LISTE DES DÉPARTEMENTS
d'après le nombre des signatures relevées de 1786 a 1790.
1. Meuse (Hommes 90.64 et Femmes 67.13). 2. Meurthe. 3. Vosges. 4. Manche. 5. Calvados. 6. Moselle. 7. Eure. 8. Marne. 9. Ardennes. 10. Doubs. 11. Orne. 12. Oise. 13. Haute-Marne. 14. Somme. 15. Aisne. 16. Se'ne-Inférieure. 17. Hautes-Alpes. 18. Seine-et-Oise. 19. Seine-et-Marne. 20. Aube. (67.87 et 26.73.)
21. Haute-Saône. 22. Charente-Inférieure. 23. Jura. 24. Basses-Pyrénées. 25. Nord. 26. Pas de-Calais. 27. Côte-d'Or. 28. Eure-et-Loir. 29. Gard. 30. Lozère. 31. Yonne. 32. Basses- Alpes. 33. Rhône. 34. Hérault. 35. Ardèche. 36. Loiret. 37. Gironde. 38. Hautes-Pyrénées, 39. Gers. 40. Aveyron. (32.86 et 15.)
41. Loir-et-Cher. 42. Puy-de-Dôme. 43. Isère. 44. Loire. 45. Cantal. 46. Aude. 47. Haute-Loire. 48. Ille-et-Vilaine. 49. Finistère. 50. Peux-Sèvres.. 51. Mayenne. 52. Corrèze. 53. Sarthe. 54. Pyrénées-Orientales. 55. Bouches-du-Rhône. 56. Var. 57. Gironde. 58. Ain. 59 Charente. 60 Saône-et- Loire. (20.07 et 14.89.)
61. .Indre-et-Loire. 62. Cher. 63. Loire-Inférieure. G'i. Ariège. 65. Côtes-du-Nord. 66. Maine-et-Loire. 67. Lot-et- Garonne. 68. Yaucluse. 69. Vienne. 70. Tarn. 71. Tarn-et- Garonne. 72. Indre. 73. Allier. 74. Creuse. 75. Haute-Garonns. 76. Nièvre. 77. Haute-Vienne. 78." Morbihan. 79. Landes. (5.24 et 1.69.)
Manquent : Corse. Dordogne. Lot. Seino.
un maitre d'école peint par lui-même en 1784.
Le Journal de Troyes et de la Champagne méridionale de Tannée 1784 renferme plusieurs articles intéressants sur l'instruction primaire clans les campagnes, dont nous avons cité plus haut des fragments (p. 20 à 23). Ce fut le curé Gourtalon, l'érudit auteur de la Topographie historique de la ville et du diocèse de Troyes, qui souleva la discussion sur cette intéressante question, dans son Projet en faveur des petites écoles des campagnes. Comme nous l'avons vu, il voulait établir pour l'instruction des maîtres, une sorte de séminaire, tenu par un ecclésiastique. Un certain chevalier de B. . . discuta ce projet : «' Cherchons des maîtres pour les campagnes, disait-il, puisque le temps en a consacré l'usage. » Mais il se défiait de ceux qu'on aurait instruits dans un séminaire spécial. « Ils feront les docteurs, ditil, ils seront insolents ; ils se croiront plus savants que leur curé; il ne serait pas impossible qu'ils le fussent en effet ; et de tous les maux, sans doute, celui-ci serait le plus grand. D'où il s'ensuit que le droit de former des maîtres d'école appartient aux curés des paroisses...»
Les idées quelque peu rétrogrades du chevalier do B..., non moins que les propositions qu'un désir éclairé des progrès de l'instruction inspirait au curé Courtalon, rencontrèrent un contradicteur chez un
maître d'école. Ce maître d'école publia dans le Journal du 30 juin 1784 une lettre, que nous reproduisons en entier, parce qu'elle fait connaître, tout en donnant de curieux détails, quels pouvaient être le stylo et l'intelligence d'un modeste magister de village, à la veille de la révolution :
A Monsieur le Rédacteur en chef du Journal de Troyes.
L'auteur du Projet en faveur des petites écoles de campagne et M. son critique ont raison, Monsieur, de ne paraître que sous le masque. Ils feront même trèsbien de ne jamais se démasquer, tandis qu'ils n'auront que des chimères à nous montrer. Le premier veut former des maîtres d'école, en les claquemurant dans une maison de force; l'autre, en leur faisant planter les choux de M. le curé.
