L'ecole des moeurs
but que nous nous cllyns proposé en donnant ce recueil au pu!»Hc, a élé rempli, puisqu'on a trouvé Touvra^e utile, Nou» avons lâché, dans celle dernière édition, de le rendre encore plus digne des suffrages des personnes de goût. Persuadés que les relranchemeus ne conlribuent pas moins , et concourenl quelquefois même plus que les additions à la perfeclion d'un ouvrage^ nous avons supprimé quelques traits d'histoire moinç intéressans ou trop multipliés , resserré plusieurs articles d« morale trop étendus , et retranché des répétitions inutiles. Le Portrait du sage , que nous avons mis à la fia des Réflexions , a para aussi trop long à quelques personnes , et par-là même ne pouvoir produire qu'un effet assez froid et languissant ; nous l'avons beaucop abrégé* Nous n'en avons conservé que les plus grands traits, qui , plus rapprochés et plus vifs, n'en frapperont que davantage*
'On nous a aussi conseillé de changer le titre de Poète de$ mœurs y que nous avions d'abord donné à noire ouvrage* U semblait , en effet , annoncer plutôt un recueil de poésies destinées à former les mœurs , que de réflexions en prose sur un petit poème moral , conna sous le nom de Maximes de la sagesse f et communément attribué à l'illustre auteur du Télémaque.
Ceux qui connaissent déjà ces maximes , s'apercevront facile» ment que nous y avons fait des cbangemens et des additions considérables. Nous avons tâché d*y faire entrer tout ce qu'il y a de plut propre à former les mœurs. €omme ces maximes sont en vers, elles se graveront plus aisément dans la mémoire des jeunes gens , et y demeureront toujours. Ils se les rappelleront dans Toccasion , et si alors elles les portent à la vertu , ou les détournent du vice, n'auronl-ils pas lieu do s'applaudir de les avoir apprises ?
Le célèbre Bollin se permettait d'insérer en ontier dans ses ouvrages, qui sont généralement estimés, les plus beaux endroits des auteurs aaûcfns et ntodernes* Il se contestait d'avertir ea
PRFPACB. '
général 9 clans ses préfaces , de cet espèce de larcin ^ qui ^ par raveu même , cessait d'en être un > et dont le publique lui «avait gré , parce que son travail lui était utile Comme ce sage écrivain , nous n'avons pas toujours cité les moralistes dont les peftsées et les maximes nous ont paru propres à enrichir les nôtres, parce que nous nous sommes réservé le droit d'y faire tous les cbangemens , les additions et les corrections même , convenables ou nécessaires. £n employant le travail des autres , nous y avons ajouté le nétre»
Si ; selon même un des auteurs les plus originaux qu'ait produits le dernier siècle ** , le choix des pensées est inveution» quand il est bon , juste , éclairé et judicieux , si on loue ûn architecte qui , avec des matériaux qu'il a su choisir et rassembler , est venu à bout de composer un édifice régulier , où l'-ulilese trouve réuni à l'agréable , peut-être aùssi ne refuserat-on pas à notre ouvrase quelque espèce de mérite et de gloire* Mais nous avons porté plus haut notre vue » et nous avons agi pour une afin plus relevée : nous nous sommes proposé de former les mciurs de la jeunesse , et de rendre les hommes plus vertueux et plus sages.
Plus les meurs sont nécessaires , plus on doit s'appliquer de nonne heure è les former. Ce n'est pas quand l'arbre est durci par le temps et par les années, qu'il faut le oondoirei c'est lors^' qu'il est encore tendre et flexible. Qu'il nous soit doue permis de recommander ici aux parens et à lous ceux qui sont chargés de l'emploi important d'élever la jeunesse » de lui inspirer dès les premières années les bonnes mœurs et la vertu. Une toile neuve reçoit mieux et conserve plus lon^-terops les premières couleurs qu'on lui donne. Nous avons ont raconter qu'une dame de mérite avait un neveu , jeune homme de beaucoup d'espé* rance , qui venait souvent lavoir. Elle tâchait de lui inspirer la vertu par ses leçons; mais, pour mieux l'insinuer, elle choisit un livre oii les inslructions étaient habituellement mêlées d^cxemples agréables. Elle laissa et- livre sur sa table, comme sans aucun dessein. Onand son neveu venait bii rendre visite , elle prétextait (juelque ocoupaLiou , et lui disait de lire quelque cliose en attendant. Les premières fois il prit ce livre , l'ouvrit et le referma pi€.s([!ie aussitôt. Peu à peu il v prit goiit ; il le lut tout entier, et avtc tauLdcfiuil, qii avant clé Jiiis dans les ti oupes, il devint l'exemple de son régimenl, par U régularité de sa conduite : ce qu'il devait, comme il le reconnaissait luimême , au bon livre de sa tante.
