‹ L'ecole des moeursChapitre 8 sur 30 · DES EXERCICES · texte numérisé non relu

DES EXERCICES

VkOnXS A PBÛBCnoiIRBB L'inCGÀTIOIT.

Bien des parons bornent l'éducation à Télude du latin, et qnnd les classes sont faites , ils croient qne tout est fait. Ceux qui pensent mieux n'ont garde de s'en tenir à si peu de chose. Ils s'appliquent à orner l'esprit des connaissances aécessaij es

4aiia la soeMté $ et k Ibriaer le caips par tôt» ll« eimoes iyii

(iMiomtncs grossiers et iflillilw > q«î snrdhargént la lerre dii poids 4e leur esiiteaci», 0a h é^honorent par leur» vices, al l'on èàviiH mirât employer eet âge fortuné qui le tfonVè enlrë la fin des classes et le choix d'un état. C'est le défaut d'étude êt d'<ioèUp«tioil qui- ptédpiêt d'of^intSré k jéuuMie dan* lë» plus honteux égaremôtis. A 'péîne hors du collège on des mains id'on précepteur , des jeuties gens , souvent ausai remplis de yknM que vides de sdemy rrâooeéhti UpuMs iburs étudie;* se trouvent libres. Tout l'emploi qu'ils font de leur temps ae réduit à monter à chevel> à faire des armes, à promener ea iouf liéai Qh pimnet é« dn waMoeme , k s'aiaocnr à nae irèlipe de pclils-maîtrtîs , et peul-elre de jeunes débauchés qui n'ont nul respect pour les hieiiaéaiices , k fréquenter les apeataoles^ lee |mmeii«deftpiiblifiiea> les €e(és> les liens de jeux. Et comamt teut-on que des jeunes gens, accoutiimés de ai bonne heure à '*e tavoir que faire, k ne rieo faire , ne faseeift |paa le owly et • lie finÎMent par te dégrader ?

Dès qu'un jeune homme a fini ses études, c'est alors qu'un i père judioie« , et curieux de la perfieciioii de ion fila> doit redoubler ses soins y son attention et sa dépense. Le momenl I est venu de travailler à faire concourir tout ce qui peut le perfectionner* U doit loi ' donner "un peo pla» de liberté f aana lui lâcher le&réoes; lui confîerde l'argent, mais ni trop ni trop peu, et s'en faire rendre compte pour éviter l'abus* il fiaut encore le bien peranader que c'est asaea d'être mis proprement ^ mais modestement y le^ convaincre qu'il doit éviter Toisiveté et la dissipation ^ et partager ion temps entre la lecture de livres choisis p ses exercices , et les plaisirs innocens de son âge.

A l'égard des exercices , il doit s'appliquer avec un trè»grand soin à tons ceux qui , propres à son tempérament et à an

condition, peiivent le fortifier, le dresser, corriger ce qu'il y a de grossier dans ses mouvemens , et lui {lire prendre ime fltliiiide«Miveiiible. Cesl en partknlier'ee que proem m bon ^ maître d'armes. Sans vouloir faire le métier méprisable aie ^ladiatenr, a est uëk dh^tmir friior 4oi «Mit On.pwt it

90K flfiniTCXtim* 9S

>lrottVier4<oifi le cas d'éire obligé de défendre sa Tîe contre ni, hîMt et» dès esiMnstos. Je itXk qutwû^éitàê lândÉbé, fier de bieA manier l^épée , peut en al>u8er , ainsi que des meillettrel dioéel | • mâii a élé bien élevé, il ne le fera jamais.

Le mànégeest abteldfnènt nédessaire ; tnais mi an ; c'ésf aiMiS On ne s'en occupe plus long^temps que par aninsement , oii pour remplir le ^ide du temps qu'on ne sait pa# éSIèiA eÉnt>loyér.' j. - Le dessin est trèi-iitife : il apprend à bion juger d'ua tableau , à dessiner un plan , à crayonner un point de vue ; mais eti doii eb demenrer là , à niofila'qii'oii MTeiM'délftilt atarj^nié et aux fortifications. Pour la peinture, tl finit «Y lippUqâer beaueoi^r moins^ sans ijncfi l'en oonlraétt Ità goAi diibgèheoik '> ense nifine^eiil^nginairr/ët rim rMtf'aoAreiîit'ifb'érTéiiiàî;

