LE LAMPADAIRE
LES COURS DES ARCHITECTES
ne va pas jusqua lui; l’influence de Rome y persiste encore ; de là le nom de style roman. L’arc de plein cintre enjambe toujours l’entrée des églises et des palais; mais l’ornementation se complique et s’alourdit à la fois; les moulures se font plus robustes, les colonnes accouplées et trapues, munies de griffes à leur base, et surmontées de chapiteaux différents et historiés, supportent deux et trois étages de claveaux concentriques, l’un de pierre blanche, l’autre de pierre teintée. Le clocher commence à surgir là où s’épanouissait la coupole.
Mahomet fuit à Médine en l’an 622 de notre ère, et cette lune marque l’Hégire. Nulle religion dont l’architecture ait plus vite traduit et synthétisé l’esprit; tout de suite, presque sans tâtonnements, la mosquée atteint sa forme définitive.
Du septième au dixième siècle, les minarets se dressent à tous les bouts de l’horizon, à Jérusalem, la mosquée d’Omar bâtie sur l’emplacement du temple de Salomon, au Caire, la mosquée d’Amrou, en Espagne, la mosquée de Cordoue et le palais de Zara; et partout, à Palerme et à Tunis, l’arc outrepassé étale le nouveau symbole, le croissant, dont il est la forme renversée.
Au dehors, presque pas d’ouvertures; à peine une ou deux petites lucarnes, masquées de moucharabies, tachent le mur et interrompent le regard déconcerté par cet énorme cube de pierre blanche; au dedans, une ornementation outrée, analogue à celle des palais indiens, des ciselures, pour ainsi dire, rehaussées de couleurs et de dorures, comme sur les lames damasquinées; des pendentifs en stalactites; au-dessus des
chapiteaux cubiques, l’intrados des arcs découpé en fines broderies et percé à jour, et les caractères d’écriture coufique pareils à des cimeterres, mêlés à la décoration et remplaçant les figures et les animaux, dont la représentation est interdite par le Prophète.
Charles le Martel a chassé les Sarrasins au delà de la Loire, Charlemagne les rejette au delà des Pyrénées; l’Espagne les repousse à son tour; puis les Normands et les Français leur prennent l’Italie, la Sicile et Tunis; vaincus à Constantinople avec Mahomet, refoulés d’Égypte en Arabie par le flot des croisades, ils se cantonnent en Orient, et la Méditerranée devient leur frontière.
La religion chrétienne triomphe, et, avec elle, le style gothique.
Des générations d’ouvriers exécutent les plans des maîtres maçons; et les cathédrales de Reims, de Rouen, de Chartres, de Paris, de Strasbourg, de Cologne, montent, montent, s’arc-boutent sur une forêt de contreforts démesurés, élevant dans la nue leurs flèches vertigineuses ou leurs tours jumelles, pleines du fracas des cloches.
Les nefs étroites et longues, au bout desquelles flamboient des rosaces multicolores, semblent des avenues percées dans les forêts et aboutissant sur le ciel incendié par le soleil couchant; les nervures des voûtes, l’encadrement des fenêtres, forment autant d’ogives plus ou moins aiguës, et l’on dirait les bras levés des chrétiens qui prient...
LA BIBLIOTHEQUE
LA BIBLIOTHÈQUE
Une fois traversé le vaste vestibule qui précède la Salle des Antiques, s’offrent deux escaliers; nous avons déjà pris celui de droite pour monter aux ateliers de peinture; celui de gauche mène à la bibliothèque.
Au bas de ces escaliers se dressent deux hauts lampadaires de bronze supportés par trois pattes de sphinx, et dont la double flamme, pareille à celle d’une lampe funéraire, se reflète dans le vitrage sombre de la salle voisine , où s’ébauchent des groupes indécis.
Au-dessus de l’arcade ouvrant sur l’escalier de gauche, la copie d’un mariage peint par un primitif, des arbres grêles encadrant des personnages malingres.
