ACTE n, SCÈNE III
II faut toujours qu’un tiers se place entre vous deux; Dumoins il me l’écrit, et ce tiers-là le gène ;
Voila ce qu’après soi le mariage amène.
La femme et les cnfans sont rarement d’accord ;
A l’un des deux partis il faut qu’on donne tort ;
De beaux yeux plaident bien, et le juge préfère Le bonheur de l’époux au devoir du bon père.
DANVILLE
Mais mon fds est un fou 1
BONNARD
Pourquoi l’avoir quitté?
Instruit d'hier au soir, que n’ai-je pas tenté?
J’ai pour combler le vide épuisé bien des bourses ; Restent vingt mille francs, et je suis sans ressources ;
Toi seul peux le sauver.
DANVILLE
Ab ! voyage maudit !
Ah ! ma femme , ma femme !
BONNARD
Hein?
DANVILLE
Quoi? je n’ai rien dit.
(Après uae pause.)
Bonnard, mon cher Bonnard !
BONNARD
Tu me fais peur : abrège; C’était, je m’en souviens, ton exorde au college ,
Quand dans un mauvais pas tu voulais m’engager.
DANVILLE
Tu dois avoir des fonds et tu peux m’obliger.
BONNARD
Un caissier n’en a point : quand il prête il s’expose ; Le public ne sait pas de quels fonds il dispose.
DANVILLE
.T’en réponds.
Non.
DANVILLE
L’argent te rentrera demain.
BONNARD
Non, non.
DANVILLE
Sauve mon fils : allons, toi son parrain , Mon bon , mon vieil ami î
BONNARD
Tu plaides comme un ange; Mais, quand on m’attendrit, moi cela me dérange.