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UNE LECTURE CLASSIQUE

LE COURS D’ARCHEOLOGIE.

où les hautes pagodes de l’Inde avec leurs toits l’un sur l’autre amoncelés succèdent aux minarets aigus, les flèches des cathédrales d’Allemagne aux dômes italiens , les clochers dorés du Kremlin aux moulins hollandais. Chaque architecture s’assortit avec le ton du ciel et l’ordonnance du paysage : marais du Danube, forêts germaines, landes bretonnes, steppes et déserts surgissent et s’évanouissent à leur tour avec leur cortège de Tziganes chevelus, de Yalkyries, de Korrigans, de chevaux cosaques ou de caravanes : c’est une véritable évocation...

Tous les siècles viennent successivement poser devant les élèves.

Au mois de juin, deux séances sont spécialement consacrées au costume, et, ces jours-là, le tapis vert de la table est encombré de grands cartons plats pareils à ceux dans lesquels les modistes serrent leurs étoffes, leurs fleurs et leurs rubans. Des modèles ont été choisis, dont le type rappelle autant que possible le type du peuple qu’il s’agit de représenter; le professeur en fait monter un sur la table à modèle, le revêt en un tour de main de la tunique ou de la toge , le drape, varie ses attitudes, et voilà Cicéron à la tribune ou Marius sur les ruines de Carthage; le modèle se dévêt, le gardien, son chapeau à cornes sur la tête, tient la noble défroque sur ses bras étendus ; un autre modèle, aussi prestement ajusté, entre en scène aux applaudissements de tout l’amphithéâtre, et voilà Rhamsès, avec la tunique étroite, les verroteries, et la tête d’ibis dans les cheveux, Vercingétorix avec ses braies retenues par des lanières, son collier d’or et son long glaive, Joinville avec son surcot, son chaperon et

ses chaussures à la poulaine, Benvenuto avec son bonnet de drap, son pourpoint et sa fougueuse épée.

A chaque apparition, les élèves ont quelques minutes pour prendre des croquis.

Le cours que nous venons de décrire est le cours idéal que le savant professeur aimerait certainement à faire dans toute son étendue; malheureusement l’École, jalouse d’apprendre aux élèves le nu avant tout, a singulièrement restreint cet enseignement : les civilisations de la Grèce, de l’Égypte, de l’Assyrie et de l’ancienne Rome sont seules mises sous les yeux des peintres et des sculpteurs; on ne leur apprend qu’à habiller l’antique, et ils devront chercher ailleurs le jour où ils voudront vêtir leurs personnages de satin, de velours, ou d’étoffes brochées.

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