‹ L'école militaire de Québec [microforme]Chapitre 1 sur 5 · PA DS MR SE SET TRS · texte numérisé non relu

PA DS MR SE SET TRS

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parlerai

Depuis quelques années, le public croit, à tort ou à raison, que les relations des Etats- Unis et du Canada ne peuvent guère être plus longtemps pacifiques. L'affaire du Trent l’a fait songer à la possibilité d’une guerre avec nos voisins : ello semble avoir été pour nous comme le signal de nos préparer à une défense militaire. 25,000 Volontaires se sont présentés d'eux-mêmes à l'exercice ; plusieurs plans d’organisationont été soumis à l'attention des Chambres et du pays. La conviction générale du peuple, que nous pourrions payer bientôt notre tribut à Bellone, a été assez ferme pour permettre au gouvernement, qui n’est que l'organe du peuple, de prendro les moyens de nous protéger contre l’ennemi, Pour entrer dans le mouvement populaire, et afin de mettre le pays à l’abri d’un coup de maio, l’'Hon. M. Lorion voulut former des officiers capables d'instruire et de commander parfaitement leurs compatriotes. Dans ce but il fonda les Ecoles Militaires de Québec et de Toronto, qui s’ouvrirent le 1er mars 1864, sous la direction des autorités militaires anglaises. .

Le nombre considérable de jeunes gens de toutes les conditions qui se sont pressés à l'Ecole militaire de Québec depuis sa fondation, donne la mesure de l'importance que le peuple y attache, Evidemment il prend un vif intérêt à son bon fonctionnement, st il n’y a pas de doute qu’il verra signaler avec plaisir les obstacles qui le paralysent, comme les moyens de les faire disparaître.

Mû par la pensée de donner mon obole à la cause de la défense nationale, j'entreprends un travail que je livre à la conscience de ceux qui, par leur position comme par leur influence,

uvent remédier aux abus que je vais exposer.

é remplis un devoir de patriotisme et d’amitié, en même temps qu’une promesse faite, à maintes reprises, à ceux que j'ai vu maltraiter d'une manière criante. Î est bien entendu que je parlerai seulement de l'Ecole militaire de Qué-

bec : je ne connais point cominent est administrée celle de Toronto ; et d’ailleurs cela n'intéresse point mes compatriotes.

Il n’est personne qui n’admette que partout où a passé la domination anglaise, toutes les injustice: lui ont fait cortège, Là même que toutes les armes lui ont paru bonnes pour submerger toute nationalité étrangère. L'histoire du Canada,comme celle des Indes, comme celle de l'Irlande, en contient trop de preuves écrites en caractères sanglants dans ses pages Îles plus sombres, pour que le doute là dessus soit permis. Que n’a-t-on pas fait dans le but de uous anglifier? Déroulez les premiers feuillets seulement de nos annales et vous y verrez gravée cette incontestable vérité.

Croyez-vous par hasard que les anglais d’aujourd’hui soient dégénérés ? Loin de là : partout où il y a une injustice à commettre, vous êtes certains de les y trouver.

Et cependant c'est entre leurs mains que le gouvernement du pays a mis la direction absolue des Ecoles militaires! Mais il faut l’en absoudre. Il était raisonnablement impossible qu’il la confiât à nos compatriotes, dont quelques-uns à peino possèdent, même théoriquement, une science militaire suffisante. Ce n'est pas dans un pays qui jouit d’une paix absolue depuis un demi-siècle, et qui ne possède point de troupes nationales régulières, qu'il fallait chercher des hommes capables d'enseigner une science dans laquelle la pratique a autant à faire que la théorie,

En coufiant aux autorités militaires le soin d’instruire-les jeunes Canadiens dans l’art de la guerre assez profondément pour en faire des cfficiers capables, le gouvernement faisait donc bien, Mais quand il leur donnait sur les élèves un contrôle absolu, quand il les faisait rois et maîtres dans les écoles, sans se réserver à lui-même le droit de veiller à la protection de ses nationaux, alors il faisait mal, Tont en leur laissant une pleine autorité en matière de

discipline et d'enseignement, il devait prendre | leurs confrères d'ôrigine anglaise. 11 suffit de garde de ne donner aux élèves que des profes- | porter un nom anglais, de parler la langue anseurs, et non des maîtres capricieux. lawe, pour y être jugé digne de tous les

La clause 52e du bill de milice qui établit | égards, serait-on du reste archi-buse! (Cette

les écoles militaires, se lit comme suit : stupide préférence, dictée par de stupides kr 3

