‹ L'école des journalistesChapitre 40 sur 55 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

EDGAR, MARTEL, sortant de chez Guilbert.

EDGAR, apercevant Martel.

Votre présence ici...

MARTEL

T'alarme avec raison.

Tu vois que je m'en vais.

EOGAK, indigné.

Vous ! dans cette maison !

J'admire votre audace. Ah ! c'est un grand courage Que d'oser se montrer chez les gens qu'on outrage.

MARTEL

Ici je ne viens pas non plus pour mon plaisir, Et d'y rester long-temps je n'ai point le désir. Monsieur Guilbert m'écrit une insolente lettre Que dans notre journal il nous condamne à mettre ; Mais il n'en sera rien : nous ne publirons pas Sa réclamation... Non... et tu le verras. Je suis très-bravement venu pour le lui dire. Et lui dicter enfin ce qu'il doit nous écrire.

EDGAR

Ah! votre feuilleton, qui le flatte si fort. Prouve assez qu'avec vous il n'était poiutd'accord!

JLVRTEL.

Cet article bâclé dans un jour de folie.

Qu'au fond d'un vieux carton a trouvé Cornélie!...

'^îa foi, monsieur Guilbert a voulu s'ériger

t^n censeur de mes mœurs... j'ai voulu me venger!

EDGAR, avec chaleur.

L'excuse est excellente et part d'une belle âme! Vous vous vengez d'un homme en attatjuant sa

MARTEL , avec ironie. [ femme !

Pour madame Guilbert vous parlez chaudement. Si j'avais su, monsieur, qu'un tendre sentiment Vous fit le défenseur d'une femme chérie, Croyez...

EDGAR

Epargnez-moi celte plaisanterie.

Je ne souffrirai pas qu'on insulte d'un mot La famille Guilbert, dont je serai bientôt...

MARTEL, avec surprise.

Quoi! tu dois épouser...

EDGAR

La sœur de Valentine, Malvina...

M.\RTEL.

Pour mari c'est toi qu'on lui destine.

Et tu ne m'en dis rien ! Mon Dieu, que de regrets... Norval! aussi pourquoi me cacher tes secrets?

EDGAR

Je voulais te conter cela, mais ta danseuse Nous écoutait toujours.

MARTEL

Toujours!... la malheureuse Cause tous mes chagrins, je lui dois tous mes torts. Ah! je veux désormais la fuir comme un remords. Par ses obsessions, dans mon journal j'offense Une honnête famille et mon ami d'enfance. Mais je viens d'acquérir le droit de la quitter. La leçon est cruelle, et j'en veux profiter.

II est bien tard ; je crains que cet avis perfide N'ait jeté le soupçon dans une âme candide ; Elle ne pourra point supporter un tel coup.

3L\RTEL.

C'est donc vrai?...

EDGAR

Non... d'honneur! mais on l'aditbeaucoup. Tout viendra, malgré moi, lui rendre cette idée : Dans un passé douteux, par le soupçon guidée. Elle va chaque jour, dans la moindre action. Trouver contre sa mère une accusation l

Le malheur qu'on redoute est toujours si profit d'ailleurs ton article... [bable!

MAKTEL, avec douleur.

Ah ! je suis bien coupable !

Mais je veux croire encor qu'elle ne l'a pas lu.

EDGAR

La voici... Qu'elle est paie !

MARTEL

Edgar, tout est perdu !

EDGAR

Va vite, il ne faut pas qu'elle nous voie ensemble.

Martel sort.

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