‹ L' école des vieillardsChapitre 49 sur 96 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

C’est trop vous alarmer, monsieur , et mon absence N’aura pas, crovez-moi, cette triste influence.

LE DUC

Vous vous trompez , madame , et vous seule ignorez A quels regrets mortels vous nous condamnerez.

La modestie, au fond , a son cûté blâmable.

On ne sait pas souvent combien l’on est coupable ; Vous le serez beaucoup si vous me résistez.

Qui nous rendra ce soir ce que vous nous ûtez?

Eh ! ne suffit-il pas d’une seule personne Pour embellir au bal tout ce qui l’environne?

Elle arrive, à sa vue on est moins exigeant,

Et le cœur satisfait rend l’esprit indulgent. L’amusement succède au dégoût qui m’accable; L’homme qui m’ennuvait devient un homme aimable. Elle part , c’en est fait , tout le charme est détruit , Rien n’est plus à mon gré , je n’entends que du bruit. Vingt autres, direz- vous, sont aimables et belles.... On l’ignorait, madame; a-t-on des yeux pour elles? On n’en avait vu qu’une , et , ce moment passé ,

Il semble , au vide affreux qu’elle seule a laissé ,

Que l’assemblée entière en un instant s’écoule :

On est dans le désert au milieu de la foule.

HORTENSE

Si je pouvais vous croire, au moins je m’en voudrais; Mais vous ne doutez pas du plaisir que j’aurais.

LE DUC

Venez.

HORTENSE

N’insistez pas.

LE DUC

. Vous viendrez...

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