Ibid, Paris, i8ûi, t. IX, iii-S, p. 226 et suiv
Introduction.
urines et tâté le pouls., il îie reconnaît pas aussitôt la maladie, du moins il pourra, grâce aux renseignements antérieurs, inspirer confiance au malade, en lui prouvant par ses questions qu'il a deviné quelquesunes de ses souffrances. Il est bon que le malade, avant la venue du médecin, se confesse ou promette de le faire ; car, si le médecin est obligé de l'y engager, il se croira désespéré, et Vinquiétude aggravera son mal; d'ailleurs, plus d'une maladie qui provient des désordres de la conscience guérit par la réconciliation avec le Grand Médecin.
En entrant, le médecin salue avec un air modeste et grave, ne montre aucune avidité, s'assied pour prendre haleine (ou pour boire un coup , suivant d'autres manuscrits) ; loue, s'il y a lieu, la beauté du site, la bonne tenue de la maison, la générosité de la famille ; de cette façon, il captive la bienveillance des assistants et laisse au malade le temps de se remettre de la première émotion. Toutes sortes de précautions sont indiquées pour tâter le pouls et pour examiner les urines ; puis l'auteur, qui a si minutieusement réglé le cérémonial de l'entrée du médecin, n'oublie pas de lui donner les meilleurs avis sur la manière de se retirer. Au patient, projnette^ la guérison ; à ceux qui l'assistent, affîrme:{ qu'il est fort malade; s'il guérit, votre réputation s'en accroît ; s'il succombe, on ne manquera pas de dire que vous ave:{ prévu sa mort. N'^arrêleT^ pas vos yeux sur la femme, la fille ou la servante, quelque belles qu'elles soient ; ce serait forfaire à l'honneur et comprotnettre le salut du malade en attirant sur sa maison la colère de Dieu. Si
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l'on vous engage à dîner, comme c^est l'habitude, ne vous montre^ ni indiscret ni exigeait. A moins qu'on ne vous y force, neprene:{ pas la première place, bien qu'elle soit réservée au prêtre et au médecin. Che^ un paysan, mange\ de tout sans faire aucune remarque sur la rusticité des mets ; si, au contraire, la table est délicate , aye^ soin de ne pas vous laisser aller au plaisir de la bouche; informcT^-vous de temps en temps de Vétat du malade, qui sera charmé de voir que vous ne pouve:^ pas V oublier même au milieu des délices du festin. En quittant la table, alle:( auprès de son lit, assure^-le que vous ave\ été bien traité, et surtout n'oublie^ pas de montrer beaucoup de sollicitude à régler son propre repas.
Archimathœus s'étend fort au long sur les diverses espèces d'alimentation, suivant les maladies ; mais il entre dans des détails beaucoup trop techniques pour que nous le suivions sur ce terrain. Son contemporain Musandinus s^est mis plus à la portée des lecteurs de Carême ou de Brillât-Savarin ; nous lui emprunterons tout à Vheure quelques passages de son traité, après avoir pris congé du malade que nous avons laissé, à la première visite du médecin, en piteux état, mais que nous retrouvons en pleine convalescence, entouré de ses amis et de sa famille, qui le provoquent à la gaieté. Le médecin doit prendre, à son tour, Pair joyeux et hasarder quelques petites plaisanteries : puis il demande honnêtement son salaire, se retire en paix, le cœur content et la bourse pleine après avoir
I. Voye:{, pour la question des honoraires, les vers fort eu-
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adressé à son client mille actions de grâces, accomva^ gnées de pieuses recommandations.
La Practica d'Archimathœus débute à peu près comme /'Introductio. L'auteur s'adresse également à quelques amis, qu'il veut instruire par sa propre expérience, comme il avait voulu les diriger par ses conseils; les sentiments religieux y sont les mêmes. Archimathœus ne se propose pas défaire un ouvrage didactique et méthodique, il n'a d'autre prétention que de raconter, sans suivre un ordre rigoureux, ce qu'il a observé, et d indiquer les cas où, avec l'aide de Dieu, il est arrivé a un heureux résultat. Nous avons donc sous les veux une véritable Clinique, le premier ouvrage en ce genre que rhistoire ait à signaler depuis les Épidémies cl Hippocrate, une clinique oii le diagnostic laisse sans doute a désirer, mais oit l'on peut remarquer cependant plus d'un trait qui révèle un praticien exercé, un bon observateur et un thérapeutiste hardi, qui ne craint pas par exemple, d^employer les fumigations arsenicales dans le catarrhe chronique; puis remarquons de suite que les doctrines et la thérapeutique sont d'Hivpocrate et de Galien, mais non pas des Arabes
L ouvrage est trop exclusivement scientifique pour
'''''''''' ^ -o'nbrLes ,
cularH "'^-^^^«^ d^autre parti,
cales que la distinction entre les vrais médecins, les
Introduction.
médecins vulgaires, les spécialistes et les médecins droguistes, tous gens de médiocre instruction et de conscience plus médiocre encore.
