‹ L' école des vieillardsChapitre 44 sur 96 · ACTE 111, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE II

HORTENSE

Au fond , convenez-en , Vous défendez Bonnard en zélé partisan,

Et vous avez raison , puisqu’il vous rend service ; Mais vous traitez le Duc avec moins de justice.

DANVILLE

Pour moi , je me crois juste et juste au dernier point. HORTENSE.

Moi , je crois entrevoir que vous ne l’étes point. DANVILLE.

C’est qu’à vingt ans , Hortense, on juge à la légère. HORTENSE.

C’est que plus tard , Danville , on est par trop sévère. DANVILLE.

Vous pourriez vous tromper.

Je puis avoir raison.

DANVILLE

Je n’en crois rien.

HORTENSE C’est sûr.

DANVILLE

, Non pas.

Je soutiens.

HORTENSE

DANVILLE

HORTENSE

Mais si.

Mais non.

DANVILLE

Arrêtez! eh quoi! notre querelle Pour Bonnard et le Duc déjà se renouvelle.

Oui, parlons sans humeur : faut-il, pour aimer l’un, Quand l'autre vous sert bien, le trouver importun? DANVILLE.

Oh ! c’est tout différent; l’un a mon âge, et l’autre....

HORTENSE

Eh bien ! achevez donc.

DANVILLE

Eh bien ! il a le vôtre.

Pardonnez : mon amour est étrange, et je sens Que le tems , la raison sont des freins impuissans , Que le cœur d’un vieillard , en proie à cette ivresse ,

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