ACTE IV, SCÈNE VI
Tenez, prenez-le donc, tenez, je le déchire.
Je ne vous dois plus lien et je puis tout vous dire.
LE DUC
Du moins si mon amour, follement déclaré, Offense un titre en vous qui dût m’être sacré,
Votre épouse innocente....
DANVILLE
A quoi bon cette ruse ?
LE DUC
Ma voix doit la défendre.
Et votre aspect l’accuse.
LE DUC
Quand c’est moi qui l’atteste, osez-vous en douter? DANVILLE.
Quand c’est une imposture, osez-vous l’attester?
LE DUC
Cette lutte entre nous ne saurait être égale.
DANVILLE
Entre nous votre injure a comblé 1’intervalle : L’agresseur, quel qu’il soit , à combattre forcé , Redescend par l’offense au rang de l’offensé.
LE DUC
De quel rang parlez-vous? si mon honneur balance C’est pour vos cheveux blancs qu’il se fait violence.
DANVILLE
Vous auriez dû les voir avant (le m’outrager.
Vous ne le pouvez plus quand je veux les venger.
LE DUC
.le serais ridicule et vous seriez victime.
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Le ridicule cesse où commence le crime,
Et vous le commettrez; c’est votre châtiment.
Ah ! vous croyez, messieurs, qu’on peut impunément, Masquant ses vils desseins d’un air de badinage , Attenter a la paix , au bonheur d’un ménage.
On se croyait léger, on devient criminel :
La mort d’un honnête homme est un poids éternel.
Ou vainqueur, ou vaincu, moi, ce combat m’honore; Il vous flétrit vaincu, mais vainqueur plus encore : Votre honneur y mourra. Je sais trop qu’à Paris Le monde est sans pitié pour le sort des maris;
Mais dès que leur sang coule , on ne rit plus, on blâme. Vous ridicule! non, non : vous serez infâme!