ACTE I, SCENE Y
Qu’un jardin a pour vous de merveilleux appas?
J’ai pris soin de l’orner ; sous son ombre tranquille Vous vous reposerez du fracas de la ville.
On ne fait rien pour rien; mais qu’importe le prix? Vous aurez la campagne au milieu de Paris.
Votre orgueil conjugal jouit de ma parure :
J’ai fait des frais pour lui, c’est complaisance pure.
J’ai choisi les couleurs que vous aimez le mieux,
Les bijoux dont l’éclat flatte le plus vos yeux;
De tout ce qui vous plaît je me suis embellie,
Et rien ne m’a coûté pour vous sembler jolie.
Mes crimes, les voilà. Voyons, recommencez,
Courage , grondez-moi... mais non, vous faiblissez,
Le repentir vous prend , et si je ne m’abuse ,
Vous sentez que vous seul avez besoin d’excuse; Demandez-moi pardon d’un injuste courroux,
Et vous l’aurez, méchant, car je vaux mieux que vous
DANVILLE
Oui, tu vaux mieux cent fois. Pardonne, monHortense, En vain l’âge entre nous a mis quelque distance ,
Tes procédés pour moi me la font oublier,
Et devant tant d’amour je dois m’humilier.
L’Ecole «les Vieillards, a” édit. 4