Pour la danse , c'est un ornement qu'il sst boii de seprocto/rer* Car cësehili pàrtét le rigttrismé ti^^ léib/qttèf d'iiitei^dire àbsolumettt la danse aux personnes du m5nâe, et fétt ne peut en coudanmer que les abus. £lle est dans la classe des éxercicet ptoj^ ànx jeunes gens de Pnn éi hiifbè MÏè. Bîè àppMd à se présenter de bonne grâce, à màrcber d'un boh air, à bien flànér la tété et le tiùrpk. Mais â trente ans oiî ne daMf ^lot ^ éi' alors' cVst lè plus pètît mérite du mondé d'étré bon danSeui^^ etl surtout quand on n'est guère que cela. Une dame, plus spîri- (îleiléqub polié, dit à un peiit bèminé qui n^avait ponr tout mérile que de bien chauler et de bien danser : ce Petit bomnîe, cbantez^ petit bominé, dan^ei ^ petit bbmmé, allei-vous-eà.j»

n n'en est pas de même de îâ' musiqiîe : c'est dnè ressource pour toute la vie. Celui qui n^a pas appris la musique ne saurait en 'sentir toute la beauté. Cest le plus bonnéte et le plus pur de toîis les plaisirs : il est de tous les Âges, de tous les états , de tous les lieux, de presque tous les goûts. Mille gens grossiers d^aillenrt, aiment la musique ; et Pon ne trouvera pas un bom-^ nie délicat qui ne l'aime. Ou peut en jouir aux dépens d'autrui, sans être importun , et Ton peut s'en ainusèr seul : elle fou>nù ■ônvént t^oceasion d'amuser' les aùfrès. &ié d^âiwe Peîprît > prévient Tennui , dissipe l'humeur sombre ^ insjpif e la joie et

katmiSinièna «gréablei. ÈiUi aia?elM nissurs « ei iMConM^e;

7^ mkFtMfatm raiLnmiim»

Combien déjeunes gens se sont préservés de parliet de débau»» ^ par dei putiet de miai^ ! Il ne ùoki pourtant piien bâf 9a principale •ccnpallon , ni faire dire de soi ce qu'on disaii d'on habile joueur d'instriimens , a qu'il avait tant d'eaprit an bout des doigta et dans rorellle , qnMI n^ lot en restait que Ibri peu dans téte. j> Dès qu'on sait déchiffrer un air et faire sa partie» c'en, est. ama.

Primes la plupart âb eé§ omemélis ir yotre fils ; Ils sont

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gracieui , ils font honneur au père et à son élère. Mais préiiérableinent à Um%, attadiea-Yons aux connaissances do Fesprît. Pormez-lui une bibliothèque des meilleurs dictionnaires , des jplus excëllens historiens , des plus habiles orateurs , des poètes les pluft i«iiomniés» et des principaux ourroges do la religion ot

de la morale. Enrichissez-la tous les ans, non de ces brochures éphémères qu'on ne ^t qu'une fois, et qu'on est souvent fâché d'avoir luee, mais do ces livres précieux qui ont mérité une approbation générale^ et qu'on ne cesse 4<b relire. Inspirez- lui le gôùt ot l'amour do Ja bonne lecture ; elle achèvera de lui é.tendre et de lui perfectionner l'esprit.

Qu'il apprenne Thistoire ancienne et moderne : ignorer ce q^i s'est passé avant sa naisunce, c'est rester toujours enfsiit. Mais surtout qu'il s'attache à hien savoir l'histoire de sa patrie^ qu'y^ l'apprenne avec quelque étendue s il suffît de jeter une vue pkus générale sur les autres nations.

Qu'il s'applique aussi sur la pureté et la délicatesse de sa ^nguo. Tout terme impropre et toute construction vicieuse jgâtent la conversation la plus brillante ; et s'il y a peu de ^l^oire à bien parler sa langue, il y a beaqcoup de honte à la ]parle»mal« Les bons dictionnaires et les meilleure» grammaires Vapprennent l'orlliograpbe, qui fait partie et preuve d'une éducation cultivée*

S'il a beaucoup de loisir, qu'il étudie l'histoire naturelle et Ha physique. Ces connaissances qui piquent la curiosité et Tatmuieniy sont dignes de l'homme. Il convient de connaître le ^jour qu'on habite. ^

