DANVILLE, BONNARD
Tu sauras, mon ami, que ton bonheur m’enchante !
Je m’en fais une image agréable et touchante ;
D’un désir tout nouveau je me sens embrasé,
J’en rêve.... Je t’ai dit qu’on m’avait proposé Une jeune personne aimable et fort jolie....
DANVILLE
Et de te marier tu ferais la folie ? ,
i 5u L’ÉCOLE DES VIEILLARDS,
BONNARD
l)u ton que tu prends là je suis émerveillé, N’est-ce pas toi, mon cher, qui me l’as conseillé?
DAN VIL LE
Te marier. Bonnard!
BONNARD
Vois, dans un ministère Supprime-t-on quelqu’un , c’est un célibataire.
Les pères de famille ont un titre éloquent,
Qui plaide en leur faveur dès qu'un poste est vacant , Les défend dans leur place; eh bien, je me marie , Pour me trouver enfin dans leur catégorie.
À ton âge !
BONNARD
De grâce , es-tu moins vieux, que moi ?
DANVILLE
Oh! moi, c’est autre chose, entends-tu bien; mais loi . Je te vois en victime aller au sacrifice ,
Tu cours tête baissée au fond du précipice.
Quand tu vas t’y jeter, je dois te retenir.
Hé ! sais-tu , malheureux , sais-tu quel avenir Te punirait un jour d’une telle incartade ?