Pelisse de mouton
conque, d'abord un substantif, puis un adjectif, un adverbe, une préposition. Un enfant se retire derrière la porte, et chacun de ceux qui restent doit composer une phrase renfermant le mot donné. L'enfant rentre et doit le deviner.
Tous ces exercices, — composition de phrases sur des mots donnés, versification, divination d'un mot, — ont pour but commun de convaincre l'élève que les mots ont leurs lois immuables, leurs modifications, leurs désinences l réglées par certains rapports, — conviction qu'ils mettent longtemps à s'entrer dans la tête, et qui doit précéder l'étude de la grammaire. Tous ces exercices amusent ; tous les exercices de grammaire ennuient.
Le plus curieux, le plus singulier, c'est que la grammaire est ennuyeuse, encore que rien
1. En russe, comme en latin et en grec, les noms, les adjectifs et les pronoms se déclinent, et leurs désinences se modifient suivant les différents cas.
ne soit plus facile. Dès que vous cessez de l'enseigner d'après le livre, en commençant par l'adjectif, — un enfant de six ans sait, au bout d'une demi-heure, décliner, conjuguer, distinguer les genres, les nombres, les temps, les sujets, les attributs, le tout aussi bien que toi-même. Mais alors, te demandestu, qu'est-ce que je leur enseigne, lorsqu'ils savent tout cela aussi bien que moi ? Si je leur demande comment s'écrit « grand » au génitif féminin pluriel; — si je leur demande quel est l'attribut, quel est le complément ; — si je leur demande de quel mot vient « raspakchnoutsia1 », — il n'y a de difficile pour lui que la nomenclature, mais l'adjectif, au cas et nombre que vous voudrez, il l'emploiera sans faute : par conséquent, il sait la déclinaison. Il n'oubliera jamais, dans le discours, l'attribut et le complément ; il ne confondra point