Que M. G...n (Courtalon) sache que, sans avoir eu de maîtres de conférences, je ne suis pas un insolent, que je ne fais pas la loi à mon supérieur, que je sais quelque chose de plus que trouver V office du jour, me promener gravement une chappe sur le dos* et faire trembler mes écoliers en toussant. Pour M. le chevalier de B..., ce philosophe dangereux, qui ne paroît pas l'ami des savants de campagne, qui voudroit que le gouvernement fit main basse sur nos encriers et nos fatras, qui insinue même qu'on devrait nous traiter comme les enfans du boiteux de Pampelune, qui ne consent enfin à nous souffrir que parce que c'est l'usage, et qui pour nous braver, s'égosille encore, en
criant que cet usage est un grand abus ; je l'avertis que MM. les curés ne se donneront pas la peine de suivre son système, et ils feront bien. Ils chercheroient longtemps avant de trouver un adepte qui repondît à leurs soins, et l'ayant rencontré, le moindre risque pour eux serait de ne faire qu'un ingrat; car chez nous autres paysans, la reconnaissance n'est pas la vertu dominante; j'ajoute même, à notre honte, que la plupart n'en savent pas le nom.
Je prie ces deux messieurs de faire attention que ce n'est pas un meunier qui forme un maçon, que jamais un savetier n'apprit son métier sous un tisserand ; et qu'ainsi le précepteur naturel d'un maître d'école doit être un maître d'école. A quoi nous servirait une expérience de trente ans, si nous ne pouvions nous procurer des successeurs? Bon Dieu! quelle démangeaison de déranger l'ordre des choses! Je certifie à qui il appartiendra que je n'eus jamais d'autre instituteur que le magister de mon village ; et cependant, sans vanité, je puis faire apprendre aux enfants leurs prières et le catéchisme ; je sais enseigner, par principes, h lire et à écrire; je sais même les règles de l'orthographe et de la ponctuation; je possède la méthode du plain-chant, sans avoir une voix de Stentor; je n'ai pas besoin du secours de Barème pour calculer; je défie qui que ce soit de se servir plus sûrement que moi du demi-cercle et do la boussole, du graphomètre et de la planchette, pour faire les observations des angles ; de la chaîne et de l'odomètre, pour mesurer les distances; je suis favorisé avec le rapporteur et l'échelle de l'arpenteur ; un directeur de se-
minaire ne m'apprendroit pas à réduire les différentes divisions, les différents enclos en trapèzes, en parallélogrammes et surtout en triangles, etc. Quant à la géométrie...
Mais à quoi bon cet étalage de ma science ? M. C.n et le chevalier de B..., au lieu de se battre les flancs et de s'époumonner pour parler d'un état qu'ils ne connaissent pas, et pour nous débiter, avec un air d'importance, d'emphatiques billevesées, voudraientils apprendre de moi le grand art de procurer de bons maîtres à la jeunesse campagnarde ? Qu'on leur donne du pain et quelque chose avec; qu'on leur fixe des revenus suffisants; qu'on assure à leur vieillesse et à leur caducité une subsistance honnête ! Je réponds que, quand, pour vivre, ils ne seront plus obligés de tirer le diable par la queue, quand aux vingt-quatre écus dont jouit le plus grand nombre, on ajoutera vingt-cinq louis d'or; quand ils seront sûrs de ne pas traîner leurs derniers jours dans la misère et de ne pas mourir sur un fumier, cet état respectable no sera plus tant avili par des ignorants et des vagabonds, ni tant profané par des escrocs, des débauchés et des ivrognes.
« Il ne suffit pas, dit M. le chevalier cleB..., d'avoir
de bonnes intentions ; il faut qu'elles soient éclairées. »
N'en déplaise à M. le chevalier; c'est ce qu'il a dit de
plus sensé.
Je suis, etc.
Bernard P...,
Maître cï école de M. S. L.