* Je ne me »ui$ pas fait une peine , dit-il à la fin de plusieurs de
' es préfaces , de prendre quelquefois dans de bons ouvrages ce lue f ai* cru convenir à celui-ci ; je cherchais à êir4 utile* Ce mot , qui faisait «a justification, lait aussi 1a ^àUe.
La Btttjéiev
' pbèpacé: - '
Fuisse cet ouv rage î)i odiure d^aussi heureux friiîts dans Tesprît des jeunes gens i[m le liront! Ils y trouveront les pi é( eplcs et les exem[)les les j)liis propres a former leurs luœiirs. On pourra • leureaiaire rendre compte, el surtout des traits d'histoire , qu'ils retiendront encore plus facilement que Li morale. Par-là ils s'accoutumeront à réfléchir sur leurs lectures , h raconter avec grâce et avec aisance une histoin^ , une aaeciiote, ua bon mot : ce qui fait honneur et plaît infiniment.
j\ous connaissons des pères de beaucoup d'esprit , qui se sont servis avec succès de ce recueil , en suivant celte mclliode j car les parens cux-mcmcs peuveuf; ici sans peine servir d"'institu-« leurs. Et quelle plus noble fonction , quelle occupation plut louable, que celle d'un père ou d'une mère de famille, qui, ne croyant pas remplir suffisamment le litre si estimable dont Ici nature les a honorés, s^ils ne s'appliquent à former eux-mêmes le cœur et Tesprit de leurs enfans , s'en chargent seuls, ott parlaient avec des maîtres ce glorieux emploi !
Mais si l'on veut plaire long-temps et mériter tous les suf-^ frages, il faut à l'utile mêler f agréable. Nous avons donc cru devoir égayer la sagesse $ nous avons tempéré sa gradté austère^ pour la rendre plus aimable , pour lui concilier plus de cœurs.' La vertu sans attrait est un hameçon saiis appât. Les précepletf seuls auraient bientôt ennuyé : les exemples fréquens que noua y avons méléft , attacheront. Une morale trop continue fatigue : des traits frappans^ semés de distance en distance , délassent l'esprit et le raniment. On oublie d'ailleurs les plus sages con« seils ; mais les plus beaux exemples ne s'effacent point : ils se gravent profondément dans l'esprit , y impriment avec eux les maximes , et les rappellent.
C'est ce qui nous avait engagé ^ dans les premières éditions,' à multiplier les traits d'histoire $ mais nous n'y avons pas tou-* jours mis assex de choix. Bans un recueil de bous mots et dans la conversation , on souffre le médiocre : dans un ouvrage de* goût, on ne doit trouver que l'excellent. Cette judicieuse réflexion , que des amis nous ont fait faire , nous a déterminé à retrancher plusieurs traits , qui n'étaient pas assez ingénieux ou assez intéressans. Nous les avons remplacés par d'autres , qui rendront l'ouvrage plus piquant. 11 est rare qu'une première édition soit parfaite : ce n'est même assez souvent qu'une ébauche , à laquelle on donne ensuite plus de perfection ; ou ^ ' si l'on veut, ce sont des tableaux travaillés avec soin » mais qui, exposés aux yeux des amateurs, leur laissent apereevoir des défiittta I qu'une touche plus fine et plus légère bit hientêl^dis* parait^.
On avait trouvé aussi que nous avions traité avec trop d'étendue l'importante matière de la religion , quoiqu'elle soit le plus solide fondement des tnœurs. Nous avons eu soin d(^ rej)arer cette faute. Il aurait été difficile et dangereu^^ peut-être de
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votiloir doniiev du nouveau sur un sujet qui a tant de fois été manié cl approfondi par les plus grands génies que la religioaa la gloire de compter parmi ses apologistes et ses dt^fenseurs.