Comme expression dhm retour vers les anciennes doctrines de l'École de Salerne, comme une sorte de protestation contre linsidieuse invasion des Arabes It comme prédilection marquée pour le Passionnaire de Galien, les écrits de Bartholomœus et ceux de Cophon le jeune (entre iioo et 1120) -m un g. and intérêt por. Ihistoire; ils montrent en ^ne[ne t.nps combien il y avait de liberté d^ esprit dans l Ecole Je Salerne et combien on a exagéré Vinfluencede Cons iantin. Ajoutons que Bartholomœus et Cophon écrivaient un peu mieux que leurs <^ontemporains ;et, c^^ nui importe encore davantage, que Cophon a décrit certaines maladies dont il n^ est pas question dans es traités des autres médecins de Salerne par exemple r ulcération du palais et de la trachée, les polypes; les scrofules de la gorge, les condylomes etc.; enfin: remarquons Bartholomœus et Cophon professant ceiy faines cpinions particulières sur l'origine et la classification des fèvres. . . ^^„, A l'exemple de presque tous les médecins de som temps et aussi des temps antérieurs, Cophon distingue^ la médecine des pauvres de celle des riches, nonquil^ paraisse avoir moins de souci des pauvres que desi ches, mais par ce seul principe que les riches sont delt-
Introduction. 3 ^
cats et veulent être guéris agréablement, tandis que les pauvres veulent seulement être guéris et craignent la dépense. C'est ainsi qu'il purge les nobles avec de la rhubarbe réduite en poudre très-fine, et les paysans avec une macération de mirobalanum, sucrée ou non sucré" De leur côté, les Quatre Maîtres, commentateurs de la chirurgie de Roger et Roland, nous apprennent qu'on édulcore les potions avec du sucre ou avec du miel suivant que le patient est noble on rotu- . __ che^ les pauvres, sur les fractures on met soit de la fiente de porc, de mouton ou de bœuf cuite dans du vin, et à défaut de vin dans de l'eau, soit ime espèce d'onguent composé de poireaux cuits et de chair de porc; che^ les riches, on se sert de bol d'Arménie, de farine de fèves et de plantins broyés avec de l'excellent vinaigre ;— pour mûrir les abcès des riches,^ on prescrit l'ognon de lis et de Vaxonge ; pour le goitre, Roger recommande le baume en friction aux personnes de sang royal ou élevées en dignité ; pour celles d'une condition inférieure, il ordonne le lapadium et Vaxonge ou autres onguents de peu de valeur ; — les fistules des riches se guérissent avec une potion fort compliquée, celles des pauvi-es avec le suc d'ortie grecque bu pendant un an; — il y a aussi, en faveur des riches, des appareils particuliers pour soutenir, après le pansement, le bras fracturé.
Bernard le Provincial recommande le vin pour les estomacs délicats des archevêques; il ajoute que, ces mêmes estomacs ne pouvant pas supporter les médecines vomitives, il faut, comme le pratiquait l'archevêque Alphanus, prescrire le vomissement après le
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repas, ce qui est la méthode la moins nuisible et la plus agréable.
Cophon se montre très attentif à vaincre les répugnances des malades; il a mille expédients pour faire avaler les plus horribles médecines ; et, puisque l'occasion s'en présente, il ne sera pas hors de propos de nous arrêter un instant sur un ouvrage salernitain postérieur de quelques années à celui de Cophon, mais oîi l'on trouve précisément de curieux préceptes pour la préparation des médicaments et des aliments à l'usage des malades, je veux parler du traité de Musandinus : De modo praeparandi cibos et potus infirmorum. Voici quelques exe^nples :
Dans les fèves aiguës, Musandinus a toutes sortes d'herbes et de légumes préparés simplement, mais avec un certain art, toutes sortes d'émulsions et de loochs pour affriander et soutenir les malades sans fatiguer l'estomac. Il donne aussi à ronger des os de volailles, car les malades se délectent à ronger les os. — Si le malade est faible et s'il faut le nourrir, faites bouillir pendant longtemps ime poule grasse, tire^-la du vase pile\ chair et os dans un beau vase (car rien ne plait aux malades comme un beau vase), verse^ le bouillon sur cette pâte, et faites réduire jusqu'à ce que le tout soit pris en gelée et devienne parfaitement homogène • après quoi mêle^ un peu de mie de pain bien broyée. — Si vous voulez donner un aliment moins solide, délaye^ du pain bien broyé dans le bouillon de la poule • passer en exprimant fortement ; mêle^ exactement et donnei ^" malade. — Contre le flux de ventre, on emploie, au lieu d'eau simple, de l'eau de rose pour faire
Inîrodiiction.
cuire la poule ; si toutefois le malade est pauvre, on ne fait qu'ajouter un peu d'eau de rose à la décoction. Pour lesfièvi-es inflammatoires, les préparations alimentaires sont très-compliquées et semblent plus propres à augmenter le mal qu'à le calmer ; mais c'est ime doctrine fort ancienne, et aujourd'hui encore fort populaire, qu'il faut entretenir les forces du malade.
