‹ L'école (volume 2)Chapitre 16 sur 42 · LES CONGRÉGATIONS ENSEIGNANTES · texte numérisé non relu

LES CONGRÉGATIONS ENSEIGNANTES

Il y a trois espèces principales d’associations religieuses de femmes :

Les congrégations dirigées par une supérieure générale ;

Les communautés régies par une supérieure locale, qui ne peuvent s’étendre au delà des limites de la commune où elles ont été autorisées à fixer leur résidence ;

Les maisons particulières," ou succursales, dépendant d’une congrégation à supérieure générale 1 .

Ces associations (ou ordres) considérées sous le rapport de leurs œuvres et de leur destination sont enseignantes, ou hospitalières, ou contemplatives. Il en est plusieurs qui se livrent en même temps à

1 Loi du 24 mai 1825, art. 3.

l’éducation des filles 145

l’enseignement de la jeunesse et au soulagement des pauvres et des malades.

D'après la législation et la jurisprudence, les congrégations dirigées par une supérieure générale, lorsqu’elles sont purement enseignantes, ou enseignantes et contemplatives à la fois, ont seules le droit de former dans toutes les communes de la France des établissements, permanents ou temporaires, d’instruction primaire sous leur dépendance; . par conséquent, elles peuvent seules fournir des sœurs de leur ordre pour les écoles, soit en exécution d’une fondation, soit en vertu de traités passés entre les supérieures générales et les administrations municipales.

Au premier janvier 1860, avant l’annexion à la France de la Savoie et du comté de Nice, il existait 2,972 associations religieuses de femmes légalement reconnues, savoir : 234 congrégations à supérieure générale, 688 communautés à supérieure locale, 2,050 maisons particulières dépendant d’une congrégation à supérieure générale. Ce nombre a trèspeu augmenté depuis 1860. On remarquera que les 2,050 maisons particulières de religieuses ou succursales formées dans les communes représentent plus des deux tiers des 2,972 associations auto-| risées. \

Parmi ces associations, on en compte 553 seu- . lement enseignantes, 302 seulement hospitalières, 2,101 à la fois enseignantes et hospitalières,

146 l’école

1 6 contemplatives. En 1856, il y avait en France 23,359 religieuses vouées exclusivement à l’enseignement, 10,187 à la fois à l'enseignement et au service hospitalier, et enfin 6,845 vivant de la vie contemplative; en tout, près de 40,500 religieuses. On en comptait, en 1861, plus de 90,000.

C’est tout un monde, composé des éléments les plus divers et recruté dans toutes les classes de la société. Plusieurs communautés sont riches par elles-mêmes et ne reçoivent que des personnes bien élevées et en état de payer une forte dot. Vingt-deux maisons appartenant à des congrégations autorisées, enseignantes ou hospitalières, se partagent une somme de 98,000 fr., inscrite annuellement au budget *. Presque toutes les religieuses exercent une industrie pour augmenter leur revenu, et la plupart d’entre elles sont

1 En voici la nomenclature : Dames du Refuge, à Caen ; Sœurs dn Refuge, à La Roche.lle ; Sœurs de Charité, à Bourges; id., à Besançon; Sœurs hospitalières de Saint-Maurice, à Chartres; Sœurs du Refuge, à Rennes; Sœurs de Charité, à Tours; Sœurs de la Miséricorde, à Saint- Sauveur-le-Vicomte (Manche) ; Sœurs de la Doctrine chrétienne et Sœurs de Saint-Charles, à Nancy ; Sœurs de Charité, à Nevers ; Sœurs du Sacré-Cœur, à Beauvais; Sœurs de la Miséricorde, à Sées; Sœurs de Saint-Charles, à Lyon; cinq communautés de Paris : les Dames Augustines, les Dames de Saint-Vincent-de-Paul, les Sœnrs du Refuge-de-Saint-Michel et les Sœurs de Saint-Thomas-de- Villeneuve ; Sœurs du Refuge, à Versailles ; Sœurs de la Sagesse, à Saint-Lanrent-sur-Sèvre (Vendée) ; Sœurs de Saint-Alexis, à Limoges. — Deux congrégations d’hommes seulement participent àcette libéralité de l’Etat : ce sont les Lazaristes et les Missions étrangères.

l’éducation des filles 147

obligées de mener une vie très-laborieuse. La couture, la confection des- objets de lingerie, les fleurs artificielles, les dentelles, la préparation de diverses sortes de confitures et de dragées, qui ne sont guère dans certains couvents qu’un moyen de varier les occupations de la journée, deviennent pour d’autres.

une ressource indispensable et ne suffisent pas toujours à donner aux recluses une modeste aisance. Les principales branches de leur industrie sont le service des hôpitaux et des bureaux de bienfaisance, et l’enseignement. L’enseignement surtout est pour elles une sorte de vocation additionnelle, qui leur vient comme par surcroît avec cqlle de se consacrer au service de Dieu. Les religieuses qui n’enseignent pas forment tout au plus un sixième de la population des couvents.

Presque toutes les communautés, depuis les plus riches jusqu'aux plus humbles, les religieuses hospitalières, les ordres les plus rigoureusement cloîtrés, les simples associations charitables sans clôture et sans vœux solennels, ont ou un pensionnat ou une école. Les religieuses qui se tiennent, comme les frères des écoles chrétiennes, à la disposition des paroisses, et vont ouvrir école partout où on les appelle, ne se bornent pas à l’enseignement ; elles visitent les malades, entretiennent le linge, les ornements, le menu mobilier de l’église, font un peu de pharmacie et se mettent à la disposition du curé pour toutes sortes de bonnes œuvres.

l’école

Outre le désir d’avoir une école portant en quelque sorté, par la qualité des maîtresses, enseigne de catholicisme, et dont il est le régulateur et le directeur presque souverain, le curé est naturellement charmé d’avoir des sœurs dans sa paroisse. Ce sont en beaucoup de choses d’utiles auxiliaires. II considère d’ailleurs comme une œuvre pie de rendre service aux communautés, besoigneuses qui ont des sœurs inoccupées. Les communautés vouées à ce genre d’enseignement sont très-nombreuses. Nous ne pouvons citer ici que les congrégations enseignantes et reconnues par l'Etat, qui sont le plus souvent appelées à former des établissements primaires de leur ordre, ce sont : les filles de la Croix, dites sœurs de Saint-André, à Lappuye (Vienne); les sœurs de Saint- Joseph, à Bourg (Ain); les sœurs de Saint-Joseph de Cluny (Saône-et-Loire) — la maison mère est actuellement à Paris, rue Méchain, faubourg Saint-Jacques; — les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, à Paris, rue du Bac; les sœurs de la Providence, à Portieux (Vosges); les religieuses de Saint-Maur, à Paris, rue Saint- Maur; les sœurs de l’Instruction chrétienne, à Nevers (Nièvre) ; les sœurs des écoles chrétiennes de la Miséricorde, à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche) ; les sœurs de la Charité, à Evron (Mayenne); les sœurs de la Providence. à Ruillé-sur-Loir (Sarthe) *.

1 Nous joindrous à e ‘tte énumération la liste des Congrégations

l’éducation des filles

Il est rare qu’une religieuse aille s’établir seule dans uue paroisse; il en faut prendre deux, et le

qui dirigent des écofcs de filles dans le département de la Seino

Page 1