Au premier étage, s’étend, à droite, une gracieuse galerie, reproduisant, — ainsi que celle qui lui fait face, — les Loges de Raphaël; le plafond est divisé en caissons, et, sur chaque traverse, s’étalent des inscriptions, fleurissent des ornements, délicats et contournés , dans le goût des arabesques de la Renaissance. Dans cette galerie se développe une suite de vitrines renfermant des statuettes antiques, Faunes et Nymphes dansant, des ornements, lampes ou chandeliers romains et grecs, des camées, des bijoux, des anneaux, des bracelets et colliers , tels qu’en portaient les coquettes de Rome ou d’Athènes, et tous plus élégants, plus ingénieux les uns que les autres.
A gauche, s’ouvre la porte de la bibliothèque.
« Parmi les grandes institutions d’enseignement public « dont Paris est doté, dit M. Vinet dans la préface du catalo- « gue du 15 mars 1873, l’École des Beaux-Arts était, à la fin « de 1862, la seule qui ne possédât point encore de bibliothè- « que. Le Conservatoire de musique et le Conservatoire des « Arts et Métiers, où l’obligation d’avoir des partitions ou des « livres n’est pas plus impérieuse, étaient mieux partagés.
« Élèves et artistes se plaignaient, disant que leur inexpé- « rience les empêchait de se présenter à la Bibliothèque na- « tionale, les demandes devant être faites rue de Richelieu, « avec une précision absolue, le bulletin devant fournir le « titre exact du volume sollicité, le nom de son auteur, et « parfois le lieu et la date de l’édition. Précautions qui n’em- « pêchent pas toujours des erreurs et qui n’empêchent jamais « une grande perte de temps.
« Pour fondées qu’elles soient, ces plaintes n’étaient pas « écoutées; et dans les régions officielles, la création d’une « bibliothèque à l’École des Beaux-Arts passait pour une « amélioration peu urgente, un desideratum nullement im- « périeux, qu’on laissait à l’avenir le soin de réaliser.
« Le conseil d’administration de l’École songeait bien à « une bibliothèque; malheureusement, un tas de causes dif- « férentes gênaient son initiative : son genre d’organisation, « et surtout son indépendance, nuisaient à son crédit auprès « du ministère; la crainte d’échouer paralysait les meil- « leures intentions.
« L’École, à cette date, se trouvait en possession de quel- « ques centaines de volumes. Les plus précieux étaient un « héritage de l’ancienne Académie royale de peinture et de « sculpture; plusieurs provenaient des souscriptions du mi-
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« nistère de l’instruction publique et du ministère d’Etat; « car, par une anomalie encore assez fréquente, ces mêmes « ministres, qui ne voulaient pas de bibliothèque, l’enrichis- « saient avant sa fondation ; d’autres avaient été donnés par «testament (1); d’autres enfin composaient la collection « achetée au marquis de Chennevières par le Gouvernement; « mais la majeure partie de ces livres se trouvait reléguée « sous les combles; le reste était dispersé dans l’École, amas « de documents inaccessible, presque inconnu.
« Le 17 décembre 1862, un bibliothécaire fut nommé, et « cette nomination changea la face des choses. Jamais l’a- « mour de l’art et le goût des livres ne fut mieux secondé « que par le ministre d’alors, M. le comte Walewski, et par « l’architecte de l’École, M. Duban. Grâce à ce dernier, la « galerie du premier étage du musée des études, galerie jus- « que-là consacrée aux modèles d’architecture , fut transfor- « mée et devint l’une des plus charmantes salles de lecture « qui soient en Europe. Sur les rayons d’élégantes armoires, « dans de grands meubles disposés au milieu de la salle, les « livres nouveaux, qu’un large crédit avait permis d’acheter, « vinrent prendre place à côté des livres anciens. Le tout fut « rangé, inventorié, et, le 24 janvier 1864, la nouvelle biblio- « thèque ouvrait ses portes aux élèves, aux artistes et à toutes « les classes de lecteurs.
« Un des premiers résultats de cette création a été la pu-
(1) Le respectable M. Édouard Gatteaux, membre de l’Académie des Beaux-Arts, devait, à sa mort, léguer à l'École des Beaux-Arts, l’admirable collection de livres et de gravures, qu’il avait mis cinquante ans à rassembler; le jour où les troupes de Versailles entrèrent à Paris, la maison de M. Gatteaux fut incendiée par les Enfants perdus de la Commune, et cet irréparable trésor s’en alla en fumée.
