I. Union médicale, 12 juillet
43° Commentaires de V École de Salerne.
Le principal effet de cette maladie est de remplir d'une poudre noire l'épaisseur des écailles du bulbe et la base des feuilles. Cette poussière noire occupe toute la substance des écailles ou des feuilles ; elle est visible par transparence sous forme de taches grises ; souvent elle se répand au dehors par la rupture de l'épiderrae. Quant au nom technique de cette poussière, il lui sera difficile de se vulgariser comme celui du phylloxéra : le docteur américain Farlow, qui a reconnu qu'elle était composée des spores d'un cryptogame confiné jusqu'ici dans l'Amérique du Nord, l'a baptisée du nom ÔLlJrocysiis cepula.
A dire vrai, la maladie n'est qu'à son début ; cependant la chose vaut qu'on y regarde, car ce parasite végétal compromet l'oignon en altérant sa blancheur et en le faisant dépérir. Dans les Etats de Connecticut et de Massachussetts, où l'oignon forme une branche importante de culture, ce parasite produit chaque année des dégâts pour plusieurs milliers de dollars.
Quand l'oignon était sain, on pleurait déjà en lui ouvrant le cœur; que sera-ce maintenant qu'il est malade?...
Sainclair assure que l'oignon contient plus de parties nutritives, sous le même volume, qu'un autre végétal. Nous en doutons.
Beaucoup d'individus qui digèrent mal les oignons cuits, se trouvent bien de les manger crus. Cette racine bulbeuse convient, en effet, aux personnes qui ont beaucoup d'embonpoint; car l'oignon cru est anti-putride et stomachique.
C'est l'assaisonnement le plus convenable pour les poissons; aussi les peuples ichthyophages en mangent-ils beaucoup.
L'Ecole de Salerne dit avec raison, que son usage ne convient pas aux colériques, c'est-à-dire, aux tempéraments bilieux et ardents.
Le jus d'oignon donne au visage une couleur luisante; mais son odeur forte empêchera toujours le beau sexe de se servir de cette recette.
PoireaiL
Nous sommes tout à fait incrédule sur la prétendue vertu du suc d'oignon, pour faire croître les cheveux sur une tête chauve, surtout sur un sujet âgé, et où il n'existe point assez de vitalité
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
L'oignon d'Egypte, révéré comme un dieu chez les Egyptiens, était l'oiGNON de scille, scilla maritima, qui est un très boa diurétique, et devait être fort utile dans un climat où les marécages et les eaux croupissantes laissées par le Nil rendaient les hydropisies fort communes. Juvénal se moque du culte qu'on rendait aux oignons.
La CIBOULE, àllium fissile, et la ciboulette, cive ou civette, aïlium schœnoprasum, qui lui ressemble beaucoup, surtout par ses vertus, sont des espèces de poireaux, d'après les Anciens, comme on peut le voir dans l'épigramme de Martial », des espèces d'oignons, d'après Tournefort, et des espèces d'aulx, selon Linné.
On ranime la salade avec leurs feuilles longues, cylindriques, à odeur forte.
La ciboule qu'on multiplie au printemps, en séparant ses touffes, est la ciboule vivace, originaire de Sibérie.
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Le poireau, qui est une espèce d'ail, était cultivé avec soin par les Romains.