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la AwM av^ les malben^ux, ^t
naître d'autre plaisir que celui de leur faire oublier ou (lu moins de soulager leurs peines. Bien loin d'avoir pour eux ces mépris et ces duretés, compagnes ordinaires d& l'ppulençe , il était le père de Torpheliu, la guida de Vayeugl^, le soutien, da riofirmîté chancelaala Il waît d'accorder aw pauyr^ ce qu'ils alteiidaiaiit de sa bonf4dans leurs besoins ; il partageait avec les indigensle pauique le Seigacur lui avait donné en abondance; et de la toison de ses brohis, il revêtait ceux qui manquaient d'habillemens. Ou estce qui lui inspicait catte tendresse , cette senj^ihilité. GOnpateante, qui semblaient é\x^ nées avec hiij^ cemme il le disait lui-même? (Test qiJill ne Toyatt en eux que ses semblables , des hommes comme nii , èt qui, pour être si loin de lui par la fortutne, ne lais- Siaient pas d'y tenir par l'humanité**.
Quelle leçon pour ces riches superbes et voluptueux qui refusent tout aux besoins dea îndjg^us, tandis qu'ils aaoordeat tout à leurs plai$iics; qui , loin dempoyer une partie de leurs ncbessas i soulager la mi« sére , ne les emploient qu'à l'irriter par l'image odieuse d'un luxe qui dévore l héritage du pauvre! Riches injustes et inhumains , ignorez-vous donc que cette portion de vos richesses que vous ne faites servir qu'à, votre fiisle » à votre moUesse » k votrQ $ei;isudUté , est encore plus au pauvre qu'à vioast U a îé^ 4i^ijts, nSels, des droits certains et incontestables sur votre opulence.
Comme rhommo n'est grand que pour les petits , pou i veiller au bonheur et à la traaquillilé des peuples, il n'est riche que pour les pauvres, pour suppléer a leurs bescHOs et fournir da son &uparfl^ à. leur nécessaire* Getle periion de ses Ûai|5 qu'il conserve pour l'avarice > ou qu'il dis&ipepour le plaisir, il ea
* Oculus fui cmeo, et pe$ claudo » Job ^«
Âb infantia eremC meeun miiêrafiOf ei utero- tnùtHsmtm egressa est mectim Ifumquidin ¥UmfMtm9^ Çl^^H ^IMH^J^
2T6 l'École
prive l'indigent, puisque ses richesses ne lui ont pas été données pour lui seul. Gelm*de qui TOiis les avei reçues , ridies du monde , a voulu que ce que voua avez de trop fût la ressource de celui qui n'a pas assc*^ ; el s1l vous a placés dans Topulence , ce n'est pas pour flatter et nourrir vos passions, c'est pour vou^ procurer le mérite de donner, et la gloire d'imiter sa bonté par vos bienfaits. Il a prétendu que vous auriez soin de vos frères malheureux comme il a eu soin de vous ; que tous tiendriez sa place à leur égard » et que vous leur serviriez de père et d'appui. Lorsqu'ils implorent votre secours , c'est donc moins une gHice qu'une dette qu'ils salli(itent: les refuser, c'est se rendre coupable d'injustice et d'inhumanité. <r On doit» disait Fontenelle, se refuser le superflu, pour procurer aux autres le nécessaire ; » et il répondait i eeux qui le louaient d'une action de charité: « Cela 8c doit* »
Quelqu'un témoignait un jour à Eveillon, chanoino et grand archidiacre d'Angers , sa surprise de ce qu'il n'avait aucune de ses chambres tapissées, a Quand en hiver j'entre dans ma maison , répondit-il, mes murailles ne me disent point qu'elles ont froid; mais les pauvres qui sont à ma porte tout tremblans, me crient qu'ils ont besoin de vêtemens. »
Si nous sommes obligés d'être les soutiens et les appuis de tous les malheureux qui nous sont unis p-^r les liens communs de la nature, à combien plus forte raison devons-nous l'être de eeux qu'elle a joints avec nous par des liens encore plus étroits • p<nr ceux du même sang? Vous donc qiri aspirez à la qualité d'honnête homme , et qui voulez remplir toute l'étendue des obligations que ce titre si honorable et si beau vous impose, secourez en tout temps, en toute occasion et de toute £içon, ceux de vos parens qui ont quelque* droit de compter sur vous* Courez au-devant de leurs besoins. Que toutes leurs af&îres soient les vôtres. Répondez à la bonne opinion qu'ils ont de vous, quand ils vous croient moins durs que le comittun des liommes; car il est rare qu'un malheureux Ait des amis, plus rare encore qu'il ait des parens*
