitale. On en compte aujourd'hui 950.

Le cresson a une saveur chaude, piquante, amère; on en fait un grand usage dans l'état de santé, et plus encore dans l'état de maladie.

En santé, on le mange comme salade, ou comme assaisonnement avec quelque viande blanche, telle que la poularde et le chapon. C'est un bon tonique, qui excite l'appétit et fortifie l’estomac, Il convient dans tous les cas où il s'agit de fortifier, de stimuler les organes digestifs, et lorsqu'on a fait un trop grand usage de substances animales.

Dans la maladie, on l'emploie comme altérant, incisif, apéritif, stomachique. Il est surtout utile dans les cas de dissolution des humeurs naturelles et du sang, dissolution désignée par le nom de scorbut.

La forme sous laquelle il est administré est différente selon les Occasions. Tantót on en écrase la tige et les feuilles, pour en tirer le suc; tantôt on en fait une simple infusion; tantôt on le donne à mácher en substance; et tantôt on le méle au lait ou au vin. Mais, de quelque manière qu'on l'emploie, le cresson agit toujours par un principe salin particulier aux plantes cruciféres, Ce sel est très actif et trés volatil, de façon que c'est une précaution nécessaire à prendre dans les préparations du cresson, qui se font à l'aide du feu, de n'exposer jamais cette plante à un feu vif ni à une eau bouillante.

Le suc de cresson est aussi bon que celui de cochléaria pour raffermir les gencives saignantes et nettoyer les dents, C'est dans ces cas qu'il peut être regardé comme souverain odontalgique. Mais, quand les douleurs de dents viennent d'une cause interne, le cresson ne fait plus le méme bien.

ÉCOLE. a;

Rose. 471

Il peut prévenir et guérir, par sa vertu tonique, l'accès d'une fièvre intermittente. Le peuple croit encore au préjugé que Ze poivre rafraichit.

Il se consomme annuellement pour quarante millions de poivre en Europe, Voilà de l'argent bien mal employé.

Le conr DES JARDINS, POIVRE DE GUINÉE, est une espèce de piment, Capsicum annuum. On nomme, dans le midi de la France, poivron, le piment petit, vert tendre, qui n'a pas encore changé de couleur, car il est rouge dans sa parfaite maturité, On fait un grand usage des poivrons en Provence et dans le Languedoc, apprétés en salade, frais ou confits dans le vinaigre. Quand ils sont rouges, ils servent d'assaisonnement comme le poivre, dont ils ont les propriétés,

Outre ces espèces de poivre, il y a encore : le Piper betle ou BÉTEL, et le Piper cubeba ou cuntsr; le POIVRE DU JAPON, Fagara piperita ; les graines d'ausrerre, Hibiscus albemoschus, auxquels il faut joindre les PIMENTS de toute espèce, Myrius pimenta ou capsicum.

Page 151. — Pourior,

Le pouliot, Mentha pulegium, est une plante résolutive, atténnante et carminative; on en fait usage principalement dans les maladies des femmes, à titre de médicament emménagogue. Mais. il n'a aucune des propriétés que lui attribue l'Ecole de Salerne.

Page 152. — Rose.

Je ne connais rien d'aussi merveilleusement beau qu'une rose À peine entr'ouverte. Voyez-la déplisser avec précaution, un à

Rue. 473

Complice involontaire des débauches des Césars, la rose joua un plus noble rôle pendant le moyen âge, car la jeune fille sage recevait pour prix de ses vertus une couronne de roses blanches.

Un singulier usage, qui persista jusqu'au xvre siècle, était le Suivant :

Les pairs de France payaient au Parlement de Paris une corbeille de roses, toutes les fois qu'il leur donnait audience dans la Grande Chambre ; c'est ce qu'on appelait la baile des roses,

La trop fameuse guerre des deux Roses, qui, comme on sait, ensanglanta l'Angleterre pendant près d'un demi-siècle, eut pour cause la rivalité des maisons de Lancastre et d'York, qui portaient dans leur écu, la première une rose rouge, la seconde une rose blanche.

De nos jours, les roses n'ont plus de signification belliqueuse ; à Paris, on en fait tous les ans un commerce qui atteint des proportions fabuleuses, puisqu'il s'en vend pour des centaines de mille francs.

Le parfum de la rose est très recherché ; aussi l'emploie-t-on beaucoup. Il réside dans une essence que l'on obtient par la distillation avec l'eau, Notre pays, bien que produisant d'énormes quantités de roses, ne pourrait suffire aux besoins de la parfumerie, ce qui fait qu'on a recours aux plantations si vastes et si productives de la Rownélie, de la Turquie d'Asie et méme de l'Inde (Manuel Pablo).

Page 153, — Rue.

La nur, Ruta graveolens, est une plante cultivée dans les jardins; elle a une odeur forte, pénétrante, fétide, une saveur amère et um peu chaude, -

Cette plante, qui ferait pàmer de dégoût nos dames délicates, était pour les dames romaines un bouquet précieux, dont elles

sms. de mn €

ml

c- ho Wes ps

Page 1