‹ L' école des vieillardsChapitre 11 sur 96 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

DANVILLE

Le grand mal !

VALENTIN

Ne pouvant vaincre ma juste horreur,

Ne m’a-t-elle pas fait?...

DANVILLE

Son coureur !

Eh ! quoi donc ?

VALENTIN

Son coureur.

BONNARD

VALENTIN

A quinze ans j’étais des plus ingambes; Mais devenir coureur quand on n’a plus de jambes !

Ce Paris ! on s’y perd : le Havre tout entier,

En se pressant un peu, tiendrait dans un quartier:

Et je cours ! mais je cours !... Dès que la porte s’ouvre, Vite au Palais-Royal, du Marais vite au Louvre,»

Du premier sous les toits !... Et pas plus tard qu’hier J’ai porté des secours....

Hé quoi ! tu n’es pas fier De consacrer tes pas à de pareils messages ?

L’École des Vieillards , a' édit. 3

uf)

VALENTIN

Je ne suis jamais fier de monter cinq étages.

Puis à peine au logis , j’ai la serviette en main ; Des dîners ! ... on en a pour jusqu’au lendemain , Us doivent coûter cher !

BONNARD

Ah ! diable ! tu te piques

De donner, quoique absent, des festins magnifiques? DANVILLE.

11 a perdu le sens.

VALENTIN

Je sais ce que je dis :

Vous donnez à dîner, monsieur, tous les lundis;

La veille grands apprêts; adieu notre dimanche !

Le jour que je préfère est celui qu’on retranche.

DANVILLE

Paresseux !...

VALENTIN, à Bonnard .

Vous savez....

BONNARD

Tu vaux ton pesant d’or,

Je le sais, mais tais-toi.

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