‹ L'école et la patrieChapitre 16 sur 31 · HuMMEL : Handbuch der Erdkunde · texte numérisé non relu

HuMMEL : Handbuch der Erdkunde

elle une affection filiale : c'est Tidolâtrie de l'Allemagne que le Lehrbuch éveille, encourage et développe.

Quel enfant n'a appris Die Wacht am Rhein? Quel étudiant ne sait par cœur les poésies patriotiques de Kœrner ou d'Arndt récitées dès l'école? Un jour que je voyageais avec quelques amis dans le Palatinat bavarois, j'avais proches de moi, dans un jardin d'auberge, quelques tout jeunes gens, — dont le plus âgé n'avait peutêtre pas seize ans ; sous une tonnelle ils chantaient et disaient des vers. L'un d'eux se leva à son tour et déclama les strophes de Geibel :

« Plutôt que de pourrir d'un cancer intérieur, mieux vaut affronter l'ennemi sur un champ de bataille. Trois fois bénie sera l'heure quand sur les bords de la Moselle, les balles pleuvront !... Guerre ! Guerre ! Donnez-nous la guerre pour remplacer les querelles qui nous dessèchent la moelle dans les os. »

Connaissez-vous le Sapin de Strasbourg par Riickert? Les petits Alsaciens-Lorrains l'apprennent dans le livre de lecture publié à leur usage :

« Un vieux sapin domine 4a forêt. Il vivait déjà dans le temps qu'était allemand le pays. On le coupa. Au moment oiî sa racine et son cœur

furent brisés, il exhala une plainte qui fut recueillie. Et la voici : « Il y a si longtemps que « j'existe! J'ai vu les jours heureux où FEmpe- « reur allemand et sa suite passaient à cheval « dans ce pays. Oh! le lointain souvenir ! J'au- « rais voulu le saluer de mon bruissement et « échanger avec les vents des conversations sur « la domination allemande ! Puis vint le temps « de Terreur; alors il me sembla que le cli- « quetis des armes étrangères me traversait « jusqu'à la moelle. Un jour les vents secouèrent « ma vieille tête. De nouveau les bannières alle- « mandes apparurent aux bords du Rhin ; mon (( espoir fut que des Vosges au Palatinat ce pays « allait devenir allemand. Tout se calma bientôt. « Et maintenant, adieu aigle et faucon ! Je « tombe dans l'opprobre et l'épouvante, car je « ne serai pas une planche pour construire une « maison allemande ; on fera de moi un escalier « neuf pour une mairie ou quelque préfecture ! (( Mais vous, jeunes compagnons de la foret, je « vous prédis un bel avenir. Quand s'affaissera « Tun de vous, il servira à la demeure d'un « prince allemand, en pays devenu allemand, et « mon bois, alors, craquera de joie dans la préce fecture. »

La CoJidamnation et la mort de Conradin de

Souabe ; La Bataille de Rosbach ; Le Relèvement du peuple prussien en 1813; La Marche de Blûcher sur Waterloo auréolent FAllemagne d'une gloire éblouissante : « A qui, s'écrie Arndt dans La Bataille de Leipzig, resta la victoire dans cette grande lutte? Qui s'empara du prix avec une main d'acier! Dieu a dispersé les Welches comme le chaume, Dieu' a dispersé les Welches comme le sable. Des milliers d'entre eux couvrent la verte prairie. Ceux qui ont été épargnés se sont sauvés comme les lièvres et Napoléon avec eux ! » Et dans une autre pièce * : « Laisse, dit-il, l'hypocrisie aux Welches ; toi, sois loyal, pieux et libre. Laisse aux Welches leur parure d'esclaves. Que la simple fidélité soit avec toi. » — « La liberté allemande, la foi allemande, le cœur allemand et l'acier allemand sont à la fois quatre héros. »

Elle fait mal cette haine méprisante de la France, soufflée à des enfants dont les pères versèrent leur sang pour que restassent françaises l'Alsace et la Lorraine. On s'indigne moins à en trouver des leçons dans le Lehrbuch du Grand-Duché de Bade qui nous désigne comme « l'ennemi héréditaire » .

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