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GAND

IMPKIMEBIE DE EÜG. VANDEBHAEGHEN, EUE DES CHAMPS, G6

Tous ceux qui, en Belgique, s’intéressent aux progrès des études sur l’antiquité classique , ont entendu parler de l’école française d’Athènes ; mais , à part les personnes qui lisent régulièrement les comptes rendus de l’Académie des inscriptions et belles-lettres , dans lesquels on publie le rapport annuel fait à l’Institut sur les travaux de l’école , bien peu se font une idée exacte des grands services que celle-ci a rendus à la science. On se doute à peine que c’est à cette institution qu’on doit attribuer, en grande partie, le développement des études grecques en France. C’est ce qui m’engage à rappeler en peu de mots l’historique de cette école, à en décrire l’organisation et à faire connaître l’impression qui m’en est restée, après avoir séjourné pendant plusieurs mois à Athènes et avoir été mis en relation avec les élèves de l’école. Cet exposé me permettra de rechercher dans quelles conditions le gouvernement pourrait établir une mission scientifique permanente en Grèce, et quelle serait Tutilité de cette mission pour le développement des hautes études en Belgique.

Le 25 août 1846 Sainte-Beuve écrivait dans le Journal des Débats : « On a récemment parlé d’un projet qui honorerait à la » fois le gouvernement français et le gouvernement grec : il » s’agirait d’établir un lien régulier entre PUniversité de France » et la patrie renaissante des Hellènes , de mettre en rapport » l’étude du grec en France avec cette étude refleurie au sein » même de la Grèce , d’instituer en un mot une sorte de con- » cordât littéraire entre notre pays et la terre d’Athènes. » L’éminent critique était bien renseigné, car vingt jours après la publication de son article , le 11 septembre 1846 , une ordonnance royale de Louis-Philippe, contresignée de de Salvandy, instituait à Athènes « une école française de perfectionnement » pour rétude de la langue, de l’histoire et des antiquités

l’école française

» grecques » Les élèves sortis de l’école normale pouvaient seuls y être admis. Ils devaient passer au moins deux ans en Grèce et étaient autorisés à y donner des cours publics et gratuits, ])Our autant que ceux-ci fussent compatibles avec leurs études. L’ordonnance ni disait rien ni des travaux des élèves, ni de l’organisation de l’école.

On n’eut naturellement pas de peine à décider plus d’un jeune agrégé à se rendre en Grèce, et dès 1847 l’école comptait sept élèves sous la direction de M. Daveluy, qui resta à la tête de rinstitution jusqu’en 18G7. M. E. Burnouf lui succéda à cette épo(]ue. En 1874, l’école fut soumise à rintelligente direction de M. Albert Dumont, que remplaça, en 1878, M. Foucart.

^Malgré le peu de précision de l’ordonnance du 11 septembre, on peut y reconnaître cependant que le but principal du gouvernement d’alors était de pousser aux études de philologie grecque, tant ancienne que moderne. Ceci ne peutguères nous étonner. Les études archéologiques n’occupaient encore à cette époque en France que peu de savants ; l’Institut de correspondance archéologique de Borne était de création récente et n’était connu que dans quelques cercles spéciaux; les études épigraphiques, d’un autre côté, n’avaient pas pris les développements qui leur ont été donnés depuis. Le gouvernement semble avoir voulu uniquement mettre quelques jeunes savants à même d’approfondir la langue des Hellènes et leur permettre de s’initier à la langue grecque moderne. Pendant longtemps 011 attacha une grande importance à l’étude de l’idiome actuel. Un professeur de grec moderne était attaché à l’école, et les cours de latin et de français que les élèves pouvaient donner devaient naturellement leur en faciliter l’étude. C’est ce qui expli (pie comment pendant les premières années on attacha tant d’importance à l’existence de ces cours. Il se peut aussi (pi’une pensée politique, se rattachant au développement de rinfluence française en Orient et surtout en Grèce^ n’y restât })as complètement étrangère. Le savant Guigniaut dit dans son rap])ort lu à l’Académie des inscriptions le 8 mars 1850 ^ : « Les » élèves feront pendant la seconde année une application natu-

’ Cl. E. ViNET. École française d’Athènes. (L’art et l’Arthéologie. Paris, 1874), p. 92-114; Journal officiel, 12 et 13 mars 1873.

2 Moniteur Universel , 12 mars 1850.

d’athènes.

» relie de la connaissance et de la pratique qu’ils auront » acquises, pendant la première année, aux cours de langues » et de littératures françaises et latines qui leur sont présentés, » et qui doivent exercer une influence doublement heureuse pour » eux et pour les jeunes grecs, devenus leurs disciples. » L’existence de ces cours est encore maintenue dans le décret impérial du 17 février 1859, mais ne se trouve plus dans le décret du 26 novembre 1874. Il semble que le gouvernement a finalement compris que les élèves pouvaient employer plus utilement leur temps en Grèce qu’à donner des cours de français et de latin. L’idée était généreuse, je l’avoue, mais ne me semble pas avoir été bien pratique.

