‹ L'école de village pendant la RévolutionChapitre 49 sur 50 · COUPLET · texte numérisé non relu

COUPLET

Am : Robin ture lure lure.

Cher Papa, donne un baiser A Fanfan pour sa lecture.

Tu dois le faire danser,

Ture lure, Eh bien, soutiens la gageure

Robin ture lure lure.

Je dois aussi à MM. Vernière et Paul Le Blanc la connaissance d'un curieux prospectus de livres élémentaires, de l'époque de la Convention, publiés par le cit. Chemin. Tels sont le Livre du Républicain, Y Alphabet du Républicain, Y Alphabet national, YAmi des

jeunes patriotes ou Catéchisme républicain, la Morale des sans-culottes de tout âge, de tout sexe, de tout pays et de tout état, ou Evangile républicain, la Constitution française, la Déclaration des droits de V homme, les Principes de la langue française, les Lettres républicaines, contenant les principes du civisme, de l'éducation, de la morale, de la civilité et de toutes les vertus qui font le bon citoyen. Le prix de ces livres varie de 3 à 25 sols.

Los conseils généraux furent appelés parle ministre Chaptal, en 1800 et 1801, à exprimer leur opinion sur l'état de l'instruction publique clans leurs départements. Leurs procès-verbaux fournissent à ce sujet des renseignements non moins intéressants que ceux qui sont consignés dans les statistiques des préfets. Nous reproduisons des extraits des vœux émis par les conseils, tels que les a publiés, d'après Y Analyse officielle de leurs procès-verbaux, M. J. Guillaume, dans le Dictionnaire de pédagogie dirigé par M. P. Buisson (lrc partie, p. 514-515).

Ain. La décadence de l'instruction publique dans ce département doit être attribuée à quelques différences d'opinions qui rendent déserts les établissements nouveaux de ce genre. Une des premières causes de cette décadence, c'est l'insouciance des gens de campagne, qui aiment mieux employer leurs enfants à la garde des bestiaux que de les envoyer dans les écoles.

Aisne. Les enfants ont été livrés à l'oisiveté la plus dangereuse, au vagabondage le plus alarmant; ils sont sans idée de la divinité, sans notion du juste et de l'injuste; de là des mœurs farouches et barbares; de là un peuple féroce.

Allier. Le mode d'instruction actuelle est absolument vicieux...

Ariège. Les écolea primaires, organisées sous l'influence révolutionnaire, n'ont eu heureusement

qu'un moment d'existence. Le défaut de paiement a t'ait déserter des instituteurs dont l'incapacité la plus absolue était le moindre défaut.

Aude. ... Rétablir les frères des écoles chrétiennes sous le nom de Frères de l'instruction publique, et leur confier l'enseignement primaire.

Charente. L'instruction publique avait déjà dans ce département, avant la révolution, très-peu de ramifications ; mais la révolution les a fait presque entièrement disparaître. Les campagnes n'ont plus aucun moyen d'enseignement, aucun moyen même d'en établir.

Côte-d'Or. On regrette les frères de la doctrine chrétienne, les Ursulines, etc.

Côtes-du-Nord. Quoique l'état de l'instruction soit actuellement très-florissant, le conseil demande de nouveaux règlements et l'établissement d'écoles primaires.

Eure. Les instituteurs des écoles primaires laissent beaucoup à désirer sur le mode d'enseignement. Les écoles particulières sont plus fréquentées, parce qu'on n'y pratique pas les institutions républicaines. La disette de livres élémentaires contribue à maintenir l'usage ancien de mettre entre les mains des enfants les livres particuliers à un culte ; et le ministre est intéressé à enseigner les dogmes de sa croyance.

Gironde. Les écoles primaires manquent dans beaucoup de communes. Il y a peu d'instituteurs. Le plus grand nombre des instituteurs est médiocre... Il y a trop de congés; les instituteurs sont obligés de fermer leurs écoles le décadi; les parents font

chômer les jours de repos du culte chrétien; c'est ainsi qu'au lieu de parer à l'abus des fêtes, on l'a augmenté.

Hérault. Les instituteurs primaires disséminés dans les campagnes sont pour la plupart ineptes ou sans aveu.

Ille-et-Vilaine. L'instruction publique est presque nulle dans toute la France, parce qu'on a voulu s'écarter de la pratique confirmée par l'expérience. On ne parle ni de la divinité, ni des principes de la morale. On croit donc qu'il faut en revenir à ce qui se faisait anciennement.

Loire-Inférieure. Il n'existe point d'écoles primaires dans la plupart des communes rurales, et là où elles existent, elles ne produisent pas un bon effet.

Nièvre. Les progrès de l'enseignement sont faibles. Les élèves sont en petit nombre, et les instituteurs ont peu d'influence.

Pas-de-Calais. La jeunesse est livrée à l'ignorance la plus profonde et à la dissipation la plus alarmante. Le vandalisme n'a laissé subsister presque aucun édifice consacré à l'instruction.

La plupart des instituteurs primaires sont ineptes ou incapables. Il faudrait réappliquer à l'instruction des enfants des deux sexes les frères ignorantins et les filles de la Charité et de la Providence.

Puy-de-Dôme. Réorganiser l'instruction publique. Le mode actuel est très-dispendieux et n'a produit que les plus fâcheux résultats. Les anciennes corporations chargées de l'instruction obtenaient des succès qui compensaient avantageusement quelques abus que l'on pourrait d'ailleurs réformer.

Haute-Saône. Remettre en vigueur les anciens établissements d'instruction publique. Les écoles étaient fréquentées, quand on enseignait, avec les éléments de la littérature et des sciences, ceux de la morale et de la religion ; elles sont désertes depuis que Ton a supprimé ce dernier enseignement.

Deux-Sëvres. Les écoles primaires sont nulles dans les communes mêmes où elles existent; et vu l'influence des ministres des cultes, on estime qu'il faut les abandonner à elles-mêmes, aux volontés des parents et à leurs besoins.

Var. La modicité des traitements qu'on offrait aux instituteurs a empêché l'exécution de la loi du 3 brumaire an iv, qui établissait les écoles primaires. Il faudrait augmenter le traitement des instituteurs. On pourrait les charger de la rédaction des actes écrits, avec une rétribution qui serait aux frais des communes.

Vaucluse. L'instruction primaire est nulle en ce département. Il est peu d'écoles qui soient fréquentées.

Vendée. Les instituteurs primaires des campagnes, du Bocage surtout, sont très-peu instruits.

Vienne. Les écoles primaires sont troublées ou languissent. Le traitement des instituteurs est trop modique.

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