graveurs
Ces artistes adjoints participent à tous les travaux de chaque section pendant les concours.
Les jugements des concours d’essai et les jugements préparatoires des concours définitifs sont rendus par les sections séparées.
Le jugement définitif du grand prix est prononcé partoutes les sections réunies de l’Académie des Beaux-Arts.
En principe , il ne peut être décerné par an dans chaque section qu’un premier grand prix et deux autres récompenses, seconds grands prix ou mentions honorables.
Si le jury trouve qu’une mention serait trop peu pour bar-
liste qui obtient la troisième récompense, il décerne un premier second grand prix et un deuxième second grand prix.
Dans le cas où l’Académie n’aurait pas décerné le grand prix, cette récompense peut être reportée à l’année suivante, s’il y a lieu, à titre de deuxième premier grand prix.
Il peut donc y avoir cette année -là : un premier grand prix, un deuxième premier grand prix, un premier second grand prix et un deuxième second grand prix!...
L’Académie des; Beaux- Arts délègue à l’administration de l’École des Beaux-Arts le soin de maintenir et de faire exécuter les règlements des concours de peinture, sculpture, architecture et gravure.
Dans ces différents concours, l’appel a lieu à huit heures du matin; l’appel terminé personne ne peut être reçu.
Avant le deuxième essai, on- donne connaissance aux concurrents du règlement concernant les obligations des pensionnaires de l’Académie de France à Rome. Il est fait de ce document un tirage spécial, auquel est annexé un état que les concurrents doivent signer, déclarant ainsi qu’ils acceptent à l’avance et dans toute leur étendue les clauses inscrites dans ce règlement.
Aucun concurrent ne peut soustraire son ouvrage au jugement de l’Académie sous quelque prétexte que ce soit.
Tous reçoivent, pour frais d’exécution, une indemnité, qui leur est délivrée au fur et à mesure de leurs besoins jusqu’à concurrence des deux tiers de la somme totale.
Le tiers restant est retenu jusqu’à la fin du concours; il est perdu pour les concurrents qui n’ont pas rempli les conditions du concours.
Dans le cas où les concurrents auraient cassé des carreaux
LE GRAND PRIX DE PEINTURE
ou commis des dégradations quelconques, la réparation est payée sur cette indemnité.
Les concurrents ne doivent introduire dans leur loge aucune personne étrangère, excepté les modèles reconnus par l’École, et ne peuvent entrer dans la loge de leurs camarades, sous peine d’être exclus du concours.
Les loges sont fermées les dimanches et fêtes. Aucun jour supplémentaire ne peut être accordé que par une décision de l’Académie, sur un rapport motivé de l’administration de l'École des Beaux-Arts.
Le directeur et l’inspecteur de l’École ont le droit d’entrer dans les loges.
LE GRAND PRIX DE PEINTURE
Le prix de Rome!... C’est la consécration officielle, le premier pas vers la gloire!... Presque tous les élèves y songent sans cesse, dans le silence de la bibliothèque et dans le tumulte de l’atelier; ils se répètent tout bas :
— Si j’avais le prix de Rome!
Comme d’autres se répètent :
— - Si j 'étais riche !
Ou encore :
— Si je gagnais le gros lot!
Comme don Carlos, sous les cryptes d’Aix-la-Chapelle, se répète, en pensant à l’Empire :
— Si je l’avais!..
... Les- soirs cl’hiver, quand ils passent les ponts, et que le soleil couchant incendie le ciel derrière l’Arc de Triomphe et fait de la Seine un fleuve d’or, ils songent au Tibre aux flots jaunes, et à la villa Médicis, d’où ils iront contempler un si radieux horizon
L’élève qui remporte le prix de Rome, ou, pour parler couramment, le Prix de Rome, est envoyé en Italie pour quatre ans, aux frais de l’État.
Le concours pour le grand prix de peinture comprend deux concours d’essai et un concours définitif.
