‹ L' école des vieillardsChapitre 10 sur 96 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

DANVILLE

Eh ! non.

Prends garde, tu t’exposes...

BANVILLE

Que peut-il raconter? va donc, explique-toi:

Achève.

VALENTIN

Eh bien! madame est trop jeune pour moi.

Oui dà !

DANVILLE

VALENTIN

Contre mon gré, monsieur, ne vous déplaise, Par votre ordre en courrier j’ai précédé sa chaise.

On n’apprend pas sur mer à monter à cheval.

Sur une rosse étique, assis tant bien que mal,

Pour me rompre les os j’étais à bonne école.

Madame à chaque bond riait comme une folle.

DANVILLE

En te vovant par terre, elle t’eût plaint beaucoup; J’en suis sûr.

VALENTIN. '

Beau profit, si j’étais mort du coup !

Mais une fofci ici, j’eus bien d’autres affaires : Vieilli dans la marine à bord de vos corsaires ,

Sous ces galons d’argent qu’on me fit endosser,

Au bon ton des laquais on voulut me dresser.

L’exercice est moins dur : tiens-toi; lève la tête; Fais ceci, fais cela; maladroit! qu’il est bête!

Que sais-je?... j’en maigris: c’est un métier d’enfer, Et j’aurais mieux aimé dix campagnes sur mer.

BONNARD

Ce pauvre Valentin!

VALENTIN

El pour votre carrosse,

On m’a fait un affront.

BONNARD

Comment ! depuis la noce Nous n’allons plus à pied !

DANVILLE

Il rêve.

VALENTIN

Pas du tout :

Madame a pris voiture , et trouvait de son goût , Pour me faire en marin terminer ma carrière ,

De me loger debout sur le gaillard d’arrière.

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