Les commencements de l’école furent naturellement difficiles. On dut tâtonner beaucoup , et plus d’un élève se rendit peutêtre en Grèce sans savoir au juste à quelles études il allait s’y livrer. On pourrait se demander aussi si M. Daveluy avait bien les qualités voulues pour donner à l’entreprise toute l’impulsion nécessaire. Heureusement la vue même des monuments de la Grèce put inspirer à plus d’un d’entre les élèves l’amour des fortes études et leur montrer la voie qu’ils avaient à suivre. Notre but n’est pas, qu’on veuille ne pas s’y méprendre , de faire des critiques. Nous devons reconnaître qu’une institution toute nouvelle, sans exemples dans le monde scientifique, ne pouvait être créée tout d’une pièce et atteindre à la perfection dès le premier jour. Le premier jalon était posé, — idée noble et grande , — l’expérience seule pouvait démontrer quels étaient les innovations à introduire, les changements à apporter. Aussi, si l’honneur d’avoir créé l’école revient à M. de Salvandy , M. de Parieu a le grand mérite de l’avoir organisée sérieusement et d’avoir compris que c’était surtout le manque de direction scientifique qui entravait ses progrès.

Grâce aux instances, à ce qu’il semble, de M. Guigniaut, qui pendant toute sa vie ne cessa de porter le plus vif intérêt aux progrès de l’école ^ , M. de Parieu publia, le 26 janvier 1850, un arrêté par lequel il oblige les élèves à envoyer annuellement un mémoire sur un point d’archéologie , de philologie ou d’histoire, qui pourrait être inséré dans les Archives des

‘ Wallon. Notice historique sur Guigniaut. Paris , 1877, p. 67,

l’école erançaise

missions scientifiques , créées par les arrêtés du 29 octobre et du 14 décembre 1849 , et soumet l’école à la direction scientifique de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Par sa lettre du 30 janvier le ministre demandait à l’Académie si elle acceptait cette haute mission, et émettait l’idée que l’école d’Athènes devait être soumise à la direction de la compagnie dans le même sens que l’Académie de France à Rome était guidée par l’Académie des Beaux-i\.rts. On peut affirmer que c’est cette détermination qui décida de l’avenir de l’institution.

L’Académie s’empressa d’accéder au désir du ministre , dans la séance du V février, et nomma une commission chargée de faire les propositions propres à régulariser les travaux de l’école. Les membres en étaient MM. Raoul-Rochette, Hase, Lebas, Ch. Lenormant et Guigniaut, auxquels se joignit M. Guizot, en sa qualité de président de l’Académie. Dans le rapport que présenta M. Guigniaut à la séance du 8 mars 1850 \ l’illustre interprète de Creuzer constata que, si les résultats obtenus avaient été satisfaisants, ils étaient loin cependant d’être complets. « Si le but n’a pas été atteint du premier coup, » il peut l’être et le sera avec une organisation plus régulière, » des études dirigées avec plus de suite et d’ensemble, une » impulsion plus haute et plus énergique, une surveillance » ferme et bienveillante à la fois. Ce qui a manqué au commen- » cernent, c’est un plan de travaux suivis et gradués , un règle- » ment général d’études. » On ne pouvait mieux dire. La commission proposa donc un plan d’études.

La première année les élèves étudieraient le grec vulgaire, la topographie générale, l’archéologie, et s’occuperaient de la lecture des géographes et historiens anciens.

Pour ce qui concerne le grec moderne, la commission appelait surtout l’attention des élèves sur l’étude des dialectes provinciaux et locaux, de la nomenclature des produits de la nature dans les trois règnes , des objets de l’industrie, et enfin des noms de lieux. Elle recommandait aussi aux élèves de ne pas négliger l’étude de l’idiome albanais, assez répandu dans certaines parties de la Grèce. Cette première année était ainsi consacrée à des études préparatoires. Pendant la seconde les élèves se livreraient à des travaux spéciaux et auraient à faire

^ Moniteur Universel, 12 mars 1850.

d’athènes.

un mémoire sur une question d’histoire, de littérature, de mythologie, d’archéologie ou de topographie. Dans le cas où les élèves seraient autorisés à rester une troisième année en Grèce , ils seraient chargés d’explorations spéciales. L’Académie proposerait chaque année les travaux que les élèves pourraient entreprendre , tout en laissant à ceux-ci la liberté d’en choisir d’autres, qui leur plairaient davantage. En d’autres termes, c’était un conseil donné par des hommes de la plus haute compétence, mais non un ordre. Les premiers travaux proposés par la commission furent : une exploration de l’île de Patmos et de l’Eubée ; une étude de l’Acropole , et enfin une étude du mythe de Trophonius.

Ce plan, faut-il le dire, était magistralement conçu et digne de ses auteurs. Il semble regrettable cependant que l’Académie n’ait pas songé à charger le directeur de l’école de donner aux élèves de la première année un cours d’archéologie et d’épigraphie.

