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recevaient plus de

2 .128 institutrices-adjointes ayaient on revenu total variant & 850 & 400 fr.

250 recevaient pi

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(Le décret du 20 janvier 1878 a élevé à 450 fr. le traitement minimum des Institutrices adjointes.)

I La moyenne du revenu d'un instituteur diplômé, en Angleterre, est d 100 liv. (2,500 fr.); dans le pays de Galles, elle dépasse 78 liv. (1*860 fr.). L moyenne du revenu des instituteurs non diplômés varie entre 48 liv. (1,200 fr et 62 liv. (1,550 fr.). En Ecosse, les instituteurs des écoles presbytériennes o: me moyenne de 69 liv. (1,725 fr.).

La moyenne du revenu des institutrices diplômées dépasse 68 Ut. Fou I

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Cet état de choses constitue une injustice manifeste; il nuit gravement aux progrès de l'instruction primaire, car il est hors de doute qu'un instituteur mal nourri, inquiet pour sa famille, exposé à faire des dettes, ne peut apporter le zèle et l'attention nécessaires dans ses délicates et laborieuses fonctions ; enfin la misère du maître exile de la classe une partie des enfants indigents, parce que les préfets chargés de fixer le nombre des élèves gratuits pour chaque commune sont constamment retenus par la nécessité de ne pas abaisser outre mesure le produit de la rétribution scolaire1. Depuis quarante

institutrices non diplômées, aile descend à M Ht. 19 ■, 7 d. (environ 870 fr.). M. Reyntiens, l'Enseignement primaire et professionnel en Angleterre et en Irlande. Paris, 1864, p. 44 sqq. et p. 193.

* Ceci n'est plus juste aujourd'hui. Le décret du 31 décembre 1853 a été abrogé ; on est revenu parement et simplement à l'application de l'article 24 de la loi do 15 mars 1860, portant que l'enseignement primaire est donné gratuitement à tons les enfants dont les familles sont hors d'état de payer, et à l'article 45 d'après lequel la liste de ces enfants, dressée par le maire et les ministres des différents cultes, approuvée par le conseil municipal, est définitivement arrêtée par le préfet. De pins, d'après l'article 9 de la loi du 10 avril 1867, il est payé à l'instituteur, pour chacun de ces enfants, un taux de rétribution arbitrairement déterminé chaque année par le préfet, sur l'avis du conseil municipal et du conseil départemental.

Oe n'est donc plus aujourd'hui la misère du maître qui exile les enfants pauvre» delà classe; mais, par une application abusive de la loi, la misère du maître a été aggravée. Le nombre des élèves payants a considérablement diminué ; celui des élèves gratuits a augmenté d'autant, et le taux de rétribution généralement adopté pour ces élèves n'offre pas une compensation suffisante à l'instituteur, 1 ttendu que ce taux est presque toujours dérisoire, les communes, le département et l'État ayant intérêt à ce qu'il soit le plus faible possible. C'est ainsi qu'une quantité de traitements qui, avant 1867, dépassaient le minimum légal, ne l'atteignent plus aujourd'hui. J'ai les mains pleines de réclamations et de plaiatei de malheureux instituteurs qui en sont réduits la.

ans que le mal existe, et il faut se hâter de reconnaître que le mal était beaucoup plus grand il y a qua« rante ans qu'aujourd'hui, les défenseurs du budget, les ennemis des grandes dépenses', qui, battus sui l'armée et les travaux publics, se rejettent sur les écoles pour faire des économies, répondent que l'instituteur peut faire en même temps autre chose, qu'il a la ressource du cumul. Cela paraissait superbe en 1833. Il sera secrétaire de mairie, sacristain, chantre de paroisse! On dirait qu'après la classe faite, l'instituteur ne sait plus quel emploi donner à son temps et à ses forces. C'est si peu de chose, en effet, que d'enseigner la lecture, l'orthographe et le calcul pendant sept heures par jour ! On avait alors une sainte horreur du cumul pour tout le monde, hormis pour l'instituteur; exception bizarre. Secrétaire de mairie, cela veut dire, la plupart du temps, valet de M. le maire; sacristain ou bedeau, c'est tout un dans les campagnes, et, quoi qu'on en dise, il s'agit presque toujours, entre autres choses, de balayer l'église et de sonner les cloches *. En tout cas, il est clair que le sacristain est dans la dépendance absolue du curé ou du desservant. C'est bien cela qu'on cherchait ; c'est à cela qu'on tient, et c'est bien aussi contre cela que nous réclamons. Soyons donc une bonne fois

* Voir le petit rolnme intitulé : L'Instruction gratuite et obligatoire, par Jules Simon, Pari», 187t.

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assez fiers et assez intelligents pour débarrasser la noble profession d'instituteur de toute cette domesticité !