Il Oit pos^ fiossji d'avoir qiielque principe de [tiûlQsqphç^il^

itîR L'ÉDtCATIÔNi- Tï

teMlit VêÊprit et éclaîreiit la raitoD. H doit prinei|NdflBiéiit

«'attacher à celte partie de la logique qui a pour luit de nous apprendre k raisonner juste** On pas o|>ligé de savoir l'iiisteire , la géométrie , les langues » maïs on doit iôojoiiff juger sainement, et raisonner avec justesse sur tout ce qui regarde la vie cîrile. Il y a là-dessus d'eicellentes choses dans la logique du 'Port-Royal. Il lîrft cet ouvrage avec fruit , s'il a pour guide et pour interp'rdte nn maître habile , qui «ache eu retrancher les inutilités et quelques erreurs*

il est &i facile d'apprendre les règles de la versification française, qu'il est presque inexcusable et honteux de les ignorer*' Il est d'^ailleurs agréable et utile de les savoir , potfr lire les vers avec plus d? plaisir , et pour en composer quelques-uns dans l'occasion'} mais si Ton est sage .» on* laissera^ faire le mélier de poète è d'autres. Les Espagnols disent en proverbe , qu'il faut être sot pour ne pas faire deux vers, et fou pour en Uàre quatre* L'abbé R^ier, qui à fait quelques jolies plècdfe de vers y a dit aussi :

Qu'un honnête homme , une fois en sa Fasse un sonnet , une ode ^ une élégie t

Je le crois bien.

Maft que l'oii ait la tète bien rassise » Quand on en Ihit métier et mardianditô ,

Je n'en crois rien.

Si , pour achever l'éducation d'un jeune homme , on le (ait voyager , qu'il ne ressemlile pas à ces jeunes gens fous qui ont courut tout le monde et ii'ont rien vu. Qu'il examine , étudie les mœurs et les caractères , et sur^put^u'il se compose un mérite de celui de toutes les autres nations*

Ce plan bien exécuté , nous osons annoncer au père de femille qu'il fera de 80|^ ûls un sujet excellent, l'honneur de sa maison, la joie de sa vieillesse et la consolation de tonte, sa vie* Cbr si l'éducation la plus soignée n'a pas toujours un heureux succès , c'est une exception rare, et qui n'arrive encore^leplus sou'* vent^ que parce qu'on a pris trop peu de précautibn pour en conserver et en assurer les fruits*

ï§ «KFLEVIONS PRBLmiNiilKES SUR L EDUCATION.

pent et qiieMe ^aUsûicllQn ne se préparent iias pour eux-mémet

les pcies CL les mères qui, convaincus qua le plus important de ¥mM^^^^ ^ ^ Jl'éd^fif lioi^ de leur Samiike, •'•pplir plient à le ^ eiopXir (dans toute son étendue 1 Mais qu'ib sont i}^qx ces devoirs qup la ^ature impose! £n prenant soin de sa ' timille, on substitue des plaisirs yrm el légitimes à des plaisirs faux et dangereux, des occupations honnêtes à des amusemens frivoles : on rend sa m/iison vivante et agréable pour soiip,éine» Un vjrai père reçoit avec transport le^ caresse^ ingénues de ses enfans, le* témoignages respectueux de leur amour, et 9iltiFe avec joie ces jeunes plantes | une véritable mère veille sur leur santé , préside h leurs jeux , à leurs plaisirs innocens ^ c^ s ea amuse. Tous deux resserrant à renvi les nœuds qu'ils ont lormé^t et f^nt ils voient les heureux g^es croUrie et se perfectionner sous leurs yeux, se tiennent lieu de Tunivers. €if^en4aiMt i^ public les loue^ Icf ^time ; et s^ ^ par une éducation sage et exemple de fiiiblesse , ils apprennent h leurs enfans à les respecter^ à leur être soumis, à leur rendre ce culte filial qu'on doit k ceux qui nous ont donné le jour | s'ils leur font aimer , par là persuasion et par l'exemple , les vertus qu'ils leur enseignent^ que leur n^^nque-t-il ppu/r étr/^ heureux ?

DE L'HOrrUÊTE EOKEICI"

ou DE LA SAGESSE.

(Qraignez un Dieu vengeur et tout ce (lui le blesse i CesMà le premier pas qui mène à la sagesse.

Ne plaisantez jamuis ni de Dieu , ni des sainte : Laissez ce vil plaisir aux jeunes Ubertin:>.

Que votre piété soit «no^ et siriSâe , Et qu'à tous vos discours la véiiié préside.

Tenez votre parole innoUMMnent ,

Mais ne la donnez pas incousiuôréincnt.

Soyez officieux , compUisaot , iloux, astable , i'uli , d'hiuneur ^ale , et vons seKX.lâmi^

YL

Du pauvre qui vous dût n'augmentez pas.k^ in^ux ; Pay« ii rpuyrierje prix de ^

Bon père , bon époux; bon maître sans faiblesse f Uonoxez vos parens , surtout dans leur vieUlesse.

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