Le décret de M. de Parieu et le rapport de M. Guigniaut appelèrent naturellement l’attention sur l’école d’Athènes, qu’on avait commencé à oublier quelque peu. L’Assemblée législative, voulant donner à la jeune école un gage de sa sympathie et montrer en même temps quelle confiance elle avait dans son avenir, lui alloua, dans son budget pour 1851, un crédit spécial, alors qu’auparavant l’école n’avait été soutenue que par des crédits prélevés sur le chapitre des missions scientifiques h Aussi M. de Parieu put-il dire , dans son rapport à Napoléon ^ : c( L’école vient enfin , après quatre années de durée incertaine » et précaire, de recevoir de l’Assemblée législative, avec la » conservation de son existence , désormais assurée , la récomy> pense de ses premiers et utiles travaux, » et le 7 août 1850, le même ministre soumit à la signature du Président un décret donnant à l’école une organisation sérieuse et conforme aux propositions faites par la commission de l’Académie. C’est ce décret qui établit que les élèves ne seront nommés qu’après avoir subi un examen , auquel pourront prendre part , non-seulement les agrégés de l’école normale , mais aussi les agrégés non sortis de cette école. En fait, jusqu’à ce jour, tous les élè-

^ Art. 8 du décret du 11 sept. 1846.

2 Moniteur Universel, 1850 , p. 2776.

l’école française

ves de l’école d’Athènes, à part une exception, ont été des agrégés de l’école normale.

Le 8 novembre suivant , la commission de l’Académie fit un second rapport, à l’effet de proposer le programme de l’examen nouvellement étaldi L Ce programme, fort bien conçu du reste, a été changé depuis, et il serait superflu de nous y arrêter. Je me permettrai cependant de faire remarquer qu’on exigeait des candidats la connaissance d’auteurs dont l’étude n était pas absolument nécessaire, tels que les chants populaires de Fauriel , et

Chronique de Morée en vers, publiée parBuchon. Peut-être eût-il été préférable d’examiner les candidats sur telle ou telle science, ])lutôt que sur certains auteurs indiqués à l’avance. Ceci du reste était en rapport avec un système d’examens qui malbeureusement est d’un usage encore actuellement assez général en France.

Deux années plus tard, un décret de M. Fortoul (15 décembre 1852) établissait que le temps passé par les élèves à Athènes leur serait compté comme s’il avait été consacré à l’enseignement. Grâce à cette mesure , ils ne pouvaient être désavantagés par le décret du 10 août 1852 sur l’agrégation des Lycées. Pendant ce temps les innovations introduites par M. de Parieu produisaient les plus heureux résultats. Les fouilles faites par M. Beulé en 1852 et 1853, à l'entrée de l’Acropole, avaient fait du bruit et appelé l’attention du monde savant sur l’institution qui les avait dirigées. Le retentissement qu’eurent ces fouilles fut, il est vrai, quelque peu exagéré; l’inscription placée par Beulé à droite de la porte de l’Acropole peut donner lieu à des critiques % mais elle s’explique par l'enthousiasme tout naturel du jeune savant. Si aujourd’hui la plupart des archéologues n’admettent plus toutes les théories émises par Beulé , il n’en est pas moins vrai que ses découvertes, quelle que soit l’interprétation qu’on en donne, font époque dans l’histoire de Tarchéologie. Elles sont des plus importantes pour l’explication de la topographie de l’Acropole , et ce furent elles qui

‘ Moniteur Universel 14 novembre 1850, M. Guigniaut, rapporteur. 2 La France a découvert la porte de l’Acropole, les murs, les tours et l’escalier.

1853 Beulé.

Cf. Beulé. Fouilles et découvertes , I, p. 77.

d’athènes.

consacrèrent la réputation scientifique de l’école française aux yeux du monde savant.

Le 9 février 1859 un décret de M. liouland codifia les divers décrets et arrêtés antérieurs et en modifia en même temps certaines dispositions. C’est ainsi que les membres de l’école étaient classés en trois sections ; celle des lettres , celle des sciences et celle des beaux-arts. La création de la section des sciences a été l’objet de diverses critiques. En fait, un seul membre en a fait partie (M. Gorceix en 1869). Il me semble qu’on ne s’est pas assez souvenu que la Grèce présente aux savants un champ d’études excessivement vaste pour n’importe quelle science naturelle et que la connaissance exacte des richesses et des ressources du pays pourrait ne pas être sans utilité pour les intérêts commerciaux et industriels de la France. Mais il ne nous appartient pas d’insister sur ce point dans la présente étude.