On s'étonne quelquefois de la passion avec laquelle les amis de l'instruction défendent la cause des instituteurs. C'est que tout est là ; c'est tout l'avenir. C'est le maître qui est l'école. Avoir de bons maîtres! Le reste... il n'y a pas de reste. Il faut donc créer des vocations, créer une véritable carrière. Qui parle de richesses ou d'honneurs? Il s'agit bien de cela! La dignité et le bien-être suffisent. La dignité surtout est nécessaire ; il n'y en a pas sans une certaine indépendance. Savons-nous ce que c'est que l'instruction, pour que nous voulions confier nos enfants à des hommes dont toute la moralité consisterait à obéir à la loi, à ne pas blesser les convenances et à suivre les règlements? Qu'est-ce qu'obéir à la loi? cela ne s'appelle même pas être honnête homme, c'est simplement ne pas être un malfaiteur. Tout le monde obéit aux convenances; il suffit d'avoir appris quelque chose : vertu de surface* qui même frise parfois l'hypocrisie» Quant à la toute-puissance des règlements, que nous n'admettons nulle part, c'est surtout pour les écoles qu'elle est une dérision ! Les règlements peuvent être une arme contre l'instituteur incapable ou négligent; ils ne sont qu'une lourde entrave pour le maître qui sait son métier et qui l'aime. Il faut être en vérité bien aveugle pour attacher tant d'importance à ce gue les leçons soient

récitées de huit à neuf heures, la page d'écriture commencée à neuf heures seulement et finie à neuf heures et quart, l'orthographe enseignée dans la dernière demi-heure ! Sommes-nous en Chine ? Gardez toutes ces belles prescriptions pour vos bureaux, où elles sont de mise ; et quand vous investissez un homme de la mission de faire des citoyens, laissezlui assez de liberté dans sa fonction, assez d'indépendance dans sa position, pour qu'il se sente responsable et capable. Faites, si vous pouvez, qu'il soit, dans son école, un peu moins fonctionnaire et un peu plus père. Vous avez beau entasser décision sur décision et circulaire sur circulaire ; c'est de l'administration tout cela ; ce n 'est pas de l'école. Vous êtes chargés de la lourde responsabilité de l'enseignement populaire en France ? Votre devoir est tout tracé ; vous n'en avez qu'un, un seul, mais redoutable : choisir des hommes ! Le jour où vous serez sûrs que votre recrutement est bon et qu'il y a dans chaque école un homme suffisamment éclairé et profondément dévoué, soyez tranquilles sur vousmêmes et sur l'avenir du pays; et si ce jour-là on peut entasser en un monceau les règlements, les circulaires, les comptes rendus de quinzaine et de trimestre et toutes les paperasses de la science pédagogique, qu'on en fasse un feu de joie. L'école n'est ni un régiment, ni un couvent, ni un bureau : c'est une famille!

Une plaie profonde, à signaler encore, de notre

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enseignement primaire, c'est la quantité de communes dépourvues de maisons d'école. On peut juger par-là combien l'action de la loi est lente. La loi de 1833 fait une obligation aux communes de construire une maison d'école. Au bout de quarante ans, 39,328 écoles, soit de garçons, soit de filles, soit mixtes, sont la propriété des communes; 14,264 écoles sont louées; 2,680 sont prêtées; en tout, il reste 16,944 écoles à bâtir. Ainsi, un grand nombre de communes sont obligées de louer ou d'emprunter un local pour y installer, en camp volant, l'instituteur et ses élèves. Ce local ffttil bien choisi, vaste, aéré, commode, l'école n'y est qu'une aventure. Elle n'est une institution qu'à condition d'être chez elle. Un temple, une mairie, une école, voilà la commune. € L'expérience prouve, dit Y Exposé de la situation de FEmpire, qu'une école publique n'est véritablement constituée que lorsqu'elle se trouve à l'abri des variations et de l'instabilité auxquelles les propriétés particulières sont nécessairement exposées. Le même document, écrit en 1863, et par conséquent avant la loi de 1867 qui a multiplié les écoles de filles, porte à 10,119 le nombre des communes qui ne sont pas propriétaires de leur maison d'école, et il ajoute : « La dépense à laquelle donnerait lieu l'acquisition ou la construction d'une maison d'école dans ces 10,1 19 communes, ne s'élèverait pas à moins de 80 millions, et l'État serait, selon toute probabilité, obligé de concourir

à la dépense pour une somme de 38 millions 4. » Et le ministre ajoute : « Cette situation n'a rien de décourageant. » Il a raison. 38 millions aux maisons d'école, ce n'est rien, c'est moins que rien, pour un peuple qui, en ce même moment, donnait 26 millions avant de compter, à l'Opéra de Paris.

Nous arrivons maintenant à la question des écoles de filles, et aux 17,345 écoles mixtes 2. Mais ceci, c'est tout un monde.

i Exposé de la situation de rElhpire, novembre 1863, p. 68.

* Le chiffre de 1863 était de 18,256 écoles mixtes, qui se décomposaient ainsi : écoles ordinaires, 17,683; écoles de hameaux, 578. En 1872, nous avons 17,345 écoles mixtes, savoir : 15,667 écoles ordinaires, et 1,678 écoles de hameaux.

Quand on fait ces sorbes de comparaisons, Il ne faut jamais oublier le territoire que nous avons perdu à la suite des désastres de 1870, ce qui comprend, bêtas! l£8t communes, et une population de lg597^28 hnbitanta.

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