‹ L'École Saint-Édouard à Beauport [microforme]Chapitre 18 sur 30 · DISCOURS DE M. C. F. DELAGE DÉPUTÉ DU COMTE DE QUÉBEC AU LOCAL · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. C. F. DELAGE DÉPUTÉ DU COMTE DE QUÉBEC AU LOCAL

Monseigneur, Monsieur le Curé, Mesdames, Messieurs.

C'est avec un sentiment de légitime fierté que je me suis rendu aujourd'hui au milieu de vous afin de prendre part à cette démonstration grandiose qui prouve, une fois de plus, que vous n'êtes dévancés, dépassés par personne et sur aucun terrain ; démonstration qui honore autant ceux qui l'ont organisée, les pères de famille, que ceux qui en sont l'objet, leurs enfants; démonstration organisée avec soin, à laquelle ne manque rien, pas même ce décor si désiré, le beau soleil de notre ciel; démonstration qui va faire époque dans les annales de notre paroisse et dont l'écho se répercutera jusqu'aux extrémités les plus reculées de la province et y produira, j'en ai la ferme conviction, un effet considérable et très salutaire.

L'exemple entraine plus que les paroles. C'est aussi avec un vif sentiment de reconnaissance auquel se joint, je l'admets, une certaine crainte bien légitime, que je

me lève, en ce moment pour joindre ma voix à celles si éloquentes et si sympathiques que vous venez d'entendre, afin de vous offrir des remerciements et des félicitations.

J'ai été, je suis encore, je serai toujours un membre de la famille, vos joies comme vos deuils, je veux les partager, je désire travailler à la réalisation de vos plus chères espérances. Vous m'avez compris, vous me comprenez, Vous me considérez comme un des vôtres, vous appréciez les efforts que je fais pour obtenir la part à laquelle vous avez droit. J'en suis profondément touché, et je vous dit d'abord et du plus profond de mon cœur, merci ; merci pour cette marque non équivoque de vos sympathies.

Messieurs, aux derniers jours de la session provinciale de 1905, l'honorable Premier ministre, en proposant l'adoption des résolutions qu'il avait déposées sur la table du greffier et par lesquelles il nous demandait à nous, ses collègues et vos mandataires, de vouloir bien porter à $100,000 l'octroi de $50,000 destiné à venir en aide aux écoles élémentaires, termina son discours de la manière suivante : « Je voudrais voir tous les membres de cette assemblée se dévouer activement au rehaussement de l’école primaire, de la petite école, comme nous avons appris à l'appeler dès notre jeune âge. Je voudrais que chacun de nous se fit un devoir impérieux de prècher chez ses électeurs cette vérité que l'éducation est un capital et que toute somme dépensée pour la petite école est de l'argent superbement placé. »

L'impression qu'avaient produite sur mon esprit ces dernières paroles du chef, n'était pas encore disparue lorsque, Messieurs, votre invitation d'assister à cette fête d'y adresser la parole, m'est parvenue ; et sans

hésitation, escomptant d'avance votre sympathie toujours grandissante voulant faire acte de bon soldat, d'un soldat discipliné, voulant répondre à l'appel parti d'en haut, à l'ordre délicatement exprimé sous la forme d’un désir, j'ai pris la décision de vous parler de l'intéressante question de l’Instruction publique, de l'Instruction publique dans la province de Québec, je dirais mieux peut-être, de notre système scolaire, de ce système scolaire que l'on attaque souvent avec violence, toujours avec injustice, mais que l'orage passé, l'on retrouve intact, et qui restera comme l’un des plus beaux monuments de la législation moderne, comme l'un de ces monuments sur lesquels ne sont pas gravés en vain ces grands mots : justice égale pour tous, liberté d'enseignement, respect aux minorités.

Tout être, Messieurs, a ses droits et des devoirs. Le cercle de la famille vient d’être augmenté d'une unité. Un nouveau convive s’est asssis à la table. Il a droit à la nourriture correlle.

