ACTE III , SCÈNE II. Si
Si Bonnard n’eût prêté... peut-être sur sa caisse ?
De tous les receveurs , Bonnard le plus craintif , Bonnard dont sur ce point l’honneur est si rétif ,
D’un courage héroïque a vaincu son scrupule .
11 a sauvé mon fils !.... est-il si ridicule ?
HORTENSE
Non , non , de mes amis , aucun n’eût fait cela ;
Plus que tous leurs discours j’admire ce trait-là.
11 n’est pas de bon mot qui vaille un bon office ;
Mais votre femme aussi peut faire un sacrifice.
Ce bal où sous vos yeux je dansais en espoir ,
Ce bal , il fut huit jours mon rêve chaque soir,
Huit jours, à mon réveil, ma première pensée :
Eh bien ! je n’irais pas , quand j’y serais forcée!
C’en est fait, votre ami lui sera préféré.
DANVILLE
Vous aurez ce courage , est-il vrai ?
HORTENSE
Je l’aurai.
Adieu tous mes projets , je reste sans murmure ,
Et pour monsieur Bonnard je garde ma parure.
Je reste avec plaisir. Tout-à l’heure à vos yeux ' J’étais bien , n’est-ce pas? Maintenant je suis mieux ,
8a L’ÉCOLE DES VIEILLARDS,
J’en suis sûre.
DANVILLE
Ah ! cent fois !
HORTENSE
M’aimez-vous ?
DANVILLE
HORTENSE
Mes torts étaient bien grands.
Je l’adore.
DANVILLE
Les miens plus grands encore.
HORTENSE
A vos ordres jamais je ne veux résister.
DANVILLE
Non, jamais contre toi je ne veux m’emporter.
HORTENSE
Loin de nous ces débats qui troublent les ménages. DANVILLE.
Les racommodemens ont bien leurs avantages.
Mon ami !
HORTENSE
DANVILLE
Chère Hortense !