‹ L'écoleChapitre 5 sur 65 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT

idées au point de les rendre fausses, et les autres vont directement contre elles. Je puis d'autant moins me dispenser de faire mes réserves, ou plutôt mes protestations, que je remplis en protestant, un devoir envers mon pays et un devoir envers moi-même; car si je revendique le mérite de l'initiative, je ne veux pas accepter la responsabilité des excès.

J'avais demandé avec instance qu'il y eût des écoles dans tous les hameaux; que les communes fussent propriétaires de leurs maisons d'école; que les filles fussent traitées, pour l'instruction primaire, sur le même pied que les garçons; que les maîtres fussent uniquement et exclusivement dévoués à leur tâche sans être obligés de. chercher des ressources dans des occupations auxiliaires dont quelques-unes sont dégradantes; qu'ils fussent choisis parmi les plus capables, ce qui impliquait un relèvement considérable de leur traitement et des autres avantages attachés à leur situation. On a mis, ou on va mettre des écoles dans tous les hameaux; on a bâti des maisons d'école dans un grand nombre de communes, et on est en train d'en bâtir dans les autres. Je regrette qu'on ait voulu aller trop vite, et faire trop beau; ce sont deux grandes fautes. Il faut toujours mesurer ses dépenses sur ses ressources. Je me plains surtout du caractère fastueux d'un assez grand nombre de groupes scolaires. On n'avait besoin que de classes bien aérées, bien exposées et bien éclairées, sans aucun luxe. Cela même était préférable. La simplicité sied aux écoles, j'y voudrais un peu d'austérité. Les adversaires de ces dépenses commencées étourdiment, et qui constituent une charge écrasante pour les finances de l'État et pour celles des communes, n'ont pas manqué de dire qu'on élevait des palais scolaires. On leur a fourni un argument par ces exagérations, contre une

Page 1