Quand le malade exige du vin et qu'on ne peut pas satisfaire ses appétits malicieux, on mêle un quart de miel blanc à trois quarts d'eau, on y trempe du pain chaud, on passe en pressant, et on donne à boire cette liqueur, qui a tout à fait le goût du meilleur vin !
Les médecins se trouvent quelquefois dans un grand embarras quand le malade veut manger et qu'il faut le tenir à la diète : si l'on donne à manger et que le malade vienne à mourir, on ne manquera pas d'en rejeter la faute sur le médecin ; si l'on maintient la diète et si le malade s'affaiblit, la nature reste impuissante, et s'il arrive malheur, c'est encore le médecin qui sera accusé. — Que faire ? Tromper le malade quand on ne peut le satisfaire. S'il veut du miel et que le miel lui soit contraire, faites épaissir par la coction du sirop de violettes par exemple; offrez-lui dans une belle soucoupe ; en un mot, dorez-lui la pilule, et il ne se douterapas du subterfuge. — S'il veut du bœuf, déguise^ de la chair de poulet en chair de bœuf. Galien a trompé de cette façon un de ses amis ; de plus, il lui a servi du jus de grenade pour du vin rouge, disant qu'il fallait de tel vin pour faire digérer une telle viande. Si le malade trop clairvoyant déjoue toutes les ruses du médecin, si par exemple il veut absolu-
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ment du miel ou du fromage, donnez-lui du miel blanc et du fromage frais, parce que le miel blanc est moins nuisible que le brun, et le fromage frais moins pernicieux que le fromage salé ; ou bien encore lave\ à grande eau le fromage salé, si le malade ne laisse pas même la ressource du fromage frais.
Pour rappeler l'appétit et faire disparaître le dégoût dans la convalescence des fièvres, Musandinus ne connaît rien de mieux que les saignées répétées, afin de déterger le sang. Si le malade est constipé, purgezle sans en avertir, afin que, si mort s'ensuit, on n'accuse pas le jnédecin. Il recommande aussi les épices quand le malade va mieux ; il engage les convalescents à dîner avec leurs amis ; il trouve bon encore qu'on les divej'tisse pendant le repas, attendu que rien n'aiguise autant l'appétit que la joie.
A côté de préceptes qu'il faudrait se garder de suivre, on trouve dans ce traité plus d'im bon conseil que les médecins d'aujourd'hui pourraient mettre à profit ; quand le diagnostic est fiait et que le traitement est prescrit, le médecin se retire, laissant mille petits détails à la merci des parents ou de la garde^malade. Les anciens, et ils avaient grand'raison, ne dédaignaient pas les importantes minuties.
L'ouvrage de maître Bernard le Provincial, écrit probablement entre i i5o et 1160, est aussi intéressant pour l'histoire de la thérapeutique que le traité de Musandinus est curieux pour l'histoire de la diététique. Bernard essaye de simplifier la matière médicale : plus de ces drogues qu'on emprunte aux Alexandrins, plus de ces herbes desséchées qui perdent toutes
Inlroduction.
leurs vertus; il riy a de bon que les simples fraîchement cueillis dans les champs. Que les pauvres cessent de se plaindre et de verser des lai'mes sur leur misère qui ne leur permet d'acheter ni la thériaque ni /'antidote doré! Ce sont d'inutiles inventions du luxe; il faut mettre un frein à la cupidité des apothicaires et des droguistes; il faut dévoiler leurs fraudes honteuses et nuisibles; il faut apprendj-e au public qu'ils falsifient la inanne avec les débris de la canne qui a déjà servi à faire le sucre ou la mélasse; — le musc avec du sang de bouc; — la thériaque en y mettant de la robélie au lieu d'orobe, de sorte qu'on ne saurait pas trouver de la bonne thériaque dans tout Salerne. On voit du reste par des ordonnances de police du trei:{ième siècle que les médecins étaient chargés à Salerne, comme en beaucoup d'autres villes, de Vins-pection des officines, car, à cette époque, la pharmacie paraît asse:{ nettement séparée de la médecine, bien qu'on puisse çà et là remarquer de mutuels empiétements.