La principale innovation introduite par M. Kouland fut celle qui obligeait les élèves à séjourner trois mois en Italie avant de se rendre en Grèce. Le ministre comprenait toute l’utilité d’un séjour en Italie pour ceux qui veulent s’initier à la connaissance du monde antique , et il eut raison de croire , comme le dit fort bien M. Vinet, ^ que dans l’ordre des études et de l’idéal classique , le péristyle de la Grèce , c’est l’Italie. Bientôt même on comprit que ce séjour de trois mois était insuffisant, et c’est à M. J. Simon que revient l’honneur d’avoir établi, grâces aux instances de MM. L. Renier et F. Ravaisson, que dorénavant les élèves passeraient une année entière en Italie avant de se rendre en Grèce En même temps fut créée à Rome une école préparatoire d’archéologie ; ce fut la premier pas vers rétablissement de l’école française de Rome, dont l’organisation définitive date du décret du 20 novembre 1875, signé par M. Wallon. M. Alb. Dumont, si connu déjà par des travaux archéologiques de la plus haute importance (je ne citerai que son mémoire sur l’Ephébie attique), fut chargé d’y donner aux élèves un cours d’archéologie. Cette excellente innovation était appelée à produire les plus beaux résultats ; malheureusement ce cours ne fut donné que pendant une année, M. Alb. Dumont ayant été appelé à Athènes, pour y diriger l’école en remplacement de M. E. Burnouf.

^ Vinet, p. 98.

2 Décret du 25 mars 1873.

l’école eeançaise

Cependant la commission de l’Académie signala , à diverses reprises, des desiderata , et bien des savants trouvaient que plus d’un changement restait à introduire dans l’organisation de l’école d’Athènes. Déjà en 1867, M. Maury écrivait : «L’école » française d’Athènes a montré , et montre chaque jour, par les » travaux de ses membres , à quel point elle serait capable de » continuer leur tradition (celle de Letronne, de Ch. Lenormant), » si une plus forte organisation, jointe à des circonstances » favorables, lui ouvrait largement la carrière » h

Enfin les instances faites de divers côtés , mais surtout par la commission de l’Académie , amenèrent d’heureux résultats ; dès le 9 mai 1872 M. J. Simon demandait à l’Académie quelles étaient les modifications à apporter au régime de l’école, et le 26 novembre 1874, M. De Cumont contresigna un décret qui introduisait une réorganisation complète : c’est à ce décret que l’école française est encore soumise aujourd’hui.

Dans les pages qui précèdent, j’ai esquissé les diverses phases par lesquelles avait passé l’École avant d’arriver à sa constitution actuelle. Je vais tâcher maintenant d’en faire connaître rorganisation.

La direction scientifique de l’École est confiée à l’Académie des Inscriptions et belles-lettres , qui nomme dans son sein une commission chargée de présenter à la séance publique annuelle un rapport sur les travaux des élèves. Elle constate les progrès o))tenus et indique les améliorations qu’il y aurait lieu d’introduire. Elle dresse la liste des travaux qui pourraient être faits parles membres de l’École, et on est heureux de pouvoir constater que bien peu des études indiquées ont été négligées par les élèves. En 1879, cette commission se composait de MM. Egger, de Longpérier, L. Renier, Miller, Waddington, Girard, Ileuzey et Perrot.

C’est avec l’Académie que correspond le directeur de l’École, ])Oiir tout ce qui a trait à l’intérêt scientifique. C’est lui aussi (pii tient la Comjmgnie au courant des découvertes les plus récentes, et ])resque à chaque séance hebdomadaire l’Académie

‘ A. Maury. Ex]iosé des progrès de V Archéologie, p. 119.

d’athènes.

reçoit une communication archéologique ou épigraphique envoyée par le directeur de l’École française d’Athènes, ou par celui de l’École française de Kome. C’est ainsi que le 23 mars 1877, M. Alb. Dumont s’empressa d’informer l’Académie des découvertes faites parM. Schliemann à Mycènes. La Compagnie est ainsi toujours tenue au courant des découvertes les plus importantes.

Le directeur de l’École est nommé par décret présidentiel , sur la présentation d’une double liste de candidats choisis par l’Académie et par la section de l’enseignement supérieur du comité consultatif. La durée de ses fonctions est de six ans , mais son mandat peut être renouvelé. Il est le vrai chef de l’École et dirige directement les travaux des élèves. C’est lui qui appelle leur attention sur les recherches à faire , les guide dans leurs travaux , les aide de ses conseils et , sans entraver l’action dirigeante de l’Académie, leur indique ces mille et une petites choses qui sont le résultat de Fexpérience acquise dans le pays même. Il a sur les élèves la même influence que les professeurs dans les séminaires des universités allemandes. Son action est immense , et l’on peut s’en rendre compte en envisageant les grands progrès obtenus depuis la direction de M. Alb. Dumont. Les candidats à la place d’élève de l’école d’Athènes doivent être âgés de moins de trente ans, être porteurs d’un diplôme de docteur ès-lettres ou d’agrégé de lettres, de grammaire, de philosophie ou d’histoire. Ils sont soumis à un examen , qu’ils subissent devant une commission de sept membres désignés par le ministre , et qui porte sur la langue grecque ancienne et moderne, sur les éléments de l’épigraphie, de la paléographie et de l’archéologie , sur l’histoire et la géographie de la Grèce et de l’Italie anciennes ^ . Le programme de cet examen est conçu d’après le système français, qui consiste à résumer les traits généraux d’une science en un certain nombre de questions — ici au nombre de vingt-neuf — auxquelles le récipiendaire doit être à même de répondre. On peut s’étonner qu’aucune de ces questions ne soit relative aux antiquités grecques, dont la connaissance est si importante pour l’interprétation des inscrip-