BM MWIIIB S77
€ Le pauvre, dît Salomon, sera odieux à ses proches mdnies; mais les riches ont beaucoup d'amis*, n
Nous avons dans notre cœur des ennemis de nos païens qui se trouvent dans le cas d*avoîr besoin de nous , notre dureté et notre orgueil. Par dureté, nous abandonnons un parent malheureux à sa mauvaise fortune, mais nous ne tardons pas à en être punis. Ce parent délaissé nous déshonore; ou s'il fait fortuue
Ïar Fentremise d'une main étrangère 9 il laissera ses ienS à des étraoffers, et ne reconnaîtra ni nous , ni les ndtres. Dans Pétat florissant de notre prospérité, nous refbsons par orgueil d'avoim* un parent AonnAte qui nous réclame, et nous craignons de lui tendre la main ; mais nous tomberons à notre tour, et nous no serons relevés ni secourus par personne. Nous resterons ensevelis sous notre ruine, et ceux qui auront été témoins de nôtre conduite orgueilleuse applaudinml à la vengeance diviiie.
Homme droit , obligez vos parens par justice et par bonté de cœur; cest votre sang. Homme prudent, secourez-les par précaution : vous pouvez un jour avoir besoin deux. Homme dur, aidez-les par polîtiqu(^ de crainte qu'ils ne vous déshonorent par leur conduite , ou qu'ils ne vous couvrent de confusion par leurs plaintes et par leurs reproches.
Nous supposons ici que ceux qui vous réclament ont une conduite sage et réglée. Car, si ce sont d'indignes sujets dont la vie est une espèce de déshonneur pour votre fâmille, refusez-leur, à moins qu'ils ne se trouvent dans une extrême nécessité» tout secours , tout service ; n'ayez plus avec eux ni commerce, ni liaison , qui ne soient absolument indispensables. Mais s'ils ne sont que pauvres ou malheureux • ne rougissez pas de les secourir , hâtez-vous de le faire , ne souffrez pas qu'un autre vous prévienne et vous enlève cette gloire. Tmitez le riche et vertueux Booz, en qui la sage Kuth trouva un consolateur charitable f un protecteur dédaré » un digne et puissant époux.
" Etiamproxinm SHopaup$rodi0iu$9riti amict verf)diiji(Hm muUi, Prov. 14.
2m iTtew
Uhistoipe de Portugal noas fournit aussi utk trait bien héroïque de l'amour qu'on doit avoir pour sesk proches. En 1585, des troupes portugaises qui passaient daas Indes , firent naufrag€u Vn^ parti» alMrdâ duui le 4«i Cafk^i^ et l'autre mit à lu mer iiur. wè. bacqne eewitiiHto dan 4^t«ia 4i» vawea«* Le piloto a*apercevmt qm le bâtiment était trop
chargé, avertit le chef , Edouard de Mçllo, qu'on allait couier à fond, si Von ne jetait dans Teau une douzaine de victimes. Le sort tomba entre autres suit un soldat ^ff^i aYait aus^i soo fcèie dan» la m^me bar* que. Ceint qui «vaH éabnR^ ^ ^tMt 1^ pbie jeune. B tente êm Mwm 4e ¥eUOf ^ deoMuate a^ec inilaBCQ de^pmiw'e la plaee de soB atné. «r Mon
frère, tlit-il, est plus capable que moi de nourrir mon père, ma mèr«, me^ sœurs: s'ils le perdent , ilsmour-* romt tous de misères. Conservez-leur la vie, en conservant la sicnnef et faites-moi périi^ ^ moi qui ne puis . leur être d'auciia «eeouis. » MaUo y eo^aent, et le fiiil jelcr & la ver. Is jeune liowne auU la barque peudairt SIX heuies : mw U la lejeiat* On le menace de le tuer, s'il tante de s'y inU*oduire : mais Tamour de sa conservation l'emporte sur la menace , et il s'accroche au bâtiment. On voulut le frapper avec une épée : il la saisit et la retint jwq^'à qi^'U fut mité* â conataneo teucba tout le monde; on lui permit enSa de leilep am le» autrea» et il parriat ohm k saiyper sa vie el eelle de son frève.
