‹ L'École Saint-Édouard à Beauport [microforme]Chapitre 10 sur 30 · DEN RES · texte numérisé non relu

DEN RES

Que l'enfant sache done qu'il n'est rien de plus grand dans le ciel, rien de plus glorieux dans l'histoire, rien de plus redortable dans l'avenir que Jésus-Christ fils de Dieu.

Tel est le rôle de l'école: enseigner la foi, enseigner Jésus-Christ, enseigner la religion sans quoi il n'y a pas de véritable éducation.

C'est le programme qu'ont toujours suivi les vrais éducateurs, c'est-à-dire, tous ceux qui ont compris que l'homme n'est pas seulement fait pour ce monde, mais est destiné à une fin supérieure à la vie éternelle.

Et c'est pourquoi on peut dire que les écoles sans Dieu, sont une injure faite à Dieu parce qu'elles méconnaissent l'empire du créateur sur les intelli” es et rejettent son autorité, causent un grand dommage à l'enfant parce qu'elles n'élèvent ni son esprit ni son cœur.

Ce qu'il y a de plus à craindre, c’est qu'en fait, cette prétendue neutralité n'existe pas.

L'école est composée du maitre et des élèves. Prenons le maître : il n’est pas neutre, lui ; il croit ou il ne croit pas. S'il croit et s’il pratique, il ne peut cacher ses sentiments au fond de son âme : voudrait-il les dissimuler et les comprimer, qu'ils se révèleraient dans ses actes comme une eau qu'on presse dans une éponge. S'il ne croit pas, sa vie, son attitude, un mot qui échappe, un sigue, un sourire, sont des miroirs fidèles qui réflètent le dedans. L'enfant saura bientôt ce que le maître pense, et l'autorité du maître lui tiendra lieu de preuve : il ne croira pas, il dédaignera comme son maître. Le silence des lèvres ne fait pas la neutralité.

Mais admettons que par impossible tout soit strictement neutre : l’enseignement, les livres, le milieu, le maître, cette neutralité apparente se détruit elle-même. A quinze ou vingt ans, l'enfant choisira, dites-vous. Mais à cet âge, la part de l'erreur est déjà forte dans son

âme. Si les choses religieuses avaient quelque importance, le lui aurait-on caché à l'école ? Si Jésus-Christ tient une place importante dans l'histoire, comment a-ton pu lui taire un nom si grand” L'enfant suppose avec raison qu'on lui a dit l'essentiel, Ce qu'on a négligé, ne doit être que bagatelle.

Voilà comment l'école neutre remplit une tâche pernicieuse. Aussi impossible qu'injurieuse à Dieu, dommageable à l'enfant et par suite à la société, il faut la combattre comme une institution mauvaise à tous égards.

À la fin du dix-septième siècle, Dieu suscita un homme à l'âme droite, à l'intelligence élevée, au cœur cajable de compatir et de se dévouer. Ce gentilhomme “ans morgue apprit de bonne heure à connaitre les besoins du peuple. Sous le vernis littéraire des classes cultivées du grand siècle, il vit avec douleur l'ignorance profonde où croupissaient les pauvres. Il résolut de venir en aide aux petits et aux délaissés. Cet homme fut S. Jean-Baptiste de la Salle, fondateur de l'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes, répandus dans toutes les parties du monde, et donnant, avec une satisfaction toujours croissante, cette éducation véritablement chrétienne qui, de par la volonté de leur maître, est le trait caractéristique de leur enseignement. Les Frères des Ecoles Chrétiennes comptent aujourd'hui par milliers les chrétiens convaincus et éclairés, les citoyens instruits et intègres qui sont sortis de leurs maisons.

Grâce à la générosité intelligente d'un paroissien qui a compris combien pouvait être avantageuse pour jeunesse de notre paroisse une école confiée à la s: 20 direction des fils de S. Jean Baptiste de la Salle, Beauport possède une institution de ce genre. Cette fondation

sera un des actes les plus importants de l'administration si sage de notre vénéré pasteur, et constituera une des plus belles pages de notre histoire paroissiale. S'il nous était permis de demander que sera cet enfant, « quis puer erit iste », nous oserions répondre que la nouvelle école sera la pépinière d'honnètes citoyens. Dans ses murs, les enfants de la paroisse, apprendront à mieux connaitre Notre Seigneur, et partant, recevront une formation qui fera de chacun d'eux un homme respectable, un quelqu'un qui sera utile à la société

Que les pères et mères de famille de cette paroisse doivent être contents aujourd'hui ! Ils ne sauraient trop remercier le Seigneur des moyens qui leur sont offerts pour procurer à leurs jeunes gens un instruction solide en même temps qu'une bonne éducation.

Aussi, espérons-le, familles chrétiennes, serez-vous prètes à faire généreusement les sacrifices qu'exigera l'envoi de vos enfants à la nouvelle école. Sacrifice, non pas seulement, d'argent, mais aussi sacrifice d'une certaine apathie qui existe chez quelques parents quand il s'agit de l'éducation de leurs enfants. Vous savez qu'une éducation véritablement chrétienne est le meilleur héritage que vous puissiez leur léguer. Ayez à cœur de faire tous les sacrifices que demande un si bel héritage.

Tout à l'heure, mes frères, nous nous rendrons au nouvel édifice que va bénir M“ l'archevêque. Vous demanderez à Dieu de répandre ses grâces sur cette maison pour qu'elle donne à l'Eglise de saints religieux et de dignes prêtres, à la société des chrétiens convaincus, capables en toutes circonstances de sacrifier leurs intérêts personnels à ceux de la religion et remplir ainsi dignement le rôle que leur a assigné la Providence icibas. Ainsi soit-il.

Immédiatement après le sermon, le salut üu S. Sacrement fut donné par M" l'archevèque. Pengunt la bénédiction, la garde Sulaberry qui assistait au chœur, en grande tenue, fit le salut à Dieu. Après le chant du Laudate, la foule, fanfare en tête, stivie du clergé et de Monseigneur, sortit de l'Eglise et s avan Ca procession nellement vers l'Ecole,

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