Bernard donne im grand nombre de recettes domestiques qui permettent aux malades de se soustraire à l'omnipotence des apothicaires. Je rapporterai les plus curieuses : voule\-vous rendre les prunes laxatives ? Pendant le mois de mars, au moment de la sève, introduise^ entre le bois et l'écorce du prunier un vinaigre purgatif, ou toute autre préparation laxative. — Traite:^ la vigne de la même matiière avec de la scammojîée, et vous aure\ des raisins purgatifs ; — vous pouve\ par le même procédé avoir, suivant les couleurs que vous introduise^, des grappes rouges.
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a{U}-ées ou jaunes. — On voit que notre provincial, sans être très-versé dans la physiologie végétale, devançait les résultats de l'expérience moderne. En cela, il ne faisait que suivre l'exemple de son maître Salernus, lequel recommande de traiter les malades avec la chair d'animaux Ttourris, pendant leur vie, de substances médicamenteuses. N'est-ce pas là la première idée du fameux lait iodé et du traitement des enfants par les nourrices ?
Bernard nous apprend aussi que l'on conservait dans leur fraîcheur primitive les pommes, les cerises et les grappes de raisins, en les enveloppant de miel ou de vernis. Il indique avec soin d'ime part les simples qu'on peut substituer aux médecines composées, et de l'autre les simples qu'il est loisible de remplacer les ■ uns par les autres ; il appelle vicaires ou compagnons ce que Jtous nommons succédanés. — Toutes les herbes manipulées convenablement avec un corps gras et à la cire peuvent se réduire en ongueitts. Toutes les plantes dont on boit la décoction très-chaude pour provoquer la sueur doivent être cueillies le matin à la rosée.
En traitant du miel et du sucre, notre auteur arrive à parler des liqueurs fermentées qu'on en tire, ainsi que du vin et de la bière. La bière se confectionnait avec le froment, l'orge ou l'avoine ; il jr avait aussi une espèce de cidre tiré des pommes et un pseudo-vin fabriqué avec le miel ou le sucre. « Ecoute:^, buveurs, s'écrie Bernard : le breuvage par excellence (potus electionis), ce breuvage suave, délectable, savoureux, qui caresse doucement les papilles de la langue, c'est le vin fait
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avec des raisins bien mûrs ; de toute autre boisson, bière, ou cidre, ou liqueur de sucre, il faut dire : Qiie ce calice passe loin de moi! » Avec quelles délices le gourmet provincial qui s'extasie ainsi devant quelque petit vin d'Orvietto, n'eût-il pas dé g-usté nos bons crus de Bourgogne et de Bordeaux ! Qui sait même s'il n'en a pas bu quelque rasade, car il est venu certainement en France, peut-être à Montpellier, oîi l'école naissante lui cause ime certaine jalousie.
Voici encore quelques détails de mœurs qu'il est bon de noter en passant. Les aubergistes endormaient leurs hôtes avec du vin oie l'on avait fait macérer de la semence de tussilage, afin de les dévaliser plus commodément ; — im médecin voulait-il se venger d'un malade ingrat, il lui donnait de l'alun au lieu de sel, ce qui ne manquait pas de provoquer ime éruption de pustules sur tout le corps.
Un jeune homme ou ime jeune fille sont-ils tourmetîtéspar im amour qu'ils ne peuvent ou jie doivent pas satisfaire, qu'ils se lient les mains derrière le dos et qu'ils boivent, en se penchant sur le vase, de l'eau où l'on a éteint un fer rouge ; c'est un remède physique, empirique et rationnel contre les ardeurs intempestives de l'amour. Bernard l'affirme, il faut le croire. Pourquoi même ne pas l'expérimenter ? L'occasion ne manque pas plus à Pat'is qu'à Salerne.
Voici un autre moyen non moins empirique et non moins rationnel pour remédier à un excès de maigreur : nourrisse:{ ime poule de vieilles grenouilles bien grasses, coupées en morceaux et bouillies avec du froment, mange:{ vous-même la poule: mais faites
ÉCOLE. 5
Inh'oduction.
bien attention de ne manger que lemem.bre correspondant à celui que vous voule:{ engraisser, autrement tout le corps prendrait des dimensions effrayantes !
— Rien ne préserve mieux de Vavoj'tement qu'ime pierre d'aimant suspendue au cou , ou, à défaut de cette pierre, l'os spongieux qui se ti~ouve dans la tête de l'âne. C'est à propos de la pierre d'aimant que Bernard cite ce vers asse^ gracieux, mais dotît il n'iyidique pas la source :
Ut frigidum magnes, sic juvenis attrahit Agnem.