« Le véritable auû, dit l'Ecriture * , aime eu tout temps; le frère se connaît dans TafOiction. » Sove* le frère et l'ami de tous les malheureux ^ qui ont ne-
soiu de vetare secours et qiu rimplosent. ïàc^bex de leur faire pet ba autres^ le him ^e voua ne pouve:;; faire par vaufr*m£ne» C'e^t être bienfûaani et elwâ^ table que^ d'engager les personuea richea a Tâtro : on
participe à leur mérite et à leur gloire , ou partage leur bonheur. La villi* de Verdun ayant été ruinée par les guerres, et ses habitans réduits à la pauvreté la plus extrême^ Didier > qui en était évéque^ demanda.
• Omni Umpore diligitqui amiçm ^st, Qt frater m a
toitijH^otalun Prov. 17»
des ours â Tlwodpibert , roi d'Austrasie , sous la domination fluqiu^l élait ( ctle vilU\ Ce prince lui envoya sept mille sous, soimiifi ooJiâîdérable pour ce tompfi-là ; die fut disiribiiée aw marolMiBdg. Le cmitiMYce 6e riuMUMi, el U» fortune dus {larticuliers te rékfviaeemt. L'évêquo reperta L\ soinme au roi , qui refusa de la reprendre , et dit Ik Ilidier ces belles paroles ; ($ Nous sommes heurou]^ tous deux : vous^, de m'avoir fourni, l'occasion do secourir mes pauvres sujets A et xnoi 9 ^% m l'avoir maBquéa. .
nnffcfifftatt
XXY.
. léVs paiolfis doie» et Ita mauTaises IS190118 n*oatt ja*mais corrigé personne : elles ne font qu'indispoier et
irriter contre le remède. Sou veut c'est moins la vérité qui blesse , que la mauif^ e de la dire. Ne reprenez jamais que vous ne soyez bien assuré qu'on osl: en faute; dans le doute, il vaut mieux faice semblant d'ignorer. On fait injure et l'on offense » lorsqu'on reprend à tort : on s'expose à perdre le fruit des réprimandes les plus justes. II faut fiiire «celles-ci ^veç tous les ménagcmens (^ue vous voudii^z en, p^iï:^il ças qu'on eut pour vous.
* Adoucissez donc , le plus qu'il vous est possible , îo«î réprimandes que vous éte^ obligé de faire, (.ejs in<^il* Idures sont celles qui sontaïisaisonnées d'éloges , ou qui sont données indirectement. Henri IV était boa . et familier. Un gentilhomme de provineo , parlant ua I jour à ce monarque , abusait de la facilité du prince , et oul>iiait, daus sa familiarité, les ég:ards respectueux (ju'il lui devait. Le roi , pour lui faire adroitement sentir .sa faute , fit venir un de ses favojrift, et lui
Earla avec beaucoup de liberté. Mais celui-ci ne sou- Na point ; et plus le prince lui témoignait de familiarité , plus il était attentif et respectueux. Le gentilhomme seiiîii la fa'îte qu'il avait foiîe ; il se jeta aux pieds du rui , el lui dit ; « Sire , je deiuaade par-
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don à Totre majesté ; je suis aussi confas de ma fSmtot qae-seDnble à la bonté avec laquelle tous avez biea
voulu me la faire connaître. *
Cette manière douce et polie de ^éprendre , sans que la personne môme puisse s'en otïenser , doit vous servir de modèle. Si tous êtes obligé de reprendre , faites-le; car il ne fiiai pas donner dans la molle indolence de certaines gens qui ne wnlent faire de peine à personne de penr de se faire la moindre peine k eux-mêmes : mais reprenez toujours, autant qu'il vous sera possible, avec douceur et sans emportement. Que vos remontrances soient moins des leçons que des^x^nseils; qu'elles paraissent dictées par l'amitié et inspirées par f intérêt que vons prenez à la personne qui en est le sujet. La raison peut éclairer , mais c'est le sentiment qui persuade; et lorsque c'est le cœur qui parie , il est toujours sûr de toucher le cœur qui Técoute. U faut Mémer le vice sans* irriter le vicieux.
