Greney, (25 fructidor an vi
Quant à l'éducation publique... je suis fâché de vous apprendre qu'elle est tout à fait négligée depuis la révolution. On n'aime pas la nouvelle manière d'enseigner, non plus que les livres élémentaires que le gouvernement veut voir entre les mains des élèves ; les parents, fanatisés par les prêtres et peut-être par les instituteurs eux-mêmes, ne veulent pas confier à ces derniers leurs enfants, parce qu'ils craignent qu'on leur inspire des principes différents de ceux dans lesquels ils ont été élevés. J'ai à me plaindre surtout de l'instituteur de la commune de Luyôres ; outre qu'il fait les fonctions de ministre du culte dans cette commune, je suis instruit qu'il n'inspire pas à ses concitoyens l'amour des institutions républicaines. Je ne lui crois pas d'ailleurs ni assez de moralité ni assez de talents pour exercer une fonction aussi éminente. Il
serait donc à désirer que le jury d'instruction publique s'occupât de son remplacement. Il en existe encore cinq dans le canton, sur lesquels je ne porterai pas des plaintes aussi graves. Ils ont de la moralité et même des talents, à la vérité les uns plus que les autres ; mais je les crois plus attachés à leurs ci-devant curés qu'à la république..