ALPHONSE LUSIGNAN
21 novembre 1864.
Aa Capitaine Samuel Bradburne, Adjudant de l'Ecole Militaire de Quebec.
Monsieur,—Les écrits que je viens de publiér sur le compte de votre administration ont produit leur effet: j’en suis fort aise. Vous vous êtes ému de leur apparition, vous avez vu qu’il disaient vrai, et vous vous êtes décidé à conduire l’école sur un tout autre pied. Les élôves canadiens ont vu leur sort s'améliorer au point que l’un d’eux me disait de vous, ces jours derniers : “ Il est tellement juste jour les canadiens qu’il en est injuste pour les an-
ais.”
Il ne fallait point tomber ainsi d’un extrôme dans l’autre, et, après avoir pratiqué la justice égale comme lentendait lord Sydenham, il aurait mieux valu la pratiquer comme l’entendent les canadiens : les yeux bandés, sans partialité ni faveur, Toutefois je consiate un progrès : puisse-t-il être autre chose qu’un feu de paille, que la ferveur d’un nouveau converti !
L’on m'écrit de Québec : “ L'école a déjà complètement changé de face. Les canadiens sont les objets d’une multitude d'égards. La corruption par la liqueur n’est plus possible. Les canadiens commandent plus souvent que les anglais. Le capt. Bradburne les a suppliés de l’avertir aussitôt que quelqu'un croirait avoir raison de se plaindre, et dit qu’il corrigerait de suite ce qu'il y aurait de défectueux dans sa conduite, eto., etc.’
Vous le voyez, j’ai atteint mon but, j'ai obtenu que vous vous servissiez à l'égard de mes
ce que me coûte cette réforme, obtenue au prix d'une condamnation, sans portée aucune en elle-même, mais à laquelle les journaux anglais s’efforcent d’attacher de l'importance ; au prix des injures et des calomnies de la presse anglaise, et aussi, paraît-il, au prix de la perte de toute commission à laquelle mes certificats do l’école militaire me donnent droit d’aspirer.
Vous avez fait lire mes éc.its devant les élèves en les menaçant de résigner s'ils m’approuvaient ; mais votre présence à cette lecture et la crainte de tomber entre plus mauvaise mains les ont influencés : ils m'ont désapprouvé. !
Un comité chargé de travailler à l’augmentation de votre salaire a adopté une résolution de censure contre moi ; et pour obtenir les s1guotures des élèves, il les leur a deinandées
soit en votre présence, soit en leur cachant la
compatriotes comme des anglais des mêmes poids et des mêmes mesures: mais vous connaissez
résolution de blâme: et les élèves, par crainte révérentielle et par ignorance de tout le contenu dudocument, ont signé.
Ainsi le gue*-à-pens tendu par vos valets et vos boufles a réussi.
Mais voici qui pourrait atténuer la portée de cette condamnation et diminuer la joie que vous devez ressentir d’avoir si bien réussi. Aucun des faits cités par moi n’a été nié, si ce n’est le fait général de votre favoritisme. Eh bien! écoutez la confirmation de tous mes avancés.
Nicolet, 28 novembre, 1864.
À M. Alphonse Lusignan, Monsieur,
Quoique personnellement je n’aie rien à reprocher au capt. Bradburne, je dois à la vérité de dire qu’il se commettait chaque jour à l’école militaire do Québec, de mon temps, des injustices et des préférences dont les canadiens-français étaient toujours seuls les victimes,
Tout à vous, A. JANNBREY.
Tous les faits racontés par M. Alphonse Lusignen dans ses articles sur l’école militaire de Québec sont à ma connaissance parfaitement vrais et bien fondés.
Montréal, 23 novembre, 1864.
| L, M.'TANCRÈDE PLAMONDON.
St. Hyacinthe, 24 nov. 1864.
Nous, soussignés, certifions que tous les allégués, pour et contre l’administration de l’école militaire de Québec, contenus dans une série d'articles publiés dans l’Union Nationale de Montréal, signés “ Alphonse Lusignan,” sont justes et corrects, et que tous les faits y rapportés sont à la connaissance personnelle de chacun de nous.
‘faéoross RICHER, L. G. N. AnCHAMBAULT.
Repentigny, 26 nov. 1864.