On ne corrige point rotgaeil qpi*on homilie : Sons le pied qoi l'éenne vn serpent te replie.
Il y a des personnes qui ne devraient jamais se mêler de reprendre et de corriger, parce qu'elles le font toujours mal. Les gens yifs ne se possèdent pas assez : les esprits durs ne ménagent rien» Un confesseur de
ce caractère vit un jour , dit-on , approcher de son tribunal un sergent d'infanterie , qui avait sa hallebarde, et qui la posa à côté de lui. Ce pénitent débuta par ' lui dire qu'il s'accusait de s'être donné au diable. « Reprenez votre hallebarde , reprit brusquement la confesseur , et allei^Tous en servir votre midtre. » Le sergent se retira plein de bonté et de colère , et ne manqua pas d'y envoyer aussi le confesseur. 11 y avait beaucoup d humeur et de dureté , pour ne rien dire de plus dans une pareille conduite. Ce n'est point par les accès d'une indignation déplacée , c'est par les attraits d'une piété douce et compatissante , que les cœurs se gagnent à la vertu« Un zèle amer est plus propre é les aigrir qu'à les attirer.
Celui de saint Franç/)is de Sales était bion (lifférent. Cè fût par 5a grande douceur qu'il ramena un grand
M MOBIM. tSl
nomlm d'héiAtfqiM» dàng le sein de l'Eglise. Les eù-' teors de sa Vie attestent qu'il en a eonyerti pins dé .
soixante-dix mille , parmi lesquels il y en avait plu* sieurs de distingués par leur noblesse ou par leur science. Ce qui faisait dire au savant cardinal du: Perron : c Qu'il n'y avait point d'hérétiques qu'il ne pût oonyaincre ; mais qu'il iaUait s'adresser i AL de . Csenève pour les convertir. »
Il savait néanmoins animer quelquefois son zèle d'une juste indignation , lorsqu'il le fallait. Il no voulait pas que, sons prétexte de bonté et de douceur, on laissât le crime impuni , ou qu'on donnât occasion de le commettre avec jdus de hardiesse, a II faut , disait-il , siavoir mêler à propos la donceqr et la sévé-» rité* » Un jour qu'il prêchait , il aperçut un jeune libertin , qui faisait à une fille des gestes trop libre» et trop indécens. Cette insolente impiété le toucha vivement, jd Comment 1 s'écria-t-il en interrompant son sermon , fera-t-on de l'Eglise de Dieu une caverne de voleurs et d'impudiques ? Si vous ne cessez: de faire ces insolences , je vous montrerai au doigt ^ et je vous nommerai devant tout le monde. ~ Ce qui regarde ma propre personne , disait-il souvent , ne me touche point ; mais tout ce qui regarde Dieu , me touche si puissamment , qu'il n'est rien que je ne fasse, afin que chacun se range à son devoir. »
Nous devons de mèmOy quand il s'agit des intérêts et de la gloire divine , nous livrer» s'il le faut , à une sainte colère. Lorsqu'on aime sincèrement Dieu , on est vivement touché de ce qui l'offense. Mais il est à . propos souvent de tempérer l'araertuDie du zèle par la douceur de la charité , qui sait garder des ménagemens et s'arrêter où il faut. Ainsi nous voyons Jésus-Christ lui-même, quoiqu'il fût ie plus doux des hommes , s'indigner à la vue des profimateurs du tem-
Ele', faire un fouet de cordes et les chasser. Il semlait qu'il allât exterminer tous ces sacrilèges ; cependant il ne blessa personne , et l'on ne voit pas mênia qu'il en frappât un seul. Son zèle , tout ardent qu'il était » se borna simplement à leur faire une vive réprimanda, i renverser leurs tables, et à les faire sortir du temple» S'il ptenait aussi ^ dann quelqpe» po^
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casidiit, un tiik plu» vif elplli»^UB«ié ^IflM ItariîniMW à l'égwl As flift disciples » en Iwr leprichint knr
|;rossiéjroté 9 Irar iBOfédiiité ék Usuvs autres défauts , lis étaiont bien convaincus ^ par toute sa conduito à leur égard y quil les aimait, qu'il n'agii»ëait ainsi que par bon^ , pour leur rendre ses inslructieiiâ plus aensiblèSy efy ietimprimer plus fiiMfinentï dans leur e^ril*
