‹ L' école des vieillardsChapitre 86 sur 96 · DANVILLE, BONNARD · texte numérisé non relu

DANVILLE, BONNARD

Tu sauras, mon ami, que ton bonheur m’enchante !

Je m’en fais une image agréable et touchante ;

D’un désir tout nouveau je me sens embrasé,

J’en rêve.... Je t’ai dit qu’on m’avait proposé Une jeune personne aimable et fort jolie....

DANVILLE

Et de te marier tu ferais la folie ? ,

i 5u L’ÉCOLE DES VIEILLARDS,

BONNARD

l)u ton que tu prends là je suis émerveillé, N’est-ce pas toi, mon cher, qui me l’as conseillé?

DAN VIL LE

Te marier. Bonnard!

BONNARD

Vois, dans un ministère Supprime-t-on quelqu’un , c’est un célibataire.

Les pères de famille ont un titre éloquent,

Qui plaide en leur faveur dès qu'un poste est vacant , Les défend dans leur place; eh bien, je me marie , Pour me trouver enfin dans leur catégorie.

À ton âge !

BONNARD

De grâce , es-tu moins vieux, que moi ?

DANVILLE

Oh! moi, c’est autre chose, entends-tu bien; mais loi . Je te vois en victime aller au sacrifice ,

Tu cours tête baissée au fond du précipice.

Quand tu vas t’y jeter, je dois te retenir.

Hé ! sais-tu , malheureux , sais-tu quel avenir Te punirait un jour d’une telle incartade ?

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