DD SAGE
iDMmiMrtaUe. U a toujours ce ûont serein , cet air doux cl u -a-
P?SKta«We giieié. compagne de Vion^nce de la pau
3u cœur. Comme Socrale, il ne change J^-J^?'*
d'humeur, soit qu'il sorte de chez lu. ou .^«'1 J «"'^^^^ ^
le bonheur de la société et pour e s.en , • t'^va^te
i se rendre maître de lui-même , a va.ncrc l ^ur. « apw
venir les emporlemens de la < olerc , au-Uevant laqueUe. dw^^
un ancien philosophe , il faut . ouri, »'^?»!fi!,Sle '
parce qu'elle s'allume et s'enfl un me aussitôt, non
^ Plus compatissant qu'intéresse, il ne déjwmiUe PO'ni,'!^,":
ment le pauvre qui lîli doit; il aim«ritm6ittéproum es plu
^ands malheuis\ que de ftiw m oit au'U
i-,it attendre àrartûmle prU de «ni travail.
est plu» grand elplM noWeSepayerses dettes que « f " ^
lutmtt de 10» «.devoirs, et altenlif à scn b.cn .uquiUcr, niomiéle homme remplit fidèlement ceux de 1 7« • de maître, uns darell odleoM et .san^mépr.sable faiWe. c. Ses dometliqnes en petU nombre s'estiment beureux de , e scnu parce qi^ib sont <M enfans plutôt que ses ^"^'l'";""-^^ -^"^^"f^ àe leu?s services prouve la Uté, ei rni nte les re^«J?Peîf«=^*» coliiiqui les commando. II n'a avec eux m hauteur , afin de les traiter romme de^ hommes et comme 'i'^^ >'««™L'^:, .
Ua pour (eux qui lui ont donné la vie le plus S^f * leur vieillesse même ne les lui rend que plus chers et de tous ses soins. Il regarde avec horreur CW «nfi»n*J«"f^jl qui , parvenus à quelque emploi au-d«sw de leur lion .ou devenus riches , rougis«nl de km P"»"^ ^^/^J*'"^^ naisscnl. Il ne craint qœ de ne pa» respecter , ^J^Pf j^"^" " assez les auteur» de «s joun. Sou» quelque extérieur quU le» voie , leur personne toi e»l toujours agréable. „v„ i..: ,
Ii«t plM MDsIble •«bi^VU'Wit. qu'a" '^al quo^^^^^^ f«it : et il tâdie, dans toutesles occasions . .le «ion icr dcs m.irqnn>. mén^e publiques . de sa reconnaissance. Il rend , lorsqu .1 le peut , beaucoup plus qu'il n'a reçu; et s'il se haie de s acquitter , ce n es pa» pour se dédiarger plus vite d'un fardeau qui lui pesé , cest pour satisfaire aux mouvemens emiiressés de son cœur.
Généreux . humain et bienfaisant . il aime a faire tout ce qui peut lui mériter la r. ronnaissance des autres, sans lavoir en vue ni la désirer. Son heureux caraclére , qui le porte a ftire du bien , autant qu'il lui est possible , le rend la noble image de 1«
a tous
Divinité sur la terre.
Sou plus faraud plaisir est de donner, même avant quonlui demande. Bien différent de odieux et insensés bienfaileurs, qui perdent tout le mérite des giftces qu'ils font, par la fiiçon dure et cfiagrme dont ils accordent , le sage donne im nouveau ^^^^^^^ sesbieufeits* par Tair afifeble et par les manières gracieuses dont il les accompagne. . , .
Comme il n'oblige ni par vanité, ni par intérêt, 1 in)usljce et ringraUtude ne lui arrachent pas le moindre reproche. Sa gêné- Tosilé ne lui paraH jamais plus pure, que lorsqu il a fait du
•^'ïî est^biênrabatûl, maU &aûschçr(aifir à te paraître. L'o&iaalaiion
pofiDl de part à ses bienlHîts ; iUe se yante d'aocun , et II n^e» fait aucun pour s*en vanter. Il ne donne àTédat que ee qo^ll ne peat refuser à Fcieniple. Su main gauche ignore en quelque sorte
les dons de sa main droite. Il ressemble à ces grands fleuves , qui se retirent en silence des terres sur lesquelles lis ont porté la fertilité et la richesse.
