PROVINCE DE QUÉBEC MUNICIPALITÉ DE BEAUPORT
Résolution passée par le conseil de Beauport, à sa séance tenue le 30 octobre 1906, sous la présidence de M. Jules Bélanger, maire.
Il est proposé par MM. Victorien Marcoux, Napoléon Dubé, secondé par MM. Abraham Pascal, Napoléon L'Espérance et Amable Bélanger, conseillers.
« Attendu que M. J.-E. Bédard, avocat, C. R., de cette pasoisse, a fait l'acquisition d'un vaste terrain, près de l'église paroissiale, sur lequel il à fait construire une bâtisse, à trois étages, de cent pieds de longueur sur cinquante pieds de profondeur, munie de toutes les améliorations modernes et hygiéniquement construite.
« Attendu que M. JE. Bédard et son épouse ont fait don, à la paroisse de Beauport, par l'entremise de M. le curé, du Président des Commissaires d'Ecoles et du Maire, de cette Magnifique bâtisse et du vaste terrain qui l'entoure, pour que le tout soit employé par Ja Paroisse pour les fins d'un collège commercial.
€ Attendu que ce collège Commercial, tout en augmentant par lui-même Ja valeur foncière de cette paroisse va aussi favoriser et faciliter la vente des terrains avoisinants et par là hâter le développement et le progrès matériel de cette localité.
« Résolu : que, comme marque de du don généreux, qui vient de nous à au nom des paroissiens et contribu qu'il représente, vote à M. J.-E.
et à Dame Adeline Bélanger, so donateurs de ce collège, de sin signale à tous ce cadeau princi haut patriotisme.
€ Que copie des Bédard et inséré
reconnaissance, tre fait, ce conseil, ables municipaux Bédard, avocat, C. R.
n épouse, les généreux cères remerciements et er, Comme un acte de
présentes soit transmise à M. et Mde e dans les procès-verbaux de ce conseil.
Adopté unanimement.
Vraie copie de l'original
(Signé) HExRI DeLa6eE, Secrétaire-Trésorier, C. M. P. B. »
Pour accuser réception des résolutions passées par MM. les marguillers anciens et nouveaux, M. Bédard adressa à M. le curé la lettre suivante :
Beauport, le 24 octobre 1906.
Monsieur l'Abbé L.-A. Dézez, curé de Beauport.
Cher Monsieur le Curé,
J'ai pris connaissance de la résolution de fabrique que nos marguilliers ont adoptée le 21 du courant, et, je vous le confesse en toute franchise, les termes me font défaut pour vous dire combien nous y sommes sensibles, ma femme et moi, et combien reconnaissants.
Vous nous permettrez, sans doute, de trouver la note élogieuse quelque peu accentuée. Le servitenr qui fait un emploi convenaple des deniers de son maître, remplit sincèrement son devoir. En consacrant à la nouvelle fondation une partie des biens que le bon Dieu a bien voulu nous confier, de préférence à tant d'autres, nous croyons n'avoir fait que nous acquitter d'une obligation stricte, tout en ayant l'extrème plaisir de travailler à sa plus grande gloire et à l'honneur de notre chère patrie.
Au nom de ma ‘mme et au mien, mille fois merci, et veuillez me croire,
à Cher Monsieur le Curé, Votre bien sincèrement dévoué paroissien,
J.-E. Béparo.
Après avoir été remercié publiquement par ses concitcyens de Beauport, M. Bédard reçut du chef de l'Eglise, Sa Sainteté Pie X une récompense digne du don généreux qu'il venait de faire,
Dans une lettre à Mvr Bégin datée du 11 janvier 1907, M. le curé Déziel exprimait le désir de voir Monsieur Bédard décoré par Rome et demandait en même temps pour Madame Bédard, retenue dans sa chambre par la maladie, « à défaut d'autre chose ou avec d'autre chose, la bénédiction de N. S. Père le Pape et une indulgence plénière in articulo mortis »,
M4 l'archevèque, en promenade à Chicoutimi, répondit à M. le curé, le 25 janvier, que « ce sera un vrai bonheur » pour lui « que de voir ce grand ami de l'éducation chrétienne récompensé pour sa libéralité princière ».
Le 7 mai suivant, Mer Marois, Vicrire Général, adressait à M. le curé le bref pui lequel 5a Sainteté Pie X nommait Monsieur J.-E, Bédard Chevalier de l'Ordre de Saint Grégoire le Grand.
Un groupe des principaux citoyens de Beauport, monsieur le curé à leur tête, allèrent présenter les insignes au nouveau titulaire. Monsieur Bédard en fut extrèmemeut touché varce que c'était un titre venant du Saint Père,
Il avait raison; car il venait d'être fait membre d'un des ordres les plus illustres qui puissent exister et publiquement décoré par le plus grand souverain du monde,