Il saura la der:::.nder bientôt à grands cris, et il sera, grâce à Dieu, sur la terre de la province de Québec, promptement et généreusement servi. Mais l'homme ne vit pas seulement de pain. L'esprit, le cœur, l’âme de cet enfant sentiront bientôt les aiguillons d'un autre appétit. Il a droit aussi au pain de l'intelligence. 11 saura également le demander. Dieu, Famille, Patrie, criera-t-il, et la famille, l'Eglise et l'Etat, s'ils comprennent leur devoir se rendront à son appel et lui fourniront ces aliments qui lui donneront la force de sortir de l'état de ténèbres et d'ignorance dans lequel il se trouve. La famille est tenue à cette obligation en vertu du droit naturel, l'Eglise en vertu du droit divin, car elle est la gardienne de la foi et de la morale, elle doit l’enseigner aux nations, l'Etat en vertu d’un droit indirect,

car il est à défaut de la famille et de l'Eglise le protecteur de la société, des citoyens et de l'enfant.

Tout système scolaire doit respecter ces droits. Le nôtre s'est conformé à cette obligation, voilà sa triple: base.

Lorsque la question de la Confédération a été soulevée, nous n'avons point voulu être un obstacle à la réalisation de ce gigantesque projet, destiné toutefois dans l'esprit de ceux qui le favorisaient avec le plus d'ardeur et d'enthousiasme, à nous noyer d'une manière certaine, en nous conduisant lentement peut-être, mais sûrement, à l'union législative. Une fois de plus, nous avons donné une preuve de notre inaltérable loyauté, de notre dévouement à l'Empire britannique. Les sacrifices étaient de notre côté, les dangers pour nous. Nous n'avons point reculé. Cependant, nous avions pratiquement tout abandonné, nous ne nous étions en réalité réservé qu'une chose : l'éducation de nos enfants, le droit de leur apprendre la langue que nous parlons et que nous voudrons toujours parler, le droit de leur enseigner la religion que nous pratiquons et que nous ne voudrons jamais abondonner pour une autre, et enfin le droit de leur donner cette mentalité qui est la caractéristique de notre nationalité : le respect à l'autorité religieuse, civile et politique ; la fidélité au passé, la loyauté au présent,

L'entente, je devrais dire, la condition était que les minorités seraient respectées et nullement molestées, quel que serait l'endroit où elles se trouveraient.

Dieu merci ! nous n'avons pas manqué à notre parole. Nous avons respecté la pensée des pères de la Contédération. Nous n'avons rien rayé dans l'acte constitutionnel auquel nous devons l'existence politique, non

pas parce que nous ne pouvions point le faire, mais parce que nous ne devions point le faire,

Voulez-vous la preuve de ce que j'avance, la preuve éclatante des sentiments qui nous animent, de notre bonne foi, de notre sincérité ? Ouvrez avec moi ce petit volume intitulé : « Lois scolaires de la province de Québec », et vous la trouverez.

Par le Conseil de l'Instruction Publique, les autorités religieuses et civiles exercent leur contrôle sur l'enseignement.

Par les commissions scolaires, les contribuables, c'est-à-dire les pères de famille, choisissent ceux qui vont imposer les taxes nécessaires, les percevoir et en faire l'emploi. La minorité jouit de tous les privilèges qui lui ont été garantis. Les chefs de famille peuvent faire donner à leurs enfants l'instruction dans l'école de leur croyance religieuse, et par un simple avis de leur part, ils ne peuvent être forcés de contribuer à l'avenir qu'au maintien de cette école.

Et c'est ce système que l'on a osé appeler «une relique du passé, des siècles d'ignorance, et qui cherche à perpétuer des superstitions aveugles, des dogmes dégradants et déshonorants, qui détrônent la conscience, violent la raison et obscurcissent l'intelligence.

Relique du passé, soit, mais de ce passé où l'Eglise et l'Etat se donnaient la main, comme le touchant spectacle nous en est donné aujourd’hui pour poser la pierre angulaire de l’école, d’où sortaient des générations qui n'étaient point élevées dans la haine et le mépris, mais dans le respect et l'amour des dépositaires de l'autorité religieuse, civile et politique, dans laquelle on enseignait à considérer le patron, non pas comme un tyran, mais comme un bienfaiteur, le capital comme un levier et non comme un pressoir.

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Reliques du passé, qui cherchent à perpétuer des superstitions aveugles, des dogmes dégradants et déshonorants. Superstitions aveugles, dogmes dégradants et déshonorants auxquels les esprits les plus éclairés ont donné leur adhésion, qu'ils ont admis et reconnus nécessaires pour le bonheur de l'humanité; qui détrônent la conscience inais de telle sorte que dans l'échelle du crime, note population occupe le dernier échelon; qui obscurcis:ent l'intelligence, mais à un tel degré, que lorsque nous allons dans des expositions universelles, soutenir la comparaison de notre système scolaire, avec celui des autres pays, montrer quels sont ses résultats, nous en revenons couverts de lauriers après: avoir conquis la première place.