Je certifie que durant les quelques mois que je fus élève de l'école milituire de Québec, j'y fus témoin de graves abus d'autorité. Je
n'hésite pas à déclarer que toutes les injusti- ;
A ]phonse militaire parfaite-
)NDON.
us les aln de l’édans une Vationale usignan,?
es faits y :rsonnelle
HER, MBAULT.
| mois que Québec,
rité. Je
sinjusti-
sveneh
os Mgnalées pse. D. Alphonse Lusignan dans l'Union Nationaleesistaient réellement alors : jeu fs souvent moi-même la remarque avec mes cobfrères,; at plus d'une fois. je n'ai pas etaint de manifester mon fudignation pour vie telle eondüite.
sr ousitiex A. Zésénés Krus
A Montréal, 24 nov. 1864.
Moo,cher, ani, | #r ta di 1
o J'ai fu! avèc: plaisir les écrits que tu as publiés pour: la défense des Canadiens de l'école: militaire dé Québec. Je ne saurais méconnuitre la vérité de toutes les accusations que té formules : les injustices, de mon temps, ÿ étaient à l’ordre du jour, Lt les Cana:
diens- seuls en étaient les victimes : Moimême :j’ai:à ma plaindre des tombreux dénis de justice: que: j'ai eus À soufrit du capt.
Bradburne, Je: te: remercie d’avoir montré awpoblis Jes abus ‘qui, seloi ton éxpression,
paralysent le : fonctionnement. de l'école de "Québec. | «ti
ou ami dévoué,
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Montréal, 24 uov. 1864.
Mop, cher monsieur, TE
Jo vous remercie d'aviir élevé. le voix le premier en faveur de nos: compatriotes de l'école : militaire de Québec. : Les, injustices
que: vous avez mentioraées et; les: causes que! vous leur assignes son’ malheureusement érop |
“bien fondées. de pui: certifier la: vérité. de vo: | avcés. 4 14 { : ga! |
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féiiints Na ” Oradié.
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rent hr D Béauhiardais, 27 nov. 1864.
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taot fait gémir à l'école militaire, que ÿ'apr
le-bon effet de tes écrits. On me’ di ot y est Von .et que ce ne sont plus F. s, Mais les Canadiens, qui ont des A Ba” 16 Cakes, Que ont de Mn po dt fus on rem clé Ni out dé mes Jeunes compatriotes.” Tous SeRE are
ans tés tévents articles; sont |:
trrécusubles. Je regrette seulement que tæ n'aies pas cité un plus grand nombre d’irjus— lices, quand où peut Zes compter par cuntai-nes. Tout de même, tu as été courageux, et je l'en félicite.
Ton ami,
B. À. Loxerrf:
| Terrebonne, 1er Déc. 1864.
Mona cher 1 mi,
Je suis prêt à signer et à confirmer tosf ceue: tu as écrit (touchant l'Ecole Militaire deébec, et cela parce que j'ai été témoin ooulaire de presque toutes les injustices qui y ont été commises de mon temps, et aussi parce que j’en ai été la victime. J’approuve tout ce que tu dis sur l'Ecole, parce que ce n’est que: la vérité.
Ton ani dévoué, ALPHONSE FORGE.
St, François du Lao, 30 Nov. 1864
‘Je puis certifier: que le Capt. Bradburne était, de mon temps, injuste envers une grande: partie des élères de l'Ecole Militaire, surtout: envers les canadiens. Il les retenait. à l’École: taut qu’il le pouvait. I suffisait de payer uu verre Où deux de whisky aux sergents pour seles rendre favorables, etc, ete... (ss
Moïse DE Btois, J. P. ‘”
?! Trois-Rivières, 10 Déc, 1864, à
de certifie, que: toutes les accusations nor-. tées par M. fiphansg Lusignan contre l'admi-. aistration de l’École Militaire de Québec sus, juatesset vraies, Je le féicite d’avoir pris en.
‘{ mains les intérêts, des Canadiens, et j’espère
que justice luisera rendue.
108 ,SH4l F, P. Burnaic.
