‹ L'école des femmesChapitre 18 sur 44 · SCÈNE LIL ARNOLPHE seul · texte numérisé non relu

SCÈNE LIL ARNOLPHE seul

Je ne puis faire mieux que d’en faire ma femme.

insi que je voudrai je tournerai cette âme ; Comme un morceau de cire entre mes mains elle est, Et je lui puis donner la forme qu'il me plait.

Il s’en est peu fallu que, durant mon absence, On ne m'ait attrapé par son trop d’innocence; Mais il vaut beaucoup mieux, à dire vérité, Que la femme qu’on a pèche de ce côté.

De ces sortes d'erreurs le remède est facile. Toute personne simple aux leçons est docile; Et, si du bon chemin on la fait écarter,

eux mots incontnent l'y peuvent rejeter.

ais une femme habile est bien une autre bête : otre sort ne dépend que de sa seule tête;

De ce qu’elle s’y met rien ne la fait gauchir, Et nos enseignemens ne font là que blanchir ; Son bel esprit lui sert à railler nos maximes, À se faire souvent des vertus de ses crimes, Et trouver, pour venir à ses coupables fins; Des détours à duper l’adresse des plus fins.

Pour se parer du coup en vain on se fatigue : * Une femme d'esprit est un diable en intrigue; Et, dès que son caprice a prononcé tout bas L'arrêt de notre honneur, 1l faut passer le pas : Beaucoup d’honnêtes gens en pourraient bien que dire. Enfin mon étourdi n'aura pas lieu d’en rire;

Par son trop de caquet, il a ce qu'il lui faut. Voilà de nos Français l'ordinaire défaut :

Dans la possession d’une bonne fortune, Le secret est toujours ce qui les importune;

Et la vanité sotte a pour eux tant d’appas, Qu'ils se pendraient plutôt que de ne causer pas. Oh que les femmes sont du diable bien tentées,

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40 L'ÉCOLE DES FEMMES, Lorsqu’elles vont choisir ces têtes éventées !

Et que... Mais le voici. Cachons-nous toujours bien, t découvrons un peu quel chagrin est le sien.

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