11 aimt' h rendre service, en prêtant avec les préraiitions quQ prescrit la prudence; mais il oublie en (luclijiif soi le (cUe >et[ii , si la nécessité est pressante. Il croit devoir laiie auv au lies dans leur besoin ♦ ce qu il voudrait raisonnablement qu'on lui fit h luîniénie. Noble et géni^rcux dans les services qu'il rend, il ne Test pas moins à reconnaître tout ce qu'on a fait pour lui ; il récompense toujours dignement » et à proportoi de son pouvoir, les services» le mérite et la vertu*
L'envie , passion basse et bonteuse * Aiit loin de lut La noblesse de son Ame* Télévation de ses sentimens» ladroilore de son esprit» lui tout regarder avec plaisir les lalens , les succès ou la fortune des autres. 1! parle h on, même de ses rivaux, et loin de chercher ù obscun ii Téc t iqui le^ ervironne, il est le premier à leur rendra jusiire. W i;e ^e ; : i «1 ire senlimcnl que le désir de (ài^
IW. :: ne j -e l ::i <\-:r le s:'Cîet d'aii'nii sur les lérres de Tinsen-e Le s , ji: i'-'-' ci; ga-de à la (Mudenceel à la discrétion les set it'ls iitroîi iiii roniie, n*a aucune peine à les retenir. Jnvio.able dé[)i>s;i: ii c de ce que l'amitié a versé dans son sein , de ce que riiri[irudeiHe ou L; Iii)erlé de la coiiveisaliou a laissé sortir dtt cœur, il le renferme dans le sien : jamais Une lui échappe la moltidre parole qui puisse même le fahre soupçonner.
S*il est prudent el té^ervé dans ses paroles » il ne Test pas moins dans ses manières. U n*est ni contraint > ni trop libre : mats il aimerait mieux être trop timide que trop hardi: Il serait assiiré de dej»laire beanconp rnoins.
H .'St ni tranchant, ni décisif, parce que c'est le partage du f.il ei Je rignoranl. (Quelles que piiissent être les apparences, line' |.r<t!ioîîce , surtout en ^'e qui conrei ne I honneur du [)roci)ain, qu'a[)rès avoir tout ikcu pesé; il sait cinubieu le> jiigeujens précipités sont in listes. U ne condamne aucune pcisuaue sans Tavoir cnîeudiie, s li se jcut , elie-mème: et iî imite Alexandre-le-Grand, qui , entendant plaider une cnnse , s'.'i|>puya sur son oreille , cornuic s'il eiU voulu la bouclier, a Je^ariie, dil-il , celle oreiUe pour l'autre partie. ♦)
L'honnête homme s'applique à connaître et à étudier la religion» parce que Cest le premier et le plus esMutid de ses devoirs , le plus nécessaire et la plus Importante de toutes les connaissances» Mais soumis aoi vrais principes, sans être esclave des préjugés , il s iî ilement se servir et se délier de sa ralsoB, Plus sage el plus philosophe que la plupart de ceux qui en prennent le nom , il ne croit pas que la vraie philosophie consiste à penser librement sur ?a rf'liirion , à rejeter re que sa vabon ne peut comprendre, mais à soiiineltre les f.iibies lutnieres de sa raison à Tautorité infaii'ib'e de (jiiî ne peut nous trrinper.
Ce qui l'aUcniiit cucoïc piuâ ddus cette reli^un divine» ç'e$(
BU SkGU. 227
qo'aacane autre n*a une morale pins pure, , n'inspire une probité plos parfaite , et n'offre de plus puissans motifs pour être véritablement honnête homme. Âus&l laitrU de ses précepte» la régie de sa
COnduilo et cle ses actions.
ApiMres insensés de 1 irréligion , vous essaierez en vain de lui , faire gaûler vos pernicieuses maximes. Ëh ! comment pourraientelles lui plaire? Son cœur est exempt de ces funestes passions , du sein desquelles s'élèvent d ordiiidiic les images qui obscurcissent dans nous la clarté dont brille la religion.
11 a*est paa moins éloigné de prêter Tofeille aindlseoiirs artifi- ^ieax des sectaires et des novateurs. Voudraitrii s'exposer foUemeni à être oondané m. tiUmntl du soimraiii i Jci^ , pour awir préféré opiniMiéiMiii les- opieioDade ces maîtres pai.Knliers, aussi sujets à rerreiurqna liii^éme » aux décisions infaiilin :^ ^e TE^Iise cathoiiqve , garanties par les promesses de son divin a ï'^w^
Formé à i*école de Thumanité » il cherche à faire soii -•«'>nheur i en contribuant à celui des autres; si la grandeur et b fortuite' ont quelque chose qnî puisse tenter un cœur aussi noble que le sien, c'est le pouvoir de faire des benr«Mix. Quel i]>;ige plus doux, quel emploi plus avantageux et plus honorable iioiirrait-il faire de sou pouvoir et de ses trésors, que d*en acheter des eeeurs?