Voici comment s’expliquent à ce sujet les règlements de l’Institut :
Le premier concours d’essai, qui a lieu le dernier jeudi de mars, consiste dans une esquisse peinte sur une toile de six, 40 centimètres sur 32.
Sont exempts du premier essai : les élèves qui ont obtenu un second grand prix ou une mention, ceux qui ont été admis en loge, et ceux qui ont obtenu une première médaille à l’École des Beaux-Arts.
Le jour du concours, les membres de la section de peinture de l’Académie, sous la présidence du président de l’Académie, s’assemblent à sept heures et demie du matin à l’École, pour choisir le programme.
Chaque membre de la section propose un ou plusieurs programmes; les programmes sont tirés de la mythologie et de l'histoire sacrée ou profane.
Les membres de la section choisissent ensuite, par scrutin de liste et à la majorité relative des suffrages, trois des programmes proposés.
LE GRAND PRIX DE PEINTURE
Par un second vote, on choisit au scrutin et à la majorité des voix le programme du concours. En cas cl égalité de suffrages, après deux tours de scrutin, le programme est désigné par le sort. Il doit être remis à neuf heures.
Le secrétaire perpétuel de l’Académie, assisté de deux commissaires, porte le programme aux concurrents réunis dans les loges et leur en fait la dictée.
Les autres membres de la commission restent en séance jusqu’au retour du secrétaire et des commissaires , afin de faire au programme des modifications, s’il y a lieu.
Aucun document, tel que peinture, dessin, gravure, photographie ou calque, ne peut être introduit dans les loges; toute communication avec le dehors est interdite dès la dictée du programme.
L’esquisse doit être terminée en douze heures.
Au jour fixé, après un classement provisoire fait le matin par trois commissaires, le jury s’assemble dans le lieu où les esquisses sont exposées. La commission procède alors parvoie de scrutin au choix des esquisses dont les auteurs seront admis au deuxième concours d’essai. Le nombre des élèves à admettre est de vingt, quel que soit le nombre des exempts.
Le second concours d’essai a lieu aussitôt après le premier; il consiste en deux épreuves : une esquisse peinte et une figure peinte d’après nature.
Le figure peinte est exécutée sur une toile de vingt-cinq (81 centimètres sur 65) , d’après le modèle vivant posé par le membre de la section qu’a désigné l’Académie. Les concur-
rents sont répartis en trois séries; ils sont appelés dans l'ordre où ils ont été classés à la suite de la première épreuve.
La figure doit être exécutée en quatre séances de sept heures chacune, non compris le repos du modèle.
Dix élèves sont admis au concours définitif.
Le concours définitif commence dans la semaine qui suit le jugement du deuxième essai; il consiste dans l’exécution d’un tableau sur toile dite de quatre-vingt. (lm,46 sur lm,15).
Le jour du concours, les membres de la section de peinture se réunissent pour choisir le programme.
Avant la dictée du programme, on donne lecture aux concurrents des articles du règlement qui fixent les conditions et assurent la sincérité du concours. On leur remet ensuite, pour y tracer leur esquisse, une feuille de papier estampillée, de grandeur uniforme.
Les concurrents prennent alors possession de leurs loges; trente-six heures consécutives sont accordées pour l’exécution des esquisses.
Pendant ces trente-six heures, il est absolument interdit aux élèves de sortir des loges et de communiquer avec qui que ce soit; la surveillance dont ils sont l’objet ne s’interrompt pas un instant. Après déjeuner, ils descendent dans la longue et triste cour des loges et y font une partie de ballon, sous les yeux des gardiens; après dîner, ils vont prendre l’air dans la grande coin- de la fontaine; les portes de fer communiquant avec les autres cours sont fermées, et les gardiens atlontifs ne quittent pas leurs prisonniers d’une semelle.
Le soir, les logistes s’installent... oh! bien simplement!