Espèce de guitare à trois cordes
son dénaturée, toutes choses que le maître ne reconnaît pas, et où il ne trouve pas nécessaire de guider les élèves. De deux choses l'une: ou les arts en général sont inutiles et nuisibles, ce qui est moins étrange qu'il ne semble au premier abord ; ou chacun, sans distinction de classes et d'occupations, a droit a l'art, droit de s'abandonner complètement à lui, en vertu de cet axiome, que l'art ne souffre pas la médiocrité.
L'absurdité n'est pas là, l'absurdité est dans une demande comme celle-ci : « Les enfants du peuple ont-ils droit aux arts? » C'est comme si on demandait si les enfants du peuple ont le droit de manger de La viande, c'est-à-dire s'ils ont le droit de satisfaire les nécessités de leur nature humaine. La question n'est pas là; ce qui importe, c'est de savoir si cette viande est bonne, que nous offrons, que nous refusons au peuple. Pareillement, en distribuant au peuple certaines
connaissances qui sont en notre pouvoir, et en remarquant leur influence nuisible sur lui, je conclus, non que le peuple est mauvais parce qu'il n'accepte pas ces connaissances, non qu'il est trop peu développé pour les accepter et les utiliser, mais qu'elles sont mauvaises, anormales, et qu'il faul, à l'aide du peuple, élaborer des connaissances nouvelles, qui conviennent h nous tous, gens du monde et gens du peuple. Je conclus que ces connaissances, que les arts vivent parmi nous sans nous sembler nuisibles, mais ne peuvent vivre parmi le peuple et semblent lui nuire, uniquement parce que ces connaissances, ces arts, ne sont pas ceux qu'il faut en général ; nous vivons parmi eux uniquement parce que nous sommes dépravés, tout semblables aux gens qui, demeurant assis impunément, pendant des cinq heures, dans les miasmes de l'usine ou du traktir1, ne sont pas incommo-