Ah! de telles reliques méritent le respect et la vénération des populations qui ont le bonheur de les posséder. Ce sont de véritables talismans, et je prie la Providence de nous les conserver longtemps, toujours.

Messieurs, vous êtes Canadiens français, c'est-à-dire qu'à vous plus qu’à tout autre, s'applique avec justesse ce vers du poète:

Tout homme a deux pays, le sien et puis la France.

Vous êtes loyaux à l'Angleterre, dont le drapeau protège vos libertés, vous êtes prêts à payer pour elle jusqu'à l'impôt du sang, mais vous êtes aussi fidèles au passé et chaque année, au jour de la Saint-Jean- Baptiste, vous célébrez pieusement la fête de la patrie absente mais non oubliée, dont le drapeau a repassé les mers et ne reviendra probablement jamais flotter sur vos têtes. Vous avez, Messieurs, une noble, une légitime ambition : la conservation de votre langue, de vos institutions et de vos lois, la transmission intacte du dépôt sacré qui vous a été confié, bref, vous voulez rester

MoxsiEur Envoxp GIROUX Président de la Commission Scolaire

français et catholiques, sous l'égide du drapeau britannique. Jusqu'à présent, Messieurs, vous avez réalisé le patriolique projet que vous aviez formé, et ce beau résultat, vous le devez surtout à votre système scolaire. L'éducation a été la planche de salut. Elle vous a sauvés, elle vous sauve, elle vous sauvera. Ah! je le sais, une agitation à ce sujet est commencée et se poursuit. Une véritable fièvre s'est emparée de tous les esprits. Dans toutes les provinces de la Confédération, dans les grands journaux quotidiens comme dans les plus humbles gazettes, dans les clubs politiques, dans les sociétés d'économie politique, les graves questions de l'éducation sont discutées avec entrain, avec chaleur, avec enthousiasme. Notre système scolaire passe en ce moment au crible de la critique. Les uns trouvent qu'il est excellent, les autres n'y découvrent rien qui vaille la peine d'être conservé.

Je suis bien prêt à l'admettre, notre système n'est peut-être pas parfait, mais il est perfectible, il est complet. Dans quel état nous trouvions-nous aux tristes jours de la cession ? Un siècle à peine s'est écoulé depuis cette époque et aujoud'hui nous avons des écoles primaires, secondaires, modèles, normales, industrielles, techniques, des académies, des collèges commerciaux, classiques, des universités. Que nous manque-il donc ? Il ne nous reste qu'à perfectionner un système, qui est bon, sain, et moral, qui a fait ses preuves, et qui répond à nos besoins, à nos aspirations nationales et religieuses. Je n'ai aucune hésitation à le déclarer encore une fois aujourd'hui : Je ne suis pas du nombre de ceux qui veulent « abattre, détruire, renverser », mais du nombre de ceux qui veulent améliorer, fortifier, consolider. Je suis pour le progrès sous toutes ses formes, suivant les

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besoins et les ressources de notre population. Je reconnais qu'elle a fait quelque chose, et je ne crois pas que l'humilier soit un moyen digne, efficace, pour la faire avancer dans le chemin du progrès. Oui, je suis du nombre de ceux qui veulent une école proprette et coquette, où les règles de l'hygiène soit observées, et qui soit « un home » pour l'enfant, qui lui rappellera les plus beaux jours de son existence, qu'elle soit ombragée par des arbres, surtout par l'érable, afin qu'il n'ait pas à aller loin pour en arracher la feuille qu'il mettra à sa boutonnière le jour de notre fête nationale. Je suis du nombre de ceux qui veulent qu'il y ait non loin d'elle un mai au bout duquel flottent les deux drapeaux qui nous sont si chers, celui de la France et de l'Angleterre, unissant leurs gloires et leurs énergies et provocant dans nos cœurs et nos esprits les nobles sentiments de la fidélité et de la loyauté. Je suis du nombre de ceux qui veulent que l'instituteur qui s'y dévoue soit rémunéré généreusement, suffisamment, mais je suis surtout du nombre de ceux qui croient que l'on ne doit pas, qui veulent que l’on ne rompe pas avec le passé ; que la pierre angulaire de cette école soit posée et maintenue par l'Eglise et par l'Etat, convaincu que la génération qui sortira d'une pareille école sera une génération chrétienne, saine et morale, qui sera notre gloire et notre récompense, et qui, comme celle d'hier et d'aujourd'hui, jouera un rôle prépondérant, non seulement dans cette province, mais dans toutes les autres provinces de la Confédération.

