‹ L' école des vieillardsChapitre 33 sur 96 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

DAN VILLE, LE DUC, HOllTENSE.

HORTENSE

Eh quoi ! monsieur le Duc seul avec mon mari !

LE DUC

(A part.) (Haut.)

Son mari!., qu’il m’est doux, de rencontrer si vite L’homme dont ce matin j’ai vanté le mérite;

Mais il ne me doit rien, je l’avoue , et ses droits Plaidaient en sa faveur cent fois mieux que ma voix. Est-ce aux gens tels que lui qu’on peut faire des grâces? Si le mérite seul avait marqué les places ,

Monsieur, à meilleur titre usant du droit que j’ai , - Serait le protecteur et moi le protégé.

HORTENSE

Jamais monsieur le Duc ne dit rieu que d’aimable.

LE DUC

Ce discours n’est que juste.

DANVILLE

Il m’est trop favorable;

Aussi me touche-t-il comme il doit me toucher;

Mais je crois qu’au ministre on ne doit rien cacher;

J’ai déjà soixante ans....

LE DUC, virement.

C’est l’àge qu’il préfère,

Et c’est un vrai présent que je m’en vais lui faire. Depuis près de dix jours madame m’a promis D’embellir chez mon oncle une fête entre amis. Elle vous attendait, ma mémoire est fidelle,

J’ai reçu sa parole et pour vous et pour elle.

Venez donc, c’est au bal qu’il faut solliciter.

Chez mon oncle, ce soir, je veux vous présenter; C’est conclu : ma voiture ensemble nous y mène, Et

DANVILLE

Je suis fatigué, monsieur, j’arrive à peine.

HORTENSE

Le bal délasse.

DANVILLE

. Et puis , moi-méme je reçois ; HORTENSE.

Qui? votre ami Bonnard, ce Monsieur d’autrefois?

DANVILLE

Monsieur l’estime fort.

HORTENSE

, Et conviendra, je gage ,

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