« blicité rendue aux beaux dessins des élèves architectes de « l’Académie de France , à Rome. Ces dessins , connus sous « le nom de Restauration , parce qu'ils montrent, non seu- « lement l’état actuel, mais aussi l’état présumé des anciens « monuments de la Grèce et de Rome, étaient encore, en 1862, « déposés à la bibliothèque de l’Institut. Poussé par le désir « très légitime de mettre les élèves de l’École et les archi- « tectes de Paris en mesure d’étudier cette suite incompa- « rable, qui se compose aujourd’hui de près de sept cents « feuilles, le nouveau bibliothécaire réclama, et sa récla- « mation fut appuyée par les professeurs de l’École; mais à « l’Académie des Reaux-Arts, où la question avait été porte tée, la discussion fut vive; les opposants étaient nombreux, « nombreuses les objections; on contestait l’opportunité de « ce déplacement; enfin on se résigna de part et d’autre à « une cote mal taillée, et cinq cents morceaux de premier « ordre passèrent de la bibliothèque de l’Institut à celle de « l’École des Beaux-Arts. Cette heureuse combinaison a mis « en pleine lumière l’œuvre, à peu près oubliée, de plus de « soixante années de travail ; et, mieux que les plus brillantes « apologies, cette œuvre montre ce que vaut notre école d’ar- « chitecture à Rome, et quels talents achèvent de s’y former.
« Une idée maîtresse a présidé à l’accroissement de la bi- « bliotlièque des Beaux-Arts, l’idée de faire passer la fron- « tière de la France à l’esprit français. Il faut reconnaître « qu’avant la guerre, l’Europe s’est prêtée généreusement à « la réalisation de ce projet : la Russie, l’Angleterre, l’Au- « triche, la Prusse elle-même, nous ont fait présent d’un cer- « tain nombre d’ouvrages dont quelques-uns sont de vérita-
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« blés joyaux. Le monde avait été fermé à nos élèves, à nos « artistes; depuis cette époque, ils peuvent voyager, ils ont « des albums et des livres. Pour suivre la marche de l’art « à travers les siècles, pour connaître les monuments, depuis « la Giralda jusqu’à Holyrood , les écoles, depuis l’école lom- « barde jusqu’à l’école romaine, les musées, depuis celui « de Vienne jusqu’à celui de Munich, pour savoir les mœurs « et les coutumes des différentes nations du globe , il ne leur « faut plus que de la bonne volonté et un sage emploi de « leurs loisirs. Grâce à ce supplément d’instruction, leur ta- « lent, sollicité par d’incessants exemples et d’incessantes « comparaisons, ne peut que se fortifier et grandir, et s’éloi- « gner de plus en plus de tout ce qui est insignifiant, de tout « ce qui est médiocre.
« Dans ce mouvement en avant, qui répond si bien au « mouvement général du siècle, l’étude de l’antiquité n’a pas « été dédaignée, au contraire. La science de l’antique est « l’âme d’une École comme celle des Beaux-Arts. Nulle part « plus que là, le mot célèbre n’est vrai : « Voulez-vous ap- « prendre à voir la nature? Commencez par étudier les an- « ciens. » Aussi la bibliothèque s’est-elle enrichie de tout ce « qui a été publié jusqu’à présent de plus complet et de plus « utile sur les statues, les vases, les terres cuites, les miroirs « étrusques et les peintures murales, en un mot sur toutes « les productions artistiques d’une période consacrée à la « glorification de la forme. Et c’est ainsi qu’elle vient en aide « aux enseignements des professeurs qui font de l’esthétique « rétrospective.
« Pour couronner cette création, il manquait un catalogue « à la fois méthodique- et chronologique. M. Jules Simon, alors
« ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, alla « au-devant des vœux du bibliothécaire en décidant que la « liste raisonnée des collections de l’École serait imprimée. « Décision bienfaisante; car la publicité donnée à ces inven- « taires offre un double avantage ; elle constate ces richesses « et les met sous la garde de l’opinion.