# Dans le but de permettre aux officiers de | préjugés de race, existe depuis l’ouverture de ei de milice ou aux aspirants aux commissions ou |l’Ecole. Elle a pour effet de donner aux An- dis dcol promotions dans la milice, de se perfectionner | glais toutes les chances possibles d’avance- se 540 dans la connaissance de leurs devoirs militai- | ment. Sur quoi est-elle fondée ? — Sur quoi ? ‘ane

res, de l'exercice et de la discipline, le com- | sur la croyance, que partagent t-us les direcmandant en chef pourra fonder une école pour | teurs de l’Evcole, ee Anglais a dix fois plus donné

l’enseignement militaire dans chaque section | de facilité qu’un Canadien-Français d’acqué- N' de la province, et à cette fin et dans le but de | rir la science militaire, Cette supériorité, fût réndr mieux atteindre ce projet, is pourra entrer en | elle aussi vraie qu'elle est fausse, s’explique- Eule 4 arrangement uvec l'officier commandant les|rait, à la rigueur, par le fait que l'enseigne- 1e la

forces de Sa Majesté dans l’Amérique Britan- | ment se donne en anglais, langue incomprise ah ét nique du Nord pour affilier cette école à un d’un bon nombre d'élèves canad! as, et que que les ou à des régiments des forces de Sa Majesté, | toutes les explications, toutes les chances, tou- LS ET IL POURRA PRESCRIRE LES RÈGLES ET LES |tes les facilités d'apprendre sont injustement pratiqi RÉGLEMENTS NÉCESSAIRES et les conditions | accordées aux Anglais. Mais je le répéte, les ‘eompa auxquelles tel enseignement pourra être ré- | élèves canadiens, en même temps qu’ils ont de lèu tribué, et généralement faire tout ce qui sera | plus te patriotisme, possèdent uue plus grande . toujou en son pouvoir pour l'avancement de l’édu-|aptitude pour l'art militaire, et malgré les date. s cation militaire parmi les officiers et les a8pi- | avantages quotidiens qu’on leur refuse pour les | devant

accorder aux Anglais, ils réussissent infini- | vous K ment mieux que ceux-ci, en règle générale, bitude

rants aux commissions comme il est dit cidessus.”

Cette trop grande latitude donnée aux au-| Voyons maintenant en détail les injustices naigsat torités militaires, desquelles relèvent naturel- | qu’occasionne cette odieuse préférence, sour- j ront c« lement les dirc:‘eurs des écoles, est la seule |ce de tous les abus, de toutes les iniquités ! de tou cause des ab::: :::3 nombre qui font gémir nos | dont j'ai à me plaindre au nom de mes compa- î ficiers jeunes com. .e8 à Québec. Ceux-ci n’o-|triotes. tront r sent se plainu:e ouvertement, de peur d’empi- I 1 rants rer lour situation. Déjà plus'eurs ont pensé à L | lités q rédiger une plainte en forme et à l’euvoyer| Le but du gouvernement en assignant aux 4 l’accor au ministre de la milice : mais l’appréhension, | élèves la courte période de trois mois d'assis- ; J'ai mal fondée sans doute, de n’être ni crus pi |tance aux exercices de l'école militaire, n°é- d’ane | écoutés, ou de rendre impossible toute relation | tait certes que de leur donner la clef de la cie mi amicale avec leurs directeurs, les en a empê- | science si difficile de la guerre. L’on sent i d'y fai chés. Cela explique comment, après plusieurs | eu effet qu'une année même ne suffirait point Ë et, par mois d'injustices d’une part et de souffrances | pour apprendre les exercices d'escouade, de ques-u de l’autre, personne n’a encore osé rompre le | compagnie, de bataillon, de brigade et de sa- malhe silence. Jusqu'ici, des plaintes partielles seule- | bre, l'infanterie légère, la mousqueterie, l’éco- ves ca ment ont été faites à M. de Salaberry, | nomie interne d'un régiment, le code militaire, qui ler qui a répondu ne rien pouvoir en faveur des |et surtout la stratégie. ? n'en ai opprimés. Il est temps aujourd’hui que la vé-| En France, aux écoles militaires de St. Cyr È Pexist( rité perce et que le jour se fasse sur la manière | et de Laflèche, les élèves étudient pendant $ songe! arbitraire dont est conduite l’école de Québec, | deux ans ; ils sont casernés, portent l’uniforme, ÿ (1) po

Je ne sais si ma voix sera écoutée, mais | montent la garde, sont divisés en compagnies . leurs « j'ose me flatter qu’elle sera crue ; je n’avance- | sous le commandement d'officiers, etc., etc., insigni rai, dans le. cours de ce travail, aucun fait dont | Outre les écoles militaires proprement dites, il L 1e je n’aie la certitude, et en témoignage duquel | ÿ,a les écoles polytechnique, d'état-major, des a) Je ne puisse appeler dix, vingt, trents et quel- | ponts.et chaussées, et d'artillerie, chaque quefois cinquante. élèves. En comparant la France au Canada sous ce trois m

La première,. ls grande. injustice dont. les | rapport, l’on sent de suite, l'énorme diflérence 4 att élèves canadiens ont à se plaindre, c’est le fa: | qu'ils ont entr'eux. Mais il faut aussi considé ro

voritisme éhonté qui s'exerce en faveur de |rer leur situation, leur âge et leur grandeur.

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