‹ L'école historique de Jérome BolsecChapitre 3 sur 9 · O ORIGINE DU PRESENT DEBAT · texte numérisé non relu

O ORIGINE DU PRESENT DEBAT

pelée à l'œuvre des MM. GalilTe quepai- l'usage immodéré qu'en ont fait en ces dernières années les écrivains ultra-catholiques. M. J.-B.-G. GalilTe excuse le style de sa brochure en disant qu'il ne fait qu'user de son droit, parce que je me suis « soustrait aux réparations, acceptables pour tout galant homme, dont il me laissait le choix. » Cette assertion, répétée sous une nouvelle forme à la fin, est une manière de faire croire que je me suis soustrait à la nécessité d'accepter un duel à défaut d'une rétractation ; mais rassurez-vous, ô lecteur; le choix, comme il explique aussi (page 19), était seulement ou de retirer la partie accusatrice de mon article ou d'uuvi'ir à l'offensé les colonnes de la France protestante pour y répondre. Il a bien soin de ne pas dire qu'il m'a présenté cette requête en termes tels qu'il n'était pas possible d'y répondre, à moins que ce ne fût par des voies de fait '; et d'ailleurs lui-môme a jugé à propos de jeter, en beau style, quelque ridicule sur ce côté guerrier d'une question historique*. C'est heureux, car un massacre en ce moment m'empêcherait de dire plusieurs choses qui me restent à exposer pour démontrer que si l'article Bolsec était agressif, sa vivacité n'est que trop justifiée par les assertions blessantes et fausses dont l'auteur et son père ont rempli leurs ouvrages.

* Cette lettre, de six pages d'injures, se terminait ainsi ; « Comme votre article a dépassé tout ce que je pouvais attendre, je viens vous déclarer que s'il n'est pas immédiatement retiré, ou si vous ne me fournissez pas les moyens d'y répondre comme je l'entendrai dans le recueil même où il a été publié, je le tiendrai et le déclarerai publiquement pour l'œuvre d'un Idche, d'an fourbe et d'un menteur. Je pense que c'est assez explicite. Galbffe. •

2 a Qui dirait, à ses procédés, qu'il s'agit ici d'un conflit sérieux entre grands-péres sexagé* naires? Ne croirait-on pas plutôt assister à l'une de ces querelles d'enfants vicieux qui, dès les premiers mots, en viennent à s'ertgumler sur leur défroque, sur leurs difformités, etc. » {Lettre d'un iprotest. genev., p. 18.)

IKéeeMsiK'» (l<> pntiivor Ioh faitN.

M. J.-15.-G. GiililTe commence ordinairement ses écrits par l'énuméralion des articles de journaux, des lettres llatteuses et des bons témoignajrt's de tous genres dont ^es travaux précédents ont été accueillis et honorés. Il se repaît ainsi d'une douce cliiuiére qu'on ne voudrait pas hriseï'; mais ceux qui ont un peu vécu dans le monde liltéraii-e savent que ces éloges de la politesse et de l'amilié sont une monnaie iiaiiale et d'un faillie prix Ce qui compte au contraire, quaml on possède un peu de pliilosopliie et assez de lucidité pour savoir réduire les choses à leur valeur, ce sont les critiques nettes et franches, comme celle que voici. Je trouve dans le dernier cahier de la Rente historique, publiée à Paris par M. Gabriel Monod,le savant professeur de rKiole des hautes études, et par .M. G. Fagniez, revue de première importance dans le domaine de l'érLnliiion. un compte rendu de la dernière livraison de la France protestante, en une vinataine de lignes :

• On ne saurait avoir trop île reconnaissance pour le zèle, > etc. [Je passe par dessus ce qui me concerne]: « Pourquoi faut-il qu'on y trouve Ir-oj) « souvent <les apologies intempestives et inutiles des protestants, des dis-

• eussions trop longues dont le ton sort tout à fait du style d'un diction-

• nairef MM. Galiffe père et (ils ne méritaient pas Vlionneur d'être réfutés en

• quatre pages à propos de Bolsec el avec une si éloquente indignation.

Pour un plus digne objet réservez ce courroux! >

Tel n'est pas mon avis, et je répondrai : Pourquoi faut-il que la savante lietue, qui rend compte de tout ce qui parait dans l'Europe et ailleurs, en matière d'histoire, n'ait pas eu le temps de se mieux renseigner sur les questions (ju'elle tram lie ainsi d'un cou|t magistral. Elle connaît, je le vois bien, les (euvresde M.M. GililTe; mais elle [lai-ail ignorer complètement l'influence que ces œuvres ont exercée el pourraient peut-être exercer encore. Cet article lîolsec ne démoniie-t-il pas, el surabondamment à ce qu'il parait, que les officines catholiques s'approvisionnent de mensonge à pleines mains dans les œuvres des M.M. Galiffe ? Et c'est trop de quatre pages pour contredire el démentir un travail d'une dizaine de volumes, qui en a déjà enfanté beaucoup d'autres el qui, depuis un demi-siècle tout entier, insinue soulerrainement et sans bruit l'erreur el le poison dans une bonne partie des livres français et allemands?

Et n'y a-t-il à considérer (pie les livres? Peu de temps après que M. GalilTe le fils eut publié ses Pages d'histoire \\\e\M-le, un vénérable el docle vieillai'il, le pasleur Th. Passavant de Bàle, écrivait à l'un de ses amis de Genève :

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