‹ L'école et la patrieChapitre 20 sur 31 · G. Weulersse, Le Japon (T aujourd'hui, p · texte numérisé non relu

G. Weulersse, Le Japon (T aujourd'hui, p

liers en récréation, le nôtre a un empereur qui dans le monde est sans rival. »

L'histoire et la géographie s'assignent pour but essentiel de surexciter la foi nationale : « Notre grand Nippon, gouverné par son sage empereur, est supérieur à tous les pays du monde... » — «... Le Japonais est guidé par Tamour de la vertu tandis que le vil Européen ne recherche que le plaisir physique et sensuel... » D'autres peuples ont eu des prophètes pour leur prêcher une morale. Point n'en fut besoin au Japon : « Le peuple y est doux, parce que notre sol et notre climat prédisposent naturellement les hommes à la bonté. » — « Notre livre sacré, professe un manuel de morale rédigé pour les écoles primaires, est notre histoire, sainte et parfaite, le modèle des morales dans tous les temps, sans la plus légère tache. » Tous les Toku-Hon, livres de lecture pour les enfants, prescrivent le loyalisme envers la dynastie et le dévouement au pays comme le premier des devoirs. Des récits militaires incitent au métier des armes.

L'histoire du Japon^ employée dans les écoles normales d'instituteurs et dans l'enseignement secondaire, insiste sur ces notions des ouvrages élémentaires : « Seul de tous les Etats qui apparaissent sur le globe, le Japon n'a jamais subi

la souillure d'une conquête étrangère... Une seule lignée d'empereurs a fleuri dans notre pays depuis plusieurs milliers d'années; et dès les origines du Japon c'est à sa bienfaisante autorité que nous sommes respectueusement soumis ; c'est sa majestueuse puissance que nous révérons unanimement... Depuis le temps oii Fancêtre divin^ la grande déesse Ama-Terasou, fit descendre du ciel son fds Ninigino-Mikoto, c'est sa postérité qui sans interruption, pendant des myriades de cycles, a daigné de génération en génération gouverner notre pays...

« ...Ainsi^ notre empire forme comme une seule grande famille accrue au point d'être devenue une nation... Bien que la situation respective de maître à serviteur soit très rigoureusement définie, comme en même temps l'empereur chérit ses peuples, ceux-ci aiment respectueusement les empereurs ; de sorte qu'entre lui et eux les relations sont à la fois celles de maître à serviteur et de père à enfant. Ainsi, la maison impériale est la maison ancestrale de notre nation ; et toutes les familles en sont comme des branches et des rameaux : voilà le fait constant.

« Le monde est grand ; le nombre des nations immense ; mais sur quelle rive pourrait-on voir

un pays ayant une famille impériale pareille, ayant un pareil peuple ! »

Des leçons sur la science de la guerre intéressent les étudiants aux travaux des étatsmajors. Un officier anglais, le général Barrow, assistait un jour aux grandes manœuvres. Parmi les spectateurs, très nombreux, il distingua des collégiens qui s'y passionnaient. Des dispositions officielles avaient été prises pour leur permettre de les suivre et de les comprendre. Le thème général leur en était fréquemment expliqué par des officiers. Une instruction militaire élémentaire et la connaissance de la terminologie les mettaient en mesure de se rendre un compte exact de tous les incidents : « Les avantages de cet encouragement systématique des goûts militaires naturels aux jeunes gens, écrit sir E. Barrow, sont évidemment considérables, et les officiers de haut grade à qui j'en parlai en ont la parfaite intelligence *. »

« On fait quelquefois, atteste M. Roger Dorient, des opérations spécialement pour la jeunesse. C'est ainsi qu'un jour, pendant que j'étais au Japon, un groupe de 1.300 étudiants, avec de nombreux professeurs, alla passer une journée

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