Messieurs, mes dernières paroles seront pour votre curé, les directeurs du nouveau collège, leurs élèves. Monsieur le curé, il y a quelques jours, vous m'écriviez, permettez-moi de commettre une indiscrétion, afin que

je sollicite pour le nouveau collège, de la part du gouvernement fédéral, une faveur qui, depuis vous a été accorcée. Avec cette amabilité, cette sympathie qui caractérise chacun de vos actes, —je devrais ajouter cette humilité, car vous ne voulez pas que votre nom soit même mentionné aujourd'hui, mais c'est en vain que vous agissez ainsi,—vous avez continué les traditions du clergé canadien, vous avez contribué puissamment à l'érection de ce beau monument, avec le généreux concours des donateurs, et l'appui intelligent et actif du Conseil municipal, présidé par l’honnète citoyen que vous connaissez et celui de la Commission scolaire à la tête de laquelle se trouve un autre homme non moins dévoué; et vos noms sont tous gravés sur un monument plus durable que l’airain, dans l'âme immortelle des enfants de cette paroisse. Vous ajoutiez en faisant cette demande, que j'avais été le défenseur et le parrain de ce collège. Je me suis rappelé, en effet, que je l'ai tenu sur les fonds baptismaux, au jour où Ja Législature lui a donné l'existence civile. Une filiation s'est produite, alors entre lui et moi, d'où résultent certaines obligations auxquelles je ne songe nullement à me soustraire, que je suis heureux, au contraire, de remplir et avec votre permission, Monsieur le curé, grâce à la libéralité de l'honorable secrétaire de cette province, qui rehausse de sa présence cette démonstration, je déposerai dans le berceau du nouveau né un chèque de cinq cents piastres, pour l'aider à défrayer le coût de son trousseau,.

Messieurs, je ne puis oublier ceux qui viennent prendre la direction de ce collège, je les connais, j'ai été leur élève. J'ai passé sous leur férule et j'en ai gardé bon souvenir. Les Frères de la Doctrine Chrétienne sont les éducateurs de l'enfant du peuple. Ils

seront à leur place ici et leur séjour y sera fructueux. La tâche de l'instituteur est grande, noble, mais elle est bien ingrate, très lourde et pleine de responsabilités. Vous lui confiez un enfant dont l'âme est comme une cire molle, et vous lui demandez, comme on l'a dit récemment, de vous le rendre un citoyen outillé, prêt pour les luttes de la vie. C'est l'auxiliaire du prêtre, de la famille, de la patrie. Sur son passage, inclinezvous avec respect. Secondez-le dans son beau travail. Et dans ce but, et afin de commémorer l'événement d'aujourd'hui, et comme une preuve que je sais me souvenir, que les Révérends Frères me permettent de mettre à leur disposition une médaille d'argent pour l'élève qui se sera le plus distingué dans le cours de l'année scolaire qui commence sous de si favorahles auspices. Et-vous, les jeunes, pour qui ces nombreux sacrifices sont faits, pour qui cette dépense d'énergie est faite, vous allez répondre à l'attente, à l'appel et apporter votre sympathique concours. Vous avez l'intelligence, le talent, vous aurez désormais une école, érigée sur un terrain idéal, arrosé par le sang de héros et de martyrs ; non loin du beau grand fleuve St-Laurent, en face du vieux rocher de Québec, où tout vous parlera du passé et vous poussera vers l'avenir. Joignez-y le travail et vous arriverez certainement au succès. Vous avez des exemples à suivre ; vous avez fourni au journalisme des plumes fortes et bien taillées, à la province de Québec, des premiers ministres, et tout récemment vous applaudissiez l’arrivée d'un jeune homme, issu d'une de ces braves familles, dont les pères ont tenu les manchons de la charrue et dons les fils savent encore les tenir, qui après avoir brillé dans notre séminaire, s'en est allé cueillir des lauriers dans les universités de la vieille Europe, et qui revient aujourd'hui humblement mettre

le fruit de son travail à la disposition de ses compatriotes, et vous aviez raison. Mais noblesse oblige ; nous comptons sur vous pour en fournir encore, et en plus grand nombre à l'avenir, de ces hommes distingués et précieux, au clergé, aux professions libérales, au commerce, à l'industrie et à l’agriculture, et nous ne serons déçus dans nos espérances.

