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LE COURS D’ARCHÉOLOGIE

La salle de l’Hémicycle, gracieux amphithéâtre dont un plafond en vitrage éclaire la décoration élégante, fine et riche à la fois, les banquettes circulaires, revêtues de housses grises tachées cl’encre; au-dessus des gradins, la fresque de Paul Delaroche, les peintres et les sculpteurs célèbres, Velasquez et Rembrandt, le Poussin et Léonard de Vinci, Raphaël « brillant comme un prince » et Michel-Ange « sombre comme le bourreau », tous rangés autour d’un jury composé de trois sages, au pied desquels la Gloire choisissant des couronnes de laurier. Au bas des gradins, une longue table de velours vert; au-dessus de la table, un tableau d’Ingres, qui représente Romulus vainqueur d’Acron, peint en mauve, et remportant des dépouilles opimes peintes en gris. Au-dessus de ce morceau, un joli balcon sur lequel ouvre une baie cintrée, et qu’encadrent deux canéphores formant cariatides, voilà le décor où M. Heuzey fait le cours d’archéologie, le mercredi, à une heure.

M. Heuzey a pour suppléant M. Pottier.

M. Heuzey s’aide de gravures et de dessins épinglés au tableau noir, pour apprendre à ses auditeurs la façon de vivre des peuples disparus, l’aspect de leurs maisons, leurs costumes pendant la paix, leurs costumes pendant la guerre, le caractère de leurs cérémonies, familiales, religieuses ou poli-

tiques ; toutes les civilisations défilent tour à tour sous leurs yeux, depuis les hommes préhistoriques, vêtus de peaux de bêtes, armés de haches de pierre, leurs longs cheveux roux ou noirs tordus au sommet de la tête, comme chez les Indiens du Nouveau Monde, jusqu’aux marquis Louis XIII, avec leur veste courte, leur jupe plissée, leur chemise flottante, leur longue chevelure légère, leur chapeau rond où tremblent des plumes, et leur manteau à la Vénitienne; depuis les Assyriens pareils à des bronzes, cheveux ondulés, barbes cannelées, les bracelets en haut du bras, les hanches serrées dans des étoffes à petits plis, jusqu’aux Hongrois de Marie-Thérèse aux longues moustaches tombantes, aux bottes rouges, aux tuniques bordées de fourrure; ils voient passer et comparent toutes les formes d’armes et de harnachement, cottes de maille et caparaçons du moyen âge, hautes selles et larges étriers sarrasins, boucliers d’osier et boucliers de cuir, piques romaines, lances de frêne des Macédoniens, sarisses des Perses, arcs numides, frondes des mercenaires Baléares, casques carthaginois, chars égyptiens, batistes et catapultes, arbalètes et mousquets, glaives et sabres, haches d’armes et baïonnettes, tous les engins meurtriers apportés par les Huns et les Mogols, les Arabes ou les croisés; toutes les formes de créneaux, de poternes, de tours et d’échauguettes, de galères, de barques normandes, de cotres ou de caravelles; les systèmes de campements successivement employés, les tentes à pavillon, la tente de Charles le Téméraire; les mobiliers de toutes les époques, le lit de Pénélope et la chaise de Dagobert, les trônes byzantins et les escabeaux mauresques, les bahuts, les aiguières, les cors d’ivoire elles hanaps de cristal taillé. Un panorama indéfini se déroule,

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