Tout ce que nous avons cru devoir faire , c'est de choisir les preuves les plus claires, les plus sensibles , et les plus faciles à saisir par les jeunes gens mêmes. Ce sera pour eux une espèce de théologie aisée et naturelle, qui les instruira suffisammeot et sans élude de ce qu'il leur est si essentiel de savoir.
Sans entrer dans les discussions polémiques, qai n'étaient pas de noire ressort, et laissant à part tous les Tains sophîsm e> des incrédiiles y qui ont été cent fois victorieusement réfutés » nous avons seulement voulu établir les principes fondamentaux de la religion » et présenter les grands traits qui attestent sa divinité, afin de prévenir tous les doutes qui pourraient s'élever dans Tesprit , ou que l'impiété chercherait à y faire naître.^ Puissent ces secours que nous offrons à la jeunesse, la prémunir contre les séductions de Tiacrédulilé ! Et dans quel siècle furent-ils plus nécessaires que dans le ndtre, où l'irréligion a isil tant dç^funesles progrès ! Dieu le permettant ainsi , pour Tendre le triomphe de la religion plus glorieux , pour éprouver notre foi , et nous en faire mieux sentir le prix ^ par le malheur de ceux qni la perdent.
PBBUmNAmES
SUR L'BETJGlii.TÏOH,
^^ous ne nous proposons pas de donner ici un nouveau pian d'éducaUoB. Assez d'autres Font fail dans ce siècle , et ont imaginé de brillans «yslèmes , moins propres peut- élrc à ctlaîrer et à inslruire qu'à séduire et k égarer* Plus réservés et plus circonspects sur un objet aussi essentiel nous Youlons seule-' nienl exposer quelques réflexions parliculières , que nous tirerons principalement de notre propre expérience et de celle des autres. Ce que nous avons à dire sur cette importante matière étant trop étendu pour entrer dans le corps de ^ouvrage» nous avons cru plus convenable de le placer au commencement, parce qu'il doit natiirellêment précéder les leçons que nous donnons dans tout notre recueil à des jeunes gens qu'on suppose avoir déjà reçu la première éducation. L'homme étant composé tl'ua corps lL d'une âme , il y a nécesiaireuicnt deux parties dans la bonne éducation : l'une qui regarde le corps ^ et l'autre qui a Pâme pour objet* Nous ne nous étendrons pas beaucoup sur la première, parce qu'elle n'entre qu'iiidircctcment dans ie pian de notre ouvrage ^ spécialement destiné à former les 'mœurs. Cependant nous ne pouvons noua dispenser d'en dire ici ^uelqi^e ^kWà pArcc que i'ia&eit«iu(| çoAUXte on siù^ i uni#
10 nsFumcM whooirijrai
au corps par les liens les plos étroite et les plus dépendans ^ k culture de l'na influe beaucoup mut celle de rautrOit
DB L'ÉDUCATION PttYfilQOE.
A i^égard du corps ^ dit avec nos plus sages instituteurs l'au« leur du , Comte de Valmouf^, lorsqu'il est bien constitué , U nature ne nous donne presque qu'un précepte , et il suffit :; a C'est de permettre qu'elle agisse » qu'elle se développe en liberlé -y et de la hisfter de bonne heure e^aoeoutuMr è tout. »
Elle est bien plus sûre dans ses opérations , et bien plus éclairée
que tout Tart par lequel nous prétendons la contraindre pour la mieux diriger.
Avouons-le à la gloire du siècle : on commence enfm à ouvrir les yeux sur les inconvéniens des bandes , des mailloto ^ qui ^ par les efforts que font les enfons pour s'en débarrasser » sont plus capables de déranger l'assemblage de leur corps , que les mauvaises situations où ils pourraient se mettre s'ib étaient en liberté. Buffon condamne également ces corps de baleine et tous ces vétemens douloureux qui , 80u<i le vain prétexte de former la taille » gênent la respiration , empécbent le sang de circuler dans les veines , et causent aux enfans plus d^incommoditéset de difformités qu'ils n'en préviennent. Comme un tendre arbrisseau dont on a Ké le tronc et arrêté la sève , ils languissent j ne proiileni que taihlement : leurs muscles n'acquièrent point cette agilité, cette force et cette vigueur , qui distinguent si beuréusement ceux dans lesquels Part n'a point étouffé la nature. Si ces cruelles inventions ne servent le plus souvent qu^à les empêcher de profiter et de croître , pourquoi les faire souffrir ?