« A une bibliothèque nouvelle, spéciale, il fallait un cata- « logue nouveau : aussi la classification diffère-t-elle fonciè- « rement de celles qu’on a adoptées jusqu’ici pour mettre de « l’ordre dans la masse toujours croissante des œuvres d’art. « Elle est empruntée à la Bibliographie des Beaux-Arts, sorte « de guide à travers un domaine immense où les routes « avaient été mal ou peu tracées, et où il reste tant à défi couvrir.
« Depuis le régime actuel d’enseignement, le rôle de la bi- « bliothèque n’a cessé de grandir. Et M. Eugène Guillaume « a pu dire que la bibliothèque est le point de départ et de « vérification des études de l’École qu’il dirige.
« D’ailleurs, pour ne pas s’ébruiter, le succès n’a pas été « moins vif. De plus en plus, ces archives sont fréquentées « par les travailleurs et par les dilettante qu’attire une saine « curiosité. Du 24 janvier 1864 aux derniers jours de défi cembre 1872, la bibliothèque a vu passer trente-deux mille « lecteurs; depuis cette époque, la progression n’a fait que « s’accroître. »
La bibliothèque occupe une vaste salle, toute en longueur, dont les hautes fenêtres donnent sur la cour d’entrée et dominent le portique de Gaillon. La décoration des murailles et du plafond caissonné en losanges est mastic et or, très fine,
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merveilleusement assortie avec les boiseries de chêne, et les rouges sourds des reliures; seule, la jolie rampe de cuivre poli qui court le long d’un chemin ménagé à mi-hauteur, et la série de lustres dorés à abat-jour de porcelaine blanche, jette une note plus brillante dans ce discret accord de tons enveloppés, et, pour ainsi dire, silencieux. L’ensemble est d’un grand effet. C’est ainsi qu’on s’imagine la Laurencienne et ces bibliothèques d’Italie, où, dans une atmosphère tiède, dans un demi-jour religieux, au milieu de l’odeur des vieux livres, travaillent des abbés parlant tout seuls et des prélats aux belles mains.
Tout le long des fenêtres, de hauts casiers, où sont rangés les albums de grand format; sur ces casiers, des médailliers vitrés renfermant une série d’admirables médailles Renaissance et modernes, profils de condottiere, de papes ou de savants, en or, en argent ou en bronze, tout ce qui s’est frappé de plus beau depuis Benvenuto Cellini. Dans l’embrasure et l’enfre-deux des fenêtres, des bustes de marbre, Homère, Molière, le Poussin, des peintres, des sculpteurs, le passé regardant l’avenir. Un magnifique Sébastien del Piombo, en bronze, barbu, avec un chaperon tout enguirlandé d’aiguillettes.
Dans le milieu de la longueur, interrompant la ligne des médailliers, le bureau de M. Muntz, le bibliothécaire actuel.
Sur la muraille, à côté des casiers, deux portraits de M. Vinet, le précédent bibliothécaire, le premier portrait, mince et l’air fatal , comme il convient à un contemporain d’Antony; le second, épaissi, méconnaissable, tel qu’il était devenu à la fin de sa vie , quand il montait en soufflant l’escalier de cette bibliothèque qui est son œuvre.
En face de M. Muntz, de l’autre côté de la salle, le bureau de M. Rabot, adossé à un panneau où des statues peintes en grisaille encadrent une porte du château d’Anet, porte de chêne avec les deux D enlacés rehaussés d’or.
M. Rabot est le surveillant en chef de la bibliothèque, qu’il sait sur le bout du doigt; les gardiens sont sous ses ordres; c’est à lui que s’adressent les élèves ou les visiteurs qui ont besoin de renseignements, et ils le trouvent toujours aussi dévoué qu’aimable.
— Attendez! leur dit-il, j’ai votre affaire; je vais vous donner ça.
Et il s’en va chercher le document attendu, sans jamais se tromper de case, et il l’apporte, souriant, grave comme un sénateur, dont il a l’embonpoint, ou comme un bibliothécaire, dont il a les lunettes.
