AVERTISSEMENT DE LA ONZIÈME ÉDITION
(mai 1886.)
Il y a cinq ans que j'ai écrit les pages qui précèdent. On avait fait beaucoup de bien; je craignais, à certains signes, qu'on ne se préparât à faire quelque mal. Je ne voulus pas, dans un livre destiné surtout à répandre la passion de l'instruction populaire, instituer une polémique qui aurait pour base, non des faits accomplis, mais des inquiétudes. Je tenais d'ailleurs à féliciter mon pays des améliorations considérables introduites dans le régime de l'instruction primaire, et à en remercier publiquement l'administration et le Parlement.
Je ne rétracte rien de mes éloges; j'y insiste au contraire. La France qui s'était laissée dépasser par la plupart des nations civilisées, et même par quelques pays entrés longtemps après nous dans les voies de la civilisation, a repris son rang à la tête du mouvement; c'est elle à présent qui s'occupe le plus de ses écoles, et qui dépense le plus d'argent pour elles. Cet argent n'est pas dépensé comme je le voudrais; mais il y a le mérite du sacrifice, et l'habitude prise d'avoir un gros budget scolaire. Ce sont deux grands points à l'honneur de la République. Je pense qu'on ne saurait lui en être trop reconnaissant.
Les lois votées dans ces dernières années, et celles qui ne sont encore qu'en projet, ont plutôt le caractère d'une action politique, que celui d'un effort pour l'amélioration des écoles. Les ânes exagèrent mes