Ce maître d'école n'était pas un personnage fictif. Il y avait à Mcsnil-Saint-Loup en 1788 un recteur d'école qui s'appelait Bernard Penarcl. C'est évidemment le correspondant du journal. Mais si ses talents, tels que son style nous les révèle, étaient au-dessus de la moyenne, ses ressources pécuniaires étaient bornées. Le curé de son village écrivait le 1er juin 1788 aux syndics de l'assemblée d'élection de Troyes : « Il n'y a qu'un maître d'école pour tous les enfants des deux sexes et qui est à la charge de la paroisse, d'autant qu'elle le loge et lui donne deux boisseaux de bled soigle pour chaque laboureur et un par chaque manouvricr. Ce qui compose tout son revenu. »Ce revenu peu considérable dépassait les 24 écus dont parle Penard. Mcsnil-Saint-Loup, qui renferme aujourd'hui 365 habitants, contenait 54 ménages ou feux en 1788; sur ces ménages, on comptait 21 laboureurs et 16 manouvriers, parmi lesquels 6 tisserands et 3 bonnetiers *. 2 boisseaux par laboureur et 1 par manouvricr formaient un total de 58 boisseaux de seigle, qui au cours du marché de Troyes du 20 juin 1784, valaient en moyenne 45 sous le boisseau chacun et en tout 130 livres 10 sous. Ajoutez à cela le logement, peutêtre les rétributions scolaires, à coup sûr le casuel du sacristain et du sonneur, assez considérable à cette époque où l'on multipliait les services funèbres, et l'on arrivera à un total, sans doute peu rémunérateur, mais plus élevé que ne l'affirme notre maître d'école.
Ajoutons que Penard, compris dans la quatrième classe des contribuables, payait, en 1788, 2 1. 1 s. do
1 Archives de l'Aubo, C. 1552 et 1553;
tailles, 31. 6 s. de capitation, 1 1. 9 s. de vingtièmes et 17 s. 6 d. de contribution représentative de la corvée. Le plus imposé du village payait en tout 114 1. 13 s. 6 deniers.
La lettre de Bernard Penard suscita dans le Journal de Troyes une réplique d'un nouveau correspondant, qui signait François Guillot, bourgeois de Mézièrcs, paroisse de Chessy. C'est celui qui, dans un style rustique sans doute affecté, racontait comment son cousin le curé s'y prenait pour choisir un bon maître d'école1. Il nous apprend ensuite comment son cousin distribuait des prix aux enfants de l'école. « Il achète tous les ans, à bon marché, des petits livres de piété à la portée des jeunes gens. Ceux qui ont le mieux profité ont de ces livres. Cette distribution se fait un jour de fête, comme qui dirait un dimanche, dans la nef du chœur, en présence de tous ceux qui y sont. Les pères et mères, qui voient leurs enfans avoir de ces prix, sont consternés de joie. Ceux qui n'en ont point, poussés d'inmulation, redoublent de soins et de vigilence pour en mériter. »
François Guillot parle de Bernard Penard et de sa lettre. « Il me permettra de lui dire, s'il lui plaît, que j'ai bien de la peine à croire qu'il ait été enluminé clans la science qu'il possède par un Magister de village; s'il n'a pris que de ses leçons, il a sûrement travaillé d'imagination pour se perfectionner dans tout ce qu'il fait. Au reste, de telle manière que la médaille soit tournée, cela est honorable en faveur de sa personne. Il voudroit que l'on donnât 25 louis de rente
* Voir plus haut, pages 22 et 23.
à un vieux Maître qui ne pourrait plus travailler; 25 louis, si je ne me trompe de calcul, font environ 33 sous par jour ! Gela est un peu trop gracieux pour se reposer; souvent on n'en donne pas tant à un militaire qui s'est éreinté de fatigues et de peines pendant 40 ans, qui a confondu son bien en voyages et dépenses de guerre. Si l'on donnait à un vieux maître dans sa caducité de vieillesse 200 liv., cela fait comme qui diroit environ onze sous par jour, avec ce qu'un homme peut avoir, il vivra tout doucement. Il y a beaucoup de paroisses en état de faire gracieuse générosité; mais c'est un couteau très-difficile à tirer de sa gaîne que de faire cracher de l'argent à des païsans en manière de reconnaissance de ce que l'on leur a appris h écrire, à lire, à compter et leur religion. »
« Il est cependant temps de se reconsumer et de dire que l'on a sur le cœur. Il ne faut pas tant de beurre pour faire un quarteron, et dire en un mot plutôt qu'en cent : car il n'en est qu'un bon pour assurer qu'un curé qui voudra se donner la fatigue de veiller sur son maître d'école, l'aura toujours bon, à moins qu'il ne soit un mauvais sujet décidé. Pour lors, on le troque jusqu'à ce que l'on en ait trouvé un qui soit de convenance. » .