On peut, sans doute , enusep^uelqusftûs dd^m^da , lorsqu o^ parte à des gens stupideset grossitm, dont tout tu sentiment est dans les oreilles ; ou à des enfans, de qui l'imagination volage et dissipée ne ferait pas toujours m^ez d'attention à ce qu'on leur dirait avec une tran(}uiUo éoucaur. I^ais il ne &ut jamais , ni pour , m pour qui que ce soit» an faire une hakilii^o f «t j mâlen de la éuteté ou d» l'aigreur. La daie(ï& me produit aucun bon c^fot et rebute ov^ diMirement ; l'aigreur n'est propre qu'à indisposer , à f^ire haïr , et à nous attirer souvent des répons désîïGfréables et piquantes. Un président d*un très-petit génie y appelé Goussaut, se trouvant dans une assemr* Siée, oè Ton jouait, sà mit derriéco la slMâse d'un des jououié. Célui-ci ayant fait au jeu UM hwdo iiiite , dit saM réflexion » ou sans savmr que le président fiClii si près de lui : « Je suis un franc Goussaut. — Vous êtes uu sot y lui dit le président piqué. Cest ce que je voulais dire, répliqua l'autre. »
M. de Harlai , premier président du parlement de Paris, avait infiniment plus d'esprit et de mérite. Une dame fiM laide vint solliciter auprès de lui ua procès qui -dêvait bientôt se juger , et qui était de eonsé^ quence. Il la reçut avec un front sourcilleux. Elle cnjt que cet accueil lui annonçait ia perte de son procès. Elle sortit lort mécontente ; et dans sa colère , qu'elle exprimait à tout le monde » elle ne désignait ce magistrat que par le nom de vimim $m0é. Cela re-* vint aux opeHIes do M; de Ibrlai ; nais sousd i là voix du ressenIhaMit , il écouta Fé^oitéqui bii pàr** lait eu faveur de la dame. Elle apprit , contre son attente , le gain de sa cause. Elle ne manqua point d'aller remercier ce magistrat, en lui montrant un cœur plein de reconnaissance. M« de Uariai 9 regar*dant la ttavqviso aveo «a air nml^ kiidt| : c U m
j'ai fait pour tous : les ^ieux smges sont diarm^ Cup-
La ma^iàFe àmt H reprit le chef d'une troupe de
cofnédiensi» n'est pas moins ingénieuse. Ils éiaieiU venus pour lui demander une grâce : leur çhef dit qu'il venait , la pari de sa «ompaguie , le s^uppUcr d'uae telle cboao. a JktdébbéJ^^ avec ma trattp09 répoRflit^M, 4^ Baslaî» pour savoir si }Q dob accorder & y%itS9^ ^mfA' gDÎe^ h grâce qu'eUe w damande* »
On s'imagine quelquefois qu'il faut gronder et ren* prendre vertement se&dofoes tiques , afin d'être mieux servi ; et c'est , au contraire , le vrai moyen de l'être loai^ £n grondant > on dégoi^te plus qu'on n'encouragOi; W Mparvient , tout au plus , qu'à faire des l^ypoçrites, mi savaRt )hw , dans Vabsemea des u^aitres , se. dér dommager de la contraire qu'a coûtée;^ leur priseace, Un homme sage et modéré sait parler en maîtic à un domestique^ sans l'injurier et sans dire aucun mot dont il puisse être offensé. Il lui reproche se§ fautes avec fermeté , 9ftUft manquer au respect qu'il doi| A la dignité de l'homme. Il hlâme ea qu'il a £iit pai^ sa volon^ft» sans rien hlâraer de ce que la nature ou, la foituiix3 a fait en lui. Il cherche à corriger le coupable, et non à moriiiier. Aussi, loin de lui savoir mauvais
gré, on l'esUmo» on le remercie » et Ol^ «a X&a^ aime que davantage4
Vous s^vea, sans doiite> ce heau trait de Turenne , qui a été souvent cité » et qui mérite taujoura de l'être. Un jour d'été , il était en petite vesia blanche et en bonnet à une fenêtre de son antichambre. Un do ses gens survient , et trompé par Thabillement , le prend pour l'aide de cuisine. Il s'approche doucement par derrière > et lui applique un grand coup sur les fesses. L'homme firaprpé se retourne à l'instant. Le valet voit en tremUant b visage da «m mattia ^ il aa jette è ses genou3c tout éperdu } « Monseigneur , lui dit-il , j'ai cru que c'était Georges. — Et quand c'eût été Georffes, reprit Turenne en se frottant le derrière, li ne fallait pas frapper si tort, d C'est toute la réprimande
În'il fit à ce domestique , et c'est ainsi qu'il en usait 4 égank dea autiiNb Aisp ètaiMl égidnaanl adoNi da
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oeax qui le semieDt , et de tous ceiiic qui serraieDi sous loi.