Plus sage que tant d^autres , ne donnez à vos enfans que des
* €et^ ouvrage de M. rdbbé Gérard est excellent et très-bien
écrit; nons ne sanrions trop en recommander la lecture aux jeunes ^ens qui ont Tesprit formé. On lit avec plaisir tout ce quil dit sur ^éducation, parce qu*ll «t inléiessant et utile. Nous ferons quelquefois usage de ce qui nous a paru le meilleur.^
hibtlliinmf lâitgtft» «Mt» conmodes,. et vous le$ verre* avec joie grandir et w dérelopper, J»W «il tTOos eu aous les yeux plus a'u^e expérience. Mais si vous voultt préparer votr^ fils à une MBlé fcrte el robusie, »U96i bien qu'à des mœurs pures et maocentcs, gard»-v«oiiurloutderëlefertrop déUcatemenI el avec li»p d'indulgence et de mollesse .
O parent miment tendres et courageux , faites, non pas ce aveugle faiblesse inspire à bien des mères, mais ce qu'un amenr éclairé vous prescrit ^ et en évitant la dureté et Fc xcès , soÎTes ce que dit Ifontaigne. « Endurcissez votre enfant ; ôtezlui toute moUesse et d4licatesse au vêtir et au coucher , au manger et au boire ; accoutnmea-ie à tout. »
Si une mère trop indulgente élève autrement son fils , ce n'est pas son bien qu'elle veut , c'est sa propre satisfaction qu'elle oherche. Pour de petites douceurs qu'elle liû prodigue dans son enfance , elle lui prépare mille maux et mille peines dans tout le conrs de sa vie. Sa tendresse pour le présent est une vérilai>le cruauté pour l'avenir. EUe le rend foible , délicat , sensible à l'excès , incapable de supporter le poids de la fatigue et des maladies. Elle augmente sa sensibilité et sa faiblesse naturelle , par une puérile compassion pour les petits aeeidens qni lut arrivent j elle oublie qu'il doit être un homme. C'est celte radie éducation y qui , à force de délicatesse et de soins , efféminé un enfant, le dispose à l'indolence, à Tinapplication, à la légèreté, qui n'en font dans la suite qu'un être méprisable et inutile.
Les vicissitudes de l'air étant la principale cause de la des-* Iructioii des êtres vivans , il est essentiel d^armer 1 homme contre ces ennemis inévitables* lies Sauvages^ qui vont presque nus /sont d'une santé lugoureuse. L'honnêteté publique prescrit sans doute de se vêtir : mais s'il faui se couvi ir, il n'est pas nécessaire de se charger. Vous ne voulez pas que vptre entant souffre du firoid j vous l'habillez chaudement. Ignorez-vous que lesenfans, étant dans une agilaiion continuelle, et ayant le sang fort chaud, n'ont jamais froid qu'aux extrémités du corps? Vos soins mal entendus ne servent qu'a attendrir celui que l'habitude aurait endurci et rendu presque iAsensîbic. Le piii-'
12 AiFLBXIONS MàiSmHkUJSS
lotopbi icythe , qui «llail nn an milieu des neiges , répondail à
ceat qai ea étaient rarpri» : Je tau tout visage. Dent un champ
de bataille qu'a tu le célèbre bistoriea grec Hérodote , iea cràoes dea Peraea aliét à percer » et ceitx des Elgyptieiw ploa du rs que les pierres avec lesquelles iU ëuient mêles, montraient la molette dea ona et la robutte constitution qu'une nourriture frugale et de vigottreux exercices donnaient aux autres.
Fortiûez le tempérament de voire fils par l'exercice. Que non corps a'exerce en liberté, et pour cela laissez-le agir. On sait que les enfons se plaisent à être toujours en mouvement. On a beau les menacer s'ils ne restent tranquilles } vainement les faitHm fessonvenir qu'ils te sont bienéa en courant , ils ne peuvent demeurer en place. Si on les y oblige^ ils souffrent plus de cette contrainte que de toute autre peine. Aussi est-ce une très-forte punition des fautes qu^ils commettent ^ que de les obliger à rester assis ou dans un même endroit , bien entendu qu'ils n'y remueront pas.