Aussi n'est-il jamais plus content, que lorsqu'il a fiît part aux indigens des biens que la Providence lui a dooaés, pour eux comme pour lui. La pauvreté vertueuse est digne d'un meilleur sort ; la vtelOesse infirme , Fenfance desUtaée oe tout secours » lindigence qui n^ose fiilie ooonattre sa nMie» ont les premiers droits à ses Inenlaits » sans que les autres misérables en soieol absolument exduSé il honine dans Ions les malheureux rhumanilé souffrante » et il s*empr8sse à les soulager selon FélMidue de son pouvoir et de leurs besoins. En leur tendant une main seeemablo, il ne leur montre pas , comme tant de riches superbes, un visage dur et sévère» qui humilie et qnî indienne. Ses refus m^^mes sont plus charitables qu'une charité si méprisante ; et sa piété, qui paraît touchée de leurs maux , les console ])resque autant que sa libéralité' q:n les soulage. Il regarde cornnrie un vr;ii gain pour lui t()o[ ce qui peut lui donner remploi de ses richesses, et il se croit ir »p heureux de pouvoir acheter le ciel au prix de quelques biens f. agiles et périssables.
Il est jaloux de son honneur , il est sensible à l'estime des autres hommes • lonque la ^oire de Dieu et Fu ilité du prochain le demandent 9 OU qu^elle lui est nécessaire pour lui-même. Il aime alors à conserver sa réputation pure et entière » parce que celui qui la néglige viole la loi de VBsprit saint » scandalise les hommes , et se rend digne de tout le mépris qu*il affecte de déd dgner. Mais éclairé mt la nature et les principes du vrai bon* neuf , il ne le fait pas consister à repotisscr avec fureur une légère insulte , à se couvrir du s ing de son ennemi , à être cruel et inhumain. ! sacrifie, s'il le faut, à son salut, le faux honneur du monde , et il s ;ippliqoe à lui-même la belle réponse que fit le paf»e lienoît XU à un ambassadeur , qui lui demandait (|uelque chose d'injuste : « Sî j'avais deui âmes , dit-il , je pourrais en » risquer une pour sa m^esté ; mais n*on ayant un une ^ je ne veuiç p point la |/erdre« 9
Il est une suprême dignité que le »age estime le plus , quoique
par elle-même elle ne donne aucun rang : cVst la qiiaîilé (rhon- ' néte homme. Droit , sincère , équitable , il ne cherche ni à tromper, ni à surprendre personne. II sacrifie à la vertu en secret comme en pnblic. Sa probité ne se dément dans aucun ras , parce qu'elle a pour fondement la religion , dont les solides Hiolits sont toujours les mêmes ; pour juge et pour témoin , celui k qui. rien u échappe ; pour règle , la conscience qui est toujours^ droite , quand on la conralto do bonne foi, et qu*on ne l'asservit pas aa gré de rintérét.
Il ne se livre point à ces ressentimens indignes d'une grande Ame : il met sa gloire à surmonter les monvemeos împéCoen de la vengeance 9 et à se vaineie hil4iiérae. Il pardonne , non en phili^ sophe, qui croit que la Tongeance eoAle couvent pies qu*eile ne vaut^ ou que le mépris le venge mieux; mais en chrétien , qui connaît tout le prix et tout le mf^nle attachés au pardon des inju- res. il ne fait pas seinblant d'apercevoir les maiK|uemens impolis on injurieux qu'on atïode d'avoir pour lui, ni de sentir les traits iius ou grossiers dont on cherche a le piquer ; et il n'en est que plus estimé de ceux qui sont témoins de sa modération. Il laisse *lirc aux autres toutes les sottises qu'ils veulent; mais il n'en dit l^oint , persuadé que les insultes et ks outrages retomben]L£ur leur auteur et ne déshonorent que lui seuL
^ Il force ses ennemis , lorsqu'il loi arrive malgré lui d*en aT<^ à Taimer » en ne se vengeant d'en que par des Uenfoits ; c>st la seule vengeance qui lui plaise» parce qu'elle est aussi douce que
^'iorieusc. Le bien qa'il leor rend pour le mal , est un bien qu'il se f lit à lui-même : il gagne paMà leur amitié • on du moins Testime
des hommes et les récompenses du ciel.
Le sage ne parle pns beaucoup, parce que les grands parleura lUi sont admirés que des sols. II dans la conversation parler et écouter li son tour; il écoute mérni^ plus qu il no parle. Oiioiqîi il tâche de ne pas donner dans les extrèjnes, il aime cependant encor e mieux qu'on ail a lui reprocher de parler irop peu, qu'à le blâmer de parler trop. Il évite les disputes , qui ne sont pomL nécessaires ^ parce que la charité y perd plus souvent que la vc rilé n y gagne.
