‹ L'école de village pendant la RévolutionChapitre 11 sur 50 · LETTRE DES OFFICIERS MUNICIPAUX DES RICEYS · texte numérisé non relu

LETTRE DES OFFICIERS MUNICIPAUX DES RICEYS

23 floréal an n.

... Nous avons requis à plusieurs reprises les citoyens de notre commune de faire inscrire à la Municipalité ceux qui étaient en âge d'aller dans les écoles publiques ; nous avons aussi prévenus ceux qui voulaient se vouer à l'éducation des enfants d'en faire la déclaration et de se conformer h ce qui est ordonné par l'art. 3 de la sect. lrc de la loi. En exécution de ces proclamations, cinq personnes se sont présentées munies de leurs certificats de civisme, qui leur ont été délivrés par le conseil général de la commune et visés par le comité de surveillance. 408 enfants ont été inscrits pour fréquenter les écoles ; enfin, le 15 germinal, époque déterminée par la loi pour l'ouverture des écoles, les instituteurs étaient en fonctions. Ne s'étant pas présenté d'institutrice, les jeunes filles vont avec les garçons chez les instituteurs. Nous ne connaissons dans notre commune aucune citoyenne qui soit dans le cas d'enseigner. C'est tout ce que l'on pourrait faire que d'en trouver qui apprendrait à lire tant bien que mal, mais pour l'écriture et l'arithmétique nous n'en voyons point. Les citoyens qui se sont voués à l'enseignement sont les anciens recteurs des écoles et ceux qui auparavant exerçaient la même profession. Nous avons à cet égard une remarque importante à vous faire, qui est que le nombre des enfants à enseigner

et à instruire est trop fort pour les cinq instituteurs. Vous pouvez voir par le tableau que nous vous envoyons qu'il y en a parmi eux 3 qui en ont 114, 97 et 88, et il n'est pas possible que l'instruction de ces enfants, quand ils sont en aussi grand nombre, soit bien soignée. Il nous semble que lorsqu'un instituteur a 40 ou 50 écoliers, c'est tout ce qu'il peut faire, surtout lorsqu'il ne veut pas négliger leur éducation. Nous vous avons déjà marqué, citoyens, que les instituteurs n'étaient pas suffisants dans notre commune et nous ne voyons personne capable de remplir ces places.

Carteron, Hugot, Petit.

Suit un tableau, dans lequel il est constaté que les

cinq maîtres étaient recteurs d'école depuis 20, 16, 13,

14 et 4 ans.

[Archives de l'Aube, L. 1438.)

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