‹ L'École Saint-Édouard à Beauport [microforme]Chapitre 4 sur 30 · CHAPITRE DEUXIÈME SA FONDATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME SA FONDATION

Comment le Rév. Monsieur Déziel a pu réussir.—Lettre de M. le curé à Sa Grandeur Mer Bégin.— Approbation épiscopale. —Les généreux donateurs M, et Md: J.-E. Bedard.— Construction. — Lettre de Mur l'archevêque de Québec.—Acte de donation.— Résolutions passées par les syndics, ln Fabrique et le conseil de Beauport.—Réponse de M. Bédard aux marguillers.—M. Bédard, chevalier de l'ordre de S. Grégoire le Grand.

Comme ses deux prédécesseurs immédiats, depuis son arrivée à Beauport, le Rév. M. Déziel songeait sérieusement à l'établissement d'une « École de Frères ». Mais que d'obstacles à vaincre et que de difficultés à surmonter de toutes parts! A lui comme à MM. Tremblay et Legaré, ce qui manquait, c'étaient les ressources nécessaires. Il est vrai que les paroissiens de Beauport sont d'une générosité incomparable, mais la dette énorme contractée pour leur église les empèchait de trouver la somme considérable que nécessite la fondation d'un collège, et sans le don généreux d'un brave paroïssien et de sa digne compagne, jamais, peut-être, Monsieur Déziel aurait pu réussir.

Une fois l'argent trouvé, M. le curé s'empressa de faire part de la bonne nouvelle à Monseigneur Bégin, Archevêque de Québec, à qui il demanda la permission de fonder l'école et de la confier à la sage direction des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Voici la lettre du Révérend Monsieur Déziel, « N.-D.-de-Beauport, le 21 avril 1905,

S. G. Me L.-N, Bécin, Archevèque de Québec,

Monseigneur,

Je suis sûr que l'établissement à Beauport d'une «École de Frères » serait très agréable à Votre Grandeur et à tous mes paroissiens. J'y songe depuis longtemps. Toujours les fonds manquaient, La Providence semble vouloir applanir toutes les difficultés. Un sincère ami de l'éducation, un excellent chrétien et sa digne con. pagne sont prêts à nous fouinir le nerf de la guerre. Deo Gratias!

J'aurais l'intention d'en confier la direction aux chers Frères des Écoles Chrétiennes.

1° Parce que le Fondateur de leur Institut est un Saint et que nos enfants bénélicieront de la bonté et de la puissance de St-Jean-Baptiste de la Salle appelé justement « Patronus et Protector juvenum ».

2 Parce que nos enfants, après avoir suivi, à Beauport, le cours élémentaire et le cour modèle, pourront, si leurs parents le désirent, suivre, à Québec, le cours académique; ce qui sera Pour eux un avantage, puisqu'ils y trouveront la même méthode d'enseignement.

Aussi, Monseigneur, je viens tout confiant, demander à V. G. l'autorisation 9

1° d'établir à Beaupori une « École de Frères » pour les garçons;

2° de confier la direction de cette école aux chers Frères des Ecoles Chrétiennes, s'ils veulent bien l'accepter.

Veuillez, s'il vous plait, Monseigneur, accorder à celle œuvre si importante et à ses très généreux et très sélés promoteurs l'une de nos plus paternelles bénédictions et agréer etc.

(signé) L. A. Déziez, pt »,

Le lendemain, Sa Grandeur Ms l'archevèque de Québec répondit à monsieur le curé qu'il approuvait « de grand cœur » le projet et qu'i: priait le Seigneur de répandre «ses pius douces bénédictions » sur J» généreux bientaiteur dont la belle et grande œuvre devrait attirer la sympathie et commander la reconnaissance des paroissiens de Beauport.

Ces « genéreux bienfaiteurs » qui, suivant l'expression de morsieur le curé, étaient prêts à « fournir le nerf de la guerre », furent monsieur J.-E. Bédard, C. R., et Madane Adéline Bélanger, son épouse.

Né à Beauport le 22 avril 1845 de parents pauvres, monsieur Bédard a to‘jours demeuré dans sa paroisse natale dont il est ur des principaux citoyens. Grâce à la générosité de son grand oncle, feu Messire Edouurd Parent, curé de la Pointe aux Trembles, il fit de brillantes études au petit séminaire de Québec. Après son cours à l'Université, il fut admis au barreau le 4 mars

Par son travail personnel et persévérant, il devint en peu de temps un des plus influents avocats de Québec. Doué d'une intelligence remarquable, d'un ::ns pratique peu ordinaire et d'une indépendance de :aractère qui l'honore, Monsieur Bédard est une des gloires du barreau québécois dont il füt le bâtonnier pendant deux années consécutives (de mai 1900 à mai 1902). Chrétien convaincu, citoyen intègre, il est un exemple pour ses

Co-paroissiens. 11 a le culte du souvenir; son enfance, comme bien d'autres, il est à une âme charitable :

Pris—ce qui est assez rare—que c'était pour Jui un devoir de crembourser» son protecteur. I] l'a fait en offrant aux enfants de sa paroisse une belle école et en la mettant sous le vocable de St-Edouard le patron de son insigne bienfaiteur.

