‹ L'école des femmesChapitre 28 sur 44 · SCÈNE VIIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIIL

ARNOLPHE seul.

Quoi ! l’astre qui s’obstine à me désespérer,

Ne me donnera pas le temps de respirer?

Coup sur coüp je verrai, par leur intelligence ,

De mes soins vigilans confondre la prudence ?

Et je serai la dupe, en ma maturité,

D'une jeune innocente et d’un jeune éventé.

* En sage philosophe on m'a vu vingt années Contempler des maris les tristes destinées,

Et m'instruire avec soin de tous les accidens

Qui font dans le malheur tomber les plus prudens ; Des disgrâces d’autrui profitant dans mon âme, J'ai cherché les moyens, voulant prendre une femme, De pouvoir garantir mon front de tous’afronts,

Et le tirer de pair avec les autres fronts ;

Pour ce noble dessein, j'ai cru mettre en pratique Tout ce que peut trouver l’humaine politique ; Et, comme si du sort il était arrêté

Que nul homme iei-bas n'en serait exempté, Après l'expérience et toutes les lumières

Que j'ai pa m'acquérir sur de telles matieres, Après vingt ans et plus de méditation

Pour me conduire en tout avec précaution ;

Page 1