A ms
gant plushoureux que fu aies sul! *“"'“Proleividres, 10 Déd 1864. de rovdler ten vba qui à
: Jé roussigié, sprès ‘avoir lu dans: Union Nationale les artieles” écrits par M: Lusi pnan Concernant les übus qui entrayent lé:
is fonctionnement ‘de : l'École Militaire : de!» Québec," certifié que co qui y est rapporté est éonfofmé 4 là vérité, sans’ aucune étagétin, us.9t 39 Q de & LA PRES HS : P: 8. Diana ur
Beaubarnais, 27 10v. (864. | veu, De plus, il les aura préparés à ce coup
[d'état par plusieurs jours d’adougissement dans la diserpline, ce’ qui lui aura gagné/leurs suffrages. On ‘oublie si vite ce: qu'on’a-soûfiert loréqu’ôn renaît à 14 joie? Dans tous les cas; je suis bien certain que de tous ceux à qui k crainte a fermé la bouche, il n’énest pas uw seul. qui ne serait. heureux de désavouer sa faiblesse, s'il le pouvait sans conséquence fàcheuse pour ses intérêts. Pour ma part, sins discuter: si. j’eusse été. plus ferme que les autres, je suis prêt à crier sur les toits, s’il est nécessaire, qu'il n’y a pas un seul'iota duns tés écrits qui ne) soit conforme ; à la vérité.: Les causes que tu assignes au: mauvais. fonctionsement de l'école, sans! être les seules, sont: en tout point véritables. Je n'ai qu'un seul reproche'à-te faire, c’est d'avoir été trop indulgent.
Mon cher ami, Jai, appris que le capt. Riadburne s’est servi d'un assez habile stratagème pour parer Je coup que lui ont porté tes articles. Illes a fait lire par M. Perrault à toute l'école ras* semblée, et ensuite il a demandé aux élèves, à drûte-pourpoint, s'ils jugeaient que tes accusations fussent fondées. [ls ont répondu non. Sans doute le rôle qu'ont joué en cette cir- “constance ‘nos condisciples canadiens-français est loin d’être louable. Ils ont menti à la vérité. Mais, n'ont-ils pas une grande excuse dans la cräinte que leur iaspirait le câpituine Bradbutne? dans la certitude où ils étaient que leur franchise leut i$erait funeste? Tu le sais, malheur à celui qui lé premier eût ouvert da bouche pour affirmer les vérités incontestables que renferment tes articles !
Celui qui dans le but de’s’instruire dans l’art militaire quitte sa famille, ses affaires, sacrifie son temps, son argent, pour 8e soumettre ensuite à des sacrificés encore plus pénibles, pour A , A spa: endosser un habit ignoble, pour s’astreindre à | PA8 qu iln’a pas ombre même du gérée mi. la sévérité des lois militaires, obéir à des |litaire. 11 connaît le mécanisme des: mauve. gens qu’il n'aime pas et dont plusieurs lui sont | Ments d’une compagnie, d’un bataillon, mais il: de beaucoup ‘inférieurs dans l'échelle sociale, |" à pas l'intelligence de leur liaison dans la celui-là, dis-je, s:à cœur d'obtenir ses diplô- | pratique de la guerre. Le st ua homme à chif. mes, et-il lui faut un effort extraordinaire et |fres, à mesures, ce n'esb pas un homme à æême héroïque pour s’exposcr volontairement idées. C’est un bon instructeur en temps de à manquer le but qu'il! se propose si énergi- | Paix, mais ce doit être un, médiocre capitaine quement, lors même que cet effort lui’est com | en temps de guerre. FAT æmandé par le devoir de la vérité. Uet effort, | Pour terminer, quel qué Bot l'art Rhyts le- 20 confrères ne l’ont pas fait. Ils ont eu tort, quel le capt. Bradburne s'efforce d'atténuer mais leur position commande des ménagements | l'effet de tes articles, les bases même. qu’il dans les reproches qu’on doit leur adresser, Ils |tente dans ce but prouvent qu'ils ont porté taient tous nouvellement arrivés à l'école. Tu |Ju8te: Je me réjouis que tu aies eue pére « te souviens qu'à la fin de notre engagement, | de remplir ls promesse que tu as faite tant nous étions, avec sept ou huit autres, les seuls fois, lorsque ‘nous étions à l’école, de rendre: anciens de l'établissement. A notre départ, il [un jour publics les abus dont nous étions u'y évait comparativement que peu d'élèves | victimes. Ton écrit sera utile aux futurs ékèquiy fussent depais plus ‘d’un mois, Ayant | VEs de l’école : [ceux qui y sont maintenant moins d'expérience du système administratif | n’ont pas osé te rendre justice, mais eux aussi de l’école, ils devaient craindre davantage | auront les avantages de ton noble courage. Tu les conséquences de leur franchise, sans comp- [25 voulu améliorer leur position, et ils »'ont ter qu’ils n'avaient encore que mis les lèvres | PAS osé te proclamer, véridique, dans la crainte à la coupe des persécutions, des .injustices des | de la rendre pire N'importe. Tu as atteint un Anglais. : Moi-même, 0e: n'est: qu'après une noble but, et c'est asses pour un homme de dongue expérience de ces injustices que. je puis | Cœur, parceque le prix d’une bonné e:tion est ee résoudre ‘à parler, comme je le fais des # pt ro En te félicitant done, je sais hommes placés par le gouvernement à la tête } €!C:, 610. gui L,
: depsette lle À institution. ,B: A. Loxarsè, Cette letire si flatteuse jointe aux nombreux
Un autre motif d'excuser nos confrères re si c'est le sapitaine Bradburne les, a, pris certificats déjà publiés en faveur dé ma fhèse ar et.au remarquable article paru dans ce jourt
gardes des ménagements :que n’ont: pas:.eus pour nous:les officiers.de l’école, Tu écris que le capt. Bradburne a des. Connaissances mil taires étendues: c’est vrai-;! imdis tu n’ajoutés
L sans leur donner le temps de ré- j urpal Béchieni de:peser: l'importance de four dévas | bou da signature : Un Gradué de l'École Mi-
Tu n'as pas dit tout, et dans.ce que:tu.dis, tu .