1 Programme des conditions d’admission à l’école française d’Athènes et à l’école française de Rome. Paris. J. Delalain.

l’école eeançaise

tions. Les philologues pourraient regretter aussi de ne rencontrer , dans ce programme , aucune question de philologie pure , de manière à ce qu’on puisse constater que non-seulement le candidat comprend le texte de Strabon et de Pausanias , mais encore qu’il se rend un compte exact de la valeur des différents textes de ces auteurs et de l’importance des manuscrits que nous en ])Ossédons. On a, en effet, souvent reproché à l’École de ne pas s’occuper suffisamment de philologie; on est même allé jusqu’à dire que les élèves ne connaissaient pas assez de grec. Ces re- ])roches sont exagérés, mais ce que je crois être vrai, c’est que plusieurs d’entre eux n’ont pas fait des études philologiques assez approfondies. Certains de leurs mémoires portent des traces de cette faiblesse, qui fait que bien souvent le côté philologique d’une question leur échappe. Il me semble qu’on pourrait raisonnablement exiger d’eux que \qvlv 'philologische Bildung lut assez avancée pour pouvoir servir de base sérieuse à leurs études ultérieures. Il convient cependant de dire que dans ces dernières années de grands progrès ont été obtenus en ce sens , et que la commission de l’Académie ne cesse de s’occuper de ce point h

Maintenant, que la plupart des élèves ne s’occupent pas spécialement de philologie à Athènes, on le comprend aisément et je n’oserais leur en faire un grief. D’ailleurs, ceci même ne peut être avancé d’une manière absolue. C’est ainsi qu’un ancien élève de l’École, M. Riemann , a choisi tout récemment, pour sa thèse (lu doctorat, une question purement philologique. De plus, ])resque toujours un des pensionnaires d’Athènes se livre spécialement à l’étude du grec moderne. Jadis c’était M. Deville, actuellement c’est M. Baudouin, qui avait déjà commencé à s’occuper de la littérature et de l’histoire de la Grèce moderne pendant son séjour en Italie.

Les élèves, au nombre de six, sont nommés par le ministre, sur le rapport de la commission d’examen. Ils sont obligés de séjourner une année en Italie et deux années en Grèce. Pendant tout ce temps ils n’obtiennent d’ordinaire qu’une fois un congé de deux mois pour retourner en France. Leur traitement est de 8G00 fr. Ils sont, de plus, indemnisés de leurs frais d’aller et de

‘ Cf. Loger. Rapport de 1872. Comptes-rendus de V Académie des Inscriptions , 1872. p. 498.

d’athènes.

retour, et des dépenses occasionnées par les voyages qu'ils font dans l’intérieur de la Grèce ou en Asie mineure. Enfin, ils sont logés gratuitement à l’École, mais doivent se nourrir à leurs frais. Pendant longtemps l’École était installée dans un local loué par le gouvernement français , situé sur la place de la Constitution et occupé actuellement par l’hôtel de la Grande Bretagne. En décembre 1872 , on commença la construction d’un vaste édifice au pied du Lycabète. Le terrain en fut offert par le gouvernement hellénique et l’on peut regretter qu’on n’ait pas songé à donner à la construction un caractère plus artistique.

Chaque élève choisit, d’après ses goûts et ses aptitudes, la spécialité à laquelle il veut se consacrer. Les uns %’occupent d’épigraphie , d’autres d’archéologie ou de philologie ‘grecque moderne. Ils ont à leur disposition une bibliothèque fort riche — je crois qu’elle possède au moins 25,000 volumes — placée sous la surveillance de l’un d’entre eux. Y ayant travaillé souvent moi-même je ne saurais assez louer l’ordre qui y règne et la manière pratique dont les livres sont classés et catalogués. La bibliothèque a été l’objet des soins constants des divers directeurs qui se sont succédé à l’École, et elle est parfaitement tenue au courant, tant des publications étrangères que des ouvrages parus en France. Ce sont naturellement les ouvrages relatifs à la Grèce qui y occupent la principale place : on n’a cependant pas négligé non plus la partie littéraire, de manière que, après des études souvent bien arides, les élèves peuvent se reposer l’esprit par la lecture des écrits de quelque grand littérateur. Des personnes étrangères à l’École peuvent venir y travailler avec l’autorisation du directeur. Je ne puis faire de plus bel éloge de cette bibliothèque qu’en disant que , comme collection spéciale, je ne lui connais de supérieure que la bibliothèque de l’Institut archéologique de Rome.