Instruit par son expérience et par celle des mitres , que c'est sur* tout en parlant q«*^on fiiit le plus de fautes , il pense lieaucotip à tout ce qu'il dit» et il prend garde de ne rien dire qui puisse o&iis( r Dieu OU ks hommes , nuire à lui-même ou aux autres* CSomme il pèse tout ce qu'il va dire dans la balance de la diserétion » il n'a jamais iiesoin de cette excuse si ordinaire et si peu pardonnable : <' le n*y avais pas pensé*» Il possède l'heureux talent de se rendre iiiinabîe par ses parole?. Il fait si bien , que dnnssa conversation on goûte le plaisir d être contrnt de lui et de n élre pas mécontent de s^î-rnéme. 11 sait dans la conversation s'accommoder à tous les caractères , autant que la décence cl la sai':esse le lui mettent. Loin de sali.->iaire son amour-propre aux dipcns des autres, il fait valoir ce qu'ils disent, et il leur prêle souvent de son esprit pour faire briller tout le leur. U a toujours un air prévenant cl gracieux ; il n'a dans la bouche que dos paroles ohli géantes , parce qu'il ne > connaît point do meilleur ^wet pour se faire aimer de tout le: monde*
DU BAfiS.
Celui qui ne (Olilribue pas moins à rendre sa société aimable et à le faire estimer , c'est que doué d'un bon esprit , il juge favorablement des autres , excuse leurs faiblesses , et n'empoisonne pas leurs vertus M ne les croU pas aisément vicieux, parce qu'il jae l'est pas iui-méme.
Il n'a p;)s néanmoins en toutes sortes de personnes une confiasoe inipiudeTitc.
11 a soin de renfermer eu lui-nième ce qu'il lui importe de ten'r caché , et il ne dit que ce qu'il veut liion qa on sache. Il n'est pas moins fidèle à son secret qu'à celui d autrui, parce qu'il connaît toas les dangers de l'indiscrétion*
Gomme il ne cheMbe point à se mèlor et à s'ialriguer daas les affiiires des autres ^ il ne leur fait pas aisément part des sleoncs» H eadie le seeret de ses latéréts » sans aveir cet air mystérieux qui of- > tese 9 on fait souvent découvrir ce <|tt*on vent caclier. 11 a le vir sage ouvert* les lèvres et le cœur fermés.
{Quelque noble on quelque riche qu'il soit, le sage n'en est pas pins fier ni plus vain , parce qne la fif^rlé est une preuve qu'on n'est pas ce qu'on veut pnraîtrn , et que le môrito n'a rien qui lui ressemble moins que l'orgueil. Il sait, quand il le faut, soutenir les droits de son rang et conserver sa digniié, mais sans hauteur et sans orgueil. Jamais (m ne l'entend vanter sa naissance ou ses richesses ; il se montre supi iieurà ces avantages en les oubliant.
Il ne se loue pas mémo de ses talens et de ses qualités , et jamais . il ne lui Tient dans Tcsprit qu'il a du mérite ; il est le seul qui n*ea sache rien et qui n^en parie pas.
La réputation la plus brlUanle et les Succès les plus beureux'ne lui font rien perdre de sa modestie ; on dirait qu'il les ignore* Quelque haut que soit le ]>oint dn globe où il monte , la vanité ne vient pas s*^ placer avec lui* On applaudit à son bonheur , parce qu'il neTaveugle point. Il conserve , au milieu des bienfaits de la fnrhme , la simplicité de mœurs* la douceur etl'ailïJiilité de caractère qu'elle a coutuînn d'ôler.
Lui arrivc-t-il quelque revers subit , quelque grand sujet d'affliction , une perle mCme irréparable ; il trouve dans sa vertu et dans sa religion des remèdes aux maux les plu^ fâcheux, et des forces contre les malheurs les plus accablans. On voit en lui ce sage dont parle Sénéquc , qui , aux prises avex: la fui Ume , dont il triomphe par son courage , est le spectacle le plus digne de l'admiration des nommes^. Ce n*est pas quMl ait rinsenstbilité ridicule du faux sage du paganisme , qui aurait vu Tunivers s'écrouler sur lui sans en être étonné. Les tristes lévointions elles vives douleurs l'ébranlent , mais elles ne l'abattent point. Il peut être affligé » mais ' non pas troublé. Supérieur à tous les événemeos , en s*y soumet* tant , on le trouve toujours résigné à ce que la Providence divine ordonne ou permet qu'il lui arrive. L'injustice même des hommes à son égard ne le surprend point , parce qu'il s'y est dr l>oime heure attendu et préparé. Il ne cherche pas dans ses niallu urs à être plaint des autres » et il ne les fatigue point du récit de ses douleurs ou de s«s peines , parce qu'il est difficile de se plaindre longtemps sans ennuyer , et qu'il y a souvent plus de honte que de ressource à inspirer de k compassion* C'est dans le ;»ciu de pieu et
dans savaUfiofi, qBtW^nmm i^cmaliHp>lai|lM.ii>Mdii M>hphi»
douce.