Une décoction de vers de terre dans l'huile est im médicament souverain contre les douleurs d'oreilles;
— si l'on veut bien dormir, il n'y a qu'à manger des noix à son souper ; — pour prévenir tous les accidents qui résultent de la morsure de la tarentule, il suffit, d'après le conseil donné par maître Saleimus, déplacer dans un lieu public le malade sur im lit suspendu ; chaque passant fait mouvoir le lit, et au centième coup, ni plus ni moins, le malade est délivré. Le même Salernus guérit son écuyer (armiger) d'ime chute trèsgrave en l'ensevelissant dans du fumier jusqu'à la bouche. Bej'nard remarque qu'il aurait obtenu le même résultat en le mettant dans le vejttre d'un cheval ou d'un taureau récemment tué !
Au point où nous en sommes ai'rivés, c'est-à-dire vers le milieu du douzième siècle, nous voyons appa-
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rditre le poème didactique appelé Schola Salernitana, Flos medicinae, on Regimen sanitatis'^ on encore Regimen virile.
Si les origines de l'école inême de Salerne sont fort obscures, celles du Regimen ne sont pas moins indécises ; il serait malaisé de dire comment ce poème s'est formé, à quelle époque il a pris naissance et quel en fut l'auteur. Aucun des Jioms qu'on a mis en avant ne résiste à la critique historique : ni celui de Jean de Milaji, ni celui de Novoforo, encore moins connu et que j'ai trouvé dans un manusc7~it de Wolfenbuttel, ni surtout celui d'Arnauld de Villeneuve, qui ne prétend, du reste, qu'au rôle d'éditeur.
S'il était perjuis de comparer les petites choses aux gi-andes, je dirais volontiers que le Regimen, tel qu'il nous est arrive da7ts le texte d'A. de Villeneuve, est l'ouvrage de rapsodes médecins; qu'il représente un cycle poétique qu'on voit poindre au milieu du on:{ième siècle et qui s'achève vers le commencemejit du quinzième , sans qu'il soit possible de fixer ni la date ni l'origine des interpolations successives , sans qu'on puisse dire non plus quel a été le premier fonds commun, puisque tous les vers qui se lisent dans les auteurs salernitains antérieurs à l'édition d'Arnauld de Villeneuve sont rapportés sous la forme impersonnelle , sans nom d'auteur et sans titre d'ouvrage. Chacun I semble avoir mis la main à ce poème; c'est l'œuvre de tout le monde, et ce n'est l'œuvre de personne ; ou plutôt c'est le fidèle écho du bon sens de la foule en matière d'hygiène; il a tous les caractères d'un écrit populaire : la précision, une certaine naïveté; des
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tours heureux, et je ne sais quoi de vivant qu'on ne s'attendrait pas à trouver dans un poème didactique.
On peut du moins affirmer qu'Arnauld de Villeneuve est le plus ancien témoiit de la rédaction primitive. Mais, de même qu'il y a dans les auteurs grecs des vers d'Homère qui ne se trouvent pas dans nos éditions, de même aussi, pour le Regirnen, cei'tains vers cités par des auteurs salernitains ne figurent pas dans l'édition d'Arnaidd de Villeneuve.
Après Arnauld, la Flos mediciiias, qui déjà n'est pas un ouvrage très-méthodique dans cette édition princeps, s'est accjnie de toutes sortes d'additions, ou prises sur les marges des manuscrits, ou rédigées de propos délibéré pour tenir le poème au courant de la science. Aussi n'est-il pas difficile d'y remarquer la trace de mains et d'époques différentes, des répétitions, des changements de rédaction, des contradictions mêmes ^. 0?îjy trouve un grand nombre de vers empruntés à des auteurs bien connus, à Macer Floridus, par exemple, ou à Gilles de Corbeil, et toute ime traduction abrégée de /'Antidotaire de Nicolaus. Les manuscrits les plus anciefis ne remontent pas au delà du quatorzième siècle ; ils diffèrent tous, et par le nombre, et par l'ordre, et par la rédaction des vers. Aussi l'œuvre de la critique devrait consister bien plus à restreindre qu'à midtiplier le jiombre de vers;
I. En voici un exemple frappant : un médecin rigoureux en ses préceptes fixe les heures du sommeil à six pour les adultes en bonne santé; il en accorde sept aux paresseux, mais à personne il ne concède le nombre huit. Son confrère, plus relâché, permet huit heures dans le premier cas, neuf dans le second; et le chiffre dix n'est jamais toléré.
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elle devrait surtout distinguer ceux qui sont anciens de ceux qui sont comparativement moderyies. Mais en général les éditeurs se sont au contraire attachés à publier le plus de vers possible : ainsi, pour ne parler que des principaux, Arnauld ne donne que 862 vers (les éditions ne sont pas rigoureusement d^ accord sur ce point) ; dans les éditions de Curion, le nombre varie entre 26g et 38g ; Dufour et Levacher en ont fourni 482 ; Ackei'mann, qui a suivi le texte d' Arnauld, imprimé à Louvain sans date, en a édité 364 / M. de Balzac en a recueilli 2,3 00 ; enfin M. de Ren:(i, 7'éunissant la récolte de M. de BalT^ac, la mienne et celle qui lui appartient en propre, est arrivé au chiffre de 3,520 vers, pris de toute main et de toute part.