Le Ion grondeur , les paroles aigres , une dure et inflexible sévérité rtvoltent , aigrissent et attirent la haine : mais aussi trop de douceur autorise le mal et fait mépriser. Soyez doux , mais soyez ferme quand il le faut et que vous le de«vez: C'est être vicieux , que de ne pas réprimer le vice lorsqn^on est obligé de le faire ; c'est se rendre complice du mri , que de ne pas le reprendrent fermement et Tariéter quand on en a le droit et le pouvoir.
G'est-lc^ ce qui rend si criminelle la malheureuse et pitoyable faiblesse de ces parens qui » dans la folle tendresse qu'ils ont pour leurs en&ns , dissimulent , détournent la vue pour ne pas apercevoir Jes fautes les plus grandes , se retirent même et disparaissent » pour avoir un prétexte de ne rien voir et de ne rien dire. Si quelquefois ils se croient obligés de les reprendre de leurs désordres devenus trop prrands on trop publics , c'est avec une faiblesse qui ne remédie à rien , qui augmente même le mal', et rend les enfans, plus effiron- ^ tément libertins ou vicieux.
Parëns mous et aveugles 1 votre tendresse crudie leur est bien plus funeste, que si vous vous armiez ^ lorsqu'il est nécessaire , d'une juste sévérité. Quand les réprimandes ne produisent rien , quand vous voyez des £iutes sérieuses réitérées , faites parier le devoir , faitesle parler en mattre et en vengeur. En corrigeant vos enfiins , ils ne vous en aimeront pas moins » mais ils vous respecteront davantage. Leurs larmes essuyées , ils vous icndront j astice , vous remercieront peut-être , et sûrement vous loueront un jour.
Ce n'est p.is qu'il faille employer sans cesse les réprimandes et lescorrections. On nedoit , au contraire, reprendre et punir que le plus rarement qu'il est possible : ce qui est trop fféquent ne frappe plus. C'est de la fermeté qu'il faut , et non de la rigueur. Si Ton savait mieux conserver son autorité, sans la compromettre mal à propos, ou sans laisser prendre à un enfant sur soi un ascendant qu'on ne pourra plus lui faire perdre ; si ou l'accoutumait de bonne heure au respect et à robéissanœ » sans lui pcnnettre d'y manquer
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jamais ; si l'on corrigeait dans les commencemeiis les
petiles fautes , sans leur donner le temps de se changer eu habitudes , on n'aurait pas si souvent besoin , dans la huitc , d'employer les réprimandes dures, qui coûtent beaucoup à l'amour , ni de prendre la voie , quelquefois inutile et toujours iàdieuse^ des chàtimeDs sévères.