ce coup ent dans eurs suf- -soûfle rt les cas, à qui M L pes uw vouer sa ence fàart, S2ns e les au- , s'il est dons tes ité,r Les nctiontey sont: en ul reprondulgent.
u dis, tu *
‘pas: eus écris que aces. mil n’ajoutes énie pai- }: MOUVE” n, mais il:
| dans la 16 à chifomme à emps de capitaine
aveo le- ’atténuer me qu’il.
nt porté
| co ir.
de rendre:
tions les, turs élèaintenant eux aussi rage.
ils n’ont a crainte tteint un omme de tion est
je suis
ditaire,;” n'est-elle pas la meilleure réponse à
toutes les décisions, résolutions et protesta-
tions intéressées d'un certain nombre d'élèves | leurs courbettes vaudront deux certificats et
actuels de l'école contre la tendance de mes une commission élevée dans la milice ? entre
articles? de” sevères mais justes censeurs et des adula- ‘Je peuse répondre viotorieusement, avec | teurs qui semblent avoir pour devise :
ces certificats, aux petites démonstrations que Ramper et faire des courbettes,
vous avez ses ou que rs ra C’est le moyen de réussir ?
valets a montées contre moi. D'ailleurs le { sas,
poids de toutes ces protestations dont on vous | Ne # prononce : je lui soumete le
a régalé, est bien petit, quand on songe aux! I} et possible que : à je revienne encore à la moyens honteux avec lesquels on les a obte- éhirée, Les pr K 74 PA st 2 th Ag
mues, quand on se demande ce que peuvent} Lis contre les autorités qui, #il faut des adulations contre des faits qu'on 1h point pu Ha Hs Fri Le sg à FA Lo ae
Mt mais dont, en bons courtisans, l'on essaie que jour, voudraient punir ou auraient même de nier l'existence. Des élèves actuels de déjà puni mon audace à dévoiler les abus, en P'Ecole Militaire se sont déclarés satisfaits de rayant mon nom de la liste des sspirants aux vous—fort bien ! mais sachez que ceux qui les | ins, Ce ne serait qu'une nouvelle inont ee pots trois où quatre mois, | justice qui ne me surprendrait point du tout, | plie radys) er AT Rs F., L se rs venant des autorités militaires canadiennes du l'étaient pas, eus. Ils vous détestaient, et ils | jour, entichées à l'extrême des directeurs de avaient raison, parceque vous étiez injuste. |lécole militaire, Je n'ai pas encore reçu d'avis
Ceux qui aujourd’hui viennent vous décla- | ge] one l'injustice fût consommée : je ne rer en face que vous persécutiez les Canadiens, pourrais done aujcurd’hui qu’en parler s0s
ceux qui,pour rendre hommage à la vérité, s’expes à partager mon sort, ou de ceux à qui
ue vous favorisiez les anglais, que vous cometios des abus d'autorité, ceux-là, dis-je, ne fondement. : se sont jamais couchés à plat ventre dans la J'ai Phonneur d’être, poudre, devant vous, comme les bouffons qui se ete, ete. ete.,
sont faits mes juges. Jesquels seront crus, de Auvanses Léon:
PPS ES ER EEE CEE EE PE FE FE