Quelle que soit du reste la forme sous laquelle on conçoive la rédaction originale du Regimen : consultation médicale adressée ex professo à quelque grand personnage du temps ^, ou suite de phrases aphoristiques et proverbiales primitivement isolées, il n'en est pas moins vrai que son caractère essentiel, comme cela ressort du Commentaire d' Arnauld de Villeneuve, est exclusivement diététique, et qu'il faut en exclure la description des maladies, la thérapeutique spéciale,
i. Le préambule : Anglorum régi, qui se lit déjà dans Arnauld de Villeneuve, porterait à croire que, dès le principe, le Regimen sanitatis avait reçu une forme déterminée ; mais d'abord ce préambule pouvait bien n'être qu'une étiquette mise après coup pour un premier essai d'édition; en second lieu, les manuscrits d'Angleterre portent généralement : Francorum regi, tandis que ceux de France et d'Allemagne ont presque tous : Anglo"rum régi; il y a même un de nos manuscrits de Paris qui donne Roberto régi; enjîn, on ne sait ni à quel roi d'Angleterre, ni à quel roi de France la consultation a pu être adressée.
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cette longue liste de médicaments simples ou composés qui figurent dans quelques jnanuscrils, et bien d'autres matières qui, évidemment, ne rentrent pas dans le plan, soit de l'auteur, soit du collecteur K La facture même des vers, à défaut de toute autre règle de critique , devrait également servir à éliminer plus d'un paragraphe qui s'est glissé dans les manuscrits ou dans les éditions.
S'il nous fallait, en nous limitant, bien entendu, au texte d'Arnauld de Villeneuve, recherche)' avec quelques détails les sources du Regimen sanitatis, nous nawHons pas de peine à les trouver dans Hippocrate et dans Galien (car, dans le texte d'Arnauld, il 7i'y a rien encore qui trahisse l'infiuence des Arabes), et ce qui manquerait dans ces deux auteurs nous serait fourni par Dioscoride et surtout par Pline.
Dans le Régime de santé^ à côté des préceptes que donne la science la plus autorisée, on trouve les règles d'hjrgiène domestique dictées par l'expérience la plus vulgaire, et qui sont de tous les temps comme de tous les pays. User de tout avec modération, respirer un air pur ; au lever se laver le visage et les mains, se peigner, brosser ses dents ; ne pas manger sans faim, du moins sans que le premier repas soit digéré ; ne pas changer brusquement son régime, sont autant de recommandations qui se lisent, il est vrai, dans Hippocrate, mais sont en même temps les lois immuables
I. Dans la présente édition, pour nous conformer au désir de MM. J.-B. Baillière, nous avons conservé tous les vers {au nombre de 1870) qui nous ont paru de nature à être traduits ou ■à intéresser, soit le public, soit les médecins.
Inlroduction.
du bon sens. — Le paragraphe sur la prédominance des humeurs suivant les saisons exprime une théorie qui remonte à Hippocrate. La description du tempérament est toute galénique ; puis on remarquera que, dans le Regimen, le choix des mets et des boissons, Vindication des propriétés thérapeutiques des simples, sont fondés sur la théorie des qualités élémentaires du chaud, du froid, du sec et de l'humide ; or., si vous ouvre^ les traités salernitains qui nous sont parvenus, vous retrouvere:{ les mêmes propriétés attribuées aux mêmes substances et aux mêmes plantes. Et comment en serait-il autrement, puisque ni la physiologie, ni la chimie, ni V expérimentation méthodique, ne sojît venues à Salerne, pas plus qu'à Rome et à Cos, apprendre aux médecins la constitution des corps, la science des milieux, et les mutuelles réactions du monde sur l'homme et de l'homme sur l'air qu'il respire ou sur les substances qu'il ingère.
Vin
Ici s'arrête notre tâche, mais non pas l'histoire de l'Ecole de Salerne, que M. de Ren^i a continuée jusqu'à ces derniers temps. A travers ime foule de noms propres et de titres d'ouvrages, les ims nouveaux, les autres déjà connus, tious arrivons vers le milieu du treizième siècle, au chirurgien Roger, qui ferme la liste des Maîtres de Salerne, dont les écrits représentent avec asse:{ de f délité la doctrine gréco-latine.