Il n'.i pas rinjusli( 0 d'affliger reiix qui rapprochent , parce qu'il est aflligé lur-mémc ; els'il ne peut s empêcher de sentir m IBAUX^ il évite toujours de les faire sentir aux autres.
Il supporte patieriimeni les lui meurs et tes défauts des personnes avec lesquelles il eil obligé de vivre , et il tiUhe d'avoir besoin, le. moins ou'il peut, d^une pareille indulgence. 11 travaille continuelkntenls Mer en hil ee qui peut wee raison leur déplaire , et à se plier daai lealee qu'il ôevlà leur buroeur* Bien ne lut pareil plu» ridicule qite de préleiiare amener Unit le oMde k swkcaiacléie , et de ne mMrraeeoiniBoder à celui' de personoe»
Les maoK 9t tel aOielioiia » dont le sage n'est pas- exempt , Te rendent cempatimiDl è eeundei autres. LeeimalWQreux , et surtout ses amis et ses parens , trouvent toujours de la consolation dans h bont(^ de son ccpur , des ressources dans sa bienfaisance , et un appui dans son crédit : il tàcbe de faire le plus de bien qu'il lui est possible, il ne fail jamais «jurun irtal à personne. Grands et riches inhumains, ilne se servira point comme vous de son pouvoir et de ses richesses pour dépouiller la veuve el 1 orphelin , opprimer les faibles et écraser les malbeurcui : il désirerait, au con« traire , d'être assez riche et aââez puis^ûul pour Icà protéger , les secourir et les soulager tous.
Atlentffà remarquer ses propres fautes » el à pu felomber , il s*occunc plus k se corriger qu'à eorti^er autrui ; el loraqu*il est obligé ae reprendre ou de puolr , il le fait avee douceur el avec bonté. £esdéftultdes hommes, qu*il regarde comme de tristes apanages de l'humanité , lui inspirent plus de compassion el de viétéque d*aigrear et de dureté. Et, en effet, peutron* descenare au fond de son cœur , smïs y retrouver le principe de toutes les faiblesses qu'on blàrae si facilement dans les autres ? Aussi son zele, à l'égard de ceux qu'il doit reprendre, n'est-il ni brusque , ni amer ; et il ne leur fait jamais aucune de ces réprimandes dures et piquantes , qui ne servent le plus souvent qu'à aigrir les coupables ei a laire bair. Il emploie la fermeté quand il Te faut , jamais la colère ni Temporloment; parce que celui qui se met en colère punit sur soi les £aute& des autres et ne les corrige pas*
Le sage loue iMilootlers, nais il ne prodigue poinl ses éloges > afin deufem Knier* Ileioil né* devoir qv'au mérileet i la wtu le
S' iste tribut de ses louanges > qui sont aussi pures que son cesur* rougirait égalemenl do donner et de reoevoir des éloges non mérités.
La supériorité que donnent sur les antres hommes la grandeur et les richesses , ou fesprii et les connaissances , ne l'enorgueillit poinl. Comme il ne s'en estime pas plus i pnrce qu'il est mieux partagé de la nature ou de la fortune , il ne ro^'arde pas d'un œil plus méprisant ceux qui en ont été moins favorisés que lui : il ne mé* prise que le vice « quoiqu'il cherche se fniie nimer et estimer, surtout des personnes estimables , en donnaia des iti/irques d'es- Hme el déconsidération à tout ceux qui en sont dignes ; il évite enpofoanreo plus do soin de se ftira halr»en ne témoignant du mépris
M ftàc». 231
à qui que ce soit , parce mie 1t haine qae proflail ioujonrt le
Sis f est la plUs iitécoodlii^te , et que l^cmieniii nutoeot mm^î lis que les «mis ne servent. . . ^ La pUîsaniede et le badiuaffe ne le eho<pieiit paa , parce qrs A Tesprit biea Uii : il prend tout en bonne part , et tl ne ae fait pas des peines mal à propos , en donnant une fausse in<* iejrprétatioil nux procédés et aux dtscours qui pourraient le regarder, maïs qui peut-être dp In k gardent point. Les railleries, même ofTcnsanles, il les dissimule prudemment ou les repousse Avec adresse.
