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I. Voyez Pouîiot y p

468 Commentaires de r Ecole de Salerne.

tillée de menthe s'emploie, comme excipient, dans les potions antispasmodiques et stomachiques.

Les pastilles de menthe sont mises en usage pour donner à la bouche une odeur agréable et exciter l'action digestive; leur saveur, un peu chaude, est bientôt suivie d'un sentiment de fraîcheur, qui n'est rien moins que réelle.

La méhsse des jardins, Melissa officinalis , et qu'on nomme citronnelle à cause de son odeur de citron, jouit des mêmes propriétés que les menthes; elle est et avec raison d'un usage plus fréquent, à cause de son goût et de son odeur agréables.

Page 147. — Cresson.

On compte plusieurs variétés de cresson, sisymhrium nasiuriium; les suivantes sont les plus employées : le cresson alénois ou cresson des jardins; le cresson des près ; le cresson sauvage ou cochUaria; le cresson d'Inde ou la capucine de nos jardins, qu'on sert en salade ; et le cresson doré ou saxifrage dorée.

Toutes ces variétés ont la même vertu.

Le cresson de fontaine, que le peuple de Paris appelle la santé du corps, habite les lieux humides et les bords des ruisseaux.

Paris, comme le reste de la France, ne connaissait d'autre cresson que celui venu à l'état sauvage sur les bords des cours d'eau ou dans les flaques des marécages, quand, en 181 1, M. Cardon, officier d'administration de la Grande- Armée, étabht à Saint- Léonard, près de SenHs, des tosses à cresson pareilles à celles qu'il avait vues, formant à Erfurth de beaux tapis de verdure au milieu des neiges de l'hiver de 1808 à 1809.

Dès lors, la culture du cresson prend un grand essor. Des cressonnières se creusent dans toutes les vallées des alentours de Paris, mais trop souvent pour la iruine des cressiculteurs, au sein

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de tourbières où le cresson brûlait l'été et gelait l'hiver, n'étant pas protégé par des sources assez proches et assez abondantes pour assurer la prospérité de l'entreprise. En 1855, 710 fosses ahmentaient la capitale. On en compte aujourd'hui 950.

Le cresson a une saveur chaude, piquante, amère; on en fait un grand usage dans l'état de santé, et plus encore dans l'état de maladie.

En santé, on le mange comme salade, ou comme assaisonnement avec quelque viande blanche, telle que la poularde et le chapon. C'est un bon tonique, qui excite l'appétit et fortifie l'estomac. Il convient dans tous les cas où il s'agit de fortifier, de stimuler les organes digestifs, et lorsqu'on a fait un trop grand usage de substances animales.

Dans la maladie, on l'emploie comme altérant, incisif, apéritif, stomachique , Il est surtout utile dans les cas de dissolution des humeurs naturelles et du sang, dissolution désignée par le nom de scorbut.

La forme sous laquelle il est administré est différente selon les occasions. Tantôt on en écrase la tige et les feuilles, pour en tirer le suc; tantôt on en fait une simple infusion; tantôt on le donne à mâcher en substance; et tantôt on le mêle au lait ou au vin. Mais, de quelque manière qu'on l'emploie, le cresson agit toujours par un principe salin particulier aux plantes crucifères . Ce sel est très actif et très volatil^ de façon que c'est une précaution nécessaire à prendre dans les préparations du cresson, qui se font à l'aide du feu, de n'exposer jamais cette plante à un feu vif ni à une eau bouillante.

Le suc de cresson est aussi bon que celui de cochléaria pour raffermir les gencives saignantes et nettoyer les dents. C'est dans ces cas qu'il peut être regardé comme souverain odontalgique. Mais, quand les douleurs de dents viennent d'une cause interne, le cresson ne fait, plus le même bien.

470 Commentaires de r École de Saler ne.

En liniment avec le miel, il dépure les ulcères et fait sécher les dartres. On peut aussi l'employer en cosmétique pour purifier la peau.

Quant à la pelade que l'on dit céder à l'action du cresson, ce ne peut être que celle qui suit quelques fortes affections de la tête, après lesquelles les cheveux tombent. Le miel et le cresson, ou le cresson seul appliqué en cataplasme, ou son suc répandu en forme d'embrocation sur la peau du crâne, fortifie les bulbes des cheveux et les dispose à repousser.

Le cresson ne jouit d'aucune vertu, de même que tout autre remède, pour faire croître, encore moins repousser les cheveux sur une tête chauve. La calvitie est, en effet, un accident incurable. Les anciens le savaient bien; aussi ils cherchaient à pallier cet outrage du temps ou de la débauche.

Page 149. — Poivre.

Le POIVRE NOIR et le poivre blanc, qui sont les fruits d'une plante de l'Inde, sont des assaisonnements très utiles, peut-être plus dans la cuisine du pauvre que dans celle du riche. Ils aident à la digestion par leur vertu chaude, tonique ; mais il faut en user avec beaucoup de modération. Ils conviennent à ceux qui ont l'estomac faible, aux habitants des pays chauds, qui se nourrissent de végétaux aqueux et de fruits rafraîchissants, pour relever les forces de leur estomac affaibli.

Le poivre, pris en quantité, est capable d'irriter, d'échauffer fortement et de causer des inflammations d'estomac ou d'entrailles, et des obstructions. Cette épice rend véritablement ardent aux plaisirs de Vénus.

Le poivre peut guérir la toux ou la douleur d'estomac, causées par les vers, les glaires, en les tuant et en les expulsant; mais il ne pourrait qu'irriter la toux provenant d'une maladie des poumons.

Rose.

Il peut prévenir et guérir, par sa vertu tonique, l'accès d'une fièvre intermittente. Le peuple croit encore au préjugé que îe poivre rafraîchit.

Il se consomme annuellement pour quarante millions de poivre en Europe. Voilà de l'argent bien mal employé.

Le CORAIL DES JARDINS, POIVRE DE GuiNÉE, est Une espèce depiment, Capsicmn afinuum. On nomme, dans le midi de la France, poivron, le piment petit, vert tendre^ qui n'a pas encore changé de couleur, car il est rouge dans sa parfaite maturité. On fait un grand usage des poivrons en Provence et dans le Languedoc, apprêtés en salade, frais ou confits dans le vinaigre. Quand ils sont rouges, ils servent d'assaisonnement comme le poivre, dont ils ont les propriétés.

Outre ces espèces de poivre, il y a encore : le Piper hetîe ou BÉTEL, et le Piper cubela ou cubèbe; le poivre du Japon, Fagara piperita, les graines d'AMBRETTE, Hibiscus aïbemoschus, auxquels il faut joindre les piments de toute espèce, Myrtiis pimenta ou capsicnm.

Page 151. — PouLioT.

Le pouliot, Mentha pulegium, est une plante résolutive, atténuante et carminative ; on en fait usage principalement dans les maladies des femmes, à titre de médicament emménagogue. Mais il n'a aucune des propriétés que lui attribue l'Ecole de Salerne.

Page 152. — Rose.

Je ne connais rien d'aussi merveilleusement beau qu'une rose à peine entr'ouverte. Voyez-la déplisser avec précaution, un à

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