Les hospices se multiplient ou prennent un nouveau
hitroduciion.
développement à Salerne : le premier dont il soit fait mention remonte à Van 820; sous les premiers Angevins (i266-i38o), ils deviennent très-florissants et reçoivent des dotations considérables; les tins étaient destinés par leurs fondateurs aux pauvres et aux étrangers, les autres aux enfants trouvés, aux dames qui voidaient se préserver des dangers du monde, enfin aux malades qui étaient logés et soignés; les chevaliers de Jérusalem, les frères Célestins, les frères de^ la Croix et d'autres cojtgrégations dirigeaient ces hôpitaux.
On voit à cette époque plusieurs médecins militaires sortir de Salerne et suivre les armées avec ime commission du gouvernement ; — les médecins spécialistes patentés pour traiter les plaies, les hernies et les yeux exercent en ville et dans les environs; — on rejicontre aussi la mention de diplômes pai-ticuliers pour les femmes, ce qui ne doit point étojmer dans la patrie de Trotida; — les médecins de cour se multiplient; ils obtiennent de grands privilèges; — les traitements des maîtres ou professeurs sont réglés ; on voit que pour quelques-ims il s'élevait à dou^e onces d'or par an ; — on trouve encore plusieurs médecins-prêti'es à la fois chargés de l'enseignement médical et revêtus des hautes dignités ecclésiastiques; enfin il y a des sages-femmes jurées, surtout pour les grandes dames de Salerne et de Naples.
C'est au milieu du trei:{ième siècle que maître Gérard popularise les livres arabes par des traductions, et que ces livres se substituent définitivement aux ouvrages gréco-latins; l'école de Salerne perd son autonomie.
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mais non pas encore son importance et sa réputation.
Frédéric II donne ime nouvelle impulsion aux sciences et aux lettres ; il réunit les différentes écoles en une seule université, et publie divers règlements de grande importance.
Frédéric prescrit trois ans d'études philosophiques et littéraires, avant de se présenter à V école de médecine; les études théoriques médicales doivent durer au moins cinq ans ; il y a de plus im an de stage che^ un praticien expérimenté, ce qui semblerait prouver qu'il n'y avait pas de cliniques dans les hôpitaux; la chirurgie fait partie intégrante de la médecine ; mais tout médecin qui veut exercer la chimirgie consacrera im an à Z'anatomie humaine et à la pratique des opérations ; nul ne peut exercer s'il n'a été reçu dans la forme consacrée par les membres du collège de Salerne, et si ses lettres testimoniales n'oiit été revêtues de l'approbation de l'empereur ou de son délégué; des peines sévères, la confiscation des biens mobiliers, la prison même, sont édictées contre tout délinquant. Le texte des leçons faites par les maîtres sera pris dans les livres authentiques (autorisés ), d'Hippocrate et de Galien. Les honoraires sont tarifés pour la ville et pour les environs ; le médecin recevra un demitarenus ^ par jour, s'il ne sort ni de la ville ni du château ; trois tareni par jour, s'il va à la campagne et s'il est hébergé par le malade ; quatre tareni, s'il n'est pas défrayé; les visites sont fixées à deux par jour et une pour la nuit, à la réquisition du malade. Les pau-
I. Le tarenus était une monnaie d'or équivalant à 20 grains ou deux carlins.
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vres sont soignés gratuitement. Les droguistes (stationarii) et les apothicaires (confectionarii) sont placés sous la surveillance des médecins^ qui ne devront jamais faire de' marché avec eux, ni mettre des fonds dans leurs entreprises, ni tenir d'officine pour leur propre compte. Ceux qui vendent ou qui confectionnent les drogues prêtent serment de se conformer au Codex; leur nombre est limité; il jty en a que dans certaines villes; les prix sont réglés suivant que les substances pourront ou non se conserver pendant un an dans la boutique. Deux inspecteurs impériaux sont chargés, avec les maîtres de Salerne, de veiller à la préparation des électuaires et des siî-ops. Les règlements d'hygiène publique et de police médicale, surtout en ce qui concei-ne les maladies contagieuses, la vente des poisons, des philtres amoureux et d'autres cha7vnes, sont promulgués avec solennité.
Une organisation si bien entendue et l'antique renommée de Salerne y attiraient beaucoup d'étrangers, médecins ou simples amateurs ; Gilles de Corbeil avait séjourné dans cette ville au milieu du treilième siècle; plus tard, Gilbert l'Anglais y vint étudier. Un Allemand, dans son Itinéraire, écrit au treizième siècle :
Laiidibus œterniim nullum negat esse Salenium; Illuc pro morbis totus circumflidt orbis, ' Nec débet sperni, fateor, doctrina Salenii, Quamvis exosa milii ait gens illa dolosa.
Salerne n'a plus ni affluence de malades, ni doctrine médicale, mais on peut y rencontrer encore
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des hôteliers qui méritent l'épithète de gens dolosa.