Au milieu de la salle s’allonge une file de tables interrompues de temps en temps par de hauts casiers, formant pupitres; c’est là que prennent place les travailleurs, presque tous jeunes; c’est là que, sous les rayons blancs du soleil, ou sous la lumière jaune du gaz, peintres, architectes, sculpteurs ou amateurs, consultent, qui un dictionnaire, qui les dessins de Raphaël, qui le Livre d’Heures de la reine Anne.
Le soir, une lueur vive éclaire les fronts pensifs courbés sur les livres, les grands albums qu’on feuillette, monté sur un escabeau , les gravures fixées à un axe central et qu’on tourne comme des volets; l’ombre des dossiers des chaises s’étale sur le parquet; quelques filets lumineux s’accrochent aux cuirs gaufrés et dorés; les rayons et les caissons du plafond brillent, à peine visibles, et le silence profond n’est trou-
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blé que par le bruit des feuilles tournées ou du gardien qui va et vient, à pas réguliers.
De place en place, des bustes, entre autres celui de M. Ingres, toujours grincheux, mais cette fois mieux peigné. Tous les quatre pas , de petits tombeaux antiques , ou , plus fréquents encore, des temples doriques ou corinthiens, à piliers cannelés ou lisses, la plupart sans toit, et qui ressemblent à des coffrets byzantins dont on aurait ôté le couvercle.
Aux deux extrémités, des balustrades de chêne isolent deux recoins, deux sortes de chambres; celle qui termine la salle est tapissée de portraits de peintres du dix-septième et du dix-huitième siècle, au milieu desquels se détache, encadré par deux colonnes, un Louis XIV en costume d’apparat; dans les angles sombres, des cartons à terre; sur les balustrades, deux hautes statues antiques, dont la blancheur se détache sur ce fond obscur; l’autre chambre, ménagée à l’entrée de la' bibliothèque, est tapissée de paysages italiens sur papier bleu relevé de gouache, au milieu desquels se détache le dessin original de Paul Baudry pour les brevets de l’Exposition de 1878.
Dans l’angle de cette chambre, une porte conduisant à l’annexe de la bibliothèque, que prolonge le musée des architectes. Annexe et musée prennent jour sur la Cour des Loges. Comme dans la salle précédente , une rampe de cuivre court le long du chemin ménagé pour la recherche des livres, publications curieuses, estampes, dictionnaires de Muratori recouverts de parchemin , collections de l’Artiste, etc., etc. Dans un coin, sur un chevalet, une copie d’un primitif envoyée de Rome par un élève.
Le musée des architectes, tapissé en haut de copies des
peintres espagnols et flamands, renferme une intéressante série de réductions d’édifices connus, romans ou romains, grecs ou gothiques; la tour de Pise et le Colisée y coudoient le Parthénon ; il semble qu’on ait rassemblé là pour une confrontation ces témoins silencieux du génie d’un autre âge.
La porte par où l’on sort de ce musée donne sur la galerie des Loges de Raphaël , qui coupe de sa balustrade la salle des Antiques à mi-hauteur, et d’où l’on plonge sur cette réunion de héros et de dieux, vus en raccourci.
« La bibliothèque, dit entre autres choses le règlement, « est ouverte aux élèves de l’École des Beaux-Arts et aux « aspirants tous les jours, de midi à cinq heures, en été, de « midi à quatre heures en hiver, excepté le samedi et les « jours fériés.
« Les personnes étrangères à l’École, et âgées de quinze « ans révolus, doivent s’adresser au secrétariat de l’École ou « au bibliothécaire, pour obtenir du directeur une carte « d’admission qui leur sera envoyée à domicile.
« La bibliothèque est fermée du premier août au premier « octobre.
« La communication des manuscrits, des dessins origi- « naux, et particulièrement de la Restauration des archi- « tectes de Rome, ne pourra avoir lieu qu’en vertu d’une « autorisation expresse. Toute demande à cet égard devra « mentionner les motifs qui portent à la formuler.
« Il est interdit de calquer, de mesurer avec le compas ou « autres instruments, et de se servir d’encre. Les notes seront