SCÈNE V
MELANIE, ADRIEN.
MÉLANIE, pi »p»p* un uIpbp».
Tout, dans votre maintien,
Fait voir que vous craignez, monsieur, cet entretien.
ADRIEN
Moi? non p«.
MÉLANIE
Tant mieux.... car ce silence me tue.
Ht c’est beaucoup qu’un jour entier je me sois tue.
ADRIEN
Parlez donc.
MELANIE.
Et, d'abord, je dois vous avertir Qu’il serait inutile, avec moi, du mentir...
ADRIEN
Madame!...
' MÊLA ME
Vous pourriez le faire, dans la crainte Ue me porter au «pur une t-op rude atteinte;
Mais je m* connais pas fart de me iw*ager.
Et je vais volon(i«-r* au -devant du danger.
Ne me montrez donc pas une pitié qui blesse D’autant plus vivement qu'est jurande la faiblesse.
C'est un combat?... Eh bien ! jVn puis surtir vainqueur. Or, ne m'épargnez pas, monsieur, frappez au cœur.
Vous vouiez — m'a-l-on dit — vous marier?
ADRIEN, cœl..ff,..à.
Mais!...
MÉLANIE
* Certc,
Je comprends que ce ton loyal vous déconcerte :
Vous tramez sourdement et dans l’ombre un forfait;
Je déchire un rideau, la lumière se fait.
Et puis vous vous trouvez. Unit à coup, sans refuge.
Devant la trahison et devant votre juge!...
C'est cruel... j’en conviens... mai» aussi, nui croirait Que chez moi vous cherchiez une femme?... Est-ce vrai?
Sr lf*«ut.
Est-ce vrai?
ADRIEN
Mon silence est un aveu. — Cécilo Ne vous est rien.
MÊLANTE.
Ainsi, complaisante et docile.
Non!... votre conscience, hélas! ne vous dit pas Ce que votre conduite a... d'étrange? En ce cas,
Je vous le dirai, moi, vans colère, sans larmes,
Ne craignez rien, monsieur; — vos torts, voilà mes armes.
ADRIEN
Ecoutez- moi, de grâce!
MÉLANIE
Ah! vraiment, vous croyez Qu'un homme, impunément, pourra fouler aux pieds Amour, serments, devoir? .. Non! — Dans la faute même. On est loyalement coupable, qnnnn on aime, si criminel* que soient deux complices entre eux, l/un peut >e montrer lâche et l’autre généreux :
Et le monde, en jugeant leur faute, leur tient compte De ce reste d honneur qui les suit dans la honte.
Aussi n 'espérez pas, pris d'un tardif ennui, üri-er l’idole aimé»- hier, crainte aujourd'hui;
Je n’accepterai pas la défaite sans lutte :
Je pourrai succomber, mais, hère dans ma chute,
Vous renverser vous-même!
ADRIEN
Oh ! la terrible loi !...
S'élre aimé!... se haïr!...
MELANIE.
Que dites-vous là?... mot?
— L'ingrat! — Mais il e>t t.-mp»que justice so fasse; Au monde, notre juge, il Tant que, face il face.
Nous disions, en rompaut notre chaîne de fer :
Voilà ce qu«* j'ai fait et ce que j'ai souffert.
.Moi, j’ai passé ma vie eu d'éternelles transe*;
D’une secrète voix, bravant les remontrance».
J’ai dit Teindre à toute heure, et de la trahison Faire l'apprentissage. Enfui, de ma mabon.
J’ai dû bannir ma fille et je ufen suis privée Pendant dix ans!... Dix ans!... Elle était arrivée A cet âge où l’enfant, du son œil scrutateur.
Voit... et comprend, plus lard, tout un passé menteur;
Je me condamnai donc à cette rode tâche D’étre, avec mon enfant, sévère sans relâche,
De ne rien laisser voir à ses veux de suspect,
Lui volant, à défaut «l’amitié, son respect.
J'ai son respect!.;, mai» j'ai de plus... la honte amère D'une épouse iuüdèle et d’une indigne tuère!,..
|.«i moi pi fa. ppc r m lirm.
Voilà ma part, monsieur.
Ella «i i‘a»>r«ir m» le petil «Btpê, au food.
ADRIEN, appi'TP an d** da rampa'.
Croyez-le, je vous plnins,
Car des mêmes remords brûlants nos cœurs ront pleins. Avec la même horreur, ie le trahis « H homme Qui. dans sa bonne foi, du 110m -l’ami me noiniue;
Et, sincère avec moi. je me suis dit : «< Faut-il » Jouer jusque* au bout ce perMinnage vil ? »