ACTE II, SCÈNE I. /j
Et revenant toujours et toujours écarté ,
Et molesté , heurté , porté , presqu’insulté ,
Je m’enfuis tout en eau , je me sauve, j’arrive ,
Et qu’ai-je fait?... J’ai vu ma femme en perspective. Madame SINCLAIR.
Mais quel triomphe aussi ! de quoi vous plaignez-vous ? On adopte un chemin que l’on préfère à tous Les autres sont déserts , la raison en est bonne :
Si personne n’y va , c’est qu’on n’y voit^ersonne.
On se promène ailleurs; a Paris c’est bien mieux ,
On vient se faire voir; donc on cherche les yeux.
DANVILLE
Mais quel est ce jeune homme , heureux à sa manière , Qui d’un si bon courage avalait la poussière ,
Que ma femme écoutait, qui ramassait son gant, Qui....
Madame SINCLAIR.
C’est le duc d’Elraar; hein? qu’il est élégant !
On le croirait chez lui. Quel ton ! dans son aisance, Perce un air de grandeur qui vous séduit d’avance. Qu’un négligé de cour lui sied bien à mon gré !
Sous le signe éclatant dont il est décoré ,
Quand ina fille a son bras , que je trouve de charme»
A voir chaque soldat leur présenter les armes !
C’est glorieux pour vous.
DAN VILLE
.Je vous suis obligé ,
Mais je ne vois pas là le grand honneur que j’ai.
Ils sont liés?...
Madame SINCLAIR.
Bien plus depuis notre voyage.
DANVILLE
11 la connaissait donc avant mon mariage ?
Madame SINCLAIR.
Sans doute ; auprès du Havre il vint passer l’été ,
Et rendit comme un autre hommage à sa beauté.
Je sus, quand il partit, saisir la circonstance; Appelant ses bontés sur le père d’Hortense,
Je parlai d’un retour, impossible aujourd’hui:
Le Duc fera pour vous ce qu’il eût fait pour lui.
Nous nous sommes revus par un bonheur unique :
Je cherchais un hôtel, c’est le sien qu’on m’indique. I^e hasard fait chez lui vaquer un logement,
Celui-ci, c’est heureux.
Oui, ma foi , c’est charmant 1