Madame Bédard, son épouse, née Adeline Bélanger, était la femme forte de l'Évangile, une de ces chré-

tiennes vertueuses et charitables qui, ne connaissant

d'autre chemin que celui de l'Église et de la chaumière

du pauvre, passent dans le monde en faisant le bien. Elle a toujours mis en Pratique cet axiome que le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit. Dieu seul connait le nombre d'indigents qu'elle a recourus! Possédant une modeste fortune dont elle pouvait disposer librement, de concert avec son mari, elle a voulu la consacrer à la belle et grande œuvre de l'éducation chrétienne. C'est par ce généreux don, couronnement de ses innombrables aumônes, qu'elle a voulu clore sa modeste existence. Elle n'eut pas le bonheur de voir la réalisation du projet qui lui était si cher. Elle s'est doucement endormie dans le Seigneur, le 17 avril 1907, munie des sacrements de l'Église, maladie supportée avec résignalion.

voir au ciel la récompense de ses bonnes œuvres.

Un terrain situé du côté nord-est du cimetière de Beauport fut acheté. et de suite on se mit à creuser les fondations. Les travaux de maçonnerie commencèrent le 8 avril 1906 et ceux en brique le 20 juin 1906. Un an après le tout était terminé. Aujourd’hui, près de l'église paroissiale, s'élève une superbe bâtisse, à trois

pauvre dans doit tout ce qu'il mais, Dieu merci, il a com-

après une longue Elle est allée rece-

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Sa Graxpeur Mér L.-N. BÉGIN

Archevêque de Québec

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étages, de cent quatre pieds de longueur sur cinquantesix de profondeur, munie de toutes les améliorations modernes et construite d'après toutes les lois de l'hygiène '!,

Monsieur Bédard manifesta le désir de donner la propriété à une corporation composée du curé, du maire et du président de la commission scolaire de Beauport, connue sous le nom de «Les syndics de l'Ecole Saint- Edouard à Beauport». Par une loi passée par la Législature le 28 février 1907, cette corporation était constituée et officiellement reconnne.

Comme la signature de M. le curé, dans cette affaire, engageait la responsabilité de ses successeurs en oflice, il était de son devoir de demander la permission à Monseigneur l'archevèque de signer l'acte de donation. C'est ce qu'il fit par une lettre datée de Beauport le 10 octobre 1906. Trois jours après, Monseigneur Bégin lui répondit. Nous donnons ici en entier la belle lettre qu'écrivit sa Grande:.r M«r l'archevèque de Québec.

(D) Voici quelques détails intéressants relativement à la construction de l'Ecole. Ces détails nous ont été fournis par Monsieur Edmond Giroux, président de la con. aission scolaire de Beauport, Achat des terrains de MM. Cléophas, Charles, Honoré,

Napoléon, Louis de Gonzague Giroux....... ...... #2,563.50 Contrat de maçonnerie, briques et enduits (MM. Edouard

et Isidore Belanger Extra sur maçonnerie Contrat pour la menuiserie à M. Edouard Paquet. Extras sur dE Cl Plomberie, appareil de chauflage, ete., à M. Joseph Gagnon. 3,500.00 Extra, introduction de l'eau.....,!.....,,,... 0" 287.00 M. le notaire Marcoux, titres, quittances et enregistrement. 41.10 33.00 150.00

« Archevèché de Québec, 13 octobre 1906.

Monsieur l'abbé L.-A. Déziel, Ptre

Curé de N.-D. de Beauport,

« Cher Monsieur le Curé,

« C'est de grand cœur que je vous accorde l'autorisation demandée par votre lettre du 10 courant.

« Oui, signezsans hésitation l'acte par lequel, en votre nom et en celui de vos successeurs, Vous acceptez, conjointement avec monsieur leimaire de votre paroisse et monsieur le président de la commission scolaire la donation généreuse et désintéressée que vous fait un de vos concitoyens.

« La belle et historique paroisse de Beauport était mûre depuis longtemps Pour une academie de garcons. Le couvent si florissant dont votre prédécesseur, secondé par le zèle de ses ouailles, vous avait dotés, a déjà opéré dans l'ordre religieux et social un bien dont vous constatez, depuis déjà bon nombre d'années, l'heureuse influence.

“ À-t-on eu raison de pourvoir ainsi d'abord à l'instruction des fiiies.

« Oui, sans aucun doute, puisqu'un couvent, c'est Ja Pépinière des mères de famille, et que c'est à celles-ci -Jue revient en premier lieu, l'œuvre sainte et salutaire de l'éducation chrétienne,

« Mais l'organisation scolaire, dans un centre important comme le vôtre, ne Pouvait rester ainsi incomplète.

À l'édifice pédagogique il manquait une pièce indispensable; car, si dans l'école

des filles, vous aviez Ja

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