Guillot parle ensuite du chevalier de B... « qui n'ose résoudre la question de savoir s'il est plus utile d'instruire les peuples des campagnes ou de les laisser dans l'ignorance. » Moi, Monsieur, continuc-t-il, qui ne suis qu'un païsan (est-ce bien certain?), je vous résous cela sans berguiner ; je dis qu'un villageois qui ne sait que lire, écrire, sa religion et un peu calculer
pour le faciliter clans son petit commerce, n'est sûrement point un savant. Je conviens qu'il ne faut pas qu'il aille plus loin ; mais si vous lui montrez la jogvwphie, la jométrie; si vous vous entremettez de lui faire comprendre les effets de la dclectricitê et de la machine plématique; si vous voulez lui persuader que le soleil, qu'il ne croit pas plus large que la gueule de son four, est un million de fois plus gros que la terre; mon cousin dit qu'avec toutes ces choses vous renversez la tête de votre paysan, vous en faites un homme dangereux, vous le jetez au-delà de la portion de son entendement; il confondra tout, et sera un ignorant d'autant plus insupportable, qu'il se croira un savant de premier ordre. Il méprisera ses égaux et môme S3n curé, il négligera son labour et tous ses travaux...» J'ai reproduit ces diverses opinions, parce qu'elles sont l'écho des sentiments des contemporains sur les avantages ou les inconvénients de l'instruction dans les campagnes. Sans doute on trouverait aujourd'hui bien peu de personnes capables de déplorer qu'un paysan sache que le soleil est plus grand que la gueule de son four; mais il y a des questions de mesure pour l'étendue de l'instruction populaire qui sont toujours à l'ordre du jour. En tout, il faut se défier des extrêmes. C'est ainsi qu'il faudrait se garder do croire que tous les maîtres d'école de l'ancien temps aient su tourner une lettre comme Bernard Penard ; de même qu'il faudrait éviter de dire que tous les maîtres d'école mettaient l'orthographe, comme ce recteur d'école de Saint-Pouange, qui a libellé ainsi une quittance en 1732 :
un maître d'école peint par lui-même. 197
« J'ay soubsigne Nicolas Robert recleurirs de colle dem. à St-Pouange reconois a voir vécut de Me Jean Favie le jeune la somme de sept livre cinq soûl tans pour mes a sistanse a chantes neuf service a vecque vigilles, libéra et autres sufrages avoir sonnes et fait la fosse et recarie y celles de deffen Pierre Huot labr dem. à Soulleaux y compris les drois des autre sonneurs ce quinze avril mil sept cens trante deux.
N. Robert1. »
J'ai rencontré, à l'époque de la révolution, où des progrès réels avaient été accomplis, des maîtres d'école dont l'orthographe laissait à désirer; mais il faut reconnaître que, même en 1732, une ignorance semblable à celle de Robert était l'exception.
4 Arch. judiciaires de l'Aube, n° 1376.
Extrait du registre des délibérations de la commune de Noée et Mallet. (Noé-les-Mallets).
Cejourd'huy quinze prairial l'an 11e de la république française une et indivisible, étant en la maison commune dudit Noée :
L'agent nationale a invité la municipalité et le conseil gênerai de laditte commune d'indiquer un instituteur pour cette commune pour l'éducation de la jeunesse, en observant que cette instituteur ne pourra être choisis parmy les membres d'un culte quelquonque, ny parmy ceux qui ont appartenus à des castres (sic) cy devant privilégiés, cette instituteur sur laditte indication sera proclamée, et à lui enjoint de se conformer à la Loi ; observant également que l'assemblées aient à fixer les heures pour les classes, requiert led. agent nationale qu'il soit délibéré et a signé.