1« sage fuit les liaisons dangereuses qui pourraient corrompre son cœur ou gâter son esprit. Plus la compagnie de certaines ^cnê sans mœurs et sans religion paraît agrédbre, plus il la redoute. Ehl qui sait mieux que lui, qu'on s'accoutume a aimer et à preadre les senlimens des personnes qu'on aime , et que le jj^isir qtfoû trouN e avec elles , fait peu I peu estimer ce qirelies ont même de méprisable ? Il craindrait bien plus de se corrompre par leur commerce , qu*îl n'espérerait de les porter à la vertu ftt M siea, comme les frnils g&tés communiaient plnUVt leur corrupifon aut fruits sains mêlés avec eux, que ceux ci ne la leur font perdre.
Cest par le même principe^ ou plutôt par la crainte de IVnnuî et de rimpatience, qui! fuit encore l'entretien des fats et dcspedans; cnr la fatuité et le pédantisme lui paraissent trop ridirules dans les autres , pour ne pns se pi f^^crvcr de ces défauts , opposés d'aiUeurs à son caractère siiii[)!t; et iiKKlf'stf^.
Judicieux et prudent dans Ir eiaoixde ses amis , il cherche moins à en avoir beaucoup qu*à en avoir de bons. 11 regarde l'amitié comme un sentiment trop respectable et trop précieux , pour éire prodigué, et il croit , avec raison , qu'on a Irès-peu dTaraftié quand on a beaucoup d'amis. Il n'en veut pojnt qui ne soient yraimMHil dignes d'élre aimés. Il ne leur donne son amitié et sa eonfiaucê
SI après les avoir long-temps éprouvé», parce que c'est nourlongmps ; dilKcile à prendre oes amis , plus difiSciie encore à tes quil^ ter. Le vice seul l6 trouve inexorable; parce quefamltiéi aveclee mécbans, nuit autant quelle déshonore.
Persuadé que, pour être estimé, il faut voir des gens estimables, il recherche le commerce et la compagnie de«î plus honnêtes f?en?? ; mais il préfère presque toujours In S'>ri(^io (ie ses égaux à ccIIp *le» personnes qui sont trop au-dessous ou trop au-dessus de lui : l'une 4égrade H déshonore , on est esclave ou raéprjsé dans l'.iutre.
L'honnête homme ne dit jamais rien qui puisse nuire à la réputation de personne : Pourrait-il ignorer que les médisances qu'on se permet quelquefois si légèrement sans en prévoir les suites, font souvent des plaies profondes ? et. ne sait-il pas aussi que c'est |Mir la méchanceté ou par limprudeneê de sa langue , qu'on ne ftK las plus grands' ennemis? Il dit avec plaisir tout' le bien qu*fl sait des autres , et tait le mal , lorsquMl n*a pas de juste» ruisons dè lé ftiire eonnattrer. Croit-Il devoir parier des vices èt des défauts ? il s'abs» tient de nommer les personnes, à mollis qu'elles n'aient publique-
Ïient renoncé à leur honneur et à leur réputation. Il aime à dire du ien dç ses ennemis mêmes ; et ce qui est peut-être plus encore, il fOme à en enlendie dire« NoiHeuiemefilil ne dit jamatrauoim mal
de personne, mais il ne pormet pas qn on le fas>e ou gn présence: aussi mérite-l-il que personne u en dise jamais de lui.
Trop noble dans ses sentiinens , pour avoir la bassesse et la lâcheté de déchirer qui que ce soit en son absence , il se permet encore moins de railler cent qui sont présens. Il badine quelquefois pour égayer la conversation , mais sans blesser , on rit avec lui , mais personne ne pleure. Il ne ressemble pas à ces esprits caustiques et amoureux de leurs penâceâ , qui aiment mieux perdre un «mi qa'tmbon mot; et il croit que c'est avoir beaucoup oespritque ^« de ne pas faire usage quelauelbis de toul sen espril.
Il eslbien dllfi&ceut de rinseosé qui ne Teut ni demander des conseils , ni souffrir ou'on lui en donne il est tiop convaincu qu'en bien des choses , la raible Iwmanilé marche comme à tÂtons entre les lumières el les ténèbres , pour n'entreprendre jamais riend*im-
Sortant , sans s*étre entretenu de son afRiire avec des personnes iscrètes et judicieuses. Il prend conseil de ses amis pour n'être pas la dupe de sa propre prudence ; mais il a grand soin de discerner - Fami du llalt( ar : il pèse , il juge les conseils qu'on lui donne, persuadé que , si Von est toujours sage en écoulant les conseils des autres , on ne Test pas toujours en les suivant. Il consulte plus
mieux recevoir un conseil que de le donner.
C'est surXoul à Tegard des procès , qu il croit devoir prendre Tavis des personnes habiles. Il ne s*y engage pas aisément , parce qu'il est plus aisé de les commencer que de les finir; et sans pa* rattre les eraindre » ilfait tout ce qui dépend de lui pour n*en avoir jamais.