D’ordinaire les élèves passent l’hiver à Athènes et y préparent leurs mémoires. C’est touf^au plus si, pendant cette saison^ ils s’absentent pendant quelques jours pour faire une excursion à Sunium, à Marathon ou à Mégare. Les grandes excursions se font, soit par un, soit par deux élèves , pendant les mois d’été, et cela d’après les indications fournies par le directeur. Ces voyages ont, du reste, pu être préparés pendant l’hiver. A première vue on pourrait s’étonner que les élèves choisissent les mois les plus chauds de l’année pour explorer des contrées où

l’école française

les voyages sont toujours difficiles, car on sait que la vie y est des plus primitives , que les routes et les ponts y sont un luxe quasi-inconnu, et que, pour ce qui est des chemins de fer, il ne saurait guère en être question , car le bilan des voies ferrées est vite fait : en Grèce une seule ligne, allant du Pirée à Athènes, avec arrêt à la station balnéaire de Phalère ; en Asie-mineure trois, en Turquie quatre. Si cette époque a été spécialement choisie, c’est que de juillet à septembre la sécheresse dans l’xVttique est telle que le séjour y est tout à fait insupportable ; j’excepte tout au plus Phalère et Képhissia. De plus, comme les élèves font d’ordinaire une véritable exploration, ils séjournent souvent pendant plus d’une semaine dans un meme endroit, et n’ont que de temps à autre à faire à cheval une course d’une dizaine d’heures : ceci se fait aisément durant ces nuits admirables dont on ne peut comprendre tout le charme que dans les pays méridionaux. Les élèves ont, du reste, devant eux l’exemple de leurs devanciers , dont la santé ne s’est guère altérée à ce genre de voyages.

Ils choisissent comme champ de leurs explorations soit quelque île, soit une partie du pays nettement déterminée. On pourrait se demander si, dans l’intérêt des études, il ne leur serait pas plus utile de visiter la première année la Grèce d’une manière générale , et de consacrer la seconde à l’étude d’un endroit déterminé. Les résultats de leurs voyages font d’ordinaire le sujet du mémoire qu’ils doivent adresser annuellement à l’Académie. On insérait jadis la plupart de ces travaux dans les Archives des missions scientifiques^ dont le premier volume parut en 1850. Fondue en 1856 avec la Revue des sociétés savantes, cette publication fût reprise en 1864. Mais depuis 1877 on publie les Mémoires les plus importants dans la Bibliothèque des écoles françaises d'A thènes et de Rome. Grâce à la valeur des premiers travaux qui y furent insérés, grâce surtout à l’étude sur le Liber pontiflcalis de l’abbé Duchesne, et au bel ouvrage de M. Müntz sur Les arts à la cour des Papes aux et XVr siècles, qui vient d’être couronné par l’Académie des Beaux-Arts, cette publication a déjà pris rang parmi les périodiques les plus estimés de l’Europe. D’autres fois les élèves développent leurs mémoires envoyés à ITnstitut et en font le sujet de leurs dissertations pour l’obtention du doctorat ès-lettres, grade qui en France ne se prend qu’assez tard et qu’on

d’atpiènes.

ne parvient à obtenir qu’après être arrivé à une maturité scientifique assez grande.

Quelquefois aussi les élèves sont chargés de faire des fouilles : le directeur dispose à cet effet d’une somme annuelle de 4000 francs. Les objets trouvés dans ces fouilles ne pouvant, d’après la loi hellénique , sortir du territoire grec , sont déposés à l’école, où ils constituent les premiers éléments d’un futur musée. Parmi les objets qui s’y trouvent je mentionnerai les célèbres vases de Santorin. Lorsqu’un élève a entrepris des fouilles importantes et qu’on peut espérer d’heureux résultats de fouilles ultérieures , le gouvernement peut lui permettre de prolonger son séjour en Grèce au-delà de la troisième année; mais dans ce cas le jeune savant n’est plus à vrai dire élève de l’École, mais chargé d’une mission scientifique. Tel fut le cas jadis pour M. Beulé, tel est actuellement le cas pour M. Homolle, dont les fouilles à Délos, que M. Alb. Dumont avait déjà eu le projet d’entreprendre , ont eu un grand retentissement dans le monde savant et font le plus grand honneur à celui qui les dirige. Ces fouilles se font aux frais de l’Etat ainsi qu’à l’aide d’un subside fourni par la Société centrale des architectes h Dès 1873, M. Lebègue avait fouillé les parties hautes de l’île de Délos ; les fouilles de M. Homolle s’exécutent par contre surtout le long du rivage, afin de déblayer toute Faire du célèbre temple d’Apollon Délien.

Il arrive aussi qu’après leur troisième année les élèves soient chargés démissions archéologiques fort étendues. Telle fut la mission de M. Heuzey en Thessalie, en Macédonie et dans l’Épire , et cellle de M. Perrot en Galatie et en Bithynie. D’autres fois encore ce sont de riches particuliers qui , suivant l’exemple donné jadis par le duc de Luynes, confient à d’anciens élèves de l’école des missions dont leur générosité couvre tous les frais. C’est ainsi que MM. de Eothschild chargèrent M. Bayet d’exécuter des fouilles à Milet, avec l’assistance de l’architecte M. Thomas

J’ignore le montant du budget de l’École pour la présente

^ P. Perrot. Rapport sur les travaux de l'école Athènes. (Comples rendus de V Académie des Inscriptions ^ 1877. p. 479).