Ce que nous venons de dire pour les parens^eon vient
aussi, à beaucoup d'égards, aux personnes en place. La sévérité qui maintient le bon ordre, nst la gardienne des états. Elleestsurlout absolument néccss.iire, quand il faut contenir une multitude qui ne peut être arrêtée
3ue par la crainte» quand il Âiut réprimer le vice , evenu trop hardi par Timpunité , ou qu'on doit hu-* milier l'orgueil et Tiusolence. C'est cette louable fermeté qui a rendu si célèbre le nom de M. de Harlai. Ce grand magistrat, dont l'auslére intégrité ne déridait pas même le front pour sourire à la vertu et à Tinnocencc à qui elle rendait justice , était pour le viced'une sévérité inflexible qui ne faisait acception de personne. ^ 11 était le fléau delà chicane et de Finjostice, il répon-^ dît au corps des procureurs qui vinrent le féliciter , lorsqu'il lui fait pro( ureur-géueral , et lui demander sa protection. <r Ma protection I leur dit-il : les fripons ne i'anront pas , les gens de bien ucn ont pas besoin. »
Mais ce qu'il .lit en qualité de premier président prouvé encore mieux sa sévère fermeté. Un riche pai^ tisan enlevait des blés dans une année de disette , pour les rendre plus cher. M. de Harlai l'envoya chercher. Le fermier -général vint dans uu carrosse doré et €liar2:é de laquais. Les coursiers fringuans, qui faisaient retentir le pavé, en entrant dans la œnr, firent un fracas qui imitait le bruit du tonnerre. 11 avait un habit superbe, relevé d'une broderie d'un goùtexquis, M. de Harlai af&scta de le laisser se morfondre dans son antichambre. Il le fit enfin entrer. « Quand je vous ai fait attendre , lui dit-il, j'ai consulté ma va ai lé ; votre carrosse ornait ma cour , et votre personne mon antichambre. » Son visage serein devint ensuite sombre tout-à<coup« (( Monsieur, poursuivit-il d'un ton à glacer le coupable d'effroi , je vous ai mandé pour vous dire que j'ai appris que , vous prévalant de la àusrlé des
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hlvs, vous en faisiez de grands amas. Vous piétendeE vous eurichir par la misère tlu peuple , et vous engraisser de sa substance. J'arrétemi le cours de vos prqjoiflL Si tous ces blés que vaus avez amafisés ne sont pas vendus d^us uu mois ^ je vous ferai pendre. L'or et la *&veur ne you9 ^Irâlieront point à la justice. » Le fer^ mier-général , interdit , se refir.i. îl osa porter ses plaintes au roi, stir le discours du niagistrat. « Je \ous fon<?oîl]e, lui dit le roi , d'exécuter les ordres qu'il vous a prescrits ; car s'il vous a menacé de vous faire imi dj^, il le fera comme il le dit. d
Lorsque la nécessité de réparer le scandale » ou Tinii'tflité des réprimandes secrètes ne vous oblige pas à reprendre en public, faites-le toujours en piuticulier. On est mieux disposé k recevoir des avis liumilians , quand la vanité en souffre moins. Observez la loi que la charité exige , et que prescrit TËvangile. Epargnez au coupable une confusion qu'il ne mérite pas : elle servirait plus souvent à Taigrir qu'à le: corriger. Les plus sages d'entre les païens mêmes ont reconnu Tobli* gation d'avoir les uns pour les autres ce ménagement. Socrate reprenant un jour en public un de ses amis , Platon lui dit qu'il aurait du faire cette réprimande en particulier. « Vous avez raison , lui répondit Socrate ; mais vous aussi vous auriez dù me donner cet avis e<i particulier. »
Au reste , si vous n'êtes point chargé par état de reprendrelesauîies, nelefaites pas facilement ; u'inii(( z pas surtout rin(iis( k (e vivacité de quelques-uns qui troublent le repos de tout le monde , parce qu ils no sont jamais en repos. C'est un mauvais métier queceluî de censeur : on se fait haïr , et l'on ne corrige personne. Un philosophe répondit un jour à un de ces censeurs de profession : or Comment me corrigerais-je de mes défauts, puisque tu ne te corriges pas toi-même de l'envie de corri»^er ? »
Il est bien des petite^ choses qu'on doit se passer mutuellem^ty et sur lesquelles il n'est ni poli , m même à propos de se reprendre. En général , la plupart des honmes aiment mieux être ajqpaudis que repris, Kous avons beau protester qu'on ne saurait nous faire plus de plaibir, <^ue de nous avertir d^ nos fautes et d^^
JMBS MOKIttS. 367
nos défauts : le plus grand plaisir qu'on puisse nous faire, est de n'en pas prendre la peine. Relevez les talens» les qualités , lo mérite; mettez dans un beau jour les yertus obscures ; approuvez les seiitimens , excusez les défauts ; ne fedtes pas semblant d'apercoToir les vires : vous serez le meilleur ami. Touchez aux imperfections , aux pencbans favoris, aux fautes qu'où ainic à se pardonner ou qu'on craint de reconnaître : vous déplairez*