Il ne va point , par des rapports inconsidérés , troubler le repos des familles et désunir des amis. Son plus grand plaisir , au coq* traire , est de procurer aux hommes le plus précieux de tous les
hiens , la paix et la concorde.
Sans être défiant et soupçonneux , il ne croit pas devoir se fier à tout le monde, et surtout aux personnes qu il ne connaît point. Il a toujours une réserve prudente avec ses amis mêmes » jusqu'à ce qu'il se soit assuré , par une longue épreuve , qu'ils sont dignes de toute sa couliance. Il ménage autant qu'il le peut l'amitié de tous les hommes , et ne se confie presque à aucun , parce qu'il y eu a peu qui aieuL la volontjé et le pouvoir de nous àervif , et que tous peuvent nous rendre de mauvais oilices.
n se défie encore plus de lui-même el de son propre cœur, qui • n*e4t que Uop disposé à le trahir el à se laisser vaincre par dt» ohjels 8éaujsatts.*Il craint les tralls redoutables de Famour , et il Mi, afin de triomiriier plus sûrement. H n'est pas assez téméraire pour se (latler de pouvoir remporter « par ses propres forces» la plus difficile de toutes les victoires { il implore surtout les secours du ciel , qui lui sont nécessaires contre un ennemi si souvent vainqueur de notre raison, lorsqu'elle est abandonnée à sa propre faiblesse. Après le triste sort du plus sage fies rois, et eelni de tant d'autres , qui ont vu toute leur sagesse échouer contre cet écueil, pourrait-il ne pas redouter ponr lui-même?
La p^s^ion du vin lui paraît également à craindre , parce qu'elle d prei>que toujou^d \à YOlupi^ pour çmv^gun^i çt qUQ te pittd $Ott-
volontiers qu
*il ne conseill
i il vaut presque toujours
.DU sage; S3â
'tail encore on remporte avec soi dans le tombeau qu'elle creuse sous les pieds diancelaos de Finsensé qui la suit. 11 prend du y m pour égayer sa raison, mais jamais assez pour la p^^rdre. Il roug»raît d'un état où il ne serait plus distingué de la b.'îte que par de plus grands excès d'omporlement et dd fureur» ou de i enlant , quo par plus d'ex iravagaiices et de folie. * .
Il joue quelqupFois , mais plus par complaisance que p^^ o<>ûl. 11 uest pas assez iuseosé pour sacrifier à la passion du leu son temps , ses biens, sa vertu. Il s interdit sévèrement tous le s jeux de hasard, parce quon ne peut les jouci sans crime ou WS regrets.
Modcvé dans son travail , dans son sommeil et dans ses repas r il y prend de nouvelles forces et une santé vigoureuse , que 1 excès altèr» et ISiit perdre. 11 évite surloat rexcès de la table » parce que Tusage immodéré des alîmens, même les plus sains, les cliange en poisons, te plaUir que l'auteur de la nature y a sagement aitac&é, il le goûte , non par sensualité, mais comme un attrait nécessaire* Il élève, pour ainsi dire , ses sens le*? épure. Obligé de les satisfaire pour se nourrir, il ne se nourrit p^s pour les Uatter , mais pour réparer ses forces et se mettre en étet À.^ remplir ses devoirs. La dignité de ses motifs en donne à son action, , .
Joue-t-il quelquefois, car la vertu n'est pas enn-^^'^ï^d^s plaisirs réglés et innocens ; c*est sans passion , et avec une »?oble tranquil-lilé ; malgré les changemens au jeu, son visage ne chc'^'^Kc point t le gain et la perte le trouvent toujours le même. Il é vu**,*" j^}* l'opiniâtreté à soutenir ses droits : et il aime mieux quci fï'*®"^!* céder à sua rivai , que d'avoir toit eu voulant iai\iûiir« JlTOit laiauu»
Jeune , U hait la dbsipation , qui te priverait d*an bien néceA» saire aux commodités et aux douceurs d'une longue vie ; vieux « ii ne cherche pas à thésauriser , croyant que la nécessité est peu ài craindre lorsquUI reste peu de temps à vivre; et dans tous les temps; de sa vie, il tâche de se tenir toujours également éloigné delà follo) prodigalité et deTinûme avarice : parce que la vertu finit o4rex<^ cés commence.
ï! connaît trop le prix du temps , pour n'en être pas sagement avare . et pour n en pas mettre tous les raoraens à prolit ; IL n*en donne aucun à Tinutilité ou à la frivolité. On le trouvetoujours dans quelque occupaiion , parce que te plus pénible far-dcaueât celui de n avoir rien à faire , et qu'on est bien a plaindre*, quand on ne sait s'appliauer à rien de solide. Aussi l'ennui , noo* moins afQigeant que le clui^rin , et qui porte son poison jusquesur le trône , n'ose 8*appio<»er da sage , qui , remplissant d'une suite d'ooeimalloiis utiUi et vertueuses le cours de sa vie , cè ùkm une chaîne de vrais plaisirs.