2 Rayet. Milet et le golfe Lamiaque.

l’école française

année; mais je sais qu’en 1878 1e gouvernement lui alloua une somme de 114.500 fr. Comme il faut défalquer de cette somme 50,000 fr. destinés à couvrir, cette année, les frais de construction de la nouvelle école, le budget était en réalité de G4,500 fr.

Si dans toute cette organisation il y a une lacune à constater, c’est V absence de cours. L’innovation introduite par M. J. Simon était excellente, et j’ignore pourquoi on n’a pas continué dans la voie indiquée. L’existence d’un cours d’épigrapliie et d’archéologie, donné par les directeurs, tant à Kome (pi’à Athènes, serait de la plus haute utilité. L’examen subi par les candidats a prouvé, il est vrai, que ceux-ci possédaient certaines connaissances épigraphiques et archéologiques. Mais ces connaissances, il les ont puisées bien plus dans les livres que dans les cours qu’ils ont suivis à l’école normale. Or, faut-il le dire, pour s’initier à une science, le meilleur livre ne remplacera jamais un cours même médiocre. Dans un cours l’élève apprend la méthode, est initié à ces mille et une pétites choses qui ne se disent jamais dans un livre. De plus, lorsqu’on s’occupe d'une science quelconque, il est nécessaire d’avoir étudié un cours complet , qui donne à l’élève une idée d’ensemble de toutes les questions que cette science embrasse , et lui fasse connaître la route parcourue ainsi que la partie de la science non encore explorée, les questions scientifiquement résolues et celles qu’il s’agit encore de résoudre. Un tel cours , les élèves n’en ont jamais suivi à l’école normale , cette institution n’ayant pas pour but de former des spécialistes. Quant aux cours qui se donnent au Collège de France et. à la Sorbonne, ils n’ont pas eu le temps de venir les entendre. Encore ces cours , traitant de parties spéciales, sont-ils plutôt faits pour des hommes qui se sont déjà appliqués aux sciences qui en font l’objet que pour des commençants. Ces cours sont très utiles, plusieurs d’entre eux sont môme donnés d’une manière supérieure par des savants illustres ; mais les professeurs ne s’y occupent que de points spéciaux, (ju’ils approfondissent en y donnant tous les développements (]ue comporte la matière.

C’est ainsi que l’an dernier M. L. Renier étudiait dans son cours d’épigniphie latine les magistratures impériales, en mettant à profit cette profonde science à laquelle le monde savant a déjà rendu hommage depuis longtemps ; en Sorbonne M. Perrot avait

d’ hènes.

pris pour sujet de son cours d’archéologie les antiquités de Cypre, et M. Lenormant (cours de la bibliothèque nationale) Dionysos et les fêtes dionysiaques. A l’école des hautes études l’élève trouverait des cours élémentaires ; mais le régime de l’école normale ne lui permet pas de les suivre. Il y a donc là une lacune , une cause d’imperfection. Il semble que plusieurs savants en étaient convaincus, car il y a quelques années on avait fait la proposition de forcer les élèves à séjourner une année à Paris avant de se rendre en Grèce, afin d’y faire des études préparatoires. Cette proposition vint se heurter contre de nombreuses difficultés et ne fut point admise. D’ailleurs des cours donnés à Rome et à Athènes combleraient cette lacune bien plus avantageusement qu’un séjour d’un an à Paris. Il est bien vrai que le directeur de l’une et de l’autre école guide les élèves , que ceux-ci peuvent toujours avoir recours à sa science et à son expérience pour toutes les difficultés qui se présentent , qu’ils sont en commerce continuel avec lui, vu qu’ils habitent sous le même toit; mais une direction pareille resterait toujours nécessaire. On pourrait la comparer à celle qu’exerce le professeur dans les Séminaires allemands ; mais ces Séminaires mêmes présupposent le cours du professeur.

L’École, comme toute autre institution, a eu ses époques de gloire et ses années de langueur. En France on l’a attaquée à plusieurs reprises , on a même quelquefois douté de l’utilité de son existence : heureusement elle a été assez forte pour résister à toutes ces critiques, qui la plupart du temps étaient des plus injustes. A ne la considérer que pendant ces dernières années, on peut dire que, depuis la réorganisation de 1874, lÉcole a fait d’immenses progrès, grâce à l’activité et à l’initiative de M. Alb. Dumont; et la réputation scientifique de son nouveau directeur, M. Foucart, nous garantit qu’elle marchera de progrès en progrès.