Je termine. Messieurs, vous m'avez invité d'adresser la parole en cette circonstance. Je vous en suis infiniment reconnaissant. Vous m'avez fourni une excellente occasion de dire ce que je pense en un moment aussi propice, où les esprits et les cœurs sont unis devant les autels communs de la religion et de la patrie, sur une question qui a été mise en dehors du domaine de la politique, qui y est encore et qui y restera, je l'espère, longtemps encore. Le silence est parlois une négation, on me l'a reproché. Je l'ai saisie, cette occasion, avec plaisir et empressement. Les voilà mes idées en matière d'éducation, la voilà ma profession de foi. Ces pensées, je les crois saines, je les crois bonnes, je me . nets donc de vous les offrir avec tout l'intérêt que je vous porte, de vous demander de les propager, de les défendre. Je les jette en vos esprits, en vos cœurs, en vos âmes, et sous l'action de votre patriotisme éclairé, elles vont produire des fleurs et des fruits.

Et s’il en est ainsi, si à l’instruction, à l'éducation nous joignons la sobriété et le travail, le flot de l’immigration pourra grandir et ne nous engloutira jamais.

Nous ne serons peut-être jamais la majorité, mais nous serons au premier rang sous le rapport moral, intellectuel et vr'itique, et quoiqu'il arrive, nous formerons toujou: *e nationalité distincte, avec laquelle il faudra comp. ., continuant et capable de remplir le

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rôle qui lui a été confié: la diffusion des idées françaises et catholiques sur la terre canadienne.

La cérémonie prit fin vers les 6 heures du soir. Les paroissiens s'en retournèrent contents, emportant dans leurs foyers le souvenir d'une fête à jamais inoubliable pour eux et pour leurs enfants.

Le lendemain, les journaux donnèrent un compterendu de la cérémonie, et tous, sans exception, félicitèrent M. Bédard de sa grande et intelligente générosité.

Ces éloges sont mérités. En effet, où ne saurait dire assez combien une œuvre comme celle à laquelle M. et Mde. Bédard viennent d'attacher leur nom, peut produire de nombreux fruits de salut dans une paroisse.

L'Ecole Saint-Edouard à Beauport est ouverte depuis huit mois seulement, et déjà l'on s'aperçoit d'un heureux changement parini les jeunes garçons de la paroisse. C'est ce que nous répètent sans cesse les pères et mères de famille qui, tous les jours, hénissent les généreux donateurs pour avoir procuré à leurs fils un infaillible moyen d'être élevés chrétiennement. Ces enfants d'aujourd'hui seront les hommes de demain. Cette formation reçue, ils ne la perdront jamais et dès maintenant, on peut présager quelle génération de brave citoyens, de bons pères de familles l'Ecole Saint-Edouard est destinée à former.

En terminant, nous ne pouvons faire mieux que de citer l'extrait d'un article publié dans un journal de Québec ‘, le 7 septembre 1907 : et qui est comme la conclusion logique de notre modeste travail: «Nous ne fatiguerons pas M. Bédard d'éloges dithyrambiques ; nous savons qu'il ne fait pas le bien pour qu'on en

(1) La Libre Parole.

on

parle dan: les journaux et que le témoignage de sa conscience lui suffit. Il nous permettra seulement de regretter que le nombre de ceux qui peuvent et surtout qui agissent comme lui soit si rare.

Combien se demandent s'ils répondent bien aux espérances de ceux qui les ont protégés en se bornant à vivre honorablement et aussi agréablement que possible? Combien aussi se préoccupent de leurs devoirs sociaux ? La reconnaissance pèse à certaines âmes et il en est qui n'oublient jamais assez vite ceux qui les ont faits ce qu'ils sont. Mais il en est d'autres, et combien plus nombreux, qui ne paraissent même pas soupconner l'existence des devoirs envers leurs concitoyens.

cree l'exemple de M. J.-E. Bédard ne serait-il pas pius souvent suivi ? »

EGLISE NOTRE-DAME:-pE-BEAUPORT

DS om

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