ACTE II, SCÈNE
DAN VILLE
Bonnard , mon cher Bonnard !
BONNARD
J’aurai tort; c’est égal, (Il s’en va, et revient.)
Je trouverai l’argent... Mais je dînerai mal.
DANVILLE
Nous en souperons mieux ;
T1 Tiens la chose secrette ,
(Il revient.)
Adieu — („ es t qu il y va, mon cher, de ma recette. DANVILLE.
Sois sans crainte — A propos, tu m’as parlé, je crois, Du jeune duc d’Elmar.
BONNARD
Je r ai vu quelquefois;
Très-galant, beau danseur, tirant fort bien l’épée, Redoutable aux maris par plus d’une équipée...
DANVILLE
Redoutable aux maris !
BONNARD
, D’autant plus dangereux,
L’Ecole «les Vieillards, a' édit. s
Qu’il aime comme un fou, quand il est amoureux ;
Et le monde prétend qu’une femme jolie Ne peut voir sans pitié qu’on l’aime à la folie.
On le plaint et ma foi.... Qu’as-tu donc?
BANVILLE
Rien du tout.
BONNARD
La femme qui lui plaît le rencontre partout;
Dans les jardins publics
DANVILLE
Ah ! oui .
BONNARD
Dans les spectacles.
DANVILLE
Idais les maris sont là.
BONNARD
Bon ! il rit des obstacles :
Quelquefois il fait mieux; il place les maris;
11 les place très-bien; mais Dieu sait à quel prix !
Tu m’entends.
DANVILLE
Oh ! de reste !
Enfin tu vois du monde;