L'assemblée, considérant l'exposé de son agent nationale, après avoir pris connaissance de la loi du vingt-neuf frimaire et du huit pluviôse dernier relatif à l'établissement d'un instituteur, s'est présenté le citoyen Nicolas Josselin, républicain en cette commune, muni d'un certificat duement enregistré à Barsur-Seine, le vingt-un germinal, vue par le comité de surveillance, et visé par les administrateurs du direc-
NOMINATIONS d' INSTITUTEURS EN 1794. 199
toire du District de Bar-sur-Seine, le quinze présent mois, lequel a fait sa soumission au secrétariat de cette municipalité en datte du 13 prairial, de remplir sa place d'instituteur, et de se conformer aux loix et morales civiques et héroïques ; de laquelle soumission, nous avons fait acte ; en conséquence, ledit Josselin a été reçu instituteur par ladittc commune dudit Noée, du consentement des maire, officiers municipaux et conseil général de laditte commune, et l'avons autorisé à ouvrir une école et de se conformer en tout aux Décrets de la Convention nationale, d'enseigner à lire et écrire et les premières règles de l'arithmétique.
L'ouverture de ses classes se fera le premier brumaire jusqu'au premier germinal, à six heure du matin jusqu'à celle de dix avant midy, et rentrer à deux heure après midy et finir à cinq heure du soir, et depuis le premier germinal à sept heure du matin jusqu'à dix avant midy jusqu'à celle de cinq heure du soir pendant lequel tems ledit instituteur ne pourra s'absenter de ses classes. Arrête laditte assemblée qu'expédition de la présente délibération sera adressée au Directoire du District de Bar-sur-Seine sous le plus bref délai, arrête également qu'il sera ouvert un registre à la municipalité pour inscrire les élevés qui iront en classes, qu'à la fin de chaque mois le registre sera vérifié avec celui de l'instituteur pour faire les changements qui seront nécessaires ; les salaires dudit instituteur seront payé par trimestre sur le mandat de la municipalité, et ont les officiers municipaux signé...
Extrait du registre des délibérations de la commune de Vitnj-le-Croisé.
Cejourd'huy deux prairial Fan second de la République..., nous, maire, officiers municipaux, membres du conseil général et membres du comité de surveillance de la commune de Vitry le Croisé, étant assemblés au lieu de nos séances ordinaires, après la convoquation faite de tous les citoyens de ladite commune en assemblée généralle, tant au son de la caisse qu'au son de la cloche, à l'effet de faire la nomination d'un instituteur pour l'instruction des jeunes gens de cette commune conformément aux loix relatives à cette institution. A laquelle convoquation sont comparus une partie des citoyens de cette ditte commune. Après que le sujet de la susdite assemblée a été proposé aux citoyens la composant par le maire de cette commune, et après avoir proposé que si il y avait quelques personnes qui fussent en état de remplir ce poste qu'ils ayent à ce présenter et être soumis à l'acceptation de l'assemblée, en se conformant aux loix relatives à cette institution. D'après laquelle proposition s'est présenté le citoyen Pierre Dormoys, cidevant recteur d'école de ladite commune y demeurant, lequel a dit qu'il se présentait pour remplir les fonctions d'instituteur de ladite commune, aux offres qu'il fait de se conformer aux loix, et d'enseigner aux jeunes gens qui lui seront confiés ce que la loi permet et oblige, et aux clauses, charges et conditions y atta-
chées. A quoi rassemblée générale a répondu unanimement et d'une même voix qu'elle acceptait ledit citoyen Pierre Dormoy pour instituteur en cette commune. Nous, maire, officiers municipaux, membres du conseil général de la commune et membres du comité de surveillance, en confirmant l'avis de ladite assemblée, nous avons nommé et nommons pour instituteur en cette commune ledit citoyen Pierre Dormoy... Lequel conformément à icelle (loy) sera soumis à l'inspection de la municipalité, du comité de surveillance et des bons citoyens de cette commune. A quoi ledit Dormoy s'est obligé. Et à l'instant l'agent national près cette municipalité a requis le serment dudit Dormoy, par lequel il requiert qu'il jure en son âme et conscience qu'il n'enseignera aux jeunes gens qui lui seront confiés que les maximes républicaines, sans qu'il puisse enseigner autres choses contraires, à peine d'être poursuivi suivant toute la rigueur des lois. D'après lequel réquisitoire, s'est présenté ledit Dormoy et a fait le serment requis...
(Archives de l'Aube, L. 1438.)
L'an deuxième de la République, une et indivisible, le cinq prairial heure de huit du matin.