Nos poèmes français du treizième siècle célèbrent les louanges de Salerne et des mires (médecins) qui y pratiquaient Vart de guérir ; c'est aussi dans cette ville que les amants, en dépit des prescriptions de Frédéric, vont chercher les philtres merveilleux qui doivent les mettre en possession de l'objet aimé. Enfin, à la même époque, dans ses vastes et précieuses Encyclopédies connues sous le nom de Miroirs, Vincent de Beauvais met plus d'une fois à profit les écrits des médecins salernitains.
Mais Frédéric lui-même porta un coup à l'Ecole médicale de Salerne, en créant à Naples un institut tout semblable y qu'il dota richement et auquel il accorda de grands privilèges. Toutefois, sous la domination des Angevins (première et deuxième branches, 1 266-1435), M. de Ren\i compte encore à Salerne plus de cent vingt médecins. Les praticiens dont les noms nous ont été conservés, et qui exerçaient dans le voisinage de Salerne, sont également très nombreux.
Durant cette longue période, la médecine à Salerne ne vit plus qu'aux dépens des Arabes; mais la chirurgie, qui avait reçu ime grande impulsion de Roger, reste fidèle aux traditions gréco-latines. Les ouvrages salernitains ne sont ni en aussi grand nombre, ni aussi importants qu'on pourrait le supposer; l'école n'exerce plus guère d'influence que par son enseignement, qu'on vient écouter de tous les points de l'Italie et même des autres contrées de l'Europe. Puis, à mesure que Naples attire les faveurs des souverains, Salerne s'efface peu à peu; les règlements
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interviennent; les disputes s'élèvent; on oublie la primauté de la science pour ne plus songer qu'aux droits de préséance; et déjà la décadence se fait sentir sous la domination des princes d'Aragon (de 1486 aux premières années du seizième siècle).
Avec les princes espagnols, alors que tout renaît en Europe, ime nouvelle ère semble s'ouvrir pour l'école de Salerne; elle se souvient de ses anciens jours et des grands noms qui avaient fait sa for time et sa gloire. Mais les rivalités sans cesse renaissantes portèrent les derniers coups à cette vieille institution; elle n'existait plus que de nom, lorsque la Faculté de médecine de Paris, en 1^48^ consultait le Collège des médecins de Salerne au sujet du différend élevé en France entre les médecins et les chirurgiens.
L'Ecole de Salerne, modèle et mère de toutes les universités du moyen âge, disparaît pour jamais devant le décret du 2g novembre 18 11. Sajis respect pour l'antique et universelle reïiommée de cette école, sans souci des droits acquis et des services rejidus, ce décret applique dans sa rigueur le pj'incipe de la centralisation, et, par pitié, il concède à Salejvte im institut préparatoire, un lycée médical, ime école secondaire de médecine, comme nous dirions en France!
J'ai visité deux fois Salerne en 184g; j'errais tristement à travers ces rues autrefois animées par tout le mouvement de la science et de la pratique médicales; j'y recherchais vainement la trace ou le souvenir des maîtres illustres dont la voix avait retenti au milieu des temps les plus agités. Qui pouvait me redire ce que furent Petronius, Cophon, les Platea-
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ritis, Bartholomœus, et le vénérable Miisandinus et l'élégant Mawus dojtt Gilles de Corbeil avait écouté les leçons ? Qui se souvenait de la belle Trotiila ou du rusé Constantin ? Et, à défaut d'une grande institution médicale, quel monument pieusement consacré à toutes les gloires de l'Ecole me rappelait quelques traits de sa première histoire ? Nul écho de la tradition ; pas ime pierre de l'ancien édifice ; pas un manuscrit dans aucune bibliothèque ; pas même une bonne édition du Regimen Salernitanum, che^ le seul médecin , M. le docteur Santorelli , en qui n'étaient pas éteints les vieux souvenirs! — Au moins dans ces rues, presque désertes aujourd'hui, sur cette place où se rassemblaient les prof esseurs et les étudiants, aux bords de cette mer toujours splendide qui baigne le pied de la ville, je respirais Vair qu'avaient respiré les Maîtres. Et puis déjà le plan de /aCollectio Salernitana était arrêté avec mon savant et généreux ami, le docteur S. de Ren\i : c'était^ au milieu de cet oubli complet du passé, un hommage et ime réparatioji.
Ch. Daremberg ^
I. Daremberg (Charles- Victor), né à Dijon le 14 avril 1817, professeur d'histoire de la médecine à la Faculté de médecine de Paris, bibliothécaire de la Bibliothèque Mazarine, membre de l'Académie de médecine, décédé le 24 octobre 1872, au Mesnil-le-Roy (Seine-et-Oise).
Lecteur, tu désirais cette Fletir Médicale :
Que d'elle, pour toujours, un doux parfum s'exhale
SCHOLA SALERNITANA
Hoc opus optatur quod Flos Medicine vocatur (Epigraphe de l'édition princeps.)