SCÈNE VIL
ARNOLPHE, HORACE
HORACE
La place m'est heureuse à vous y rencontrer.
€ viens de l’échapper bien belle, je vous jure. Au sortir d'avec vous, sans prévoir l’aventure, Seule dans son balcon j'ai vu paraître Agnès, Qui des arbres prochains prenait un peu le frais. Après m'avoir fait signe, elle a su faire en sorte,
escendant au jardin, de m'en ouvrir la porte :
ais à peine tous deux dans sa chambre étions-nous, Qu'elle a sur les degrés entendu son jaloux ;
ttout ce qu’elle a pu dans un tel accessoire, C’est de me renfermer dans une grande armoire. Il est entré d’abord; je ne le voyais pas;
Tais je l'oyais marcher, sans rien dire, à grands pas <
oussant de temps en temps des soupirs pitoyables, Et donnant quelquefois de grands coups sur les tables, Frappant un petit chien qui pour lui s'émouvait, Et jetant brusquement les hardes qu’il trouvait.
l'a même cassé, d’une main mutinée, Des vases dont la belle ornait sa cheminée ; Et sans doute il faut bien qu’à ce becque cornu Du trait qu’elle a joué quelque jour soit venu.
nfin, après vingt tours, ayant de la manière
fous Des PR RAT ER ARS «
Sur ce qui n’en peut mais déchargé sa colère,
Mon jaloux inquiet, sans dire son ennui,
Est sorti de la chambre , et moi de mon étui.
Nous n’avons point voulu, de peur du personnage, Risquer à nous tenir ensemble davantage ;
C'était trop hasarder: mais je dois cetie nuit
Dans sa chambre un peu tard m'introduire sans bruit. En toussant par trois fois, je me ferai connaître;
Et je doïs au signal voir ouvrir la fenêtre,
Dont, avec une échélle, et secondé d’Agnès,
Mon amour tàchera de me gagner l'accès.
Comme à mon seul ami, je veux bien vous l’apprendre. L'allégresse du cœur s’augmente à la répandre ;
F1 goutât-on cent fois un bonheur tout parfait, : On n’en est pas content, si quelqu'un ne le sait.
Vous prendrez part, je pense, à l’heur de mes affaires. Adieu. Je vais songer aux choses nécessaires.