Sa sagesse n'est ni sombre , ni farouche , mais aimable et gaie. Ce n*est point celte gatte bruyante ^ qui ressemble plus à la folie, qu'à la joie , mais une gatté douce et tranquille , qui laisse à l'esprit la liberté de sentir son bonheur. Ses plaisirs ont mérm cet avantage , qu'ils sont plus purs , ils ne traînent à leur suite ni peines , ni regrets ni dégoûts. Il ne les prend jamais que comme
m H uu remède accordé par la nature à A«tre fûr
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Foaxjuunr du sage*
Uem . et fl ne le W pemet qa^aiifte «voir !«»P^î ^^lï^^f/^ . MU éUU AttaiM învariablemeot à ses devoirs . il n^e^t jaraaiB si coulent que quand il les a remplis. Il doit la iranquilh é de smv âmè au témoignage intérieur d'une conscience pure ; el il gome le plof parfait de tous les contenlemens , celui de n'avoir neiî a §e reprocher. Lui échappe-t-il quelquefois i car il est homme ; un peu d'oubli et de négligence dans ce que la loi sévère du devoir exigeait de lui , il ne se pardonne point ce que tant d autres se pardoanent si souvent , et il tâche , s'il le peut , de le J^FJfCJ îîfïîr Toujours content de l'Auteur de la nature, et le MiJiMm également. qu'elle que suit sa fortune, il, a cette modératioii de désirs qui csi le narUge de rhomme wMie«»'eila aèWPce ta plue pure du bonheur. U estime le plus grand bietts, celui (|e MTofr «e boroer. Cette ridie modération le M\w d*une foule de besoins , auniiieh la cupiéité assujelUt les autres. Témoins de toutes les nécessités superflues que la plupart des hommes se sont Ikites , il sMcrie arec pbileaophe : Que dê choses dont je n ai pas b€$mnl Heureui de sa ptédeose médfoenlé, û dédaigne le faste imposant de Topulence. .
Uéclat de !a grandeur et des richesse^ n é))! nnt point les yeux du Sti^e , lui qui a su apprécier les choses humnincs et s éclairer sur leur vanité Kxcmpt d^mbilion et ronlent de son obscurité^, il ne va point, pour eu sortir , ramper à la porte des grands, ^tC9ef|| cher des raé^is qu il ne veut rendre a personne. 11 n*asniire pomi de lui-méroe aut dignités ; il fqit les grandeurs bien pirtôt qiril ne les recherche , et il redoute plus lea écueils quH)n y tfOUîfU ou'il n'est (UUÂ dPA aTantajçes m lel^ accompagnent. ' 11 ne délire pas' non plis tf acquérir 1>««««^*^?P ^^«^^^^^^^ parce que c^est souvent acquérir beaucoup ^^^P^^^^f W dans leur lediewhe , ne satisfont ^^^""'Jf^J^'^'^'^Ji et désespèrent dans leur perte. Bbl pourquoi les d<^.s»^^'«>^-'^7^^^ St pas ^ hri-méme ce VeHes pn>meHent et ne donnent pmniî 5 nè dédaigne pas les richesses , mais il n en taii p. s dépendre sott bonheur. Iles^ l"i paraissent estimables et précieuses que pa»
l'usage qu'on en fait. . ^. :» tmn
Ainsi pense le sage, il sent que Dieu a fait «>u toc trop grande , trop inépuisable en désirs , pour qu un «JJT^J? qne TEke inlini puisse la remplir ; cl colle ^"^«S^^^^S^^^ sent ses désirs , lui est un sûr garant qiwteajealjb^^ passagers ne sont pas le terme de sa ^f"»** JS^^hf,^^^ pensées et ses sentiUns jusqu^au ' lui envoyer auelques rayoos ^ «^i? «««^«^îl»!"*
r uni ver* Afin «u'il DulMe ae eenérire «lee prudence au milieu des * éS et dw ittinS^^ rie, etarHver heureusement au SftSc&iTu^^^ toutes les -tus e^n ne se no^^ ^nt que *b<ftines «cftona, de se rendie digne de la féhaté
immortelle qid Taltcnd. Tï«„,*,.vr r^mx
Tel est le parftit honnête homme elle vrai sage. Heureux ceux qntteprennenipour modèle l Si l'on n'ose espérer de lui filer jamais parfiilement , on doit du moins aspirer a en açpco^ le plus (lu^iî est pû9&ibie. C'est être déjà bien sage que de tlUMOr h le devenir.
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