Une heureuse innovation de M. Dumont, et dont M. Burnouf avait déjà conçu le projet, fut la création d’un Institut de correspondance hellénique, établi dans un esprit analogue à celui qui a présidé à la naissance de l’Institut archéologique de Rome. Les séances se tiennent environ tous les quinze jours, dans la salle de la bibliothèque de l’École, tout comme cela se fait dans l’Institut allemand d’Athènes. Dans la première séance, tenue le 3 avril 1876, M. Dumont indiquait nettement le but de l’in-

IG

l’école feançaise

stitiition ^ : « Le principal objet que nous nous proposons, » disait-il, est d’établir entre l’Orient grec et l’Occident ces » communications suivies qui jusqu’ici n’ont pas été suffisantes. » Donner la publicité à toutes les découvertes qui se font en » Orient et qui restent si souvent inconnues , et d’un autre côté » guider les travailleurs encore inexpérimentés et isolés. Ces » séances auront pour objet, dit-il encore : 1^ d’analyser les » travaux publiés en Grèce sur des sujets de philologie et d’his- » toire, 2^^ de prendre connaissance des faits nouveaux, des » inscriptions, des monuments qui nous seront signalés par nos » correspondants ou qui auront paru dans les journaux, surtout » dans les feuilles quotidiennes ; 3^ d’entendre des communica- » tiens sur des questions relatives à la Grèce ancienne ou du » moyen âge. » Les comptes rendus des séances tenues en 1876 furent insérées dans la Revue archéologique ; mais dès le mois de janvier 1877, l’Institut eut son organe spécial , le Bulletin de corres'pondance hellénique, rédigé en partie en français, en partie en grec moderne. Les séances sont naturellement la partie la moins importante de l’œuvre. Ce qui répond à une véritable nécessité , c’est le bulletin, qui tient l’Europe savante parfaitement au courant des découvertes qui se font en Orient. La nécessité d’une pareille publication se faisait sentir d’autant plus que les anciennes revues archéologiques grecques , telles que l’E(pvî|:z£ptç, avaient cessé de paraître , que la Société archéologique d’Athènes ne publie qu’un rapport annuel (TrpaxTtxà), de manière qu’actuellement la Grèce ne possède qu’une seule revue philologique et archéologique, to ’A^-vjvatov, revue très intéressante, mais qui, étant uniquement rédigée en grec moderne, ne peut s’adresser qu’à un public fort restreint. Le bulletin n’en est qu’à son troisième volume, tout comme les Mittheilungen de l’Institut allemand, et ces deux publications ont dès maintenant pris une place des plus honorables parmi les revues archéologi(jues. Inutile de dire que les élèves de l’École rédigent la plus grande partie de cette publication. A ce point de vue l’existence du Bulletin rend des services au monde savant en même temps (]u’il concourt aux progrès des élèves. La nécessité de faire pu-

* Institut de correspondance hellénique. Année 1876 , par Albert Dumont. Paris, Didier 1S7G, p. 1 et 4.

d’athènes.

blier par les élèves de petites notices s’était fait sentir depuis longtemps. C’est dans ce but que, dès 1868, M. Em. Burnouf fonda un bulletin de l’école française ; mais cette publication n’eut que quelques fascicules. Actuellement donc les élèves sont forcés, non-seulement de consacrer leur temps à la rédaction de leur mémoire annuel, d’ordinaire assez étendu, mais de se livrer aussi à l’examen de certains points de détail, de commenter quelques inscriptions inédites , de décrire et d’interpréter quelque vase nouvellement découvert, et ces études de détail doivent nécessairement élargir beaucoup le cercle de leurs connaissances archéologiques.

Tout ceci prouve la grande activité scientifique de l’École. Si donc il reste peut-être encore ça et là quelque amélioration à introduire, on peut être convaincu qu’elle le sera. L’École progressera de plus en plus. Elle a fait depuis longtemps ses preuves , et bien grands sont les services qu’elle a rendus à la science. Si l’on parcourt la liste des travaux de ses membres, on s’aperçoit bien vite que presque toutes les parties de la Grèce ont fait l’objet d’une exploration spéciale : dès maintenant on peut dire que les élèves de l’École ont fait le relevé archéologique du pays des Hellènes ; ils ont même dépassé les frontières de la Grèce actuelle , visité l’Épire , la Macédoine , la Thrace , l’Asie mineure h..; ils ont dressé le catalogue de plus d’un

^ Voici la liste de quelques travaux des meiubres. Tout incomplète qu’elle est, elle donnera une idée assez'exacte de l’étendue des études et de leur diversité t

Fragments d'un voyage dans V archipel grec. Fragments d'un voyage dans le Péloponnèse. Études de mythologie et d’archéologie grecques d’Athènes à-Argos (publié en 1858).

Mémoire sur Vile dÉgine.

Les îles de la mer Égée.

Mémoire sur trois inscriptions d’Olympie. Les monnaies d’Athènes (publié en 1858). Études sur les Péloponnèse (1855).

Les monnaies d’or d'Athènes.

An uulgaris lingua apud ueteres Graecos exstiterit ?

L'Acropole d’Athènes (publié en 1854).

1847. Benoit.

1850. Berteand.

1851. E. About.

Lacroix.

1852. Beulé.

l’école française

musée Certes ces travaux ne sont pas tous définitifs; bien souvent les élèves doivent traiter certaines parties un peu à la

1852. E. Bürnoüp.

Girard.

1854. Henriot.

Mézières.

1856. Guérin.

1858. DE LA CoULNICHE.

Fustel de Coulanges.

1860. Foucart.

1860. Wercher.

1863. Barbier.

Heuzey.

1864. Perrot.

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