Nous, Henry Boude d'Aulnay, juge de paix de la seconde section du canton d'Arcys sur Aube.
Au reçu de la lettre du Directoire du district d'Arcys, en datte du 14 floréal dernier par laquelle nous sommes invité à nous rendre dans les différentes
communes de notre ressort, à l'effet de voir quel party les municipalités ont prise relativement à rétablissement d'un instituteur, les réunions qu'elles ont faites et qui doivent se faire en raison de la distance déterminée par la loi, l'utilité que l'on retire de l'instruction nous imposant un devoir aussy essentielle, et excité pour l'amour de la chose publique ;
Nous sommes transportés en la commune de Torcy le Grand, et avons fait assembler la municipalité dudit lieu, à qui nous avons fait part du sujet de notre transport, et qui animé du même zèle que nous et par l'intérêt particulier qu'il (?) a de procurer de l'éducation à la jeunesse de cette commune et de pouvoir faire des enfants qui sont dans son sein d'excellant patriotes, a choisy pour instituteur le citoyen Jean Baptiste Merlin, en qui elle a toujours reconnu le plus pur patriotique1, et ledit Merlin a eu(?) en conséquence, sur le choix de laditte municipalités et de l'agrément des pères et mères de famille, tuteur et curateur, et ledit Merlin a ouvert son école.
Extrait du registre des délibérations de la commune de Salon.
Gejourd'huy, le troisième jour des sans cullottines (sic), deuxième année de la République françoise une et indivisible. Nous, maire, officiers municipaux, agent et le conseil général et tous les citoyens de la com-
Cette formule est répétée partout.
mune de Salon, réunie au lieu ordinaire à tenir les assemblées communales. En vertu de la loi de la Convention nationale en datte du 29 frimaire sur l'organisation de l'instruction publique, tous les citoyens assemblés ont dit que pour satisfaire à la présente loi, et pour se conformer aux lois de nos représentants,... il était urgent et nécessaire de faire choix d'un instituteur dans notre ditte commune, et après avoir conféré ensemble, ont choisi la personne du citoyen Pierre François Merat, ci devant recteur de petites écoles de notre susdite commune, que nous avons trouvé dignes de remplir les fonctions en bon républicain et que nous avons trouvé en lui un zèle de son civisme (?) D'après, ledit Mérat nous a dit qu'il enseignerait à lire, écrire, les quatre premières règles d'arrusmettiques(!), règle de fausse position et autres règles de propositions, d'arpantage, et nous a promis bien faire ses fonctions d'instituteur, sur les lois qu'il lui serait donnée par les autorités constituées, et a promis tenir et entretenir tout ce que la loi ordonne par les décrets de la Convention nationale. De tout ce que dessus, nous l'avons admis dans la place d'instituteur, et nous lui avons donné acte de sa déclaration, pour s'aller présenter à l'administration du directoire du district d'Arcis sur Aube, pour en recevoir l'aprobation.
Liberté, Egalité.
Cejourd'hui vingt neuf brumaire Tan troisième de la République françoise, le citoyen Eloi Henry, ma-
nouvrier demeurant à Gharny s'est présenté à notre chambre commune muni d'un certificat de civisme de ladite commune de Gharny à l'effet d'ouvrir dans notre commune une école pour l'instruction delà jeunesse en qualité d'instituteur. En conséquence notre commune le reconnaît pour institeur (sic) a la charge d'enseigner aux enfans les leçons élémentaires du vrai républicain.
Fait en la chambre commune de Longueville les jours mois et an cy dessus.
Gillon, maire, Danton, secrétaire, et 8 autres signatures.
Soumission d'un instituteur.
J'ai soussigné Pierre Edmc Desprez, ci devant maitre d'école de Droupt le Grand, je fais à savoir à la municipalité dudit Droupt que je suis.dans l'intention d'ouvrir une école publique pour les deux sexe ; et la science que je propose d'enseigner est la constitution, les droits de l'homme et du citoyen, conformément aux livres élémentaires, et de n'enseigner dans l'école aucune choses qui soit contraire aux loix et à la morale républicaine.
Fait à Droupt le Grand, le cinq ventôse do Tan second de la République française une et indivisible.
Desprez.
(L'écriture est assez bonne.)
(Archives de Y Aube, L. 146G.)
LETTRE DBS OFFICIERS MUNICIPAUX. 20o