Hors de là , que le vôtre soit rarement assis , qu'il coure » qu'il saute, qu'il danse, qu'il se roule sur le gazon ou travaille dans le jardin , et tout cela sous vos yeux. 11 faut vous prêter a
ses ainuseinens, à ses bruiU, à âoû lapage. C'est une préleiition • impossible, une leçon ridicule que celle qu'on donne quelquefois 9xtk enùns : « Imites notre exemple ; nous voyez-vous courir à chacpie iastanl çà et là ? Ne pouvez-vous comme nous être tranquillea ? » Mon , ils ne le peuvent pas : ils ont un besoin eontînuel d'agir 9 ils le sentent parfaitement , parce que c'csl la nature , infaillible dans sa marcke, qui les avertit.
Veillez dans le< premières années à faire à l'enfant un sang doux , par le choiiL des aliraens et par un régime de vie simple. Les enfans d'ordinaire sont gourmands ^ friands, attacbés à leur ventre. Appliquez-vous a corriger ce défaut dans le vêtre , et accoutumez* le à la sobriété ; elle est le principe de lasantéj et i| est facile d'en remarquer les bons effets dans les enfans mêmes. Voyez l'agilité , la vivacité, la gaîté , la foi co, le MJiumcil doux dont ils jouissent après avoir mangé sobrement. Comparez cet
«M ftvn i>PP«ltiati$imftint ^ l>ii4ui ^ û 2ii«mif« biuneur • ta
SUR l'eaugation. 13 hiblesse» le tommeU iaquiel qu'ils ëprou?eiil «près «voir trop
mûn^éi et vous compi eudrez facilement quels effets ce dernier état, souvent répété^ doit prodairosur b saaté d'un enfont.
Ne le laissez donc pas manger continuenement. Les enfiins ont ou croient toujours avoir faim : mais c'est moins besoin que gourmandise. Réglez ses repas> et qu'il mange toujours à peu près aux mcmes heures. Qu'il fte mange rien de haut goûl qui Texcite à manger plus qu'il ne doit , et qui le dégoûte des alimens les plus convenables à sa sanlé. Un célèbre philosophe anglais, qui avait fait une élude particulière de la médecine , interdit sévèrement aux en£aus les ragoûts recherchés, les pâtisseries, les sucreries, les liqueurs , ainsi que les drogues et les médecines qui ne sont pas d'une absolue nécessité. 11 ne voudrait pas non plus qu'on leur donnât du vin. Mais Buffon n'c^L pas lûLil-d-fait de son avis, et ses raisons paraissent rueilleures. «c £a permettant aux enfans , dit-ii , de boire de temps en temps un peu de vin ^ on préviendrait peut-être une partie des mauvais cffetsque causent les vers; caries liqueurs fermentées s'opposent à leur génération : elles contiennent fort peu de parties 'organiques et nutritives; et c'est principalement par son action sur les«solides , que le vin donne des forces ; il nourrit moins le corps qu'ail ne le fortifie* s»
Nous espérons qu'on voudra bien nous pardonner le détail dans lequel nous venons d'entrer ; la santé et la vie des enfans sont le premier devoir des parons. De quelle importance aussi n''esl-il pas pour les familles et pour Télat, d'avoir des hommes , forts et bien constitués, qui puissent un jour servir utilement leur patrie , et suffire aux devoirs pénibles que souvent elle impose 1 il ne faut pas non plus négliger de procurer au corps les autres qualités qq^il doit avoir , par des exercices qui tendent à rendre un enfant mieux lail et plus rtiapli de grâces. Mais l'éducation morale étant d'une tout autre conséquence et bien plus difficile^ on doit y apporter encore plus de soin. Que berait-ce, après tout, qu'un corps sain , robuste et bien fait sans un esprit juste et raisonnable", sans un coeur pur et verlucuai î. G'e^t i^iK h .ÀWi,>ja,tà' à M^Att.V^iR^û.^Ç leur km > que U
14 muMsaom fKBLomASMSA
paren et tons lès instîtilteiirs Mtenl principtlenMiit s'attacher, et c'est pour les aider à remplir ce devoir important , que nous allotis traiter cette matière atee quelque éteodUM» Nam joiiidriiii
nos réflexions à ceiies des atltres, et nous tâcherons de ne hen dire que d'otfle.